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VII, — DE LA RÉSORPTION ET DE L'INFECTION PUTRIDES

[ Là résorption putride est cette résorption qui s’effectue dans des foyers où le pus est vicié et fétide. L’infection putride est l’état général qui résulte de la résorption putride,

Le pus subit au contact de l’air des altérations qui sont surtout révélées par une odeur fétide. L'analyse chimique à démontré qu'il se forme dans ce cas de l'acide sulfhydrique, de l’ammoniaque et de l’hydrosulfate d’ammoniaque ; probablement aussi qu’il se développe d’autres principes organiques qui ont jusqu'ici échappé aux analyses chimiques. Ces produits de nouvelle formation sont absorbés et pénètrent dans le système vasculaire, de là une véritable infection du sang qui se traduit par des symptômes constants. Les malades perdent l’appétit, ils ont des selles liquides et plus tard un dévoiement colliquatif ; on les voit dépérir de jour en jour, ils maigrissent, la peau prend un aspect terreux; ils sont irritables, ont une fièvre continue, mais ils ne présentent jamais ces violents frissons qui caractérisent le début de l’infection purulente.

L'infection putride diffère essentiellement de l’infection purulente ; celle-ci apparaît dans un espace de temps généralement court ; la première peut survenir tardivement, La gravité en est bien différente; l'infection purulente fait promptement succomber les malades, l'infection putride peut guérir.

Le traitement de l'infection putride consiste à prévenir le croupissement et l’altération du pus, soit en pratiquant des contre-ouvertures suffisantes au foyer purulent, soit en faisant des injections détersives. Lorsque le désordre des parties molles ou dures est trop étendu pour qu’on puisse concevoir l'espérance de tarir la suppuration, on est obligé de sacrifier la partie malade et une amputation peut devenir nécessaire. ]

$ 2. — Plaies par instruments piquants.

[On donne ce nom aux plaies qui sont produites par des instruments étroits, tels qu’une épée, un fleuret, un poignard, une baïonnette, un canif, un trocart, des ciseaux, etc. Ces plaies présentent donc pour caractères d’avoir peu de largeur, et, en général, leur profondeur est plus considérable que dans les plaies par instruments tranchants, attendu que les instruments agissent par ponction. L'écartement des lèvres est peu considérable où même nul, l'écoulement sanguin peu abondant, à moins que des vaisseaux volumineux n'aient été blessés; encore dans ce dernier cas l’hémorrhagie est promptement arrêtée par la formation d’un caillot obturateur ; la douleur est aussi peu prononcée, à moins que des troncs nerveux n'aient été intéressés.

Les phénomènes consécutifs sont peu intenses, à moins que des organes importants n'aient été lésés; quelquefois cependant le trajet de la plaie devient le siége d’un travail inflammatoire qui se termine promptement par résolution, ou bien, au contraire, est suivi de la formation d’un phlegmon circonscrit ou même diffus.

Le diagnostic de ces plaies est fondé sur la forme et les dimensions de l'ouverture de la peau; les seules difficultés que rencontre le chirurgien, c’est de déterminer lés lésions profondes; ce n’est que par l’examen des signes rationnels qu'il est possible, la plupart du temps, d'arriver à cette

PAR INSTRUMENTS PIQUANTS. 269 connaissance, à moins que les fluides contenus dans les organes lésés ne s'échappent à l'extérieur (voy. Plaies des artères, Plaies de l’abdomen, etc.). Dans tous les cas, il faut bien se garder d'explorer le trajet de ces plaies avec un stylet ou une sonde, dans le but d’en apprécier l'étendue et la direction; ces manœuvres ne fournissent aucune notion positive et sont dangereuses.

Quand la plaie ne présente aucune complication, il faut la recouvrir d’un emplâtre agglutinatif; recommander le repos et prévenir les accidents inflammatoires. Si la plaie est compliquée de la lésion d’un organe important, on se comportera, comme nous le dirons, en exposant l’histoire des plaies des différentes régions du corps. Les phlegmasies circonscrites ou diffuses seront combattues par le traitement du phlegmon circonscrit ou diffus. ]

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