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CHAPITRE XI

Il se développe parfois dans le corps de diverses espèces animales, et de l’homme en particulier, d’autres êtres vivants, dont l'existence est limitée ordinairement dans la sphère où ils prennent naissance : ce sont les animaux parasites, dont la présence constitue presque toujours un fait anormal, et qui forment une des classes les plus nombreuses des productions morbides. Ceux de ces animaux qui vivent dans le corps de l’homme ne peuvent ni se développer ni vivre dans d’autres milieux, c’est du moins l'opinion à laquelle ont été conduits les naturalistes les plus distingués; cependant, peut-être cette loi souffre-t-elle quelques exceptions, comme cela paraîtra probable pour certaines espèces de parasites. Quoi qu'il en soit, ces exceptions ne sauraient atténuer l’importance de la règle générale et changer l'opinion que l’on doit se faire de leur mode de développement. Plusieurs théories, que Je dois me contenter de rappeler ici, ont été émises à ce sujet et soutenues par différents naturalistes. Les uns ont supposé que les parasites humains n'étaient que des animalcules aquatiques ou terrestres qui, introduits dans le corps de l’homme, prenaient un développement considérable, et éprouvaient des modifications dans leur organisation. On a objecté à cette manière de voir que des organes qui n'avaient aucune communication avec l'extérieur, que le fœtus lui-même, pouvaient être envahis par les parasites. Celte objection n'est nullement concluante; car, si l’on admet que les animalcules soient d'un volume inférieur ou même égal aux globules du sang, il est évident

que ces animalcules pourront être absorbés et être portés partout où pénètre

le sang, c'est-à-dire partout, même dans les organes du fœtus. La véritable

objection, c'est qu'il est difficile, qu'il répugne même de croire que des

êtres organisés puissent être aussi complétement transformés par les milieux dans lesquels ils vivent ; si l’on ajoute à cette difficulté que l'existence même

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ru ANIMAUX PARASITES. 183

des animalcules hors du corps de l’homme est une pure hypothèse, on sera peu porté à admettre cette opinion. Une autre opinion, qui compte pour défenseurs Pallas et Brera, admet que les germes des parasites se forment au sein des tissus, qu'ils sont expulsés au dehors par les diverses sécrétions, et qu'ils y rentrent ensuite accidentellement par l'air, les boissons, les aliments, etc. Il serait difficile d'apporter des preuves bien convaincantes pour ou contre cette opinion. Le reproche qu’on lui à fait de reculer seulement la difficulté ne signifie absolument rien, attendu que l’origine du premier helminthe ne peut être demandée à aucune théorie, pas plus que celle du premiér homme. Les hommes sensés ne s'égarent plus, et ne perdent plus leur temps dans des questions de genèse. Enfin, une troisième théorie admet simplement la génération spontanée des parasites au sein de l’organisme. Cette théorie, qui n’est ni plus ni moins prouvée que les autres, mais qui nous semble plus en harmonie avec les faits, par conséquent plus probable, cette théorie a soulevé des objections de toute espèce dans le détail desquelles je ne puis entrer dans un ouvrage de la nature de celui-ci : c’est dans les œuvres des naturalistes qu’on pourra les consulter, moins pour se former une conviction que pour se mettre au courant de l’histoire de la science.

Tous les âges sont sujets au développement des parasites : seulement quelques espèces se développent plus spécialement à certaines périodes de la vie. D'autres sont presque entièrement sous l'influence du climat. Certaines conditions d'habitation, de nourriture, de propreté, ont aussi une grande influence sur la production de quelques espèces. Enfin la plupart se développent sous l'influence d'une prédisposition évidente que quelques auteurs ont appelée diathèse vermineuse. Al est évident que l'existence de cette diathèse implique nécessairement l'exactitude de la théorie de la génération spontanée, et qu’elle ne peut par conséquent être considérée que comme une probabilité.

Le traitement à mettre en usage contre les parasites est entièrement subordonné à l'espèce particulière que l’on veut détruire.

Les parasites peuvent être divisés en deux grandes catégories : 1° ceux qui vivent dans l'intérieur, ou entozoatres (1); 2° ceux qui vivent à la surface du corps, ou épizoaires. Les premiers peuvent eux-mêmes être divisés en deux ordres, suivant qu'ils existent dans des cavités communiquant avec l'extérieur, ou dans les tissus mêmes des organes.

