‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 287 sur 302 · C.V.M'.liUS DU CUANK · texte numérisé non relu

C.V.M'.liUS DU CUANK

^\ luplùiuo Spécial. Uuekiuel'ois, au contraire, il tlomie lieu à des plicnomènes Iranchés, mais qui peuvent être produits par toute autre lésion. x\in5i, la céphalalgie, les douleurs lancinantes ayant le caractère névralgique, les paralysies mêmes ne sont pas des symptômes tout à fait particuliers au fongus. Mais le cancer, en se développant, pousse devant lui les os, les amincit, les use, comme je l'ai dit, ii la manière des tumeurs anévrismales. Quelquefois il ne reste plus qu'un mince feuillet de la table externe légèrement soulevée ; c'est alors qu'on perçoit ce bruit particulier, noté surtout par Louis, bruit qui ressemble à celui du parchemin sec quand on le froisse. Le sujet delà première observation de Louis, qui tomba sur lo pont Neuf, offrait cette particularité, et ce fut son coiffeur qui, en rasant la tête, constata le premier ce phénomène.

Deuxième état. — Le fongus ayant usé, perforé les os du crâne, forme un relief dans cette région , c'est-à-dire une vraie tumeur. Alors on observe quelquefois un phénomène singulier ; c'est-à-dire que certains symptômes, tels que les douleurs, les phénomènes de compression, cessent, du moins pour quelque temps. On comprend que la tumeur, affranchie de la barrière que lui opposaient les os, pèse moins sur le cerveau el Tirrile moins aussi. Mais, chose remarquable, la douleur, qui est quelquefois apaisée par la sortie spontanée du eràne, l'est aussi par sa rentrée, c'est-à-dire quand on l'a réduit. Voici comment oiï explique ce phénomène : l'ouverture de l'os est inégale; elle présente des pointes, des aspérités qui piquent la tumeur et déterminent de vives douleurs; en la réduisant, ces pointes n'agissent plus sur elle, et cette cause de douleur n'existe plus; par la réduction, aussi, on comprime plus ou moins le cerveau, ce ,|ui produit plus ou moins de coma, ce qui empêche la perception de la douleur. Voici d'ailleurs les caractères du fongus à son second (Hat : c'est une tumeur plus ou moins volumineuse et circonscrile; quelcpiefois elle est très petite en naissant; quelquefois, au contraire, elle a d'abord le volume d'un œuf de poule; elle est circonscrite, moins dure qu'un stpiirrhe, encore moins qu'une exostose, mais elle résiste plus qu'une tumeur aqueuse. Quelquefois elle est viollu, commç llucluante sur un point, dure sur un autre point. Cette résistance inégale et cette fausse fluctuation sont à noter, car c'est un caractère de l'cncéphaloïde; il dislingue cette tumeur de l'encéphalocèle, dont la tumeur est régulièrement molle et douce au toucher. Un autre caractère iîncorc important, c'est ([u'il n'y a jamais de liquide entre le fongus et les enveloppes, tandis que l'encéphalocèle est souvent recouverte d'une couche de sérosité.

Le fongus peut présenter trois espèces de mouvements : 1" mouvc- ^nents produits dans la tumeur par des vaissenux anornudement dé-

^•^^ MALADIES DU CHANE.

veloppés OU nouvellement créés ; 2° mouvements communiqués par Jes artères de la base du cerveau ; 3" mouvements ou soulèvement dus à la respiration. Jamais on n'observera en même temps ces trois mouvements; le plus fréquent est attribué à la circulation artérielle de la base du cerveau, il coïncide souvent avec ceux de la respiration Le mouvement le plus rare est celui que l'on croit être produit par les vaisseaux de la tumeur elle-même. L'absence des mouvements de la tumeur est expliquée par son grand développement; alors en effet elle déborde l'ouverture du crâne, elle s'étale entre l'os et les parties molles extérieures, comme un vrai champignon, elle échappe amsi à l'influence physique du cerveau; c'est à cette période qu'elle est irréductible : on le conçoit, car le taxis ne ferait que l'aplatir sur les os au lieu de la faire rentrer dans la cavité crânienne.

La marche de ces tumeurs peut être extrêmement lente. M. Gra-fe a observé un malade qui en a souffert pendant trente-sept ans (1) La lémme que Robin ht exhumer pour examiner son crâne ne mourut qu'au bout de quarante-quatre ans.

Uiag^iiosiic. — Ainsi, à son premier état, rien ne peut faire reconnaître le fongus; quelquefois ou ne peut pas même le soupçonner. A son second état, il y a crépitation, divers mouvements, réduction; mais ces caractères n'existent jamais tous ensemble, et tous peuvent manquer aussi; il en est même qui lui sont communs avec d'autres maladies. Cependant, en analysant avec soin ce que je viens de dire de ces tumeurs, en inlerrogeant les antécédents pour connaître leur marche, on arrivera toujours à de grandes probabilités et souvent à une certitude chirurgicale.

^ Les tumeurs avec lesquelles on pourrait confondre les fongus sont l'encéphalocèle et les tumeurs érectiles. Or l'encéphalocèle est congénitale, et quand elle est due à une perte de substance accidentelle de l'os, on sait à quoi s'en tenir sur la maladie. La hernie forme, comme je l'ai dit, une tumeur régulièrement molle, régulièrement bornée ; sa réduction est plus facile , et ordinairement le malade en ressent de bons effets; c'est le contraire pour la plupart des tumeurs de la dure-mère. Quant aux tumeurs érectiles, elles n'atteignent jamais le volume du fongus au deuxième état, sans altérer la peau. Si l'on peut comprimer les branches de l'arlèrc carotide externe, on fait cesser les battements dont ces tumeurs sont le siège; d'ailleurs elles sont d'une grande douceur au toucher, dcpressibles et non réductibles. Quand les lumeursde la dure-mère ne sont pas réductibles, elles sont moins dépressibles que les fumeurs érectiles, et jamais elles n'offrent les variations de couleur, de consistance, de volume, que prc-

(1) Archives demédec'ne, l. XVIII.

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