‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 50 sur 302 · I. — Incisions simples et uniques · texte numérisé non relu

I. — Incisions simples et uniques

A. Premier procédé. — Tendez la peau. Pour cela il y a plusieurs manières : d'abord, avec le pouce et l'index seulement, ou bien la main appliquée à plat et ces deux doigts écartés, ou bien avec le bord cubital de la main gauche et le pouce. On peut aussi tirer la peau d'un côté , tandis qu'un aide exerce des tractions de l'autre côté. Quelquefois la tension de la peau est complètement confiée à un aide , et le chirurgien a les mains complètement libres pour l'opération. La peau étant tendue par un de ces procédés, on saisit un bistouri droit, on le plonge à la profondeur voulue, de manière à lui faire représenter un angle droit avec la peau ; on l'incline ensuite , et l'on incise en pressant, puis on le relève, de manière qu'à la fin de l'incision le bistouri ait la même direction qu'au commencement. En procédant ainsi , on obtient des incisions nettes, on n'effleure pas la peau , et l'on ne fait pas de queues.

Les incisions courbes se font par le même procédé ; seulement , à mesure qu'on change la direction du bistouri , on varie la tension de la peau.

B. Deuxième procédé. — On ne commence pas par une ponction, comme dans le premier procédé : aussi peut on se servir du bistouri convexe ou du droit. On le tient en première , troisième ou cinquième position; on l'incline sur la peau, on le promène, pour ainsi dire, sur les tissus, en les effleurant. Ici on fait nécessairement des ^?<ewes, ce qui est un léger inconvénient relativement aux avantages de ce procédé , lequel est employé surtout quand la partie à découvrir doit être très ménagée : ainsi une artère , ainsi un intestin liernié.

C. Troisième procédé. — Le chirurgien pince la peau avec les deux mains , donne un côté du pli à un aide, pour que la main droite , devenue libre , saisisse un bistouri ; il serre l'autre côté du pli avec le pouce et l'indicateur de la main gauche ; il incise en pressant et en sciant. Le talon du bistouri attaque le sommet du pli, et l'on dirige la marche de l'instrument de manière à arriver à la base de ce pli avant d'être au bout du tranchant.

OPÉRATIONS ÉLÉMENTAlllES.

IT —Incisions composées ou multipliîs.

En variant et en multipliant les procédés décrits, on peut leur faire représenter plusieurs figures. Voici les principales :

Fig. 70.

Quand on combine ainsi les incisions, il faut ordinairement cominenccr par la plus facile : ainsi, quand il doit y avoir une incision transversale, on commence toujours par elle; quand c'est un V, c'est par la branche gauche. S'il doit y avoir une incision au-dessus de l'autre, on commencera par l'inférieure; autrement le sang mas- ([uerait les parties au moment où la seconde incision devra être pratiquée.

A. Incision en V. — Cesont deux incisions droites qui se rencontrent à angle aigu par une de leurs extrémités. Il vaut mieux que la seconde incision rencontre la première un peu avant la fin de celle-ci , pour que la peau de l'angle formé par la rencontre de ces deux incisions soit nettement et complètement divisée. Comme on le pense bien , cet angle peut varier , il peut être plus aigu qu'un V , et s'agrandir de manière à être en L quand l'angle est droit.

B. Incision en T. — Au lieu de faire tomber la seconde incision sur l'extrémité de la première , on la fait arriver sur le milieu de sa longueur

C. Incision cruciale. — On fait une branche de plus au T ; c'est la branche supérieure qui doit être la dernière. On peut pratiquer cette incision en deux temps si la peau est adhérente ou indurée; la première incision sera transversale , la seconde la coupera perpendiculairement. L'incision en X s'exécute comme la précédente.

D. Incision elliptique. — Ce sont deux courbes réunies par leurs extrémités. Il est bien entendu que l'inférieure doit être faite la première : c'est à une ligne ou deux de l'extrémité gauche de celle-ci que commence la seconde ; elle finit à la même distance de l'extrémité droite.

Incision en croissant. — Ce sont deux courbes dont la plus concentrique appartient à un plus grand cercle ; elles se toucheront donc par leurs extrémités.

§ 2. — Incisions de dedans en dehors.

Dans ces procédés, le bistouri est introduit par une ouverture naturelle ou artificielle ; on relève le tranchant vers la peau. Les divers

Fig. 67. Fig 68. Fig. 69.

1/|2 PROLÉOOMÈNEï^.

flébridements se l'attachent à ce procédé; ils tendent tous à agrandir une ouverture naturelle ou artificielle; pour cela, il faut qu'ils aillent du centre à la circonférence. On comprend que les ciseaux peuvent être employés à la plupart de ces incisions. Leur mécanisme est si simple et si facile, qu'il n'est pas nécessaire de le décrire.

On peut inciser de dedans en dehors sans conducteur ou avec un conducteur,

Page 1