AMPUTATION
Elle a été faite plusieurs fois quand la tumeur était située sur l'un h des membres. C'est peut-être encore l'unique opération à proposer quand la destruction du tissu osseux est portée à un certain point' comme par exemple dans l'observation de Scarpa : l'extrémité articu ' cuiaire du tibia se trouvait complètement séparée de la diaphyse.
Dupuytren a le prenn'er appliqué la ligature en 1819 ; M Lalle- ^ mnd y eut également recours en 182G ; M. Roux a publié deux cas • nouveaux, et tout récemment M. Nélaton a lié Tarière crjirale sur le sujet dont II a déjà été parlé. L'analogie qui existe entre les anévrismes osseux et les autres anévrismes devait inspirer cette pratique. L'opéré Uupuytren est représenté comme guéri : cependant il est dit dans oDservation, qu'il sortit de Thôpital conservant encore de la tuméfac
tion, sans battements à la vérité. L'auteur ajoute que, longtemps après cette première opération, la tumeur reprit un volume considérable et nécessita l'amputation, qui fut pratiquée en 1826, plus de six ans par conséquent après la ligature de l'artère fémorale. Il est à regretter, dit M. Nélaton, que l'on n'ait point indiqué si la tumeur qui existait encore lors de la sortie du malade hors de l'hôpital avait fini par disparaître entièrement. L'époque de la récidive aurait dù égalementètre indiquée d'une manière moins vague. Nous saurions alors à quoi nous en tenir sur la durée de cette guérison, qui ne fut que temporaire.
L'observation de M. Lallemand donne à M. Nélaton les mêmes regrets que celle de Dupuytren.
Dans un des deux faits de M. Roux, ce chirurgien lia l'artère brachiale pour une tumeur pulsative à l'extrémité inférieure du radius ; mais les progrès du mal ne furent arrêtés que pendant quelques semaines, et l'on fit l'amputation : il y avait ici avecl'anévrisme osseux un cancer. La seconde opération fut plus heureuse : la tumeur était à l'extrémité supérieure du tibia ; immédiatement après la ligature de l'artère crurale, la tumeur s'affaissa, et ne présenta plus de battements. Les jours suivants, il n'y eut aucun accident; la tumeur continua à décroître, et, cinq mois après la ligature, l'état du malade était des plus satisfaisants. Voici les détails qu'on trouve dans le travail de M. Roux : « Lorsque le malade a quitté Paris, il s'en fallait de bien peu que toute trace, je ne dirai pas seulement de la maladie de l'os, mais du changement de volume et de forme que le tibia avait éprouvé dans sa partie supérieure par le fait de cette maladie, n'eût disparu complètement ; là où le mal avait existé, l'os paraissait un peu irrégulièrement configuré ; il était encore un peu plus volumineux que dans l'état naturel, mais aucun point de sa surface n'était mou nidépressible sous le doigt; il n'y avait pas l'ombre de pulsation, partout il avait sa dureté normale; s'il différait à la vue de l'os du côté opposé, c'était à un bien faible degré. Cependant l'articulation du genou contenait quelque peu de roideur, etc. »
Quand M. Nélaton a écrit son article, l'opération qu'il a pratiquée datait de trois mois : c'était la ligature de l'artère crurale pour une affection semblable à celle du dernier opéré de M. Roux ; la tumeur s'affaissa immédiatement et cessa de présenter des pulsations. Il n'y eut plus de douleurs ; vers le huitième jour, les battements avaient reparu puis ils diminuèrent peu à peu et cessèrent pendant près d'un mois'environ. Ils ont reparu de nouveau, et la tumeur, qui présente un 1)eu moins de volume qu'à l'époque de l'opération, reste stationnan-e depuis quelques semaines ; elle est fluctuante et ne fait éprouver aucune
douleur. , , , c -,
Somme toute, sur quatre cas dans lesquels la ligature a de failt