‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 151 sur 302 · BOUCHONS · texte numérisé non relu

BOUCHONS

rieur. Artères collatérales des doigts. Toute la longueur des doigts à l'union de leur lace antérieure avec leurs faces externes. Aorte abdominale. Le point d'appui est constitué par les vertèbres lombaires; c'est sur la ligne blanche qu'on range les quatre derniers doigts; il faut pour cela placer le malade de manière que les muscles abdominaux soient dans le relâchement le plus complet. Une pelote pourrait remplacer les doigts. Cette compression a été surtout proposée pour ai-rêter certaines hémorrhagies utérines ; je la crois alors dangereuse. Pour certaines lésions des artères iliaques, elle pourrait servir comme moyen provisoire. M. Mercier la propose pour les cas d'introduction de l'air dans les veines. On comprend qu'ici, entre le compresseur et l'artère à comprimer et autour de l'artère, sont des organes de la plus grande importance, et que la durée de l'opération ne peut être considérable. Artèr-e dorsale du pénis. On saisit et l'on presse la verge à sa base avec l'index au-dessous et le pouce au-dessus. Artère iliaque externe. Relâchement préalable des muscles de l'abdomen ; rebord du détroit supérieur du bassin pour point d'appui ; la compression sera un peu dirigée en dehors : ici encore que de parties intermédiaires à ménager ! Artère fémoi^ale. C'est la compression la plus importante, la plus sûre et la plus usitée. L'éminence iléo-pectinée est le point d'appui; se rappeler que cette érainence s'incline en avant et en bas sous un angle variable; nécessité de l'explorer préalablement; diriger les efforts un peu obliquement en haut et en arrière ; alors la compression tombera perpendiculairement sur la saillie osseuse. C'est le pouce qui sert le mieux, il doit croiser le vaisseau. Au tiers moyen du membre, le fémur sert de point d'appui ; là le garrot, le tourniquet de Petit, sont applicables quand on n'est pas sûr de la compression sur le rebord du bassin. Au jarret, il est beaucoup plus difficile de comprimer, à cause de la profondeur du vaisseau ; les doigts surtout seraient bientôt fatigués; là j'ai montré une apphcation du tourniquet , qui est d'ailleurs très douloureux. Les divisions de l'artère fémorale pourraient à la rigueur être comprimées à la jambe sur les divers points où on les lie ; mais ces compressions sont inusitées avec raison, car il y aurait trop de parties intenmédiaires entre le compresseur et l'artère. L'artère pédieuse serait cependant facile à comprimer sur le dos du pied, en dehors de l'extenseur propre du gros orteil.

§ -2 . — Bouchons.

La compression dont il vient d'être parlé agit do dehors en dedans ; elle est concentrique. Comme on le pense , l'idée de comprimer en sens contraire, c'est-à-dire d'introduire un bouchon dans le bout du vaisseau divisé, cette idée a dû se présenter une des premières aux chirurgiens : ainsi on la voit déjà érigée en- précepte dans Aviccnne, qui,

à la vérité, y ajouUiit la ligaUuo. Dupuylrcn cl iM. Roux ont iiuilé ce procédé quand ils ont eu à oljlitércr dos artères ossifiées. Ils ont Introduit dans le vaisseau un morceau de bougie et l'ont lixé par un<ï ligature : ainsi la compression avait lieu dans deux sens opposés. M. Mlquel, d'Ambolsc, a imité Cliastanet, qui portait dans l'artère un stylet, alin de déterminer une artérlte oblitérante. On sait d'ailleurs qu'avant la réintégration de la ligature par Paré, on introduisait dans le vaisseau des cônes d'alun, de suUate de cuivre, etc., et, même longtemps après Paré, on a suivi cette pratique. Ces cônes n'agissaient pas seulement comme moyens compressifs, mais surtout comme caustiques ; de là*une artérlte oblitérante. Il n'y a à conserver de cet hémostatique que le procédé de Dupùytren et de M. Roux, et encore les cas où il pourra être convenablement appliqué sont rares. M. Sarra a proposé d'Introduire un cylindre de gomme élastique dans l'artère. On la lendralt en long ; on Introduirait d'abord un bout du cylindre du côté du cœur, puis l'autre du côté des capillaires; un .crochet dépendant du cylindre le fixerait (1). On volt toutes les complications de ce moyeu et les difficultés qu'on rencontrerait si l'on voulait l'appliquer.

§ 3. — Ahkhure.

Elle vient non seulement de ce qu'on a vu faire aux animaux pour couper le cordon ombilical, mais encore des ligatures temporaires qui ont pu oblitérer une artère , seulement en rompant les membranes internes et moyennes. 11 paraît qu'en 1820 M. iMaunolr avait imaginé des pinces qui sont très analogues à celles à baguettes, et qu'd a fait des màchures. Ce moyen, avec plus d'Inconvénients que les ligatures temporaires, est tout aussi peu sùr. Il est certain que partout ou une pince mâchera, il y aura tendance à la coagulation. Mais pour rendre l'oblitération plus probable, Il faut multiplier les mâchures ; de la une complication. SI les mors de la pince ne sont pas très lisses, on peut diviser même la membrane externe ; d'où de grandes chances pour l'hémorrhagle. Ce reproche peut s'adresser aussi à la torsion. Ajouter la ligature à la mcâchure, c'est compliquer encore plus l'opération, c'est prouver qu'on ne comprend pas les avantages de la ligature et qu'on se méfie de la màchure.

§ Zi. — Refoulement.

L'artère est saisie avec une pince ordinaire, puis celle à baguettes rompt les membranes, lesquelles sont refoulées en haut par dos inouvemcnts dans ce sens imprimés à cette même pmce a l)aguettes. 1 oqr comprendre ce procédé il faut avoir lu ce que je vais écrire sur h torsion .

(1) Gazelle médicale, 183G, p. BSO.

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