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CHE Sy \Srscte ss. mulent et nagent plus lentement ; ils présenà tent leur plus long diamètre (qu’on n'oublie
pas que les globules des grenouilles sont elliptiques) dans le sens de la largeur du vaisseau. En même temps, si la stagnation persiste, le sang se fonce en couleur, brunit ; le sérum, devenu rougeûtre, transsude à travers les parois des vaisseaux capillaires, Hastings a constaté qu'il se détache des eschares et qu'il se fait une perte de substance plus ou moins profonde.
(1) Lebert, Physiologie pathologique. Paris, 1845. — Thomson, Trailé médico= chirurg. de l'inflammation. Paris, 1827. — Kaltenbrunner, Expér. pour constater l’état du sang et des vaisseaux dans l’inflammation (Arch. de méd., 1" série, t. XIX). — Hastings, Dissertation sur la force contract. des vaisseaux. Édimbourg, 1820.
(2) Figure 100 : Resserrement des artérioles et des veinules dans l’inflammation. — a; v, artérioles resserrées. — c, d, c, capillaires intermédiaires ; b, superficie des tissus au moment de la résolution de l’inflammation, alors que les globules rouges sont moins pressés dans les capillaires.
M. Lebert à étudié les phénomènes qui se passent dans les tissus enflammés de l’homme, en examinant au microscope des fragments de ces tissus. Il à reconnu deux formes d’injection capillaire phlegmasique : l'une uniforme, c’est-à-dire occupant d’une manière égale une certaine étendue; l'autre circonscrite, c’est-à-dire existant par points isolés. Les vaisseaux capillaires présentent un diamètre qui oscille entre 0%%,02 et 0,095; quelquefois ce diamètre atteint 0"",033. Ils contiennent une masse sanguine dans laquelle on ne reconnaît qu’incomplétement les contours des globules sanguins. Jamais on ne voit la transformation directe du sang coagulé dans l'intérieur du vaisseau en globules de pus. C’est un point de l’histoire de l'inflammation sur lequel nous reviendrons en nous occupant de la sécrétion du pus. La matière colorante du sang se répand dans le sérum et transsude à travers les parois capillaires pour infiltrer le parenchyme des tissus et des organes. Enfin, il est facile de reconnaître qu'un certain nombre de vaisseaux Capillaires se rompent par le fait de l'arrêt de la circulation dans leur intérieur.
Il se développe dans les parties enflammées des vaisseaux de nouvelle formation. On à donné diverses interprétations de ce phénomène. D'après Gruithuisen, des globules apparaissent dans une matière amorphe qui exsude des capillaires dilatés ; ce sont des points rouges d’abord qui grandissent peu à peu, prennent une forme étoilée, et ces rayons se rencontrant bientôt avec ceux qui partent d’un point voisin, forment un réseau capillaire. Kaltenbrunner croit au contraire que les vaisseaux capillaires nouveaux sont le résultat de la sortie d’un globule sanguin du vaisseau capillaire ; le globüle chemine dans le tissu cellulaire environnant et se creuse sur son passage un nouveau vaisseau jusqu'à ce qu'il soit arrivé dans un autre capillaire. Enfin, M. Leébert a inféré de ses observations, que les vaisseaux nouveaux naissent tou jours des vaisseaux de la circulation générale ; lorsque, par le fait de la stase capillaire inflammatoire, la circulation est arrêtée dans un certain nombre de capillaires, le sang, en raison de la pression qu'il exerce sur les parois vasculaires, forme par une espèce de vagination des prolongements latéraux qui finissent par atteindre, soit des capillaires voisins, soit de petites veines, dans lesquels les arcs vasculaires de nouvelle formation se creuseñt une ouverture, M. Lebert admet aussi, en s'appuyant sur quelques recherches dues à MM. Doyère et de Quatrefages, que, dans l’inflammation, le sang peut passer dans des vaisseaux qui à l’état normal sont quatre fois plus petits que les globules du sang, et qui par le fait de la phlegmasie subissent une dilatation plus où moins considérable. ]
Marche et terminaisons, — L'inflammation à des périodes d’accroissement, d'état et de déclin. Ces périodes sont extrêmement variables, suivant les individualités morbides, et ne se prêtent guère à des considérations générales. C’est sur la marche qu'est fondée la distinction des inflammations en aiguës et chroniques, distinction que tout le monde comprendra sans
qu'il soit nécessaire de la définir. On a aussi admis des inflammations vntermuttentes; mais les observations sur lesquelles cette espèce est fondée ne nous semblent rien moins que concluantes. Il s’agit alors, je crois, de fièvres intermittentes avec phénomènes inflammatoires plus prononcés sur certains points du corps : ce qui le prouve, c’est que la fièvre commence avant l'apparition de ces mêmes phénomènes inflammatoires. Ce que l’on peut dire de plus général sur la marche de l’inflammation, c'est qu’elle à peu de tendance à envahir les parties voisines, quand elles sont formées de tissus qui diffèrent de ceux sur lesquels elle se développe primitivement, et vice versä. Cette connaissance fournit des inductions pratiques d’une assez grande utilité.
