‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 70 sur 302 · II. — Accidents de la saignée · texte numérisé non relu

II. — Accidents de la saignée

La saignée la plus facile et la mieux exécutée , comme la plus difficile , peut être suivie d'accidents. Par exemple : la douleur est uii accident qui est quelquefois tout à fait indépendant de l'opéraleur. L'anatomiste le plus habile ne pourra jamais se flatter d'éviter à coup sûr un filet des nerfs cutanés. Autiefois on allribuail à tort cet accident à la lésion du tendon du biceps et de l'aponévrose de cetlc région. Le repos, les émollients font cesser la douleur, qui est quelquefois très vive.

La syncope arrive le plus souvent aux sujets taiblos : cependaut les ;.orsounes les plus vigoureuses n'en sont pas exemples. Je l'ai plus souvent remarquée chez les hommes que chez les femmes. Pour combattre et prévenir cet accident, rien de mieux que la position horizontale. On doit toujours saigner dans son lit un sujet qui a des dispositions à se trouver mal. Quand on voit arriver la syncope, on doit ralentir et même suspendre l'écoulement du sang, faire respirer lari;ement le malade. Des aspersions froides sur la tête , sur l'épigastre; du vinaigre, des excitants, tels que l'eau de Cologne, l'ammoniaque, etc., pomTont être placés sous les narines pour exciter la muqueuse nasale. (Voyez ce que j'ai dit de la syncope en parlant des accidents des opérations.)

Le thrombus est une infiltration de sang dans le tissu cellulaire ; il a lieu quand l'ouverture est trop petite, ou qu'il y a délant de parallélisme entre l'ouverture delà veine et celle de la peau. Si l'on voit que le thrombus va se former, on doit chercher à rétablir le parallélisme, si c'est son absence qui est la cause de l'infiltration sanguine. Quand celle-ci est due à l'étroite.sse de l'ouverture , on conseille de l'agrandir. Pour moi, je préférerais piquer une autre veine sur le même bras ou sur l'autre. D'ailleurs, le thrombus disparaît dans quelques jours ; on peut hâter sa résolution par des compresses trempées dans de l'eau fraîche et une légère compression.

Si une veine volumineuse , voisine de la peau , a été largement ouverte , quelquefois le sang ne cesse de couler, malgré la suppression de la ligature : c'est que les bords de l'ouverture restent écartés. On arrête le sang en fléchissant l'avant-bras ou en tirant la peau d'un côté, on dedans ou en dehors. Le plus souvent cette légère hémorrhagie est due h une constriction occasionnée par les vêtements. Quelquefois elle tient au moyen même qui est employé pour arrêter le sang. Ainsi riuand on serre trop l'anneau supérieur du 8 de chiffre formé par la bande du pansement, on semble continuer la ligature. Quand il y a quelques difficultés à arrêter le sang, on doit appliquer sur la piqûre une compresse graduée , pour que ce point soit plus comprimé que les autres endroits où la bande doit passer.

La blessure de l'artère. Dionis dit qu'un chirurgien peut s'être aperçu d'avoir touché le corps de l'artère quand , en saignant une basilique, il a senti k la pointe de la lancette une petite résistance qu'il ne trouve pas ordinairement (page 696). Cette blessure et la phlébite sont les accidents les plus graves de la saignée ; on les reconnaîtra aux signes qui seront indiqués quand il sera question des maladies des vaisseaux ; là aussi on trouvera les moyens proposés pour les combattre.

inflammation des lymphatiques n'est pas très rare après la snignée;

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on la confond souvent avec la phlébite : j'en parlerai quand \\ sera question des maladies du système lymphatique.

§ 2. — Saignée du pied.

Anatomie.

C'est la veine qui est au-devant de la malléole interne qu'on saigne eplus souvent (1): c'est la saphène interne; quelquefois aussi elle passe en dedans, rarement en arrière de la malléole interne. La saphène externe, qui est derrière l'autre malléole, est trop petite pour être piquée, surtout quand la première ne peut l'être. Parfois on trouve le contraire, la saphène externe est plus volumineuse que l'interne; mais ce cas est rare. A défaut des deux troncs veineux principaux, les auteurs conseillent d'ouvrir un des rameaux de l'arcade dorsale du pied.

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