‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 259 sur 302 · LUXATIONS DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

LUXATIONS DE LA JAMBE

les écrits de ces deux chirurgiens, c'est que les deux sous-variétés existent (1).

(Causes et niécanisnie. — En général, ce sont des sujets jeunes et robustes qui ont des luxations de la jambe. La flexion et l'extension portées au degré le plus extrême ne peuvent déterminer une luxation de la jambe; il faut pour cela qu'une fraction du membre inférieur soit fixée pendant qu'une violence, une forte impulsion, agissent sur l'autre. Dans l'observation deLamotte qu'il intitule : Dislocation complète du (jenou, il est question d'un manœuvre qui fut accablé par un éboulement de terre; il avait les membres inférieurs écartés; le terrain sur lequel reposait la cuisse gauche était plus élevé que'celui de la jambe, qui, portant à faux, fut luxée (2). Cette luxation a lieu encore si, pendant la station , une jambe étant invariablement fixée, une violente impulsion est communiquée au tronc. Il arrive aussi que la force est appliquée sur chaque fraction du membre inférieur et quelle agit en sens inverse. C'est par ce mécanisme que se produisit la luxation observée par Boyer. L'homme qui l'éprouva faisait tourner la roue d'une grue, en mettant alternativement les pieds sur les chevilles dont un des côtés de cette roue est garni : le pied droit lui ayant glissé la jambe se trouva engagée entre deux chevilles et fut portée en dedans par le mouvement rétrograde delà roue, tandis que le poids du corps entraîna la cuisse en sens contraire (3).

^jntVtànues - Les luxations complètes de la jambe se reconnaissent a un raccourcissement du membre qui peut aller jusqu'à 12 centimètres. La direction de la jambe est moins changée qu'on n'aurait pu le supposer; elle est engourdie , le plus souvent fixe et partois, au contraire, très mobile; le genou est très déformé, 'il n'y a plus d interligne articulaire: cette difformité varie d'ailleurs selon I espèce de luxation.

rabVefrif trVTr ««.déplacement, il y a saillie considé-

lable de la ete du tibia , surmontée de la rotule un peu déviée sur un co e et inclinant en haut sa face sous-cutanée ; le ligament rotulien .t tendu sur e bord antérieur de cette tête ; à la panie inférieure et eneure de la cuisse est une dépression profonde, masquée par le mu ,1e triceps. Les condyles du fémur semblent descendus dans le mollet, ils proéminent en arrière, et compriment les vaisseaux et nerfs poplites; on sent quelquefois les battements de l'artère de cette ré- ^'lon. 11 est plus facile de porter le talon en arrière qu'en avant; il y a

(<) Voyez d'ailleurs l'article déjà cité de M. Vclpeau cl la Lcllre à ce nro ■esseur, sur les luxalions fémoro-libialcs, par M. Malgaiguc , Arcluves de méde- <^ ne, 2' senc, 1833, t. XIII, p. 482; XIV, p. 129.

,2) Chnunjie de LamoUe, t. Il, p. 643 cl 044.

•5) Hoycr, Maladies chirurgicales, p. 80, ». IV.

souvcnl plnaiours poucos de vaccourcissL'ment. La jambe, vuo par (levant, n'a pasclumgô de longueur; derrière, elle paraît plus courte, l)uisque sa partie la plus supérieure est masquée par l'extrémité inlericure du fémur. En avant, c'est la cuisse, au contraire, qui paraît plus courte. La figure 113 représente la luxation en avant au moment où elle va devenir complète. On voit bien ici le déplacement selon r épaisseur ; celui selon la longueur va avoir lieu.

2° Luxation en arrière. — Dans la luxation en arrière , la tête du tibia fait saillie au haut du jarret , et comprime les nerfs et vaisseaux poplités; immédiatement au-dessus est une forte dépression de la cuisse : les condyles du fémur proéminent fortement en avant. La figure 1 1 k représente une luxation en arrière au moment où la surface

Fig. 113. Fig. 114. Fig. 115.

cartilagineuse du tibia vient d'abandonner les condyles. Il existe une forte écliancrure au-dessous de la rotule dont la face sous-cutanée regarde en bas. En arrière, on voit toute la longueur de la jambe ; en avant, son extrémité supérieure étant masquée, elle paraît plus courte ; c'est le contraire pour la cuisse ; le ligament rotulien est tendu sous les condyles du fémur dont on peut sentir l'échancrure antérieure. Il est plus facile de porter le bas de la jambe en avajit qu'en arrière ; le raccourcissement est moins considérable que dans les luxalions en avant.

3° Luxation en dedans. — Cette luxation et celle en dehors son! toujours incomplètes. Quand la luxation est ended<ins,\e comlylt' interne du tibia abandonne le condyle fémoral correspondant, et se porto en dedans de lui; mais le condyle externe du libia vient U; recevoir, en laissant en dehors le condyle fémoral externe (lig. Ilo). Il y a donc deux surfaces articulaires (pii sont, jionr ainsi dire, libres :

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