On à admis une foule de terminaisons de l’inflammation, et il n'y en a véritablement qu'une, qui est la résolution. On désigne par ce mot la diminution successive des symptômes généraux et le retour graduel de la partie malade à son type physiologique, sans qu'aucune évacuation ait lieu. Lorsque cette résolution, au lieu d’être lente, s'opère brusquement, elle prend le nom de délitescence. Si l’inflammation disparaît brusquement d'un organe pour reparaitre sur un autre, on dit qu'il y a métastase. Cette dernière devrait plutôt s'appeler un déplacement qu’une résolution : car dans ces cas les troubles généraux persistent et souvent deviennent beaucoup plus graves. Quant aux terminaisons par adhérences, par induration, par suppuralion, par gangrène, etc., il est évident que ce ne sont nullement des terminaisons, mais bien des continuations, des résultats, des produits de l’inflammation, résultats et produits dont les plus importants demandent des descriptions spéciales qui seront faites plus tard.
On voit, par ce qui précède, que la résolution et la délitescence sont les deux seules terminaisons à désirer, et il est évident qu’on ne peut espérer. la dernière que dans les premiers jours de la maladie. 1 serait absurde, en effet, de croire que des tissus ramollis ou même fortement engorgés puissent revenir instantanément à un état physiologique,
Diagnostie, — Rien n’est plus facile, habituellement, que d'établir le diagnostic d’une inflammation externe. Cependant quelques phénomènes pathologiques ou physiologiques peuvent jusqu’à un certain point simuler les caractères de l’inflammation : ce sont des congestions, des fluxions de diverse nature, Mais ces fluxions, ces congestions, outre qu’elles offrent presque toujours quelques différences physiques avec les lésions locales de l’inflammation, s’accompagnent rarement, comme celle-ci, de phénomènes fébriles, et dans aucun cas (différence essentielle), ne sont suivies des sécrétions anormales que produit l'inflammation. Le diagnostic des phlegmasies internes n'est pas à beaucoup près aussi facile. IL doit le plus souvent être fondé sur l'observation des phénomènes généraux, ou bien sur des signes locaux dont l'étude appartient presque exclusivement à la pathologie médicale, L'’augmentation constante de la fibrine du sang, signalée par M. Andral, fournirait
DE L'INFLAMMATION EN GÉNÉRAL, 329 un signe précieux dans les cas où le doute ne pourrait être levé par les autres moyens d'exploration.
Pronostie. — Il est tellement variable, suivant l'intensité, l'étendue et la nature de la maladie, suivant l'organe affecté, suivant l’âge, les conditions dans lesquelles les malades se trouvent, etc., qu'il est impossible de rien dire de général à ce sujet. Je suis donc dans la nécessité de renvoyer le lecteur à chaque inflammation en particulier.
Espèces et variétés. — Diverses considérations, qui sont loin d’avoir toutes la même importance, ont servi à fonder de nombreuses divisions dans le groupe des phénomènes pathologiques qui constituent l’inflammation.
