LÉSIONS VITALES DES MUSCLES ET DE LEURS ANNEXES
Ces lésions vitales sont : 1» des névroses du mouvement et du sentiment; 2° des inflammations et leurs conséquences plus ou moins directes.
Névroses.
Ce sont ordinairement des états spasmodiques qu'on observe et aux muscles de la vie organique, et aux muscles de la vie animale. Ces névroses manifestent principalement leurs effets près des limites de ces deux ordres d'agents locomoteurs : ainsi, les spasmes de l'anus, du rectum , du vagin , du pharynx , de l'œsophage ; mais alors , en général , la névrose du mouvement coïncide avec une névrose qui porte sur la sensibilité d'une manière très tranchée. Exemple : les spasmes de l'anus qui précèdent ou suivent la maladie appelée fissure à l'anus. Les névroses des muscles, moins en rapport avec la vie organique, ces lésions vitales portent presque toujours sur le mouvement : elles l'abolissent, ou l'exagèrent, oii le pervertissent. Les muscles de l'œil peuvent exprimer ces trois étals. On sait que c'est à la dernière variété de névrose que quelques chirurgiens ont attribué le bégaiement, qui serait dû alors à un état nerveux des muscles de la langue, lequel romprait l'harmonie de leurs fonctions. De là la difficulté extrême de prononcer certaines syllabes.
Les lésions vitales des muscles des membres ont acquis une grande importance dans ces derniers temps, si féconds en travaux de tout genre sur les difformités. En effet, une lésion de l'innervation musculaire peut, en rnultiphant outre mesure les contractions, en les rendant môme permanentes, cette lésion peut constituer la contracture musculaire, qu'il faut distinguer de la rétraction des mêmes organes, que j'étudierai plus tard. En effet, dans l'état spasmodique qui constitue la contracture , le muscle n'est nullement altéré dans sa texture; c'est toujours la même fibre rouge, mais dont les zigzags se rapprochent toujours plus ; c'est enfin un muscle qui se plisse, qui est plus court, mais qui n'en est pas moins entièrement muscle. Il peut,
(1) Encyclopédie méthodique. — Chirurgie, t. II, p. 39.