Parasites vivant dans l'intérieur des tissus. — Entozoaires. & 4. — Hydatides. — Vers vésiculaires.

La première expression devrait être rayée de la nomenclature médicale

(1) On consultera avec intérêt le remarquable Trailé des enlozoaires et des maladies vermineuses, par le docteur C. Davaine, Paris, 1859, in-8 avec figures.

comme représentant et tendant à perpétuer une confusion fâcheuse que les anciens auteurs avaient faite entre les kystes ou tumeurs hydatiques renfermant simplement un liquide, et les véritables hydatides qui renferment des êtres organisés. Ces êtres, qui reçurent le nom de vers vésiculaires, déno-

mination sous laquelle d’abord on les confondit tous, furent bientôt l’objet de

nouvelles recherches dont le résultat fut l'établissement de plusieurs espèces distinctes. Aujourd’hui on en admet quatre, qui sont : 4° l'acéphalocyste, 2° le cysticerque, à le polycéphale, 4° le ditrachycéros.

ACÉPHALOCYSTES, ÉCHINOCOQUES. KYSTES ACÉPHALOCYSTES.

[On désigne sous le nom de Æystes acéphalocystes des vésicules pourvues d’animalcules particuliers, appelés échinocoques.

Anatomie pathologique. — Il y à à considérer dans tout kyste acéphalocyste, la poche où membrane acéphalocvste, l’échinocoque et le kyste adventif.

Le kyste adventif manque quelquefois, mais seulement dans les cas d’acéphalocyste solitaire. Son épaisseur varie de 4 à 8 millimètres: les parois en sont fibreuses avec ou sans plaques ossiformes. La configuration en est généralement sphéroïdale, la cavité unique ou divisée en plusieurs loges. La face externe adhère aux parties voisines par un tissu cellulaire lâche ou serré 1 face interne est rugueuse et chagrinée. Les parties constituantes de l'organe dans l'épaisseur duquel le kyste s’est développé sont dissociées, quelquefois atrophiées ou transformées en tissu fibreux.

L'acéphalocyste se présente sous la forme d’une poche qui varie de volume depuis un grain de mil jusqu’à une grosse orange et même la tête d’un adulte, en général de forme sphéroïdale, à moins que l’acéphalocyste n’ait été comprimé ; d’une pesanteur spécifique un peu supérieure à celle de l’eau: doué d’un certain degré d’élasticité, ce qu’il est facile de constater en le laissant tomber d’une certaine hauteur sur un plan résistant. La surface externe de la vésicule acéphalocyste est lisse, contiguë aux autres acéphalocystes où aux parois du Kyste, sans adhérences avec les parties voisines, tachetée de petits points blancs qui ressemblent à des grains de sable. Ces points blancs, qui sont accolés à la face interne de l’acéphalocyste et que l'on voit par transparence à travers la face externe, appartiennent à des groupes d'échinocoques renfermés dans la poche. Celle-ci est distendue par un liquide qui n’est pas coagulé en masse par la chaleur et qui contient très peu d’albumine et quelques sels. Examinée au microscope, la membrane acéphalocyste offre une structure homogène, finement granuleuse ; elle est composée de quatre ou cinq feuillets d'inégale épaisseur, dépourvus de vaisseaux sanguins.

Les acéphalocystes sont tantôt solitaires, tantôt et plus fréquemment multiples; ces derniers sont réunis quelquefois en nombre considérable dans la même poche ; on en à trouvé depuis deux jusqu’à mille dans le même kyste;

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ils ont un volume uniforme ou dissemblable. En général, il n'y à pas de liquide entre le kyste adventif et les acéphalocystes : quelquefois ce kyste contient un liquide purulent ou une matière pultacée Jaunâtre semblable à du mastic de vitrier. Dans quelques cas le kyste adventif est tapissé en dedans par une membrane acéphalocyste qui sert d’enveloppe commune à tous les autres acéphalocystes, ce qui fait qu’on lui a donné le nom d'acéphalocyste mère, et qui a la même organisation que les acéphalocystes ordinaires ; il faut donc la considérer comme un grand acéphalocyste qui contient des acéphalocystes plus petits.