1° Comme je l'ai dit, sous le rapport de la marche, on a distingué l’inflammation en aiguë et chronique. C'est à la première de ces deux formes, qui elle-même a été subdivisée en suraiguë, aiguë, subaiguë, mots qui entraînent avec eux leur définition, qu’il faut surtout rappeler ce que j'ai dit et ce qu'on trouve dans les auteurs sur l’inflammation. En effet, outre que les phénomènes généraux manquent le plus souvent dans l’état chronique, ou au moins sont peu marqués, les caractères locaux sont quelquefois très différents de ceux que nous avons décrits et souvent très difficiles à bien déterminer. En effet, la coloration des tissus peut être grise, brune, ou même noire; les lésions fonctionnelles sont peu caractérisées, irrégulières dans leur apparition; le sang est souvent exempt de toute altération appréciable, etc. De toutes ces circonstances, il résulte que le diagnostic des inflammations chroniques est beaucoup plus incertain que celui des inflammations aiguës ; cela est d'autant plus fâcheux pour le chirurgien, que, sous l'influence de causes peu puissantes, l’inflammation chronique passe facilement à lPétat aigu, et que cette circonstance doit rendre très circonspect lorsqu'il s’agit de pratiquer certaines opérations sur des organes chroniquement phlogosés.
2°. Sous le rapport de la nature de la cause qui produit la phlegmasie, celle-ci à été distinguée en simple, en franche et en spécifique. L'inflammation est simple, dit Thomson (1), lorsqu'elle se développe dans une constitution saine, et qu'il n’y a rien de particulier dans le mode d'action des causes qui la produisent ; elle est spécifique dans les cas contraires. C’est dans un sens presque identique que Hunter à divisé l’inflammation en saine et malsaine où de mauvaise nature (2). Remarquez toutefois que Hunter, qui,
(1) Traité médico-chirurgical de l’inflammation. Paris, 1827, p. 115.
. (2) Grâce à la déplorable confusion que certains esprits ont tour à tour introduite et introduisent de plus en plus dans la médecine, le jeune adepte doit déjà faire une longue étude avant de comprendre le langage scientifique. Ainsi aujourd'hui on désigne plutôt sous le nonîi d'inflammation de mauvaise nature celle qui est produite par une cause générale, dont l'effet est d'altérer gravement l'organisme, et qui, par conséquent, se juge moins par les phénomènes locaux que par l’état général; la dénomination opposée est celle d'inflammation franche, dans laquelle la gravité des phénomènes généraux est dans un rapport à peu près exact avec les altérations locales,
330 DE L'INFLAMMATION EN GÉNÉRAL. L malgré sa profonde conception, n’a pas toujours le mérite de la clarté, à confondu ici le but que la nature semble se proposer par le moyen de Pin= flammation, avec la cause de cetté maladie. En effet, l'inflammation saîne est pour lui une action réparatrice plutôt que morbide; c’est elle qui se dé: veloppe, par exemple, avant et pendant la réunion des plaies, tandis que Pinflammation malsaine est celle qui n’a aucun but utile. Cette division est en apparence très fondée et d’une application facile; ellé n’en reposé pas moins sur une hypothèse; car telle inflammation qui ne nous paraît pas avoir de but utile pourrait être appréciée tout différemment, si notre igno= rance était moins grande sur sa nature intime. La dénomination d’inflammä® tion simple à été employée également par Hunter dans un sens différent de celui que je viens de lui assigner : il à appelé ainsi la phlegmasie qui ne présentait dans sa marche qu’un même ordre de phénomènes, les phénos mènes qu'on pourrait appeler congestionnels, et il a donné le nom d’inflams mation composée à celle qui, outre ces phénomènes, produit d’autres effets, tels que l'adhésion, la suppuration, etc.
3° Enfin, sous le rapport de ses effets consécutifs, l’inflammation a été divisée en adhésive, ulcérative, suppurulive, qangréneuse, etc. Ges divisions n'ont pas besoin d’autres explications. A l'article Plate, et quand je traiterai de la suppuration, de la gangrène et de l’ufcération, on trouvera des déves= loppements sur ces formes de la phlogose.
