PAR INCISION
naîtront et seront appréciées quand il s'agira des plaies considérées dans les diverses régions et quand il sera question des plaies par piqûres.
Pronostic. — Le pronostic n'a rien de grave si les plaies ne sont ]pas trop multipliées et si elles n'ont pas une très grande étendue.
Traitciiieait local. — De tout ce qui précède , ressort cette con- (clusion pratique : Les plaies par incision doivent être réunies imméidiatement; voilà l'indication générale; les rares exceptions qui (dépendent de certaines dispositions locales, de quelque maladie ant cienne dont le sujet peut être affecté , seront examinées plus tard.
Les moyens que l'on met en usage pour réunir les plaies doivent ilendre à leur donner les dispositions assignées à l'incision la plus ^simple que j'ai d'abord décrite ; le fond devra donc être le point le •plus étroit. Ces moyens sont : 1° la position ; 2° le bandage dit unisssant; 3" les agglutinatifs ; la suture; les serres- fines. Les procédés vont été décrits dans les Prolégomènes, au chapitre de la Réunion.
Les plaies faites par instrument tranchant ne peuvent pas toutes «être réunies ; il en est donc qui devront suppurer. C'est le pansement à plat qui convient alors; j'en parlerai quand il sera question des «plaies qui doivent nécessairement suppurer, des plaies par rupture lavec division de la peau. Il est même des cas où , selon certains pratitciens , il convient de laisser suppurer la plaie avant de la réunir ; c'est kalors la véritable réunion par seconde intention. S'il est vrai qiae cette indication soit rationnelle, on conçoit qu'elle ne doit être remplit que fians des cas exceptionnels. Le praticien doit , au contraire , faire tous ses efforts pour obtenir la réunion immédiate ; quand la peau a été «enlevée dans une gi-ande étendue, il doit quelquefois la détacher du itissu cellulaire sous-jacent pour faciliter son déplacement et son exten- «ibilité. M. Lisfranc a eu raison de conseiller ce procédé à la suite des •amputations du sein qui ont nécessité un grand sacrifice de téguments. Quelquefois on doit même combler une perte de substance par une portion de peau empruntée à une localité moins im- «portante que celle qui vient d'être dénudée. Je conseillerais volontiers Bette autoplastie à la suite de certaines extirpations de tumeurs fongueuses de la dure-mère ; je suis même allé jusqu'à proposer de mettre
Il contribution la peau d'un animal vivant, quand il y a impossibilité le taire un emprunt plus convenable. (Voyez l'ancienne Clinique des kôpiiaux.) § 2. — Plaies par piqûre , par perforation. miTérences ile« corps qtii proriiBiseni ces |ilaies. 1 existe une variété infinie d'agents (lui iieuvent déterminer ces l.--
sions. Depuis l'épine du simple arbuste, depuis l'aiguille à acupuncture , jusqu'au pieu, tous causent des plaies que l'on range dans celte catégorie. Mais qu'il y a loin d'une acupuncture qui ne fait qu'écarter les tissus, à la plaie profonde faite par un pieu aigu qui les perfore et les contond en même temps! Dans le premier cas, c'est une vraie piqûre ; à la rigueur même on ne peut pas dire qu'il y ait solution de continuité des tissus, car ils n'ont été qu'écartés, surtout quand l'aiguille a été introduite méthodiquement; tandis que l'instrument perforant, un fort clou, par exemple, écarte les tissus, les distend et les contond. Le poinçon est le type de l'instrument perforant; plus les diamètres de sa tige sont considérables, plus la dilacération est grande. Mais il est des instruments qui coupent et piquent en même temps; et d'ailleurs, quels sont ceux qui n'ont qu'une action simple? on ne le voit que pour les tranchants parfaitement effilés, pour l'aiguille extrêmement fine. et acérée, et encore faut-il que ces instruments soient dirigés d'une certaine manière, et que le sujet blessé ne s'agite pas pendant que l'instrument est dans les chairs.
Caractères. — Les instruments perforants sont enfoncés perpendiculairement ou obliquement à la surface d'une partie ; ils agissent toujours dans le même sens et ces plaies peuvent alors avoir un grand danger quand elles sont voisines d'une cavité , car elles sont facilement pénétrantes; ou bien les mêmes instruments, parvenus à une certaine profondeur, agissent dans un sens différent de celui selon lequel ils ont été enfoncés : la ténotomie procède de cette manière. Dans ce dernier cas, les tissus sont déchirés ou incisés après avoir été seulement piqués. On pourrait dire alors qu'il y a deux plaies au lieu d'une , et quand le foyer de la plaie la plus étendue, la plus profonde , n'est pas en rapport avec l'air, elle prend le caractère d'une plaie sous-cutanée.
L'écartement des bords d'une piqûre ne doit pas être considérable; il est nul quand c'est un instrument très acéré qui a agi ; il est prononcé quand la tige de l'instrument augmente brusquement de la pointe vers l'extrémité opposée. Autrefois toutes ces plaies étaient réputées très douloureuses : c'était surtout la physiologie du temps qui le voulait, car les faits contredisent les anciens sous ce rapport. Il est vrai que la douleur est quelquefois plus vive que celle produite par un instrument tranchant; mais quelquefois aussi elle est nulle : on a vule plus fort de la cuisse traversé par uneépée sans que la plaie ait été le siège de la moindre douleur. Le plus souvent ce n'est pas la division . incomplète d'un nerf qui occasionne ces exaltations de la sensibilité qu'on observe après les piqûres ; ce phénomène se manifeste surtout si dos plans aponévrotiques ont été touchés , et si le développement inflammatoire des tissus ne peut se faire librement. L'effusion du sang