II. — Adénite lymphatique
C'est ainsi qu'on désigne l'inflammation des ganglions lympha-
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ainsi dire les violences extérieures , tandis que les ganglions ayant un certain volume-, et dans (Quelques localités une position assez superficielle, sont exposés à des blessures. De là une cause d'adénite. Cependant quand vous verrez une agglomération de ganglions bien engorgés, bien enllammés, recherchez une autre cause. Voici un autre ordre de causes qui détermine bien plus souvent cette inflammation : 1° Elle est communiquée par les tissus environnants préalablement enflammés : ici la phlogose marche de la circonférence au centre. 2» Par les lymphatiques eux-mêmes ayant subi cette modification pathologique : l'inflammation marche encore de la circonférence au centre ; mais une fois arrivée , ses autres progrès se font en sens contraire. L'inflammation se fixe souvent sur les vaisseaux eux-mêmes: cette espèce de cause agit beaucoup moins souvent qu'on ne le suppose. 3° Les lymphatiques sont à l'état normal , mais ils ont donné passage à un principe irritant ou délétère qui, se concentrant sur les ganglions, les enflammera. Ce mode d'inflammation des ganglions est certainement le plus commun. Les causes qui sont apportées à ces organes viennent de l'extérieur : ce sont des venins ou des virus, ou bien ces causes sont puisées dans l'économie. Celles-ci sont très nombreuses, car la moindre action pathologique modifie les liquides et peut leur donner des qualités irritantes. Le cancer, les tubercules , les innombrables maladies des surfaces tégumentaires , voilà tout autant de sources où les causes de l'adénite peuvent être puisées. Les bubons inguinaux, les engorgements axillaires, cervicaux, sous-maxillaires sont des résultats de l'absori^tion des causes morbifiques indiquées' D ou vient que, laissant intacts les vaisseaux lymphatiques qui les charrient , ces causes n'agissent si souvent que sur les ganglions'i» Lst-ce que l'action de ces ganglions donnerait aux matières qui les traversent des (,ualités plus irritantes? Les lymphatiques formant de SI nombreux contours dans le ganglion, en ralentissant la marche de ces causes, les rendraient-elles plus efficaces en leur donnant ainsi le temps d'agir? Cette supposition peut acquérir un certain degré de certiturle si l'on remarque que, par le fait de l'inflammation, la cu-culation est, sinon inteiTompue , au moins singulièrement entravée : ainsi les veines y sont ol)liiérées en partie et les artères sont imperméables, du moins des injections sur le cadavre l'ont attesté. L'intégrité des lymphatiques pendant l'existence d'une adénite' qui cepoiidant a été déterminée par des causes ayant parcouru ces vais=^ ^ seaux , cette circonstance est une de celles qui ont le plus obscurci le ' tliagnostic de l'inflammation des ganglions , et qui ont fait penser quù ces causes n'étaient pas puisées dans une lésion antérieure à l'adé
peu d étendue, le peu de fond qu'il y a à faire sur les renseignements
sa MALADIES DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES. \
à oiinés par les malades , ces circonslanccs ont conduit aux mêmes er- | l'Burs, c'est-<à-dire qu'elles ont fait admettre comme adénites primi- j tives beaucoup d'adénites consécutives à une lésion plus ou moins éloignée des ganglions. M. Velpeau s'est livré à de nombreuses recherches pour établir cette vérité. Cependant il ne faudrait pas aller jusqu'à prétendre que jamais les ganglions ne s'enflamment primitivement, ce serait se mettre en opposition avec les faits. A plus forte raison, ne devrait-on pas soutenir qu'il ne peut y avoir de ganglionnites qu'après une solution de continuité ; car un virus peut très bien être absorbé par une surface tégumentaire tout à fait intacte , et après cette absorption , il peut survenir un engorgement ganglionnaire. Dans la production de l'adénite, on n'oubliera pas le rôle que jouent les prédispositions, qui sont celles de l'angioleucite que j'ai d'ailleurs déjà indiquées.
Syiitptoiuesi et iitarclie. — L'inllammation aiguë des ganglions se manifeste par les symptômes généraux de l'angioleucite.