Eraitement, — L'inflammation n'est pas un acte essentiellement des: tructeur, comme semblent le penser ceux qui veulent toujours la combattre à outrance, Le chirurgien, surtout, doit songer au parti qu’il peut en tirer, quand elle est contenue dans de certaines limites. I est forcé de la faire naître dans quelques circonstances, ou de l’animer, quand elle n’est pas assez vive: Une conviction bien intime pour moi, et que je voudrais faire passer dans l’esprit de tous les chirurgiens, c’est que, plus souvent qu’on ne pense, les opérations ne réussissent pas, parce que l’inflammation consécutive ne s’est pas développée assez vite, ou qu'elle ne s’est pas manifestée du tout. L’histoire bien interprétée de la taille vient à l'appui de ce que j'avance : quelque: fois c’est parce que la phlogose ne s'empare pas assez tôt du tissu cellulaire qui entoure la vessie que l’infiltration urineuse a lieu. Mais ilne faudrait pas tomber dans un excès contraire à celui que je signale, car le praticien se trouve le plus souvent placé dans la nécessité de combattre l’inflammation, et il doit plus d’une fois la prévenir.
Si la nature de l’inflammation était bien connue, si j'avais pu, dans l'étude de ses causes prochaines, établir des principes certains, nous nous en servi rions pour base d’une thérapeutique rationnelle. Mais je retrouve ici les mêmes incertitudes qui m'obligent à des tâtonnements. Cependant l’expé= rience s’est prononcée sur certains moyens, et ce sont ceux que je signalerai de préférence.
I est inutile d’insister sur la nécessité d’une bonne hygiène pendant
DE L'INFLAMMATION EN GÊNÉRAI. 331 l'existence d'une mflammation. Le repos de la partie malade, quand cela est possible, sa position favorable au retour du sang veineux, si cette partie peut le permettre ; la proscription des spiritueux, une diète modérée, si l’inflammation est profonde et intense, une température qui ne soit pas très élevée, des boissons émollientes, fraîches en été, tièdes en hiver, voilà des moyens qui quelquefois peuvent amener une guérison entière, et qui toujours favorisent l’action des agents thérapeutiques.
La première indication consiste à soustraire le malade aux causes qui ont produit l’inflammation, ce qui est souvent possible, si les causes sont connues, et si elles viennent du dehors. Mais l'ignorance dans laquelle nous sommes souvent sur leur nature et leur siége nous oblige d'abandonner cette indication. Nous sortons alors du rationalisme, et nous combattons des effets qui se reproduisent souvent parce que les causes existent toujours. Néanmoins on peut encore, même dans cette ignorance des causes, remplir une grande indication qui trouve sa raison et son fondement dans les lois de l’organisme. On placera celui-ci dans les meilleures conditions possibles pour qu’il neutralise ou élimine lui-même l'agent morbifique. On doit interroger alors la circulation et l’innervation, ces deux foyers de réaction, les modérer ou les stimuler selon l'occurrence.
La saignée est d’une utilité qui ne peut être contestée. Mais dans quelle mesure faut-il la faire ? et comment faut-il l'appliquer? Voilà des questions très difficiles à résoudre, agitées de temps en temps, et dont la solution se fait encore attendre. Je répète ici que la résolution est un acte qui demande üun certam développement de forces, et j'ajoute que l'abus des émissions Sanguines peut faciliter la stase des liquides dans les tissus malades, et favoriser ainsi l'établissement d’une inflammation chronique. Mais il est des cas où il faut saigner hardiment et coup sur coup, comme le dit M. Bouillaud {1), surtout dans les inflammations internes, dans celles qui frappent un Organe important, par exemple, dans les inflammations profondes de l'œil, * dans les plaies du cerveau, du cœur, des poumons, dans les inflammations suraiguëés des reins, de la vessie. Boyer préférait de larges saignées, à des distances assez grandes, aux saignées souvent répétées et peu abondantes. L'état du pouls est un guide quelquefois peu sûr. La douleur, quand elle existé et qu’elle est intense, peut mieux faire apprécier les effets des émissions sanguines. Si elle se modère à mesure que le sang coule ou après la saignée, on peut revenir au même moyen; quand, au contraire, elle n’est nullement calmée et que les forces seules baissent, on doit y renoncer. Fautil ajouter que l’âge du sujet, son tempérament, les maladies antécédentes, devront être pris en grande considération ? |
Les saignées locales peuvent être faites avec les ventouses ou les sangsues. Celles-ci sont d’un usage plus fréquent en France. Si une inflammation
(4) Voyez Nosographie médicale. Paris, 4846, t. I.
