PREMIÈRE SÉRIE
Les moyens de cette série tendent à empêcher le sang d'arriver dans la tumeur ou à l'en chasser.
A. RÉFRIGÉRANTS ASTRINGENTS. — Lbs succès d'Âbemethy et de quelques autres encore par des moyens aussi peu actifs prouvent ce que j'ai déjà avancé , que la nature peut d'elle-même faire disparaître certaines tumeurs érectiles.
B. Compression. — Elle ne pourra être efficace que dans certaines conditions qui tiennent à l'étendue, au siège de la tumeur: ainsi û sera peu rationnel d'employer ce moyen pour faire disparaître celles qui très volumineuses , reposent sur des tissus , des organes dcpressiblès et en même temps très sensibles; dans ce cas , ce moyen est non seulement inutile , mais dangereux. Ainsi , comment exercer la compression sur une tumeur qui, comme celle dont je vais parler, occuperait le fond de la région parotidienne? Boyer tait grand cas de ce moven ; il l'a employé plusieurs fois avec succès, une fois entre autres sur' sa petite fille, qui a été radicalement guérie. Mais en analysant es faits cités par Boyer, on voit qu'il avait choisi avec raison les cas les plus favorables au succès de la compression. 11 faut donc imiter Boyer,
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et choisir pour la compression les petites tumeurs avec un point d'appui convenable.
C. Ligature des artères. — On y a procédé de diverses manières. 1" Ayant observé que la compression des artères qui fournissaient du sang à certaines de ces tumeurs arrêtait leurs battements et produisait même une diminution de leur volume , on a été naturellement porté à appliquer au traitement de ces tumeurs la méthode dite d'Anel pour le traitement des anévrismes : ainsi , pour les tumeurs de la face, de l'orbite , de la région temporale, on a pratiqué la ligature d'une ou des deux artères carotides. Mais cette pratique , qui semblait promettre beaucoup, compte en définitive peu de succès complets , beaucoup de récidives et quelques guérisons imparfaites. Les plus beaux succès ont été obtenus dans le cas où l'on a pratiqué la ligature du tronc carotidien pour des tumeurs de l'orbite. Ou a été bien moins heureux après la même opération exécutée dans l'intention de faire disparaître les tumeurs de la région temporale. On a tenté, mais sans succès, l'explication de cette particularité qu'il faut se contenter de noter comme un fait parfaitement établi.
La ligature d'un tronc artériel étant une opération grave qui compte peu de succès, il faudra l'employer avec d'autant plus de réserve, qu'il est des cas où elle n'est pas du tout indiquée ; par exemple, dans les cas de tumeurs qui sont surtout formées par des capillaires veineux dilatés. Quand c'est principalement par des capillaires artériels , si la ligature ne fait pas entièrement disparaître la tumeur, elle diminue souvent son volume et la place par conséquent dans des conditions plus favorables à l'action des autres moyens , savoir, la compression et la cautérisation d'après les procédés que j'indiquerai bientôt. Quoique peu partisan de la ligature des artères dans le traitement des tumeurs érectiles , j'ai cependant voté pour la ligature de la carotide dans le cas de tumeurs érectiles du fond de la région parotidienne dont j'ai déjà parlé; le bruissement dont elle était le siège, les difficultés, les dangers d'aller à cette profondeur par des sétons et le caustique , l'impossibilité d'appliquer la compression, me réconcilièrent ici avec la ligature; mais étant en minorité dans la consultation, de petits sétons ont été employés : je ne sais encore quel sera leur résultat.
2° Au lieu de lier le tronc d'où émanent les branches et rameaux artériels qui vont à la tumeur, on a tenté la hgature de ces branches elles-mêmes autour do la tumeur, ce qui n'a conduit à aucun résultat avantageux, parce qu'il est très difficile d'atteindre toutes les branches qui fournissent des rameaux à la tumeur.
3° Pour être plus certain- de les atteindre, Physick veut que l'on fasse une incision qui cerne toute la tumeur; elle comprendra la peau et le tissu sous-jacent; les artères do la tumeur étant divisées , elles
donnent, ot Von peut alors les lier Mais, comme o. lo V^^^^ nvocéclé ne peut pas être employé dans tous les cas , et môme dans s^^ œ^^^^^^ les plus favorahles en apparence, car .1 peut arme nue es^"-h cipales artères qui fournissent à la tumeur v.enne.it de sa îartL irpl" centrale et la plus profonde; celles-la n'étant pas bees. la tumeur continuera ses progrès.