‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (volume 3)Chapitre 83 sur 302 · SECTION DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SECTION DEUXIÈME

Il est certain que dans la précédente secticm et dans celles qui vont ^suivre, on trouve des lésions physiques, des dérangements matériels. IMais j'entends surtout par lésions physiques, et je dois ranger dans lune section à part, cette classe de lésions qui est produite par des «agents physirjues ou qui agissent physiquement et dont les effets con- ^stituent toujours des dérangements physiques, c'est-à-dire des modifications dans le matériel de l'organisme. La forme, l'étendue, la diiection des parties, leur situation , leurs rapports, enfin toute leur aiia- Ltomie peut être modifiée par une de ces lésions. Les plaies, les fractures, liles-lu.xations sont les types des lésions physiques telles que je les ccomprends ici. Il y a possibilité de les produire sur le cadavre, car lici la cause prédisposante n'est pas indispensable : la vie peut donc lêtre complètement étrangère au fait d'une solution de continuité ou de ccontiguïté ; ce n'est là qu'un accident qui frappe l'organisme et non »un acte auquel il a pris part, c'est-à-dire une maladie.

La cause formelle des lésions que je vais étudier étant tout à lait à lia portée de notre esprit , la lésion peut être parfaitement connue dans iS& nature intime : une force réunissait les éléments d'un organe, une «force supérieure les désunit; voilà le problème éliologique réduit à sa iplus simple expression. Ainsi l'intensité de la cause, sa direction, •étant connues, on peut déduire , avec l'anatomie, l'espèce de lésion ^qui a été produite.

Après avoir dit que ces lésions étaient dues à des agents physiques , j'ai ajouté ces mots : ou qui agissent physiquement, afm que, dans cotte généralisation, une part fût faite aux organes qui, à la suite d'une action trop violente ou mal dirigée, peuvent jouer le rôle d'agents traumatiques. Ainsi des contractions musculaires rompent des os; elles sont capables aussi de produire une hernie. Ici on voit déjà le problème perdre de sa simplicité. En effet , la cause n'est plus un agent venu du dehors et dont nous pouvons apprécier complètement la manière d'agir, car, dans la solution de continuité par action musculaire, l'agent prend part à la vie, laquelle jette un premier inconnu dans le problème ; d'un autre côté, quand un os se brise sous l'effort musculaire, souvent il s'était passé, préalablement, dans sa trame un phénomène qui avait diminué la force de cohésion , nouvel inconnu qui complique encore le problème. Enfin, pour moi, rien n'est moins prouvé qu'une hernie s'opérant tout d'un coup et par un effort, c'està-dire la sortie brusque d'un intestin par une ouverture normale de l'abdomen , et cela par le seul fait d'une forte pression des parois de la cavité qui contenait l'organe hernié; il ,y a alors , nécessairement, un état préalable de l'intestin ou de l'ouverture abdominale qui a favorisé l'action physique, il y a enfin une prédisposition.

On le voit, les lésions absolument physiques sont rares. D'ailleurs celles qui le sont d'abord au plus haut degré perdent, en général, leur simplicité; car, après l'action physique, éclate la réaction vitale, qui, complétant la lésion, en fait une maladie; quelquefois même elle en constitue l'élément avec lequel la thérapeutique aura le plus à compter. Un corps étranger est introduit dans un de nos organes , voilà une lésion physique avec l'agent qui l'a produite; double motif de réaction, car la réaction sera sollicitée et par l'effet et par la cause, cest-à-dire par deux causes. Alors s'établit une véritable pathogénie, c'est-à-dire un travail morbide dont nous pouvons encore connaître la nature jusqu'à un certain point, puisque nous avons la notion de la cause anatomique et les notions physiologiques nécessaires. Mais les difficultés sont encore nombreuses. Cependant la cause pouvant être connue, appréciée , ces difficultés ne sont pas insurmf.ntables, comme il arrive trop souvent quand nous voulons pénétrer la nature des solutions de continuité qui constituent les ulcères.

Les lésions physiques apportent des obstacles mécaniques aux fonctions. Le levier représenté par l'os luxé ou fracturé n'existe plus; la " division complète du muscle équivaut à sa paralysie; la plaie faite à un réservoir organique change complètement sa fonction, comme le corps étranger qui oblitère l'ouverture de ce réservoir empêche celle môme fonction de s'accomplir.

Le traitement des lésions physiques doit nécessairement être très

LÉSIONS DE CONTINUITÉ ET DE CONTIGUÏTÉ. 2/4

i rationnel; il n'est pas, comme dans la plupart des autres lésions, : complètement empirique ; car, ici l'indication est parfaitement claire : I en effet , une division indique la réunion , un déplacement commande I une réduction, et le corps étranger doit être éliminé. Les plus simples i notions de physique, jointes aux connaissances anatomiques, con- - duisent à la découverte des moyens de remplir ces indications.

Mais j'ai déjà assez fait entendre que la vie ne pouvait rester étranigère à l'acte de réparation , car la vie s'éveille à la moindre lésion. Des i connaissances physiologiques doivent donc compléter la thérapeutique. I D'ailleurs l'intervention de la vie qui complique le problème étioloigique et thérapeutique est indispensable pour que les résultats de celle- !ci soient durables, pour qu'il y ait réellement guérison. En effet, le chirurgien peut placer les deux lèvres d'une plaie parfaitement en ! rapport et dans les meilleures dispositions possibles pour que l'adhé- •sion ait lieu; mais le chirurgien ne consolide pas, ne répare pas, car ce n'est que par l'intervention des forces vitales que toute réparation

• organique s'effectue.

Les lésions physiques peuvent être divisées en trois catégories : 1" so- ' lulions de continuité ; 2° solutions de contiguïté ou déplacements (dans

• les deux cas il y a désunion) ; 3" corps étrangers.

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