MÉTHODE DIRECTE
C’est elle, comme je l’ai déjà dit, qui opère sur le lieu même où se produit l'hémorrhagie, celle aussi qui agit sur la tumeur anévrysmale elle-même, Je vais la faire connaître dans deux applications.
À. PREMIER PROCÉDÉ. — Kigature directe des artères comprises dans une plaie, — Le vaisseau lésé n'est pas toujours apparent, il faut
aller le chercher; pour cela, on fouille dans les tissus avec une pince où le ténaculum et à la place qui est indiquée par les notions anatomiques. Si l'artère a donné pendant une opération, cette place vous est connue; si un aide l'a comprimée avec le doigt, il n’a qu'à le lever. On peut suspendre, pour un instant, la compression préalablement établie sur le principal vaisseau entre la plaie et le cœur pendant une amputation : on voit d’abord un mouvement, puis il se forme un petit mamelon d’un rouge rutilant, enfin lé jét s’élance en arcade. Dans une plaie ordinaire, on aperçoit les deux bouts fnus par un mouvement qui les soulève; à chaque diastole, ils semblent se rapprocher l'un de l’autre : la systole les éloigne. On saisit l'artère avec des pinces, et de manière à aplatir les parois entre les mors. Desault voulait qu'on introduisit un mors dans l'artère pour la saisir, de manière
qu'un mors agit sur la membrane interne et l'autre sur l'exz Fig: 154: terne. Ce procédé n’est applicable qu'aux grandes artères; il est plus difficile et moins sûr que le premier.
I! vaudrait mieux traverser le vaisseau avec un ténaculum que je représente ici de grandeur réelle, moins une partie du manche (fig. 154). Cet instrument est d’ailleurs préférable pour la ligature des petites artères qu'on ne peut complétement isoler; on s’en sert beaucoup en Angleterre et pas assez en France. Le vaisseau une fois saisi, on le tire un peu au dehors, un aide passe un fil sous les pinces ou le ténaculum, l'entoure et fait un nœud ; avant de le serrer, il le pousse sur l'artère aussi près que possible de la surface traumalique. Les extrémités du fil sont assujetties dans la paume de chaque main par les trois derniers doigts et par les pouces appliqués sur le bord radial des indicateurs; ces deux doigts étendus sur le fil dirigent de plus en plus le nœud sur l'artère et se regardent par leur face dorsale : c'est en pressant avec la pulpe des indicateurs sur le fil qu'on serre le nœud en écartant les deux bouts. Une fois le premier nœud fait, on lâche les chefs du fi
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pour les reprendre de nouveau et ajouter un second nœud, en agissant comme pour le premier. Les deux nœuds achevés, l'artère est abandonnée par l’instrument qui l'avait saisie, et on lève la compression pour s'assurer que la ligature à été convenablement faite. On se sert surtout du ténaculum quand lartère est d’un petit calibre, quand il n’est guère possible de l’isoler complétement des tissus ambiants; alors cet instrument saisit ces tissus avec l'artère et on lie le tout. Ici encore une serre-fine peut tenir lieu de ténaculum et de ligature.
Maintenant examinons les ligatures employées surtout pour le traitement des anévrysmes.
BP. DEUXIÈME PROCÉDÉ. — Eigature directe des artères pour le traitement des anévrysmes. — C'est ce procédé que les classiques appellent méthode ancienne. Voici ce que doit contenir l'appareil nécessaire à son exécution : un bistouri droit, un convexe, un boutonné; une algalie de femme, stylets boutonnés, spatule, aiguilles de différentes formes, ligatures, tourniquet ou garrot; agaric, charpie, compresses, bandes, éponges: ciseaux, etc.
Avant tout, la compression sera faite entre le cœur et la tumeur, et l'on s’assurera si le cours du sang est suspendu. Il faut parfaitement connaître le trajet de l'artère; car, quelle que soit la forme de la tumeur, c’est selon la direction normale du vaisseau que l’incision devra être pratiquée. Du premier coup, la peau et les tissus qui la séparent encore de la tumeur sont divisés : le second atteint les parois de la tumeur elle-même. Il se présente des caillots, du sang pur, même en abondance, et cela quelle que soit la précision avec laquelle on comprime; on absterge le tout, et l’on va à la recherche de l’ouverture du vaisseau. Si l’on éprouve des difficultés, on suspend la compression, et bientôt l’arrivée du sang lève les doutes. On introduit par cette ouverture un Stylet, une sonde de femme ou une sonde cannelée ; on dirige ce conducteur du côté du bout supérieur qu'on soulève, on s'assure que c’est bien lui; on l’isole des veines et des nerfs ; on passe une ligature comme pour embrasser l'artère et instrument qu’elle contient. Celui-ci est retiré avant de serrer le nœud. On procède de même pour le bout inférieur. Après ces deux ligatures, on en plaçait d’autres qu’on ne serrait pas : c’étaient les ligatures d'attente, généralement et très justement proscrites.. C’est avec la même justice que bientôt après on abandonna cette méthode pour le traitement des anévrysmes spontanés.