‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 251 sur 302 · LUXATIONS DE L'EXTRÉMITÉ EXTERNE OU ACROMIALE · texte numérisé non relu

LUXATIONS DE L'EXTRÉMITÉ EXTERNE OU ACROMIALE

ne pas les exécuter sans précaution. Le quatorzième jour, le malade sort (le l'hôpital. — Le dix-huitième il vient à la consultation : les mouvements, qui ont presque recouvré leur force et leur étendue naturelles, se font sans douleur , et sans que l'extrémité de l'os, encore im peu tuméfiée, manifeste la moindre tendance à retourner en arrière. Mais le bandage qui, selon M. Morel, l'emporte sur tous les autres, c'est celui de M. le professeur Yelpeau. Il conserve ici la supériorité qu'on lui connaît dans le traitement des fractures. Je l'ai décrit et fait représenter quand il a été question de ces dernières solutions de continuité.

J. Luxations de l'extrémité externe ou acromiale de la clavicule (1).— Cette extrémité est encore remarquable par la disproportion de son volume avec la cavité correspondante : aussi cette partie de la clavicule débordc-t-elle généralement l'acromion en haut. Une conséquence importante de l'épaisseur isolée ou simultanée de l'extrémité claviculaire de l'acromion , c'est la difficulté extrême ou l'impossibilité de la luxation sous-acromiale. L'intervalle qui existe entre l'acromion et l'apophyse coracoïde peut être presque ou totalement insuffisant à recevoir la clavicule. Donc, dans les cas obscurs, la petitesse ou la grosseur de cet os du côté sain serait une présomption pour ou contre la luxation (Morel-Lavallée).

Un point de l'anatomie de cette jointure qui se rattache encore intimement à ses déplacements, c'est sa situation entre le plus fragile des os, la clavicule, et le plus sujet à se luxer, l'humérus, situé luimême en dedans de parties très vulnérables , le coude, le radius, etc. Par rapport aux luxations de la clavicule, c'est là, comme on le voit, une disposition toute préventive.

La fréquence de ces luxations se trouve bornée comme leurs variétés, leurs espèces. Si, en rompant leurs ligaments, les deux os viennent à glisser l'un contre l'autre directement d'avant en arrière, lesteront-ils longtemps contigus dans cette nouvelle position? La permanence n'est-elle pas incompatible avec leur minceur, l'action des muscles qui les sollicitent en sens opposé, et avec le poids du membre? A l'instant l'acromion et la clavicule se superposeraient l'un a l'autre, et les luxations directes en avant et en arrière seraient ainsi converties en celles m haut ou en bas. Toutes susceptibles qu'elles paraissent d'un déplacement secondaire en avant ou en arrière, on lia observé jusqu'ici ce modo composé que pour la luxation en

(1) Ce ne .sont que de.s luxalioiis de l'acromion. Je conserverai cependant le lUrc et les termes de celle description pour ne pas Irop brusquer l'usage. Mais je dois faire remarquer que ces luxations n'échappent pas à la loi que j'ai fortnulée ainsi : l'o$ ou les os luxés sont les plus éloignés du crâne. (Voyez aux eénéralités.l

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haut , où quelquefois la clavicule est en même temps rejetée en arrière.

"Variétés. — Il y a donc une luxation sus-acromiale qui est la règle; une luxation sous-acromiale qui est l'exception. Il peut encore y en avoir une autre : c'est la sous-coracoïdienne.

1° Luxation en haut [sus-acromiale). — J.-L. Petit la croyait moins fréquente que la sous-acromiale , c'était une erreur ; la luxation en haut vient même, pour la fréquence, après celle du coude. Elle est si commune , que M. Porral en a compté trois exemples en un an à l'hôpital Saint-Louis , et que M. Morel-Lavallée en a recueilli cinq en deux années dans le service de Sanson à la Pitié.

La cause la plus commune, c'est une chute sur l'épaule, tout le monde le dit ; mais une chose que personne ne semble avoir remarquée , dit M. Morel-Lavallée , c'est qu'à cette chute s'ajoute une forte impulsion du tronc en avant. Ainsi un malade est tombé en descendan un escalier; un autre a été entraîné du haut d'une voiture par une bûche pesante qu'il jetait à terre; ou bien encore le sujet va violemment toucher le sol dans une course ou dans une lutte , ou en se précipitant d'un lieu élevé. H y a toujours alors, accompagnant la chute indiquée, l'impulsion en avant; c'est précisément là qu'est, aux yeux de M. Morel, la clef du mécanisme de la luxation. En effet, dit-il, qu'un choc porte directement sur l'épaule , il y a rencontre perpendiculaire de l'acromion avec la clavicule , qui se brisera , car un choc direct est la condition la plus favorable à la production de la fracture. Au contraire, dans une chute sur le côté avec impulsion en avant, l'épaule est en même temps refoulée en bas et en dedans; les facettes articulaires s'inclinent , et la luxation n'a plus d'obstacle que dans les ligaments. Avec une force agissant dans cette double direction , il n'est pas besoin de chercher dansle trapèze cette large part d'influence que Boyer lui attribue, et que A. Cooper lui conteste, sans d'ailleurs indiquer ce qui la remplace. Ce n'est que si l'acromion subissait un simple abaissement que le concours de ce muscle serait nécessaire ; mais serait-il suffisant? Quoiqu'il en soit, celle dépression du scapulum est l'élément fondamental du déplacement ; son rapprochement du tronc n'en est qu'un épi phénomène, qui même n'existe pas au premier degré de la lésion.

Une chute sur l'épaule est la cause ordinaire, mais non pas unique de cette luxatiori. On l'a vue arriver par une chute sur le coude. On conçoit comment le mécanisme rentre alors dans celui que je viens d'exposer. Dans cette attitude, l'humérus, écarté du corps, pousse la cavité glénoidccn dedans et en haut, en faisant exécuter à l'acromion un mouvement de bascule et de translation qui l'entraîne en bas et en dedans.

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