Nous avons dit que la surface interne de la poche de l’acéphalocyste présente des granulations blanches de la grosseur d'un grain de sable blanc ou de semoule très fine ; chacun de ces grains est formé, d’après M. Livois, par un groupe d’animalcules, au nombre de cinq à vingt, que l’on désigne

Fig. 418 (2).

Fig. 117 (1).

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sous le nom d’échinocoques. Examinés au microscope, les échinocoques sont ovoïdes ou pyriformes, longs de 5 dixièmes de millimètre à 4 millimètre,

étranglés à leur partie moyenne; la partie postérieure de l'animal est la vessie

audale ; la partie antérieure est la tête armée d’une double couronne de crochets radiés et pourvue de quatre ventouses ou suçoirs (fig. 117, 118).

Causes. — On à rencontré les kystes acéphalocystes dans toutes les parties de l’organisme : dans les cavités séreuses, les os, les muscles, les glandes,

le tissu cellulaire, le parenchyme des organes, notamment le foie et l'ovaire.

On doit considérer comme hypothétiques les opinions émises sur leur mode

de formation.

Symptômes, — Ils ne diffèrent de ceux qui ont été exposés à l’histoire des kystes séreux (page 442) que par l'existence, dans quelques cas, dun signe physique particulier sur lequel nous reviendrons.

(1) Figure 117. — Échinocoque détaché de la membrane, grossi (Gervais et Van

Beneden, Zoologie médicale.

(2) Figure 118. — Échinocoque, plus grossi, encore adhérent à la membrane

| aCéphalocyste (Gervais et Van Beneden).

EN

Abandonnés à eux-mêmes, ces kystes augmentent de volume et se Come portent ultérieurement de diverses manières. Dans quelques cas, ils s'en: flamment, et tantôt alors cette inflammation détermine la mort des animalcules, l'absorption du liquide renfermé dans la poche et la flétrissure des parois ; tantôt l’inflammation est suivie de suppuration, et l’abcès s'ouvre à l’extérieur ou dans un organe voisin. |

Dans d’autres cas, le kyste, distendu par le produit qu'il renferme, se rompt. Les conséquences ultérieures de cette rupture varient d’après les rapports de la tumeur. Si le kyste s'ouvre dans une cavité séreuse telle que le péritoine, il en résulte une inflammation suraiguë très grave; Si C'est dans une cavité muqueuse, les acéphalocystes peuvent être expulsés au dehors : ainsi on a vu des acéphalocystes du foie éliminés par le tube digestif ou par les voies respiratoires ; si C'est à la surface de la peau, il se forme une fistule qui persiste longtemps et s'accompagne d’une suppuration abondante: si c’est dans le tissu cellulaire, il se développe une tumeur qui s'ouvre quelquefois loin du siége primitif du mal. |

Diagnostic. — Les kystes acéphalocystes peuvent être confondus avec les kystes séreux. Pour les en distinguer, on a conseillé de rechercher une sensation particulière qu'ils présentent quelquefois, et que MM. Piorry et Tarral ont fait connaître sous le nom de frémissement hydatique. Gette sensation comparée à celle qu’on éprouve en frappant sur une montre à répétition, et dont on se rend beaucoup mieux compte en agitant quelques acéphalocystes dans la paume de la main, s'obtient en percutant légèrement la paroi du kyste acéphalocyste. IL ne faut pas s’exagérer l'importance de ce signe, qui fait défaut dans le plus grand nombre des cas. La ponction exploratrice ellemême ne donne pas toujours de résultats satisfaisants, attendu que les acé= phalocystes sont quelquefois trop volumineux pour sortir par la canule du trocart. Il est bien entendu que le diagnostic ne présente pas de difficultés lorsque l'issue de ces vésicules a lieu, soit par l'instrument explorateur, soit par l’un des canaux muqueux (bouche, rectum), à travers lesquels les acéphalocystes sont quelquefois expulsés au dehors. |

Les considérations précédentes s'appliquent aux kystes qui ont déjà attemt un grand volume ; pour ceux qui ont-encore des dimensions petites, le diagnostic est bien plus embarrassant; les kystes profonds ne seront même pas soupçonnés la plupart du temps à cette période de leur formation, les superficiels seront facilement confondus avec d’autres tumeurs liquides ou solides.

