‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 192 sur 302 · TROISIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE

Par les moyens de cette série, on se propose la coagulation du sang 1 oblitération des cellules et des vaisseaux qui composent la tumeur

A. Epingles de M. Lallemand. - Ce chirurgien traverse la tumeur avec des épingles à insectes assez longues pour dépasser la circonférence sur deux points, et assez fortes pour exciter de l'inflammation. Afin de produire d'une manière plus sûre cet acte pathologique qui devient ici très nécessaire , on multiplie les épingles , on les enfonce parallèlement les unes aux autres, et à très peu de distance ; quelquefois on est obligé d'en employer d'abord de quatre à douze ; trois jours après , on en enfonce autant, sur un autre point et parallèlement aux premières ; on les laisse sept ou huit jours ; si après cela l'inflammation et la suppuration ne sont pas suffisantes, on en enfonce encore autant, mais dans un sens tout à fait opposé. M. Lallemand en a placé amsi plus de cent sur la même tumeur. Il est évident que, dans le plus grand nombre des cas, les épingles, comme tous les corps métalliques ne déterminent pas assez d'inflammation dans la tumeur, leur action étant trop bornée; il faut donc les multiplier énormément, ce qui est un grand inconvénient. Je suis surtout convaincu du peu d'action de

1 argent rr' .' "^'^'''-T des fils

(1 argent. A. Berard , qui a judicieusement observé les effets des énin

gles imitant Lloyd , chirurgien de l'hôpital Saint-Si^emv' "

■Jte nhr' ' de substance végétale

irrite plus que les épingles; on a donc eu recours à ces corps étnn

pans scions. M. Vcl|)cau applique ici le même procédé nn'il m-Ur. pour le .,.„iteme„. dos varice ; iltraversela 11^^^^^^^^

^pmsque lous les pomls de la lumeur; il les dispose de manière ,

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,.!,„.. 1 P • "-"'"ssanl plusieurs de ces sélons multinins il

cl«ol. a e,ran,l,.r par.ieliomen. la Uimeur. I, on rosime ;:i;i!;::f;is

une cicatrice très inégale , dont les mamelons sont extirpés plus tard.

l/auieuv —Quant à moi, je combine, non pas les épmgles, mais les ai-uiUes avec le sélon. J'enlilo donc une quantité d'aigudles suffisante pour qu'une fois enfoncées dans la tumeur, elles ne soient separées l'une de l'autre que de 8 millimètres. Chaque aiguille porte une anse de fil ; après trois ou quatre jours de séjour de l'aiguille , j'entrame le fil dans la tumeur. Un fil peut être noué avec une aiguille qui est a côté et qui n'a pas été retirée; elle forme alors un point d'appui; cette' aiguille permet des constrictions qu'on ne pourrait pas exercer aussi facilement seulement avec les fils. Mais, je le répète, je préfère l'extirpation quand elle est possible.

C Incision. — On la pratique dans le sens du plus gi-and diamètre de la tumeur et jusqu'aux tissus sains; une éponge est appliquée autour de la tumeur, et comprime les vaisseaux qui s'y rendent. Pour mieux éviter l'hémorrliagie , on enfonce une seconde éponge entre les deux lèvres de la plaie; on la fixe avec des bandelettes agglutmatives maintenues par un appareil convenable. L'infiammation et la suppuration surviennent et déterminent l'afîaissement delà tumeur. Comme on le voit, le chirurgien anglais qui a proposé ce moyen, et qui, par extraordinaire , n'a pas voulu donner son nom, ce chirurgien n avait pas les craintes de J.-L. Petit , dont j'ai fait mention quand û a ete

parlé de l'extirpation.

J) Ponction avec broiement. -Elle se pratique en plongeant dans

la tumeur une aiguille à cataracte: sans la faire sortir, on la dirige

dans plusieurs sens, et l'on broie le tissu érectile. L'expérience ne s est

pas encore prononcée en faveur de ce procède.

E Tatouage. -M. Vauli a voulu se servir du tatouage pour fai c disparaître la rougeur des nœvi. materni; mais au lieu d'employer la craie rouge comme les militaires , qui par caprice se bariolent les membres de toutes sortes de figures, M. Vauli propose un compose de blanc de céruse et de vermillon qui , insinué dans la peau , lui lendrait sa coloration normale. i • ^..nc

F Inoculation. - Il ne conviendrait peut-être pas de laisser dans l'oubli l'inoculation du virus vaccin , que M. Bousquet "PP''OUve. J ai vu M Blache conseiller de vacciner un enfant très jeune sur une ache \ u i>i . Didciic . - . est pas de même de 1 mo-

de naissance qui appaïaissait a peine, n n i

culation de la pourriture d'hôpital, qui mérite un juste oubl " A " TioN. De ces trois séries de mo,..ns , il est évident qu

h"rpar Tc^u^tique et les procédés qui tendent à . rc t^T.TZ\Ln.i\on oblitérante des vaisseaux, oblitérante des iLs ^i's entourent , U est évident que ces -y^ns sont aujourd'hui: ainsi, selon les auteurs niodmies, rien Pf^^ ^S^^^^^^^^^^ caustiques comme la potasse et surtout la pâte de Vienne, dans les cas de

TUMEURS ÉHECTILES. 67

tumeurs cutanées et mémo sous-cutanées, mais encore superficielles. Il est vrai que l'expérience de Wardrop , celle do Bcrard, ont déjà assez parlé. Mais parmi les tumeurs sous-cutanées, il en est de très profondes, de très étendues, sur lesquelles il serait dangereux d'appliquer* un caustique quelconque : ainsi , dans la consultation dont j'ai déjà parlé, quand on agita la question du meilleur moyen pour guérir une tumeur érectile volumineuse du fond de la région parotide , à l'unanimité la cautérisation fut rejetée. C'est pour les cas aussi graves que la question est posée entre les sétons et la ligature de l'artère correspondant aux vaisseaux dilatés. Si des pulsations fortes , si un bruit prononcé, sont constatés , je crois qu'on doit préférer la ligature du tronc artériel correspondant , car c'est alors l'espèce anévrismale ; si au contraire la souplesse de la tumeur, l'absence de mouvement , de bruit dans son sein, font supposer que cette tumeur profonde appartient plus particulièrement à l'espèce variqueuse , les sétons me paraissent préférables.

Je suis loin de penser, comme quelques auteurs, qu'on doive rejeter l'extirpation, car il est des cas où c'est le seul moyen rationnel : ainsi je me suis décidé à extirper la tumeur du palais dont j'ai déjà fait mention, persuadé que les autres moyens étaient inapplicables dans cette région, surtout pour une tumeur volumineuse au point de remplir la bouche. Je le répète, une crainte exagérée de l'hémorrhagie a.fait rejeter ce moyen auquel on reviendra. Car après l'extirpation on peut obtenir une cicatrice sans difformités, tandis que par les autres procédés, même par le caustique de Vienne, la cicatrice est quelquefois comme gaufrée et assez difforme La cautérisation avec le fer incandescent ne doit être employée que pour terminer une opération comme celle que je viens de- rappeler, et pour réprimer l'hémorrhagie qui peut en être la suite. Quant aux autres moyens, jelesai déjà assez jugés. Je ne tormi- )ierai pas sans avertir le jeune chirurgien des dangers que peut avoir la moindre de ses opérations sur certaines régions. Ainsi un'simple fil traversant une tache de naissance sur la lace d'un petit-fds d'un des plus riches financiers du monde, ce simple fil a fait éclater un érysipèle mortel !

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