‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 155 sur 266 · DE LA LYMPHE PLASTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA LYMPHE PLASTIQUE

{ Sous l'influence de la stase sanguine qui s'opère dans l’intérieur des vaisseaux capillaires, la partie-liquide du sang, le sérum, transsude à travers les parois des vaisseaux. Ce liquide, modifié sans doute par le travail inflammatoire, peut renfermer de la matière colorante du sang, mais jamais de globules

sanguins, qui ont des dimensions trop considérables pour passer à travers les membranes animales. C’est lui qui donne naissance à tous les produits de l'inflammation, et ceux qui se forment tout d’abord sont des corpuscules particuliers désignés sous le nom de globules granuleux.

Ces globules ont été décrits par Gluge et étudiés depuis avec soin par M. Lebert. Ils sont ronds et sphériques (fig. 101), quelquefois un peu ovales: ils sont formés d’une membrane d’enveloppe (@ fine, transparente, insoluble dans l’eau et dans l'acide acétique; chacun d’eux renferme de dix à trentegranules, une sutstance intergranuleuse demiliquide et parfois un ou deux noyaux (4). Leur diamètre est d'environ 0,015 à 0"®,95 ; celui du noyau est de 0%%,005 à Ov" 01; celui des gra Re nules de 0"%,0016 à 0®» 00925.

Le liquide fourni par les parties enflammées renferme aussi de la fibrine coagulable, de l’albumine, des graisses et des sels tenus en dissolution.

La lymphe plastique est donc un produit de nature fibrino-albumineuse, contenant des globules particuliers qui diffèrent essentiellement des globules du pus. Gette lymphe se dépose à la surface ou dans la profondeur des organes, etne tarde pas à subir des changements par suite desquels se développent des tissus de nouvelle formation.

Les FAUSSES MEMBRANES sont le résultat d’une de ces transformations de la Iymphe plastique ; pour en suivre le développement, il faut étudier les phénomènes de l’inflammation dans les membranes séreuses. On reconnait alors qu’au début, il existe de petits flocons mous, grisâtres , demi-transparents, disséminés sur le trajet des vaisseaux. Plus tard, la fausse membrane devient plus opaque, plus dense ; les vaisseaux de l'organe enflammé s’y ramifient, et parfois on y peut injecter des lymphatiques. Plus tard encore, la partie liquide est absorbée, la fibrine se condense de plus en plus et se transforme parfois en tissu fibreux. Quelquefois encore les fausses membranes conservent en partie leur organisation primitive, sécrètent du pus et deviennent des »embranes pyogéniques. Celles-ci sont formées d’un tissu fibrineux très granuleux, en partie fibreux , d’une teinte rouge et jaunâtre ou d'un gris ardoisé par son mélange avec de la matière pigmentaire.

La sécrétion de la lymphe plastique s'opère très promptement ; d’après les observations de Thomson , quatre heures suffisent pour qu'elle soit déposée à la surface d’une plaie. Cette sécrétion est empêchée lorsque le travail inflammatoire est ou trop faible ou trop intense. Elle est également influencée par l'état général de l'organisme; elle est favorisée par le jeune âge et par une bonne constitution, retardée ou entravée par la vieillesse ou par la débilité. ]

Fig. 101.

BRULURE, 331

Page 1