CICATRICES DIFFORMES
Je ne parlerai point ici de la difformité qui résulte nécessairement de toute cicatrice, même régulière, puisque cette cicatrice, n'ayant jamais exactement la couleur de la peau environnante, tranche d’une manière plus ou moins disgracieuse sur la couleur de celle-ci. Je ne comprends sous le nom de cicatrices difformes que celles qui s’éloignent des conditions des cicatrices régulières. La difformité des cicatrices dépend ou de la couleur, ou de la forme. I n’est pas rare de voir le tissu inodulaire s’imprégner de diverses matières colorantes ou colorées : c’est ainsi qu’on trouve dans l'épaisseur de certaines cicatrices des grains de poudre, ou que l’on y observe la coloration des substances topiques dont on avait recouvert la plaie à laquelle ces cica= trices ont succédé. Il n’y à pas d’autres moyens, dans ce cas, de détruire cette coloration que d'enlever, à l'aide d’un instrument, la matière colorante quand elle est isolée, ou la couche de tissu qui en est imprégnée, quang elle existe sous forme d'infiltration.
Une cause plus fréquente de difformité est l’enfoncement de la cicatrice au-dessous du niveau de la peau qui l'entoure. Il est presque impossible de remédier à cette difformité. On a dit toutefois que si l’enfoncement était peu étendu et s'il avait son siége sur des parties facilement accessibles à l’instru=ment tranchant, on pourrait, par un procédé sous-cutané, diviser le tissu qui produit l’enfoncement; en surveillant ensuite la cicatrisation nouvelle, peut-être pourrait-on s'opposer à la reproduction de la difformité, Mais qu’on
TISSU CICATRICIEL INODULAIRE. h27 se souvienne bien qu'il est de ces diflormités qui se reproduisent tant qu’une parcelle du tissu cicatriciel existe encore. Si l’on voulait réussir, il faudrait enlever tout le tissu fibreux et réunir immédiatement la plaie.
Les cicatrices difformes, incomparablement les plus fréquentes, sont celles qui proéminent au-dessus de la surface. cutanée ; heureusement leur traitement est plus souvent fructueux, et elles sont plus faciles à prévenir. Les saillies difformes du tissu inodulaire dépendent souvent de ce que le chirurgien n’a pas suffisamment réprimé le developpement des bourgeons charnus pendant la cicatrisation ; c’est donc par des cautérisations convenablement répétées avec la pierre infernale que l’on préviendra ce genre de difformité. Lorsqu'elle est déjà effectuée, on la détruit en enlevant la portion du tissu qui fait relief, et en surveillant ensuite attentivement la cicatrisation nouvelle,. Pour enlever la portion saillante, on passe au-dessous d'elle un instrument à deux tranchants, que l’on dirige successivement vers les deux extrémités de manière à pratiquer une vraie extirpation. La cicatrisation sera ensuite conduite avec toutes les précautions possibles,