intense sévit Sur un organe important ou sur une large surface, si elle affecte un sujet jeune et sanguin, il convient de faire précéder la saignée locale d'une saignée générale; car il est à craindre que les sangsues ne versent pas au dehors tout le sang qu’elles attirent sur la partie, et augmentent ainsi la congestion, On devra, pour éviter cet inconvénient, les appliquer en grand nombre ; seules, elles peuvent alors opérer la résolution de certaines inflammations membraneuses et de quelques engorgements des ganglions ou des glandes peu éloignées de la peau. Ainsi, en couvrant une articulation de sangsues, on à quelquefois arrêté les progrès d’une inflammation commen- Cante qui paraissait avoir son siége dans la synoviale, et une abondante saignée locale a quelquefois fait disparaître très rapidement des amygdalites. Mais cette saignée a peu d'influence sur les inflammations profondes, sur celles qui attaquent les viscères parenchymateux. Les sangsues sont surtout préférables quand la maladie prend une forme chronique et qu’elle nécessite des émissions sanguines fréquentes : alors on en diminue le nombre et l’on dégorge peu à peu l'organe. Par exemple, dans certaines inflammations de la vessie ou de la prostate, on ruinerait la constitution de l'individu si l’on insistait trop sur les saignées générales, tandis qu’en répétant souvent l’application de quelques sangsues, tantôt au périnée, tantôt à l'anus, on finit par vaincre quelques inflammations très opiniâtres, et cela sans trop affaiblir le sujet.
Ge sont sans doute les hémorrhagies salutaires qui ont fourni la première indication de la saignée. Ce n'est pas toujours par ce procédé que la nature termine heureusement les inflammations ; les sueurs, les selles et d’autres évacuations ont souvent amené de pareils résultats; de là donc de nouvelles indications qui peuvent être remplies par les purgaüfs, les diaphorétiques, les émétiques. Je connais tout l'éloignement qu'ont pour ces moyens les médecins qui sont encore sous l'influence de certaines hypothèses; mais il faut se rendre à l'évidence, et se servir de ces modificateurs avec ménagement et en temps opportun. Les purgatifs, dont on à peut-être trop abusé en Angleterre, ont surtout de très bons effets au déclin d’une inflammation. J'ai vu des péritonites dont la résolution complète se faisait attendre, contre lesquelles les émissions sanguines ne produisaient plus de bons résultats, et qui étaient définitivement jugées par un purgatif huileux. Les faits d’inflammations externes qui se sont terminées heureusement sous l'influence des purgatifs sont trop nombreux pour que j'insiste sur leur utilité dans ces maladies ; ici les sels neutres sont avantageusement employés.
On sait le cas que faisait Desault de l'émétique dans les plaies de tête. Dans d’autres circonstances, il produit encore de très bons effets. Qu'on les explique par le rejet des matières qui, contenues dans les premières voies, entretenaient l'inflammation, par les sueurs qui éliminent le principe morbifique, par les nausées qui causent l’affaiblissement du pouls, détendent les tissus, etc., peu importe. Ici encore il faut ajouter que l'émétique à surtout
DE L'INFLAMMATION EN GÉNÉRAL. 339 un effet marqué dans les inflammations graves quand il est précédé d’une saignée copieuse. Dans l'ophthalmie très intense, par exemple, on ne saurait croire les bons résultats qu’on peut obtenir de ce moyen administré immédiatement après la saignée du pied. M. Gimelle emploie avec avantage le tartre stibié à haute dose contre les arthrites avec épanchement dans les articulations (1).