Pronostie. — il est subordonné au siége des kystes; les kystes profonds sont plus graves que les superficiels.

Mraitement.— 1l diffère dans les kystes superficiels et dans les kystes profonds ou viscéraux.

4e Lorsque le kyste est superficiel, qu’il n’a pas un volume considérable, on le traite par la méthode de l’incision (voy. p. 494). Est-il au contraire assez

volumineux pour qu'on soit en droit de craindre le développement d’une inflammation intense et d'une suppuration abondante, il est préférable d’avoir recours à la ponction avec injection iodée (voy. p. 492); il faut bien se rappeler dans ce dernier cas que, pour vider complétement la tumeur, le trocart doit être porté en diverses directions pour piquer les divers acéphalocystes contenus dans la poche. Lorsqu'on est appelé auprès du malade à l’époque où le kyste est déjà enflammé et menace de s'ouvrir, il faut pratiquer une large incision, vider le contenu et panser à plat.

2 Les kystes acéphalocystes profonds, ceux du foie et de l'ovaire, comportent l'emploi d’autres procédés. On conçoit, en effet, que les précédents exposeraient à la blessure du péritoine et surtout à l'issue des acéphalocystes dans la cavité séreuse. Il fallait donc trouver un moyen qui permit d'arriver dans le kyste sans produire ces accidents. Deux méthodes ont été proposées dans ce but : l’une appartient à Récamier, l’autre à Graves (de Dublin).

Récamier applique sur l'abdomen, au niveau du point où la paroi abdoiinale est immédiatement en rapport avec la paroi du kyste, c’est-à-dire où ces deux parties ne sont pas séparées par des circonvolutions intestinales, une traînée de potasse caustique ; le lendemain il excise l’eschare, et, au moyen d’une nouvelle application de potasse, mortifie une couche plus profonde de la paroi abdominale qu’il traverse ainsi de proche en proche dans toute son épaisseur. Lorsque le caustique a pénétré jusqu'aux confins de là membrane séreuse, il se développe une inflammation adhésive qui fait adhérer le feuillet pariétal au feuillet entourant le kyste; toute cette portion du péritome se trouvant ainsi isolée du reste de la séreuse, on peut arriver jusqu’au kyste sans avoir à redouter d’épanchement intra-abdominal. Le traitement ultérieur varie suivant que l’on juge convenable d'employer la ponction ou l'incesion (voy. plus haut).

Le procédé de Graves est fondé sur les mêmes données d'anatomie pathologique que celui de Récamier. Le chirurgien de Dublin incise toute l’épaisseur de la paroi abdominale jusqu’au péritoine, qui est respecté. Sous l’influence du travail inflammatoire qui se développe dans la plaie, les deux feuillets du péritoine contractent des adhérences dans une certaine étendue; dès que ces adhérences sont assez solides pour qu’on n'ait plus à craindre un épanchement péritonéal, on peut pénétrer dans le kyste. ]

CYSTICERQUES.

Ces éntozoaires sont, après les échinocoques, ceux que l’on rencontre Île plus souvent chez l’homme; néanmoins ils sont encore beaucoup plus rares chez l’homme que chez certains animaux, et en particulier que chez le cochon, où ils constituent la maladie connue sous le nom de ladrerie. Le Cysticerque a un corps cylindroïde ou légèrement aplati, ridé transversalement, terminé antérieurement par une tête obronde ou ovoïde, munie à son

OS ai

sommet d'une couronne de crochets, et à ses parties latérales de quatre

suçoirs courts, et postérieurement par une yésicule remplie de liquide trans-

parent, et que l’on à appelée vésicule caudale. On connaît un grand nombre

d'espèces du genre cysticerque, qu'il serait inutile de décrire ici. Le cysti-

cerque est renfermé dans une vésicule transparente ou opaline, remplie d’un liquide au milieu duquel nage l'animal; il est presque toujours, sinon tou=

jours, unique dans la vésicule, et celle-ci est déposée dans les tissus sans être

environnée d’un kyste. Le cysticerque affecte à peu près les mêmes organes

que l’échinocoque ; comme lui, il est souvent multiple dans le corps humain.

