DÉPLACEMENTS
•le serai très bref sur cet ordre de difformités ; car , en parlant des siens de contiguïté dites accidentelles, luxations, hernies, je revien-
Irai nécessairement sur presque toutes les idées que je pourrais ex-
loser ici.
Le déplacement, au point de vue chirurgical, ne consiste pas touours en ce qu'un organe a quitté sa place, mais aussi en ce qu'il M'st pas venu occuper cette même place qui lui est destinée. Ainsi ,
la rigueur, on ne devrait pas toujours dire que tel organe est dé- )lacé, mais qu'il n'a pas été convenablement placé. On comprend lie les lésions de contiguïté de celte dernière catégorie doivent êtro ongéniales. Ainsi quand, à sa naissance, l'enfant a les bourses vides ' testicules, ce n'est pas parce que ces organes ont quitté les bourses, mis parce qu'ils n'y sont pas arrivés; certaines hernies ombilicales "lit dues, non pas à la sortie de l'intestin de l'abdomen, mais à ce 110 cet organe est resté dans la gaîne du cordon ombilical.
Il est donc des organes dont les rapports sont transitoires ; leur
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a voulu interpréter de la môme manière ce qu'on a appelé les luxations coiigéniales dont l'articulation coxo-femorale oiîre le plus d'exemples ; mais on n'est pas d'accord sur ce point de pathogénie. Ainsi, les uns admettent que des accidents de la vie intra-utérine ont déplacé les fémurs , lesquels ont été poussés hors de leur cavité ou déplacés par des tractions convulsives des muscles fessiers. D'autres auteurs croient que l'extrémité supérieure du fémur, au lieu de naître dans des rapports intimes avec la cavité cotyloïde , a pris naissance sur un autre point de l'os des lies, et, le plus souvent, dans la fosse iliaque externe. Je signale seulement cette diversité d'opinions sans m'y arrêter : ce n'est pas ici le lieu.
Il y a des déplacements qui sont évidemment dus à des circonstances qui ont fait naître les organes sur un point de l'organisme qu'ils ne devraient pas occuper : ainsi les transpositions complètes , qui font que tout ce qui devrait être à gauche est à droite. Ces énormes déplacements n'ont pas un grand intérêt au point de vue chirurgical. Les déplacements qui intéressent le plus le praticien sont relatifs aux os, aux muscles, aux veines, aux artères ; ce sont surtout ces anomalies des vaisseaux que le chirurgien devra bien connaître pour éviter des méprises dans le diagnostic, et surtout dans le traitement. Ainsi si l'artère crurale , au lieu d'être d'abord sur la partie antérieure de la cuisse, règne pendant tout son trajet à la partie postérieure du . membre, il peut s'ensuivre de graves erreurs de diagnostic relatives aux tumeurs de cette région. Si l'artère cubitale , au lieu d'être sousmusculaire, est sous-cutanée, si elle naît prématurément, c'est-à-dire trop haut vers le bras , il peut en résulter une méprise pour les opérations qui se pratiquent au plis du bras , à l'avant-bras. Si , au lieu de passer entre les deux scalènes, l'artère sous-clavière se trouve devant la scalène antérieure , il peut en résulter une erreur quand on fera la ligature de l'artère du même nom. On doit avoir le plus grand égard pour les anomalies vasculaires , quand on a à pratiquer certains débridements profonds. Ainsi la hernie crurale est dans une région où les anomalies peuvent être telles que l'anneau crural sera entouré d'un cercle vasculaire presque complet. Alors , quel que soit le point sur lequel le débridement portera, on exposera le malade à une hémorrhagie , si ce débridement est considérable. C'est ce qui m'a conduit à proposer le débridcm.ent multiple , c'est-à-dire des incisions portées dans tous les sens, mais peu étendues, et n'arrivant jamais jusqu'au" cercle artériel.
