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PAR LES LÉSIONS ORGANIQUES

Pour concevoir comment l'instrument peut diviser les parties molles sans donner lieu à des hémorrhagies, il faut tenir compte des effets qu’il produit sur les artères. Or, il résulte des expériences de M. Chassaignac, que lorsqu'une artère d’un certain volume est soumise à l’action de l’écraseur linéaire, les deux tuniques internes, divisées les premières, sont plissées et refoulées de manière à former une espèce de tampon qui bouche la lumière du vaisseau. D'une autre part, la tunique celluleuse, adossée à elle-même, s’effile en quelque sorte avant de se détacher complétement, et agglutine tellement ses propres parois l’une à l’autre, qu’il en résulte une seconde fermeture du tube artériel.

MANUEL OPÉRATOIRE DE L'ÉCRASEMENT LINÉAIRE. — Il ne sera question ici que des tumeurs; l’ablation de certains organes, tels que la langue, Île col de l'utérus, le prépuce, au moyen du même mstrument, trouvera sa place dans d’autres parties de cet ouvrage.

Parmi les tumeurs qui peuvent être séparées par l’écrasement linéaire, iben est de pédiculées; pour celles-ci, la chaîne de l’écraseur peut être directement appliquée sur le pédicule. Il en est d’autres qui ne présentent pas de pédicule ; il faut alors leur en créer un, soit au moyen d’une ligature simple, soit au moyen d’un serre-nœud. La tumeur ayant été pédiculisée, on applique la chaîne de l’écraseur sur le lieu même où se trouve la ligature, et pour empêcher cette dernière d’être entraînée dans la gaine de l'instrument, ce qui pourrait gêner le mouvement de la chaîne, on peut diviser le fil dès que l’écraseur est en place.

Si la tumeur a une base trop volumineuse, il faut faire la section en deux temps, et n’attaquer dumême coup que lamoitié du pédicule. On s’y prend alors dela manière suivante. On perce de part et d’autre le pédicule de la tumeur avec une aiguille droite un peu large; l’aiguille porte un fil qui lui-même est

linéaire. — La lettre K indique la chaîne ou ligature métallique articulée. — La lettre C indique la gaîne ou canule plate renfermant la double crémaillère. — B, B, les deux cliquets latéraux destinés à s’engrener dans les dentelures des crémaillères. — DetE, la portion des crémaillères qui se trouve actuellement hors de la gaine. — GG, les manches servant de levier pour la mise en mouvement des crémaillères.

La figure 129 représente les crémaillères libres, c’est-à-dire débarrassées de la gaine. — EH indique la branche mâle. — DH, la branche femelle. — H', l'échelle graduée qui fait connaître à l'opérateur, pendant l'action de l’instrument, le degré de constriction de la chaîne: ‘

La petite figure DE représente une coupe faite perpendiculairement sur la branche mâle et la branche femelle, mises en regard l’une de l'autre.

J,J, représentent les deux extrémités de la chaîne, l’une libre et sur laquelle on voit les mortaises, l’autre articulée avec la branche femelle et présentant les tenons engagés dans les mortaises.

L, L, représentent deux chaînons articulés. NN, le mécanisme intérieur qui réunit les chaînons entre eux.

HO j À

506 OPÉRATIONS MOTIVÉES PAR LES LÉSIONS ORGANIQUES. attaché à l’une des extrémités de la chaîne; on fait passer cette dernière | qui est entraînée par le fil, dans la voie parcourue par l’aiguille. De cette. façon, on sépare le pédicule de la tumeur en deux moitiés, et l'on fait Jal section de l’une de ces moitiés. On peut également, en se servant simultanément de deux écraseurs qui marchent ensemble, couper les deux TOI de la tumeur dans le même temps pour abréger l'opération. |

La section de la peau au moyen de l’écraseur étant très lente, il est préférable de la pratiquer au préalable avec linstrument tranchant; une fois! que la chaîne de l’écraseur à embrassé la tumeur à enlever, on soulève des cliquets de l'instrument, et, tirant à soi le manche des crémaillères, on applique d’emblée, et sans aucun mouvement de levier l'instrument, sur la partie pédiculisée. On met alors en jeu le mouvement alternatif destiné à faire avancer dans l’intérieur de la gaîne les maillons de la chaînette; une minute pour chaque maillon est le plus long espace de temps qu’en doive exiger pour être en mesure contre l’hémorrhagie. Si l’on n’a pas d'accident de ce genre à redouter, on peut mettre pour l'entrée de chaque chaînon une demi-minute et même moins encore (Chassaignac) (1).

Avant de commencer une opération avec l’écraseur linéaire, il faut avoir prévu le degré de résistance qu’on peut rencontrer, et se servir dam instrü= ment dont la puissance est proportionnée à la résistance à vaincre. Il 6st important de ne jamais faire agir l’instr ument avec assez de force pour le briser, ce qui entraînerait des accidents inflammatoires graves. ]

(1) Traité de l’écrasement linéaire. Paris, 4856, in-8 avec figures.

(2) La figure 130 représente une tumeur sous-cutanée ou sous-muqueuse préala= blement pédiculée, et sur le collet de laquelle on a appliqué l'écraseur. — A indique la tumeur; B, la ligature qui à servi à la pédiculisation; D, l'appareil à écrasement dont la chaîne est serrée autour du collet de la tumeur ; C, la chaîne elle-mêmede l'instrument. |

Mn. +. ; fa 1

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