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VI. — POSITION DU MALADE, DES AIDES ET DE L'OPÉRATEUR

Le chirurgien doit placer le malade, les aides et lui-même convenablement. La position horizontale convient le mieux au malade, notamment pour les opérations pratiquées sur le trone et les membres inférieurs, surtout quand on veut employer le chloroforme. Dans les grands hôpitaux, l’'amphithéâtre contient an lit ou table d'opération ; ce meuble est élevé, peu large, très solide; il peut quelquefois être tourné dans tous les sens à l’aide d’un pivot. En ville, on y supplée par une commode, une table de cuisine. Ges meubles étant lourds seront plus fixes et plus solides. On les place, autant que possible, non dans la pièce où doit être le malade après opération, mais dans une pièce voisine, près d’une fenêtre.

Pour certaines opérations de la tête, des membres supérieurs, on fait asseoir le malade. Très rarement on le laisse debout. On cite des cas très exceptions : nels où l'opération de la cataracte a été pratiquée, le chirurgien et le malade étant dans cette dernière position.

De nos jours, on ne lie plus le malade, on lui fait grâce de ces appareils qui ressemblaient trop à ceux des tortures. Seulement, pour les tailles péri= néales, quelquefois on fixe avec une bande les mains aux pieds. On pourrait s’en dispenser chez l'adulte. Une fois résolu, un sujet raisonnable subit l'opération jusqu'à la fin. La crainte venant ici au secours de la raison, il reste immobile, parce qu'il sait que les mouvements lui feront rencontrer plus souvent les instruments, qui alors pénétreront davantage. Les grands mouvements sont toujours domptés où bornés par des aides, qui, dans certains cas, se contentent de les diriger. L’immobilité complète est d’ailleurs impossible, quels que soient le nombre et la force des lacs. Elle ne peut être que le résultat d’une volonté ferme de la part du malade; aussi, dans les opérations minutieuses, difficiles, on n’obtiendra rien, si le malade n’a pas un grand courage où une complète résignation. A limitation de Dupuytren, on devra bien expliquer au malade que si des aides s'emparent de lui, ce n’est pas parce qu'on se méfie de son courage. Si on les assujettit, c’est pour donner un point fixe aux différentes parties du corps et rendre ainsi l'opération plus sûre, plus facile. Cette marque de confiance produit souvent le plus heureux effet. Par le chloroforme, on peut complétement abolir les mouvements et rendre tout à fait inutiles les lacs et les aides coercitifs.

L'aide le plus intelligent est placé vis-à-vis du chirurgien; c’est celui qui le seconde le mieux : on peut dire qu’il opère avec lui ; il lie les vaisseaux ouverts, les saisit ou les comprime ; il écarte les tissus, les tend, les absterge, et facilite ainsi l’action des instruments. Un aide non moins précieux est celui qui comprime les troncs artériels quand il s'agit d’une amputation. Get aide doit être choisi avec le plus grand soin ; il doit surtout s'occuper de la compression, mais le reste de l'opération ne doit pas lui être étranger. Je dirai plus tard pourquoi.

Si l’on se sert de la lumière artificielle, un troisième aide dirige une bougie ou deux sur les points qui doivent être le mieux éclairés. D'autres aides fixent les membres, le tronc, la tête, mais sans accabler le malade; ils ne doivent agir que quand il y à nécessité. Si tous ces aides sont bien choisis et bien placés, silencieux, attentifs et prévenants, ils obéiront tellement à un regard, à un geste du chirurgien, qu'ils devineront ses ordres. Cette harmonie, cet ensemble dans les manœuvres, sont appréciés non-seulement par les assistants, mais quelquefois par les malades, malgré leurs souffrances. De à plus de confiance et plus de chances pour le succès.

Le chirurgien est plus souvent debout : aussi devra-t-il dresser à sa taille le lit ou la table sur laquelle on couche le malade. Pour l'opération de la cataracte, le chirurgien est ordinairement assis, Pour les amputations des

membres, il change de position ; il met d’abord un genou à terre et semble s'accroupir, il se relève peu à peu, et se penche ensuite en avant.

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