‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 226 sur 302 · FLEXIBILITÉ DES OS · texte numérisé non relu

FLEXIBILITÉ DES OS

âge que les eiifanls sont plus exposés aux maladies de toute espèce, et surtout à celles qui dépendent d'un mauvais régime. L'alimentation la plus débilitante est celle qui dispose le plus au rachitisme : ainsi, la nourriture exclusive par le lait, les farineux, est, en gênerai, très favorable au développement du rachitisme. C'est surtout au moment du sevrage, quand le nourrisson passe de l'usage du lait pur a d'autres aliments, que le rachitisme se manifeste. Il sévit alors sur ceux dont la nourriture est simplement végétale, grossière et indigeste, comme on le voit chez les enlants des malheureux qui se nourrissent pnncipalement de pommes de terre et de mauvais fruits. Ce qui prouve que la mauvaise alimentation a plus d'influence encore sur la production de cette maladie que l'air débilitant des villes, c'est que ce mauvais régime agit à la campagne comme à la ville. Ainsi j'ai pu constater des enfants du même âge habitant la même campagne, les uns aises, soumis à un bon régime et se portant bien, les autres soumis aune mauvaise nouriture, et devenus lymphatiques

« Il est probable, dit M. Guersant, que la cause première qui est mise en jeu par toutes les causes secondaires que nous avons passées <m revue n'est pas la même dans les deux variétés principales du rachitisme ; toutes les causes secondaires jouent un rôle bien plus important rians le rachitisme général de tout le système osseux que dans le rachitisme partiel : aussi peut-on produire la première de ces maladies presque artificiellement et à volonté. M. Guérin a démontré cette vente par des expériences directes : avec des chiens courants il a fait des chiens bassets et même des rachitiques, en les soumettant à une ahmentation qui ne leur était nullement appropriée, et en les tenant dans une immobilité forcée sous des espèces de cages. Ce fait confirme tout ce qu on sait de l'influence des causes secondaires ; mais il h explique pas davantage la cause première du rachitisme ; I ne rend ,pa raison des desordres que cette maladie amène dans 1 travail de

1^^'e u è':r 1 '"'r'^ .^"'^"^ '"'™"^I^^' -^1-' îToZiP irn î""''^" ensuite une

le l'n. T 'l'r^' ^^^'''^'^blede ce mouvement perturbateur

- ossification, auquel les anciens assignaient le nom hvpothétique de vice, est encore a chercher et à trouver (1) »

»ym,.i*i.»e« et .»a,.che. - H est très rare de pouvoir parvenir a la connaissance de l'époque précise de l'invasion du rachitisme, de son incubation, parce que l'affection des os se mêle très souvent à des maladies viscérales. Les symptômes de ces lésions se confondent alors avec ceux du rachitisme.

I^e rachitisme qui envahit le squelette d'un enfant en bonne santé

(«) liMionnaire en 2i volumes, nouvelle cdilion.

procède d'une manière plus ou moins lente, et s'annonce ainsi : Tristesse, abattement, répugnance pour toute espèce de mouvement, dil'liculté même de se mouvoir ; indifférence pour le jeu, préférence pour le repos. Les enfants qui peuvent rendre quelque compte de leurs sensations se plaignent de douleurs dans les articulations et dans le trajet des os longs ; ils sont très faibles, ils suent par le moindre exercice ou même pendant le sommeil ; leur face est pâle, leur peau presque toujours bumide ; il y a fréquemment de la fièvre avec pouls large et plein ; les veines sont assez développées. Les rachitiques ont souvent peu d'appétit, beaucoup de soif, de la diarrbée avec météorisme marqué. On observe beaucoup d'enfants qui ne perdent jamais l'appétit, qui sont sans diarrbée, sans météorisme , mais presque tous maigrissent et deviennent blafards, quand la maladie est étendue et grave. Tous aussi urinent beaucoup, et leurs urines, par le refroidissement, fournissent un dépôt calcaire très abondant. Les symptômes que je viens d'exposer appartiennent à la période d'incubation, qui est très variable, car tantôt elle est d'un à deux mois seulement, tantôt de cinq à six mois ; ces variations dépendent de la gravité de la maladie, de son étendue, du sujet qui est plus ou moins faible, plus ou moins en rapport avec les causes qui agissent le plus dans le développement de la maladie. M. Guersant dit que, dans beaucoup de cas de racbitismes peu étendus, circonscrits seulement aux extrémités inférieures, il a vu la période d'incubation manquer complètement et la maladie ne se révéler que par la déformation des os des jambes : jusque-là les enfants avaient joui d'une parfaite santé.

La deuxième période, celle de déformation , est marquée par des gonflements, des courbures, des torsions, des déviations, dont la figure 59 (page 379) peut donner une parfaite idée. On voit que ce squelette d'un sujet âgé est surtout remarquable par les déformations et les déviations extrêmes des membres inférieurs. C'est, en effet, à mesure qu'on se rapproche des pieds qu'on trouve les effets les plus exagérés du rachitisme. En s'élevant vers la tête, la forme est moins compromise. La succession des difformités suivra à peu près le même ordre, c'est-à-dire qu'elle marchera de bas en haut. Ainsi, il y a d'abord gonflement des épiphyses des membres inférieurs, déviation des genoux, courbure des tibias et péronés, courbure des fémurs; vient ensuite le gonflement des poignets ; en même temps , ou quelque temps après, le bassin se déforme; enfin arrivent le gonflement, la déformation des côtes, des omoplates, des clavicules, et des déviations de l'épine. Le crâne se développe, les os de la face se gonflent en dernier lieu. Les symptômes généraux dont j'ai parlé en exposant la période d'incubation s'accroissent; la diarrhée, la fièvre surtout se déclarent, et il y a une vraie consomption ; les mouvements sont do

Page 1