DES INDICATIONS DE L'AMPUTATION EN CAS DE GANGRÈNE
[1° Lorsque l'élimmation des eschares laisse à découvert une surface ulcérée tellement vaste, que le malade ne saurait résister à l'abondance de la suppuration.
2° Lorsque les eschares pénètrent jusque dans une articulation, et que celle-ci s’enflamme.
3° Si elles comprennent les vaisseaux et les nerfs principaux d’un membre,
h°° Si la gangrène développée sur le trajet d’un membre fait des progrès Unes et menace d’envahir le tronc.
° I reste un dernier cas qui peut fournir matière à discussion, celui où il 10e un sphacèle, c’est-à-dire une gangrène qui comprend toute l'épaisseur d’un membre. Faut-il alors pratiquer l'amputation d’un membre, ou abandonner à la nature son élimination spontanée ?. L'amputation immédiate a l'avantage d'enlever au malade un organe inutile qui est pour lui un foyer d'infection; de le soustraire aux chances d’affaiblissement d’une longue suppuration, de substituer une plaie régulière à une plaie très irrégulière, comme le serait celle qui succéderait à une élimination spontanée. Mais en regard de ces avantages il y a dans cette pratique tous les inconvénients attachés à une opération aussi sérieuse que l’est une amputation de membre, et ce seul argument à décidé quelques chirurgiens modernes à proposer l’expectation. Nous ne résoudrons pas d’une manière absolue cette question de thérapeutique chirurgicale ; nous ferons seulement remarquer que, dans le cas où l’on se déciderait à ne pas pratiquer l’amputation, il conviendrait de soustraire le malade à l'odeur repoussante exhalée par le membre gangrené, en introduisant dans l'épaisseur des eschares incisées l’un des liquides qui servent de nos jours pour retarder la putréfaction des cadavres. Si l’on se décidait, au contraire, à pratiquer une amputation, il faudrait la faire au-dessus des limites de la gangrène. ]