Il est des praticiens qui proscrivent l'opium du traitement des inflammations : il a cependant été appelé le grand antiphlogistique. IT faut qu’il ait eu quelques succès pour mériter ce titre. Ge qui est exact, C'est que, chez certains individus, il produit une excitation qui aggrave les symptômes au lieu de les faire disparaître. Get effet se manifeste surtout quand la réaction est trop forte. Chez d’autres sujets, au contraire, il provoque une sueur promptement salutaire. C’est ici surtout que l’idiosyncrasie doit être prise en considération. Quelquefois le praticien à en vue de combattre un symptôme dont l’exagération peut compromettre l'existence : par exemple, la douleur qui se manifeste dans les cas d'inflammation avec étranglement, ou dans les cas de brûlures très étendues : alors l’opium, administré d’abord par doses fractionnées, peut produire les meilleurs effets.
La compression, qui a été remise en honneur dans ces derniers temps, à fourni d'assez bons résultats. Je dois prévenir que ce moyen est difficile à manier. Quel est d’ailleurs le moyen héroïque qui ne présente pas cet inconvénient ? Il faut donc l’étudier, le voir appliquer par ceux qui en ont l’habitude, et les imiter. Les accidents qui surviennent quand les tissus enflammés sont bridés par des aponévroses étaient de nature à faire naître des préventions contre la compression. Mais ses partisans répondent que, dans les cas d’étranglement, la compression est irrégulière, car les plans aponévrotiques n’enveloppent pas également un membre ; ils ont une résistance sur un point qu'ils n'offrent pas sur l’autre, tandis qu’un bandage méthodiquement appliqué agit également sur tous les points. Les faits invoqués par NL. Velpeau valent mieux que cette explication, et ce n’est pas la première fois que la théorie reste ainsi impuissante. Où trouver, par exemple, une explication satisfaisante des bons effets du vésicatoire et de la cautérisation appliqués immédiatement sur la partie enflammée? On brûle un tissu enflammé et l’inflammation disparaît! Si l'on avance que la cautérisation agit comme antiphlogistique, on renonce à la logique la plus vulgaire; en disant que la cautérisation change le mode d’inflammation, on se paye d’un mot, voilà tout ; en prétendant que le modificateur détruit la cause, on émet une assertion très soutenable, qui contient peut-être une partie de la vérité, mais le complément de la vérité nous échappe. Restent encore les faits : eh bien, tous les jours on peut constater que le nitrate d'argent solide ou affaibli à différents degrés, appliqué immédiatement sur la conjonctive envahie par une
(1) Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 1840, t. V, p. 344.
354 DE L'INFLAMMATION EN GÉNÉRAL. ) certaine forme d'inflammation, opère une résolution des plus promptes : les mêmes résultats ont été obtenus sur les amygdales.
Il est un moyen antiphlogistique dont l’idée est venue à plusieurs médecins, et qui cependant est resté jusqu'à ce jour sans applications pratiques, c'est la compression des principaux troncs artériels qui se rendent à la partié enflammée. M. Blaud avait comprimé les carotides dans les inflammations du cerveau et des méninges. Mais ce sont MM. Goyrand et Malapert qui ont cherché à généraliser l'application de ce moyen. Ces deux médecins ont publié chacun un travail sur ce sujet en 1837 (1).
Pour que cette compression puisse être utile, il faut, dit M. Goyrand, qu'elle laisse les veines libres pour le retour du sang. Elle ne gênera pas le retour du sang veineux, si on l’exerce avec des instruments du genre du tourniquet de J.-L. Petit; instruments qui compriment le membre sur deux points seulement, celui qui correspond à artère et le point diamétralement opposé, et laissent libre tout le reste de sa circonférence, et par conséquent les veines collatérales. Quand on comprimera les artères dans le but de diminuer la quantité du sang qui arrive dans une partie enflammée, il ne sera pas toujours nécessaire d'en effacer entièrement le calibre; il suffira donc d'une compression modérée qui ne sera jamais bien douloureuse, quand les pelotes du tourniquet porteront sur des parties parfaitement saines.
