‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 284 sur 302 · CARIE DES OS DU CRANE · texte numérisé non relu

CARIE DES OS DU CRANE

lil présente la nécrose à tous ses degrés : 1" simple érosion de la table (externe; 2» perte de substance de toute l'épaisseur de cette table; 3" du diploé ; enfin perforation. Il est remarquable que le diploé seul a travaillé un peu à la réparation. Cette femme a toujours soutenu qu'elle n'avait jamais eu de maladies vénériennes. Ses organes étaient sains quand elle a été reçue dans mon service. Mais les accidents primitifs peuvent bien être absents depuis longtemps , quand les os se prennent.

Le trépan est ici bien moins dangereux que dans les cas de plaie de tète. La circonstance de la commotion n'existe pas, et déjà, dans l'aire de la nécrose, est un travail de réaction favorable à la guérison de la plaie faite par le trépan. Le trépan n'étant pas employé comme moyen d'urgence, on choisira, pour le pratiquer, le moment le plus favo- rable; on pourra y préparer le sujet.

Carie des os du crâne.

Cniises. — Le virus syphilitique dans ses effets les plus tardifs est la cause la plus fréquente de la carie des os du crâne : cependant on ne devra pas méconnaître l'action des causes extérieures, surtout si on remarque que le coronal est le plus souvent le siège de cette affection. Quand elle est réellement de cause externe, qu'elle survient, par exemple, à la suite d'une plaie, de tête avec fracture ou contusion des os, la carie est moins grave parce qu'elle est plus limitée; quand, au contraire, la carie dépend d'une cause générale, elle atteint plusieurs points du crâne. On l'a vue envahir toute la voûte ; il n'est pas rare de lui voir occuper presque tout le coronal. Une circonstance remarquable de la carie du crâne, c'est sa liaison presque constante avec la nécrose, et le plus souvent celle-ci domine. La ligure le démontre parfaitement.

Syin|itomes et innrclie. — La carie attaque d'abord tantôt la face externe, tantôt la face interne des os. De là des différences importantes pour l'époque à laquelle la maladie est reconnue pour le pronostic et pour le traitement. Quand c'est par la table externe que la carie commence, le périoste prend plus ou moins de part à la naissance de la tumeur, qui est pâteuse, adhérente, immobile, médiocrement ou point douloureuse; elle peut rester deux, trois mois dans cet étal; elle s'enflamme ensuite, s'ouvre, et laisse voir l'os malade. Pou étendue, cette curie externe, n'est pas très grave. Ici, les teintures bnlsami(iues et autres irritants ont réussi ; c'est dii'e que la guérison spontanée est possible. Si la carie envahit d'abord la table interne du crâne, un long temps peut s'écouler sans (pu! rien à l'extérieur accuse

cette 7Tialaclie. Mais il y a tantôt des maux de tête violents et opiniâtres, tantôt des vertiges, des mouvements convulsils, de l'assoupissement, enfin des symptômes qui révèlent une irritation ou une compression de l'encéphale. Si le malade résiste à ces accidents, la maladie se montre à l'extérieur, c'est-à-dire que sur le point douloureux du crcâne naît une tumeur qui ne s'élève pas beaucoup, d'un petit volume, peu ou point douloureuse, et offrant de la fluctuation à son début; en pressant, on diminue son volume et on augmente les symptômes de compression s'ils existent, ou on les fait naître s'ils n'ont pas encore été produits. Ces phénomènes prouvent que la tumeur est en même temps intra et extra-crânienne, c'est-à-dire que les os du crâne ont éprouvé une solution de continuité faisant communiquer le pus qui est sur la dure-mère avec celui qui est sous le cuir chevelu : ce qui le prouve encore, ce sont les changements de volume que subit quelquefois la tumeur par les efforts auxquels le malade se livre en toussant. La tumeur abcédée, if en sort unesanie plus abondante que ne l'eîit fait supposer son volume. La pression n'augmente pas la quantité de cette humeur, comme cela a lieu pour la carie de la table externe ; il reste une ouverture fistuleuse, devenant quelquefois assez large pour découvrir l'os, dont la perforation est à bords irréguliers, hérissés de pointes. On constate par l'autopsie que la table interne est altérée dans une plus grande étendue que l'externe; la perte de substance de celle-ci s'étend, en effet, au delà de la perforation. Quand c'est l'apophyse mastoïde qui est atteinte, la sanie se répand quelquefois dans l'oreille , sort par le canal auditif externe, ou suit le conduit guttural pour tomber dans le pharynx.

Tfaiteiiieiit. — Le haut degré de gravité de la carie de la table interne et de celle de toute l'épaisseur de l'os vient de la proximité des méninges, du danger des opérations qu'elle nécessite, et de la difficulté d'établir et de dépasser les limites du mal. C'est pour détruire la carie des os du crâne qu'on a surtout multiplié les couronnes de trépan. On trouvera dans le Traité des lésions delà tête par conlrecoup , de Méhée de La Touche, une observation qui prouve que ce praticien a appliqué sur la tête d'une femme, et avec succès, cinquante-deux couronnes de trépan dans l'espace de quinze mois ! Cette femme, qui était sexagénaire, fut présentée à l'Académie de chirurgie en 1762. Après ce fait, que deviennent ceux deDaviel, de Soulier, de Lapeyi'onnie ?

Ici les divers baumes sont sans effet ; le fer rouge connnuniquc promptementson calorique à l'encéphale qu'il peut enflannner : aussi est-il redouté par tous les praticiens. Cependant A. Bérard a appliqué plusieurs fois, et à huit jours d'intervalle, le fer ehaulfé à blanc sur une carie du coronal ; il un observé aucun accident du côU' du

Page 1