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MALADIES DE LA CONTINUITÉ DES OS

Iiésions physiques.

Les lésions physiques du système osseux ont droit à une large place dans les livres de chirurgie ; elles se rapportent à ce que j'ai appelé, dans mes généralités (page 2^1 et suiv., tome I), lésions de continuité et de contiguïté. Dans le présent article, il ne sera question que des solutions de continuité , de celles qui atteignent le squelette dans ses parties qui sont continues : les solutions de contiguïté seront nécessairement étudiées en parlant des maladies des articulations.

Les solutions de continuité des os sont : 1° celles que j'ai appelées par incision, les plaies proprement dites; 2» les plaies /jar rupture, qui prennent ici le nom de fractures. En ayant toujours en vue ce que j'ai dit de général sur les solutions de continuité, et surtout sur celles qui sont sous-cutanées, ou, comme le disait Hunter, non exposées ; en remontant à ces généralités, on arrivera à éclairer plusieurs points de l'histoire des fractures, lesquelles étaient un peu trop séparées, par les auteurs, des solutions de continuité des autres tissus. (Voyez page2U et suiv. du tome I de cet ouvrage.)

Dans cet article, jo, serai très href sur les plaies par incision des os,

parce que ce que j'ai à dire sur les ruptures de ce tissu sur les fractures se rapporte, en très grande partie, au traumatisme proprement dit.

Il y a une désunion qui tient, pour ainsi dire, le milieu entre la véritable solution de continuité des os, qui est la fracture, et la solution de contiguïté, c'est-à-dire la luxation ; je veux parler du décollement des épiphyses. La science ne possède pas assez de matériaux pour la composition d'un article complet sur cette lésion physique des os, j'en ferai un petit paragraphe, mais avec la promesse de signaler les faits importants qui se rapportent à cette lésion, à mesure que je traiterai des fractures les plus voisines des points où ce qu'on appelle la diaphyse des os se joint îi l'épiphyse.

§ 1 . — Décollement ou divulsion IraumafAque des épiphyses.

Quoique la divulsion traumatique des os se trouve indiquée dans Hippocrate, quoique, depuis Paré surtout, les chirurgiens s'en soient occupés, cependant il faut en venir h Ludwig et Reicliel , à Bertrandi (1), pour commencer l'histoire réellement scientifique de cette partie de la pathologie des os (2). Après Champion, auteur qui, de nos jours, a traité de la manière la plus générale des divulsions épiphysaires, arrive M. Rognetta (3) ; ses travaux portent également, et sur les épiphyses des os longs, et sur celles des os du tronc.

Comme on le pense bien, le décollement véritable ne peut avoir lieu qu'avant la soudure complète des épiphyses ; car, après l'achèvement de ce travail d'ostéogénésie, la désunion prend tout à fait les caractères de la fracture. Mais, par anomalie, il est des épiphyses dont la réunion à la diaphyse se fait plus longtemps attendre chez certains sujets, et l'on sait que la substance qui unit ces deux parties composantes de l'os varie en résistance. Ces circonstances font qu'on observe quelquefois des décollements épiphysaires à un âge qui semble déjà à l'abri de cette solution de continuité. Il est évident que l'âge le plus tendre est le plus favorable aux divulsions épiphysaires. On a admis qu'à la naissance elles peuvent être causées par des tractions sur les membres : ainsi on a parlé de manœuvres imprudentes pendant l'accouchement qui auraient produit ces décollements au lieu d'une luxation ; cet accident aurait été la conséquence malheureuse de violentes tractions sur les bras ou les pieds de l'enfant. Les causes directes sont bien plus réelles, surtout quand, par les progrès de l'âge, les épiphyses ont pi'is un certain développement. Alors les coups, les chutes, qui portent directement sur le voisinage des articulations disjoignent une

(•1) Dfl ep'physium ab ossitim diaphysi deduclione. Lipsiac, 1759.

(2) Opcre analorri'clic c cerusiche, t. V.

(3) Sur la divulsion Iraumaliquc des épiphyses {Gazelle médicale, 1831, p. m).

OU plusieurs épiphyses ; c'est principalement dans ces dernières circonstances que cette lésion a lieu. J'ai, je l'avoue, des doutes sur ce qu'on a dit des divulsions produites par les manœuvres pendant la parturition, et je ne crois guère à celles qui auraient été le résultat de l'action musculaire.

D'ailleurs, la divulsion épiphysaire n'est pas une lésion extrêmement fréquente : d'abord l'épipliyse n'offre pas une grande prise aux causes directes qui, selon moi, sont les plus efficaces; d'un autre côté, leurs surfaces d'union sont étendues et elles ne sont pas planes : en effet, comme aux articulations, les deux surfaces osseuses présentent des reliefs et des dépressions qui font qu'une portion d'os reçoit l'autre, car l'une présente une cavité et l'autre une saillie. La luxation est quelquefois plus facile que la divulsion épiphysaire ; la fracture elle-même est plus prompte au-dessus de l'épiphyse sur le point qui la supporte, lequel est toujours plus ou moins rétréci.

On verra, quand j'étudierai les faits relatifs aux solutions de continuité des différents os, qu'il n'est pas facile de distinguer la divulsion épiphysaire de la fracture. Il y a bien alors une mobilité entre les deux parties de l'os ; mais le contact de ces deux parties maintenues par les contractions musculaires rend souvent ce signe illusoire. Bertrandi a avancé que la crépitation est obscure dans le décollement épiphysaire , à cause du degré de consistance des cartilages, bien différent de celui des os; mais qu'est-ce qu'un degré en plus ou en moins d'un signe comme la crépitation, lequel peut complètement manquer, précisément dans les solutions de continuité voisines des articulations? D'ailleurs il peut y avoir fracture du commencement de la diaphyse avec le décollement de l'épiphyse. Que dire de l'altération dans la forme, dans les mouvements des membres, qui ne soit une reproduction de ce que je dirai des mêmes déformations causées par les fractures des extrémités articulaires? Le traitement d'ailleurs doit être le même que celui des fractures, ce qui me lait regretter moins l'absence des lumières pour établir un bon diagnostic, et ce qui m'engage à renvoyer ce que j 'aurais à dire de plus à l'miportant paragraphe des fractures,

§ 2. — Plaies des os par incision.

On est convenu de n'appeler plaies des os que les solutions de continuité opérées par un instrument tranchant, qui, comme le dit .Bover tend à pénétrer entre les molécules constitutives dun os. On appelle fractures les solutions de continuité produites ^av rupture , c'est-à-dire par une force qui tend à changer violemment a iorme d'un os en lui imprimant une inflexion quelconque. Ce sont la les solutions de continuité les plus fréquentes; elles compliquent souvent

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