Les phénomènes locaux sont ceux-ci : gonflement , plus de dureté du ganglion , douleurs sourdes et profondes augmentées par la pression; la peau chaude, quelquefois brûlante, n'est pas toujours rouge au début. L'extension de la phlegmasie au tissu cellulaire environnant produit une combinaison de phénomènes qui appartiennent et à l'adénite et au phlegmon ; ainsi la douleur devient pongitive, puis apparaissent des bosselures et une rougeur foncée de la peau. Du sixième au quinzième jour, la masse se ramollit sur un ou plusieurs points à la fois. La fluctuation apparaît sur un point circonscrit et superficiellement ou dans une grande étendue; elle est alors profonde et plus difficile à constater, surtout quand le pus est disséminé dans divers foyers distincts. La quantité de pus qui sort d'une tumeur formée par une inflammation des ganglions lymphatiques est rarement celle qu'on avait présumée : en ett"et, quand le foyer s'est formé entre la peau et les ganglions , cette quantité est au-dessous de l'estimation ; c'est le contraire si l'abcès a eu lieu entre les ganglions et les tissus profonds. Si le ganglion lui-même suppure, le pus se forme lentement d'abord, par petits foyers, qui se confondent eu un foyer plus grand composé (Je tout ce (jui est contenu dans l'enveloppe naturelle du ganglion : cette enveloppe elle-même est percée de plusieurs trous qui font passer le pus dans le tissu cellulaire environnant; mais, il lautle dire, plus souvent qu'on ne pense, c'est ce tissu cellulaire qui suppure et le ganglion n'a été qu'irrité.
L'évacuation du pus n'est pas le signe certain de la terminaison de l'adénite; caries ganglions se résolvent lentement, ou bien ce sont les tissus qui les entourent; mais alors on explore plus facilement ces corps ; ils sont plus libres, plus mobiles.
Teriiiinaimoiiiii. — On espère la résolution quand la lésion pri-
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niitive qui tait développer l'adénite s'est éteinte ou a été heureusement modifiée avant le passage de la phlegmasie du ganglion aux tissus ambiants ; on le voit pour les engorgements qui compliquent certains érysipèles, certains maux de gorge et une inlinité de maladies des surfaces tégumentaires. Une solution de continuité qui fournit du pus, l'extension rapide de l'inflammation aux parties environnantes, l'empâtement , la rougeur de la peau, doivent faire présumer que la suppuration aura lieu.
Le pus est infiltré dans les ganglions eux-mêmes, et il n'y a pas collection , ou des abcès multiples se forment dans le tissu cellulaire environnant; ils sont alors séparés par des ganglions, ce qui donne à la tumeur un caractère d'irrégularité, et ce qui fait que l'exploration indique rarement la quantité de pus qui sortira au moment de l'ouverture spontanée, ou après celle que le chirurgien aura pratiquée.
Du pus peut exister dans les ganglions et dans le tissu cellulaire ambiant; alors le liquide est ordinairement moins abondant que si le tissu cellulaire seul avait suppuré. Ce pus est habituellement plus fluide, plus gris ; la peau est plus amincie et plus facilement décollée.
La gangrène est une conséquence extrêmement rare de l'adénite.
Etal cliroiiimie. — Quand l'état chronique doit succédera l'étal aigu, on voit, comme dans la résolution , la chaleur, les douleurs, la rougeur et le gonflement cesser de faire des progrès avant la période'de suppuration. L'infiltration phlegmasique ne larde pas ensuite à diminuer, et avec elle les autres phénomènes de l'adénite aiguë. Les tissus altérés, les ganglions surtout, se durcissent manifestement ; mais la turgescence sanguine une fois dissipée, les choses en restent là. Quelques douleurs, un peu de chaleur persistent dans la partie, qui conserve un volume plus ou moins considérable. Cette tennijiaison, en un mot, n'est qu'une résolution incomplète, une résolution avortée Assez souvent le travail morbide s'éteint en entier dans les téguments et le tissu cellulaire, comme pour se concentrer sourdement dans les ganglions. Si alors on examine ces organes sur le cadavre on les trouve d'un jaune sale un peu rougeâtre, homogènes, difficiles à écraser et d'un aspect qui le« rapproche du tissu cérébroïde non ramolli Il arrive aussi que des grumeaux de pus concret ou demi- liquide s'y trouvent mêlés, que divers petits foyers de fluides ou de matières altérées en criblent Je tissu.
ProiioNtif. — Le pronostic de l'adénite n'e.^t pas essentiellement grave; mais il faut remarquer qu'elle guérit rarement sans laisser de traces; elle dérange pendant longtemps les fonctions des vaisseaux ymphatiques correspondants. Après une solution de continuité de la peau, le ganglion semble vouloir s'échapper sous forme d'un champignon gris ou rouge plus ou moins douloureux ; la peau est décollée
dans les environs; il y a ulcère cutané, qui souvent ne pourra guérir qu'après l'extirpation du ganglion. De plus, les ganglions développés par le fait de leur inllanunalion peuvent produire des engorgements, des compressions quelquefois très graves : ainsi ce dernier etïet peut surtout se remarquer au cou, dont les organes importants (conduits aérien et digestif) peuvent être comprimés. C'est ainsi que M. Nélaton fut obligé de couper, par une incision sous-cutanée, le muscle sternomastoïdien pour opérer une espèce de débridement qui pût permettre aux ganglions de se développer en dehors, et les empêcher de comprimer la trachée. Ce qui aggrave singulièrement le pronostic de l'adénite ce sont les rapports que des ganglions se trouvent avoir avec les artères importantes. En effet, certaines inflammations des ganglions profonds s'étendent à des artères : ainsi , au cou, on a vu des artères dans un foyer de pus provenant d'une adénite s'ulcérer, et l'on peut lire dans l'ouvrage de M. Dubrueil (1) un cas d'adénite du creux poplité avec des hémorrhagies qui nécessitèrent la ligature de l'artère fémorale. Il y eut mort, autopsie, et l'on constata une ulcération de l'artère articulaire supérieure qui naît de la poplitée.
