‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 152 sur 302 · TORSION · texte numérisé non relu

TORSION

§ 5. — Enclavement .

Los procédés hémostatiques imaginés pom' remplacer la ligature ne sont pas tous exposés ici, car ce qu'on a appelé le génie chirurgical est d'une fécondité inépuisable. Enclaver une artère, c'est taire deux petites incisions à une certaine distance de son extrémité béante, lesquelles auront la largeur du vaisseau; il reste alors une petite bande que l'on relève avec des pinces, et sous elle on fait passer l'extrémité du vaisseau de manière à former un nœud. Cette opération a été pratiquée sur l'artère radiale de l'homme vivant ; elle a duré trois quarts d'heure : l'auteur s'appelle M. Stilling !

Je laisse le froissement, V arrachement , le renversement, qui ne peuvent pas être considérés comme des méthodes. Dans certaines opérations, on peut se permettre les deux premiers moyens pour des artères de très petit calibre ; et encore un simple nœud d'un fd délié ne vautil pas mieux ?

§ 6. — Torsion.

C'est une espèce de compression à spirales. A cette opération se rattachent surtout les noms de MM. Velpeau, Amussat, Thierry. Mais cet hémostatique est indiqué dans Galien. Et n'allez pas croire que le passage de cet auteur fût ignoré des modernes : il est, sans qu'on paraisse sans douter, écrit tout au long dans le livre de chirurgie de Lé veillé publié en 1812(1)!

L — Procédé de M. Amussat. l'"ig. 13^-

Pour exécuter ce procédé de torsion, qui est donné comme le plus sûr, il faut quatre pinces, deux ordinaires, une dont on puisse fixer les mors, ou pince à torsion (celle qui me pai'aît mériter la préférence est celle de Friecke , c'est celle que j'ai fait représenter (fig. 134) : on voit à la face interne d'une branche un anneau , à l'autre branche une tige qui tient à un coulant, lequel est poussé vers les moi-s par le pouce quand on veut fermer la pince, et retiré vers l'extrémité opposée, si l'on désire l'ouvrir), et une autre à baguettes; les branches de celles-ci se terminent en tiges cylindriques bien lisses.

Avec une pince ordinaire on saisit le bout de l'artère, une seconde en opère l'isolement ; le vaisseau est tiré à cinq ou six lignes en avantde la surface traumalique : c'est alors que la pince à t<)rsion (fig. 136), tenue de la main droite, saisit l'artère perpendiculairement à son axe, et l'on fixe le mors. Dès

'1) Nouvelle doctrine clvrurfiicalc, I. IV, p. tiid.

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cet instant, les deux pinces ordinaires sont inutiles; la pince à baguettes, tenue de la main gauche, va prendre le vaisseau au Fig. 135. jjiveau des chairs, elle est encore transversalement dirigée.

On presse sur elle pour rompre les membranes internes et moyennes. Pendant cette action des baguettes, on imprime à la pince fixe un demi-tour de rotation, comme si l'on voulait que l'artère formât un anneau à cet instrament. Jusquelà les deux pinces avaient une direction opposée à celle du vaisseau ; mais à l'instant la pince fixe va être ramenée à la direction de l'artère pour former un angle droit avec celle à baguettes. Alors commence la vraie torsion : pour cela on roule la pince fixe entre les doigts, on fait exécuter au vaisseau sept ou huit tours sur son axe et l'ôn repousse le bout dans les chairs. La figure 135 représente le moment où le bout va être repoussé. Si l'on porte plus loin la torsion, on rompt ce bout, et l'extrémité de l'artère tordue est comme figure 135. On voit ici un tournillon formé par la membrane externe ou celluleuse qui a fini par se rompre. Les deux membranes les plus internes étaient déjà rompues sous la pression des pinces à baguettes ; elles se sont recoquillées en se .portant dans l'intérieur de l'artère et ont déjà formé un obstacle au sang.

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