COMPRESSION PERMANENTE
Elle peut être 2mmédiate où médiate.
A. IMMÉDIATE. — C’est celle qui s'exerce immédiatement sur l'artère ou dans l'artère, sur la tumeur sanguine ou dans la tumeur sanguine. Aïnsi, quand Antoine Dubois découvrait l’artère pour la soumettre à un compresseur qui agissait immédiatement sur elle, il ne l’ouvrait pas. Guattani, au contraire, ouvrit un anévrysme inguinal pour agir immédiatement sur l’artère malade. J'ai parlé de ce procédé quand il à été question de l’incision avec tamponnement. Theden, qui redoutait beaucoup la ligature, avait fini par la remplacer, dans tous les cas, même après l’amputation des membres, par un tamponnement sur l'ouverture de l’artère avec des boulettes de charpie ou de l’agaric. Il est évident que la compression immédiate ne doit jamais être faite avec préméditation. Aïnsi le procédé qu’on rapporte à A. Dubois, et qui consistait à comprimer l'artère à nu, jusqu'à l’oblitération du vaisseau, devait être banni et l’a été par la pratique, car il avait plus d’inconvénients qu'une ligature bien faite, et il était loin d’en avoir les avantages. La compression dans l’artère ou sur son ouverture doit être conservée et appliquée seulement quand, par accident, une artère, un anévrysme, ont été ouverts, et qu'une compression du côté du cœur ou des ligatures méthodiques n’ont pu être faites. Cette compression agit perpendiculairement à l’axe du vaisseau, comme celle de Guattani, ou sur fa lumière du vaisseau, comme le. faisait Theden, ou en introduisant dans sa cavité une espèce de fosset de diachylon pour boucher la lumière du vaisseau complétement divisé. On est quelquefois obligé d'agir ainsi dans certains cas de section d’artères à parois incompressibles, comme celles qui sont renfermées dans des os.
B. MÉDIATE. — Cette compression se fait sans découvrir ni l'artère ni la tumeur, et par des procédés et instruments divers.
La compression peut alors être exercée : 4° sur la tumeur de l'artère; 2° au-dessus; 3° au-dessous; 4° sur tous les points qui sont accessibles aux moyens compresseurs.
Pour la compression exercée sur la tumeur, le procédé qui a eu le plus de vogue et le plus simple est celui de Guattani, qui couvrait l’anévrysme de Charpie; au-dessus étaient des compresses longues et épaisses disposées en X ; une autre compresse ayant la même forme était appliquée dans la direction de l'artère, entre le cœur et l’anévrysme. Guattani fixait le tout par un bandage roulé, médiocrement serré, partant de la partie inférieure de la tumeur ét allant se terminer à la racine du membre. Cette compression, renouvelée tous les vingt jours environ, aidée des réfrigérants, a eu des succès incontestables quand elle à été appliquée avec prudence et sur des anévrysmes