Traitement. — Le traitement de l'adénite varie selon les périodes. Au début, chez un sujet jeune et sanguin, le meilleur moyen d'arrêter les progrès de l' inflammation, et même de la faire avorter, c'est de combiner les saignées locales générales avec les réfrigérants et la compression. Toutes choses égales d'ailleurs, l'adénite disparaîtra avec d'autant plus de facilité que la lésion primitive qui lui a donné naissance sera moins considérable ou plus avantageusement modifiée.
Le vésicatoire convient surtout quand le sujet est fad)le; seul il a réussi nombre de fois cà M. Yelpeau. Quand l'adénite est accompagnée d'une réaction locale ou générale modérée, j'ai appliqué le vésicatoire, mais selon la méthode de Ri. Reynaud, de Toulon, c'est-à-dire que j'ai procédé au pansement avec des plumasseaux trempés dans une dissolution de sulfate de fer ou de perchlorure de mercure. Je me suis servi aussi de ce moyen pour l'adénite qui tend à la chronicité. J'ai deja fait mention de cette méthode en parlant du .traitement des abcès. Ces sels en criblant la peau de petits trous, vident bien l'abcès, facilitent le recollement de la peau, et évitent ainsi des cicatrices ditlormes; ce moyen est donc préférable aux caustiques ordinaires et a une grande incision. Mais il vaudra mieux encore pratiquer plusieurs ponctions avec le bistouri. On évite ainsi les perforations déterminées par le perchlorure de mercure. Les grandes incisions nécessitent souvent des ablations de lambeaux de la peau; de là beaucoup de retard dans la
(l) Des anomalies arlérielles, p, SO'i.
guérison et de larges stigmates. Pom- l'adénite chronique , on a aussi conseillé l'écrasement : mais les essais qui en ont été faits ont été tro malheureux pour qu'on soit autorisé à les renouveler.
Varices des vaisseaux lymphatiques.
Les vaisseaux lymphatiques, comme les veines, peuvent offrir des dilatations de plusieurs sortes. M. Cruveilhier a vu des vaisseaux lymphatiques de l'aine, da l'utérus, gros comme le pouce. A. Cooper a constate plusieurs faits de ce genre. Mais l'observation la plus importante est celle de M. Amussat : ce chirurgien a observé une dilatation variqueuse comprenant non seulement le canal thoracique , qui en est le siège le plus ordinaire, mais encore tous les vaisseaux lombaires iliaques, et les lymphatiques profonds de chaque cuisse. G. Breschet a fait dessiner la pièce dans sa thèse de concours. M. Nélaton parle de varices des vaisseaux lymphatiques entrant dans la composition du cordon spermatique. Ces varices semblaient offrir les mêmes caractères que celles des veines. Selon Sœmmerring , la lymphe s'en échappe sous la forme d'un jet quand on pique les vaisseaux lymphatiques ainsi variqueux. On ne pourrait opposer que le traitement palliatif aux varices lymphatiques. C'est après des rétrécissements du principal tronc lymphatique qu'on voit des dilatations des vaisseaux supplémentaires • ainsi on en trouve des exemples , notamment dans le Précis d'anatomie pathologique de M. Andral, qui indique ainsi les voies supplémentaires ouvertes a la circulation lymphatique après l'oblitération de son principal tronc: r Le grand tronc lymphatique droit. 2" Des vaisseaux collatéraux qui se détachent, comme des espèces d'anses, d'un noint du cana thoracique, et vont se terminer au-dessus du point où a heu 1 oblitération. 3" Au lieu de ces vaisseaux, un second canal tho racique qui , naissant du réservoir de Pecquet , marche parallèlement a l autre, sans communiquer avec lui, jusque près de la veine sousclavi re gauche; la les deux canaux se réunissent, et la veine n'en
Z; ' T r"'- r '^'"^ ly^PluUiqùcs qui s' uv^"
directement dans diverses parties du système veineux : ainsi des recherches récentes ont montré qu'u.i vaisseau lymphatique considérable s ouvre souvent dans la veine azygos; qu'un autre, non n.oins voiummeux , se termine à la veine cave vers la troisième vertèbre lom^ dans 'ir' "^''","''' ™t le liquide qu'ils contiennent
^2 dJnlT ^''"^'^ '''«P'^^"in"e, dans la mésenlé-
"que, dans les rénales , enfin dans la veine porte.