PETITE CHIRURGIE. — SAIGNÉE DU PIED
quand l'ouverture est trop petite, ou qu'il y a défaut de parallélisme entre l'ouverture de la veine et celle de la peau. Si l’on voit que le thrombus va se former, on doit chercher à rétablir le parallélisme, si c’est son absence qui est la cause de l’infiltration sanguine. Quand celle-ci est due à l’étroitesse de l'ouverture, on conseille de l'agrandir. Pour’ moi, je préférerais piquer une autre veine sur le même bras ou sur l’autre. D'ailleurs, le thrombus disparaît dans quelques jours; on peut en hâter la résolution par des compresses trempées dans de l’eau fraîche et une légère compression.
Si une veine volumineuse, voisine de la peau, a été largement ouverte, quelquefois le sang ne cesse de couler, malgré la suppression de la ligature : c'est que les bords de l’ouverture restent écartés. On arrête le sang en fléchissant l’avant-bras ou en tirant la peau d’un côté, en dedans ou en dehors. Le plus souvent cette légère hémorrhagie est due à une constriction occasionnée par les vêtements. Quelquefois elle tient au moyen même qui est employé pour arrêter le sang. Ainsi, quand on serre trop l'anneau supérieur du huit de chiffre formé par la bande du pansement, on semble continuer l’action de là ligature. Quand il y a quelques difficultés à arrêter Le sang, on doit appliquer sur là piqûre une compresse graduée, pour que ce point soit plus comprimé que les autres endroits où la bande passe. Il vaut mieux réunir la petite plaie avec une serre-fine.
La blessure de l'artère. Dionis dit qu'un chirurgien peut s'être aperçu d’avoir touché le corps de l'artère quand, en saignant une basilique, il à senti à la pointe de la lancette une petite résistance qu'il ne trouve pas ordihairement (1). Cette blessure et la phlébite sont les accidents les plus graves de la saignée ; on les reconnaîtra aux signes qui seront indiqués quand il sera question dés maladies des vaisseaux; là aussi on trouvera les moyens proposés pour les combattre (2).
L'inflammation des lymphatiques n’est pas très rare après la saignée ; On la confond souvent avec la phlébite ; j’en parlerai quand il sera question des maladies du système lymphatique.
S2. — Saignée du pied.
Rmitomie,
C'est la veine qui est au-devant de la malléole interne qu’on saigne le plus souvent (3) : c’est la saphène interne ; quelquefois aussi elle passe en dedans,
(1) Cours d'opérations de chirurgie. Paris, 1782, p. 696.
(2) Toutes les fois que l’artère brachiale a été blessée pendant le cours d’une saignée, il convient de mettre le vaisseau lésé à découvert et d’en pratiquer la ligature. Si l’on n’agissait pas de la sorte, il se développerait bientôt un anévrysme artériosoveineux. (FANO.)
(3) De sorte que cette saignée, dite du pied, ne se pratique pas au pied, mais à la jambe ! comme la saignée du bras se pratique toujours à l’avant-bras.
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rarement en arrière de là malléole interne. La saphène externe, qui est derrière l'autre malléole, est trop petite pour être piquée, surtout quand la première ne peut l'être. Parfois on trouve le contraire, la saphène externe est plus volumineuse que l’interne ; mais ce cas est rare. A défaut des deux troncs veineux principaux, les auteurs conseillent d'ouvrir un des rameaux de l’arcade veineuse dorsale du pied.