Enfin, en passant en revue les cas dans lesquels on pourra appliquer le moyen qu'il propose, M. Goyrand les trouve presque innombrables. Il les indique tous en disant que la compression des artères est applicable à tous les cas où une inflammation « ablaqué ou menacé une partie au-dessus de laquelle il'est possible de comprimer l'artère qui s'y rend. On pourrait donc en faire l'application à tous les cas de panaris, d’inflammation phlegmoneuse des membres supérieurs et inférieurs, aux fractures, aux contusions, aux grandes plaies de ces parties, aux plaies des amputations.
Ce moyen n'a pas encore la sanction de l'expérience, mais il est très rationnel. Un fait qu'on peut vérifier chaque jour vient ici à l'appui de la théorie : comprimez avec les doigts les artères collatérales d’un doigt affecté de panaris, les douleurs pulsatives, si insupportables, qui accompagnent cette maladie, cessent à l'instant.
[Au moyen précédent s’en rattache un autre qui agit d’une manière analogue : l'élévation de la partie phlogosée. Cette pratique, sur laquelle Gerdy a surtout appelé l'attention, donne de très bons résultats dans les phlegmasies des membres, notamment dans les panaris. |
Le débridement, c’est-à-dire une incision quelquefois peu étendue dans des cas d’inflammations commencantes et même déjà avancées, mais non
(1) Goyrand, De la compression des grandes artères des membres, employée comme moyen antiphlogistique (Gaz. méd., 1837, p. 728). — Malapert, Communication à l’Académie des sciences, 6 novembre 1837.
DE L'INFLAMMATION EN GÉNÉRAL. 339 encore parvenues à la période suppurative, le débridement peut réellement juguler une inflammation. Je le pratique journellement pour guérir l’orchite parenchymateuse. M. Velpeau l’a employé contre les mammites.
L'eau à une température basse, seule, ou mêlée à des acides, l’alcali volatil, la neige, la glace, font partie de la série des topiques appelés réfrigérants qui ont obtenu des succès incontestables. Comment concilier les faits qui attestent ces succès avec les faits qui militent en faveur des topiques chauds, comme les cataplasmes et les fomentations? Ici le lecteur devra consulter la partie des Pro/égomènes où il est question des irrigations continues et du calorique comme moyens de pansement. La glace, appliquée avec persévé rance sur des tumeurs qu'on ne veut pas laisser abcéder, peut singulièrement hâter la résolution, si elle à été précédée d’une forte application de sangsues ; le résultat est bien plus sûr si l’on ajoute la compression. Les cataplasmes sont souvent employés contre les inflammations. Les fomentations aident singulièrement. Si l’on place ceux-ci entre deux linges, il faut choisir une toile très fine. Dans les hôpitaux, où le linge est si grossier, on devrait appliquer les cataplasmes sans intermédiaire : le pansement, je le sais, serait alors plus long, mais au moins éviterait-on d'employer un moyen souvent inutile et quelquefois nuisible. Je préfère de beaucoup la mie de pain cuite dans une décoction de feuilles de mauve aux cataplasmes faits avec la farine de graine de lin. L'eau de Goulard est souvent employée avec avantage dans les inflammations superficielles et douloureuses ; elle possède, selon les uns, une vertu sédative que lui donne le sel de plomb ; d’autres croient qu'elle n’agit que comme l’eau fraîche. Un antiphlogistique bien efficace dans certaines inflammations, est l’onguent mercuriel. Les arthrites, même aiguës et très douloureuses, sont quelquefois très favorablement modifiées par des onctions mercurielles, mais avec une très grande quantité de pomnmade. On laisse sur l'articulation une couche très épaisse d’onguent qu’on renouvelle deux fois par jour. Ce moyen réussit surtout chez les enfants qui n'ont pas de salivation. 11 est des topiques bien plus irritants qui peuvent être employés. On a appliqué non-seulement le vésicatoire loin de l’inflammation pour obéir au fameux aphorisme, duobus doloribus simul abortis, mais encore sur le tissu même actuellement enflammé. Cet emplâtre a été appliqué quelquefois sur des érysipèles. On est allé jusqu'à employer les caustiques. Ainsi, on verra plus tard que certaines ophthalmies sont traitées par des cautérisations avec l’azotate d'argent. (Voyez aux Prolégomenes ce qui a trait aux pansements. )