LIGATURE DE L'ARTÈRE POPLITÉE
Je place ici la figure qui sera suffisante pour les indications anatomiques relatives à cette ligature.
Le malade est couché sur le ventre, la jambe tendue, les deux cordes qui limitent l'espace poplité sont saillantes. La corde interne (4, fig. 16h) est le point de départ. L'incision, en devenant profonde, devra suivre une ligne qui irait directement sur la face postérieure du fémur. Se rappeler que l'artère est l'organe le plus Fig. 164. profond et le plus interne; plus superficiellement vient la veine, puis le nerf, puis, sous la peau, la saphène externe, Au lieu de pratiquer l’incision sur le milieu de l’espace, rapprochez-vous de la corde interne a formée par les tendons des muscles demi-membraneux et couturier. Allez profondément, puis dirigez vos recherches, en marchant vers la corde externe b et vers l'os; le premier élément du faisceau qui se présente alors c’est le côté interne de l'artère; la dégager avec soin de la veine qui lui est immédiatement appliquée sur les deux tiers de sa partie postéricure. On le voit, j'obéis ici au même principe émis dans les généralités sur la ligature des artères, principe que j'ai appliqué aux ligatures de la carotide, de la brachiale, etc. On devra pratiquer une incision qui aura au moins 12 centimètres ; ménager dans le premier temps la saphène externe; après la division de laponévrose qui se fera sur la sonde cannelée, écarter plutôt qu'inciser les tissus. Vers la partie inférieure de là région, l'artère devient moins profonde et plus facile à lier.
Il est très rare qu’on soit obligé de lier le tonc fémoral dans l'espace po= plité, on ne le fait plus pour les anévrysmes spontanés, comme je l'ai déjà dit. Les plaies artérielles, ainsi que les anévrysmes traumatiques, sont rares dans cette région. Peut-être même ne pourrait-on pas toujours les traiter par la ligature directe ou par la méthode dite ancienne.
Maladies des artères de la jambe.
Anatomie.
La tibiale antérieure naît de la poplitée au-dessous de l’arcade fibreuse du muscle soléaire, perce le ligament interosseux au niveau du quart supérieur de la jambe et est alors réellement antérieure; elle est appliquée sur ce même ligament dans ses deux tiers supérieurs, puis, en bas, sur la face externe et antérieure du tibia. Elle se termine sous le ligament dorsal du tarse, où commence l'artère pédieuse. La direction de l'artère tibiale antérieure est oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Très profonde d’abord, entre le gros des muscles jambiers antérieur et extenseur commun des orteils, moins profonde ensuite entre le même jambier et l’extenseur propre du gros orteil, elle devient superficielle en bas, où clle longe, en dehors, le tendon de ce dernier muscle. L'artère tibiale est entre deux veines ; le nerf lui est d'abord externe, puis antérieur dans son quart inférieur, puis interne sous le ligament dorsal du tarse (1).
L'artère péronière est presque toujours en rapport avec l’os qui lui a donné son nom ; elle longe, en effet, toute sa face postérieure, En baut, elle est ensevelie par le muscle soléaire; plus bas, elle est entre le fléchisseur propre du gros orteil et le jambier postérieur; dans son quart inférieur, elle est appliquée en arrière du ligament interosseux.
L'artère libiale postérieure est la branche interne de la bifurcation de la poplitée, elle se bifurque elle-même, en bas, sous le ligament annulaire du tarse pour produire les plantaires interne et externe. Comme Ja tibiale antérieure, la postérieure est d’abord très profonde, car sa partie supérieure qui repose sur le jambier postérieur est recouverté par l’aponévrose profonde, le soléaire et le jumeau interne; elle est moins profonde dans son tiers moyen, où elle n’est recouverte que par l’aponévrose profonde et le bord interne du soléaire ; enfin, dans son tiers inférieur, elle est superficielle, puisqu'on peut facilement explorer ses pulsations; elle est alors derrière les tendons, dés muscles jambier postérieur et fléchisseur commun, et a, en arriére, le tendon d’Achille, deux veines satellites qui la bordent; le nerf est en dehors et en arrière (2).
Anomalies. — Les artères principales de la jambe sont au nombre de trois. Une d'elles peut manquer, mais jamais entièrement, et ce qui manque est ordinairement
{1) Voyez figure 165, p. 787.
(2) L’anatomie des artères de Ja jambe sera complétée par les gr mettrons en face des descriptions de leur ligature.
avures que nous A
mr dem, Ain :