M. Demarquay a présenté, en 1845, à la Société anatomique, un exemple

dans lequel on à pu compter des centaines de cysticerques dans le système

musculaire d’un seul membre inférieur. La présence de ces animaux ne réclame guère plus souvent que celle des échinocoques l'intervention de la chirurgie : cependant M, Sichel à rassemblé, dans un mémoire sur les cysti= cerques de l'œil, des faits qui intéressent le chirurgien, et dont nous allons rapporter le résumé. Il résulte de l'analyse de ces faits, que les cysticerques,

quand ils se rencontrent dans la cornée, ou sous la conjonctive, s’annoncent par une tumeur dont le volume a varié depuis celui d’un très petit pois jusqu’à celui d’un haricot, et dont la forme a été ordinairement sphérique,

quelquefois transversalement allongée. La situation de cette tumeur à eu

lieu cinq fois à l'angle interne ou vers l’angle interne de l’œil, une fois vers l'angle externe, et une fois entre cet angle et le bord externe de la cornée.

Dans un cas où la tumeur occupait la cornée, ses caractères ont été modifiés,

et la modification dépendait surtout des troubles plus grands de la vision.

Quant à la marche, dans un cas, la tumeur était restée stationnaire depuis le moment où la malade s’en était aperçue jusqu’à l'opération. Dans un autre,

la tumeur n’a été aperçue que quelques jours, et dans un troisième, quelques semaines avant l’opération ; enfin, dans un quatrième cas, la tumeur n’a été découverte que quinze jours avant l'opération; mais elle était, en très grande partie, cachée sous la conjonctive, et il est impossible de savoir de quand elle datait. Dans quatre autres cas (le mémoire étant basé sur huit observations), la marche de la maladie est demeurée indéterminée. Les causes de ces tumeurs n’ont pas été plus faciles à déterminer que celles des cysticerques en général; on a seulement remarqué que les malades étaient jeunes. L’extirpation de la tumeur a été, dans tous les cas, couronnée de succès, et il ne paraît pas qu'il v ait eu de récidive,

POLYCÉPHALES.

Ce n’est qu'une espèce de cysticerque dans laquelle il-existe, avec une seule vésicule, plusieurs extrémités céphaliques; cette espèce est extrêmement rare chez l’homme, et même il n’est pas bien certain qu’on l'y ait jamais observée,

DITRACHYCÉROS.

Cet entozoaire, sur lequel une observâtion de M. Lesauvage (de Caen) et une autre de Sultzer n’ont pas levé tous les doutes, constituerait un genre qui aurait pour caractères un corps ovale, enveloppé dans une tunique lâche, à tête surmontée de deux prolongements en forme de cornes, recouvertes de filaments. Dans les deux observations citées, l’animal à été rendu avec les selles.

$ 2. — Æntozoaires non vésiculaires qui se développent dans l'intérieur des tissus.

Ces vers sont le sérongle géant, la douve du foie, le dragonneau où per de Médine. Je ne parlerai que de ce dernier, qui présente un intérêt chirurgical.

DRAGONNEAU.

Rien n’est plus obscur que l’histoire de cet entozoaire, qui a encore reçu les noms de filiaire, ver de Médine, de Guinée, ver cutané, etc. Très rare en France, et même dans la plupart des contrées d'Europe, au point que beaucoup d'auteurs en ont nié l'existence, il serait, au dire de quelques-uns, assez commun dans quelques parties de l'Afrique. Une observation, publiée par M. Maisonneuve (1), tend à dissiper un peu l'obscurité qui règne à ce Sujet, et c’est d’après cette observation que je vais tracer quelques traits de l'histoire de cet entozoaire.

