‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 147 sur 266 · AVEC INOCULATION · texte numérisé non relu

AVEC INOCULATION

quinze guérisons. M. Gosselin (4) n’a eu que sept morts sur un chiffre de vingt-cinq blessés se trouvant dans les mêmes conditions.

L'amputation étant bien indiquée, il reste à savoir dans quel moment on la pratiquera. Or, sous ce point de vue, les chirurgiens modernes n'hésitent pas à se prononcer pour l’amputation immédiate, c'est-à-dire pour lamputation pratiquée au moment de la blessure ou très peu d'heures après. Déjà les relevés statistiques faits par Guthrie avaient donné gain de cause à cette doctrine, et depuis les résultats annoncés par Roux, Baudens, Blandin et Jobert, à l’Académie de médecine, en 1848, sont venus la corroborer. Un état de stupeur très prononcée contre-indique seul l’amputation immédiate ; il serait également préférable de reculer lamputation, après la période des accidents inflammatoires, si on n’était appelé auprès du blessé que vingt-quatre à trente-six heures après la production de la lésion. ]

$ 5. — Plaies avec inoculation.

Dans les plaies que j'ai déjà étudiées, il y a un rapport plus où moins marquéentre la lésion anatomique et les expressions physiologiques. Quand le sujet estsain, la raison de celles-ci est presque complétement donnée par l'étendue, la profondeur de la solution de continuité et les éléments organiques attemts. Mais, quart aux lésions que je vais examiner, la division des tissus estloin d'expliquer les symptômes et les accidents qui surviennent ; c’est que la cause traumatique n’est que très secondaire ici, et que l'agent inoculé joue le principal rôle : de là une indication de plus, la neutralisation de cet agent. Si nous connaissions tous les virus, tous les venins, nous agrandirions singulièrement le champ de l’étiologie. Remarquez la variété de formes que prennent les piqûres des divers insectes ; elles ne dépendent certes pas de la nature du tissu lésé, mais bien de la nature du venin ou du virus inoculé. Alors il est évident qu'il y a des pustules malignes qui sont produites par des piqûres d'insectes, lesquels déposent en nous le principe charbonneux qu'ils ont puisé sur des tumeurs ou dans le sang appartenant à des animaux malades. Les végétaux ont aussi leur venin, qui se produit par des caractères particuliers; de là de nouvelles variétés. Je n’ai pas à parler des miasmes qui, ajoutés aux agents dont il est question, constituent les causes essentielles des maladies. Pourquoi faut-il que les médecins oublient si souvent que dans une maladie plusieurs causes agissent concurremment, que la plus importante est précisément celle qui agit sur les deux grands systèmes, le nerveux et lé circulatoire, et qui, par conséquent, se généralise avec la plus grande promptitude ? |

Par une plaie peuvent être inoculés : 4° des poisons pris dans les trois règnes ; 2° des venins qui sont des produits d’une sécrétion normale; 3° des Virus qui sont des produits de sécrétions accidentelles ou morbides.

(2) Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 1848, t. XII, p. 1281.

Page 1