ARTÈRES ILIAQUES
d'attendre l'application d'un moyen hémostatique plus efficace et définitif.
Les branches de l’iliaque interne sont plus souvent blessées que le tronc même de l'artère. Je parlerai bientôt des lésions de l'artère fessière et de celles de l'ischiatique.
Les anévrysmes dits spontanés se remarquent souvent aux artères iliaques, excepté à l’iliaque primitive, qui semble jouir, sous ce rapport, d’une espèce d'immunité. Ces tumeurs ont l’iliaque externe pour point de départ, ou, ce qui est plus commun, elles sont des développements des anévrysmes des artères fémorales. C’est alors qu’on voit l’anévrysme passer sous le ligament de Fallope où il est un peu étranglé, ce qui divise la tumeur en deux portions : une qui soulève les parois abdominales, l’autre qui fait saillie, plus ou moins haut, à la partie interne et antérieure de la cuisse. L'anévrysme est alors et inguinal et iliaque. Les notions sur la manière dont s’est développée la tumeur pourront faire reconnaître l’artère qui lui donne naissance quand cette tumeur est très volumineuse.
Le développement d’une tumeur à pulsations expansives dans la fosse iliaque, succédant à un effort, une chute, ou sans cause connue, l’accroissement rapide de cette tumeur, la fluctuation qu’elle offre souvent dans quelques-unes de ses parties, ces signes sembleraient devoir exclure toute espèce d'erreur. Cependant, dit M. Velpeau, si l'on se rappelle que certaines tumeurs cancéreuses ont eu un développement très rapide, que les artères illaques situées à leur centre peuvent leur imprimer un mouvement de dilatation en tous sens, qu'il se forme souvent des foyers liquides dans leur intérieur ; avec de pareils souvenirs on ne sera pas étonné de trouver des exemples de ces erreurs. L'un des plus curieux est celui que rapporte M. Syme (4). Un homme ressentit, à la suite d’un faux pas, une douleur vive dans le flanc gauche; au bout d’une quinzaine de jours, la cuisse se tuméfia, et une ou deux semaines après il sentit une tumeur à l’aine. A son entrée, on reconnut dans la région iliaque gauche une tumeur ovoïde circonscrite, étendue du ligament de Poupart à l'épine iliaque antérieure ; elle était tendue, insensible à la pression, et donnait des pulsations obscures dans toute sa surface. Le stéthoscope y faisait percevoir bien distinctement des pulsations et le bruit de souffle. Quoique parfaitement en garde contre l'erreur de diagnostic, le chirurgien crut, d’après l’histoire de la maladie, avoir affaire à un anévrysme de l’iliaque externe, et devoir le traiter par la ligature de l'iliaque commune. Après l’incision des téguments abdominaux, il reconnut que la tumeur était solide, et l’enleva. C'était une tumeur cérébriforme. Le malade étant mort plusieurs jours après, on reconnut qu'il existait dans le bassin plusieurs autres tumeurs semblables. Des kystes, des tubercules, du pus, peuvent donner lieu à des erreurs de même nature.
(1) Edinburgh med. and. surg. Journ., octobre 1836.— Archives générales, 3° série, t. 1, p. 109.
Les quelques faits très exceptionnels de guérison par la compression, par le sphacèle de la tumeur, n'ont pas empêché de considérer les anévrysmes iliaques comme incürables jusqu'au moment où Abernethÿ osa lier l’iliaque externe; c'est le moyen à employer dans les cas où la tuteur ne remonte pas fort haut, et il y à entre elle et la bifurcation de l’iliaque primitive une étendue suffisante pour jeter une ligatüre. Quand, entre l'origine de l'iliaque externe et la partie supérieure de l’anévrysme, il n’y a pas plus de 9 centimètres, la ligature porterait sur des parties altérées, et elle serait trop voisine de l'hypogastrique pour qu'on pât espérer la formation d'un caillot solide, De là l’idée dé porter plus haut la ligature, de Ini faire étreindre liliaque primitive, où bien d'aller plus bas du côté des capillaires, et d’appliquer ici la méthode de Brasdor. Ces deux déterminations sont extrêmes, et l'on peut hésiter entre ces deux méthodes : mais quand la ligature peut être faite raisonnablement sur liliaque externe, 6n devra toujours préférer la méthode dite d'Anel à la ligature au-dessous du sac. Gé qui appuie cette opinion, ce sont les difficultés qu'il y à de ne laisser aucun vaisseau entre l’anévrysme et là ligature. D'ailléurs les tentatives qui ont été faites ne sont pas favorables à la méthode de Brasdor. Quant à la ligature de liliaque primitive, elle compte déjà plusieurs succès : mais elle est si grave en elle-même qu'il n'est pas possible d'établir un parallèle entre elle et la méthode de Brasdof, qui, comine opération, n'aurait pas la moitié des dangers de l’atitre.
Quand la tumeur envahit l'artère iliaque primitive elle-même, il n’est guère possible de la lier. L'applicätion de la ligature au-dessous du sac est ici indiquée, mais elle peut très bien échouer. Le repos absolu du malade, les réfrigérants sur la tumeur, la méthode de Valsalva, seraient, selon moi, les seuls tnoyens à mettre en usage, On s’est demandé si, quand des hémorrhagies rendent la mort imminente, il ne faudrait pas tenter la ligature de l'aorte ? « Cette opération offre si peu de chances de succès, dit M. Ÿ elpeau, que nous H’osons la proposer, C'est évidemment ici que le chirurgien doit chercher dans sa conscience, et se deinander si, Se trouvant dans le cas du malade, il se soumettrait à telle ou telle opération (1). 5