Gomme j'ai établi qu'il y avait des déviations consécutives aux divisions , j'achnets des diiplacemcnts consécutifs aux déviations. On voit tous les jours une forte déviation des membres amener des luxations l)his ou moins complètes. Ainsi la plupart des anomalies se touchent
ET DIFl'OUMITÉS. 237
|iar quelque point, el si l'on allait plus liant, en suivant la cliaîne qui s lie, l'on pourrait les rapporter à deux groupes seulement. Mais je n'ai pas la prétention de fonder ici un système tératologique. Qu'une partie se soit déplacée ou qu'elle ne soit pas veime occuper la place (lui lui était destinée, elle n'en subit pas moins des modifications en 1 apport avec sa position anormale, et non en rapport avec celle (ju'elle devrait occuper. D'un autre côté , la place qui lui était destinée subit des changements qui tôt ou tard la mettent dans l'impossibilité (le recevoir, de maintenir cette même partie. Ainsi l'on peut voir dans les figures qui vont suivre l'état des cavités cotyloïdes, l'état de la îiHe des fémurs ; on constatera que les pièces de l'ancienne articulation I oxo-fémorale ne sont plus dans des rapports convenables de forme, (le volume, pour permettre de reconstituer cette articulation de manière à effacer les difformités; or, c'est ce qu'il faudrait pour obtenir une guérison radicale.
Les quatre figures ci-jointes représentent le bassin d'une femme qui avait une luxation congéniale des deux côtés. Ce bassin n'a plus les diamètres ordinaires; il est évidemment déformé. Ce qu'il importe ici, c'est de montrer un exemple remarquable de déplacement. La ligure 98 est le bassin vu par sa partie antérieure; toutes les parties
Fig. 98.
molles ont été enlevées, excepté les ligaments. On voit que la tête des rémurs est portée en haut et en dehors. Les cavités cotyloïdes, abandonnées, sont revenues sur elles-mêmes, el ont perdu leur forme. Ces '■avités devraient être moins marquées ici, où elles sont reconverles par le ligament capsulairc qui a suivi le fémur pour aller se mettre • ;n rapport avec la nouvelle cavité, sans quitter l'ancienne. La figure 99 représente le bassin vu par sa face postérieure. Les deux autres ligures 100 etlOl montrent les deux os iliaques de la même pièce avec les fémurs correspondants. Ici les ligaments ont été enlevés pour mon-
zoo AnUlVlALIHS Ul Uir runmiico.
trer complètement les nouvelles cavités cotyloïdes cl les déformations des tètes lëniorales.
Fig. 99.
Les lettres AA des figures 100 et 401 indiquent les os iliaques, BB indiquent les fémurs, a a cavités cotyloïdes normales déformées, bO cavités articulaires de nouvelle formation.
Fig. 100. Fig. 101.
Dans les cas de luxations traumatiques récentes, le problème est bien différent , il est bien plus simple : il s'agit seulement de replacer des organes déplacés et non de les refaire. Les pièces de l'articulation existent avec leurs formes , on n'a plus qu'à les rétablir dans leur position respective.
Comme on a vu la division anormale avoir pour conséquence com-plicative une déviation, un déplacement, on peut rencontrer un déplacement ayant pour ell'et une division , ou la persistance d'un état transitoire qui équivaut à une division. Ainsi le testicule qui séjourne dans le canal inguinal fait persister la comnnuiication des deux séreuses qui devraient être séparées. En eflct, le péritoine et la tunicjue
vaginale restent en rapport de communication , les cléments du canal dos amicaux inguinaux ne se réunissent pas convenablement : de là (les hernies. Ici encore un déplacement entraîne un autre déplacement.
Ce que j'ai dit des modifications imprimées aux parties qui ont perdu ou qui n'ont pu prendre leurs rapports de position lait pressentir les difficultés du traitement. Ainsi, pour la luxation congéniale du lémur, qu'on persiste dans les tractions, ou qu'on dirige les moyens •sur les muscles qui sont supposés rétractés, on n'agit que sur une ■ cause de déplacement. C'est peu de replacer, il convient surtout de imainlenir la réduction : or, pour cela, il faut, de la part des surfaces articulaires., des conditions qui manquent trop souvent. D'ailleurs la vraie thérapeutique des déplacements ne peut être exposée ici, pour plusieurs raisons, et surtout parce que c'est ici qu'elle obtient le moins de succès.