‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 231 sur 302 · CHAPITRE Iir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Iir

Les lésions organiques des os ont réellement été mieux étudiées dans ces derniers temps, surtout depuis qu'on a établi plus scientifiquement les différentes maladies qui constituent ce qu'on appelait trop géuériquement exosloses.

Les os se transforment en des tissus avec ou sans analogues • on les rouve envahis par des masses fibreuses, par des anévrismes, par des tubercules, par des cancers et même par des hydatides. Ce n'est pas le lieu de traiter la question de savoir si ces corps sont seulement déposés ou s Ils proviennent d une véritable transformation des os. Étudions à part et au point de vue chirurgical les différentes lésions organiques.

Kystes des os (j).

Los kystes osseux sont de deux espèces : ceux qui se forment dans outes les parties molles par un dépôt de matière osseuse, ceux qui

0 l>N|,uylrcli, ter.om orales de clinique cliirurgicate, f. llf.

sont le résultat d'une espèce de divarication des lames osseuses : ils forment alors de véritables cavités closes dans le sein même des os; ici la matière osseuse préexistait. Les kystes que je vais étudier sont dans ce cas. Ruysch dit que dans certaines exostoses on trouve des cavités qui renferment pus, fongus, sanie, mucosités (1). Il est évident que Ruyscb comprenait parmi ces exostoses non seulement les kystes proprement dits des os, mais le spina ventosa qui doit être rapporté à la catégorie des faits que je me propose d'étudier ici.

C'rti'actci-es aiiatomiciiies. — Selon Dupuytren , les produits contenus dans ces kystes osseux varient beaucoup. Ils sont solides ou liquides; le plus ordinairement c'est une masse fibro-celluleuse; on y trouve aussi de la sérosité seule ou entourant ces masses , puis de la ' mucosité, de la matière adipocireuse , des liydatides, du pus mêlé avec de la séro.silé, une substance gélatiniforme, des dents, une matière sanguinolente, etc. (2). L'énumération seule de ces produits prouve qu'il est question ici de maladies différentes, se rapprochant par des symptômes que je ferai bientôt connaître.

Boyer, qui a surtout étudié cette maladie dans les os longs, dit que la membrane médullaire est tantôt transformée en une substance rougeâtre semblable aux tumeurs ou développements fongueux , tantôt en une substance jaunâtre, grisâtre, lardacée, exhalant une odeur rance et ressemblant à de vieux fromage ou à du plâtre ramolli , ou a de la matière contenue dans les tubercules scrofuleux (3). Il est évident hue ces derniers caractères appartiennent à la matière tuberculeuse , et que les tumeurs ou développements fongueux constituent une tout autre maladie. Pour Boyer encore, tout cela est du spina ventosa. A Cooper a décrit , comme Ruysch, presque toutes les lésions organiques des os sous le nom cVexostoses [k). On peut voir, en hsant cet auteur, combien de kystes se trouvent dans son mémou'e. L affection que Dupuytren a le mieux fait connaître, et qui consiste en un développement d'une masse fibreuse dans un des maxillaires, est rangée par le chirurgien anglais dans la catégorie des exostoses médullaires cartilagineuses.

Le volume des kystes osseux n'a rien de constant; ils peuvent avoir depuis la grosseur d'une balle à fusil jusqu'à celle d'un œuf de poule et du poing (Dupuytren). On sait que \e spina ventosa des membres •icnuiert quelquefois un volume bien plus considérable que le maximum indiqué par Dupuytren. Les lecteurs qui ont fait leurs études a

(1) Opéra anatomica el physiologica.

(2) Ouvrage cité.

lion de MM. Chassaignac el l\icliclo0.

Fig. 69.

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