Le sujet sur lequel on l’a observé était un homme âgé de vingt-huit ans, qui avait séjourné pendant deux ans et demi dans le Sénégal. Cet homme entra à l'hôpital pour une petite tumeur furonculeuse, située sur le dos du pied gauche, et qui existait depuis un mois. Le malade était revenu en France depuis quatre mois et demi, et jamais auparavant, soit dans le Sénégal, soit depuis son retour, il n'avait éprouvé aucune incommodité. La petite tumeur s'était abcédée avant l'entrée à l'hôpital, et par l’orifice de la plaie sortit bientôt une sorte de filament dont on put extraire 20 centimètres de long, après quoi il se rompit; ce filament fut reconnu pour être une portion de ver. Le malade fut alors examiné soigneusement, et l’on ne trouva d’autres lésions qu’une autre petite tumeur furonculeuse qui existait à la partie supérieure externe de la jambe gauche, et qui ne causait qu’une légère démangeaison ; de cette tumeur partait un cordon dur qui descendait au devant de la jambe en affectant un trajet tortueux analogue aux varices, et se portait ensuite vers la partie interne, où il disparaissait au niveau du mollet. Quel-

(1) Archives de médecine, 4° série, 1844, t. VI, p. 472. — Encyclopédie anatotique, t. IX, Anatomie pathologique générale, p. 405,

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ques jours plus tard, la tumeur inférieure devint plus douloureuse : il se forma de nouveaux abcès qui nécessitèrent de nouvelles incisions. En même temps, la tumeur supérieure donna issue par la pression à quelques gouttelettes d’un liquide blanc, semblable à du petit-lait. L'examen de ce liquide, au microscope, fit voir des myriades de petits vers cylindriques, à queue eflilée, à tête mousse et non renflée, d’un millimètre de long ; ils s’agitaient avec beaucoup de rapidité. I fut impossible de constater aucune ouverture buccale ou caudale, non plus qu'aucune trace de crochets, de tentacules, ni d’autres prolongements. La queué, qui formait environ le tiers de la lonsueur de lindividu, se terminait en s’effilant graduellement, On acheva d'extraire le ver inférieur par fragments, puis on pratiqua une incision lé long du cordon noueux, qu’on attribua dès lors à la présence de l’autre ver: cette incision fit voir, en effet, plusieurs circonvolutions de ce ver, disposées dans le tissu sous-cutané de la même manière que la partie inférieure du canal déférent. Ce ver fut enlevé en différents fragments, qui étaient tous d’un blanc de lait, cylindriques, du volume d’une plume de corbeau; sur deux points opposés de leur circonférence régnait, dans toute leur longueur, une ligne demi-transparente, d’un demi-millimètre de largeur; ces fragments représentaient tous un tube, dont les parois avaient un cinquième de milli= mètre environ d'épaisseur, et étaient composées de deux membranes : l’une, externe, Coriace, ne se laissant couper que difficilement avec la pointe du bistouri ; l’autre, interne, facile à séparer en filaments longitudinaux très déliés, mais assez difficile à rompre dans le sens transversal ; ces deux mem branes étaient réunics par un tissu amorphe. Dans les fragments retirés de la plaie supérieure, on trouva deux extrémités céphaliques ; dans ceux dé là plaie inférieure, on ne trouva ni tête ni queue ; on à pu retrouver dans l’intérieur du tube un liquide en tout semblable à celui qui s'était écoulé par la petite tumeur supérieure. La longueur des deux différents fragments extraits de la partie supérieure et appartenant au même individu s'élevait à 70 centimètres : encore ne constituaient-ils pas le ver tout entier. Après ces différentes extractions, les plaies se cicatrisèrent facilement,

Cette observation indique à la fois les caractères du dragonneau, son mode de production, et la conduite qu'il faudrait tenir si l’on en rencontrait un situé comme celui dont on vient de lire l’histoire,

L'histoire des vers intestinaux est mieux placée dans un livre de médecine (1).

C] e a “U— < © e Parasites vivant à l’extérieur du corps. — Épizoaires.

Ces animaux appartiennent tous à la division des insectes. Ce sont ! l’acarus scabiei, plusieurs espèces de pediculus, et les puler. Le premier

(1) Voyez Bremser, Traité zoologique et physiologique des vers intestinaux, Paris, 1837, in-8, et atlas,

OPÉRATIONS MOTIVÉES PAR LES LÉSIONS ORGANIQUES. : h91

de ces animaux donne lieu à une affection qui est du domaine de la pathologie spéciale et de la médecine ; quant aux autres, ils sont trop connus pour que je doive m'en occuper ici.

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