‹ Traité de pathologie externe et de médecine opératoireChapitre 6 sur 266 · ÉLOGE DE VIDAL [DE CASSIS). XI · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE VIDAL [DE CASSIS). XI

fut pour notre collègue ‘une excellente occasion de se produire, Il entra dans cette voie avec l’ardeur de son âge et l'esprit frondeur de son Pays.

En étudiant les races qui composent la France telle qu’elle est aujourd’hui, il est impossible de méconnaître que quelques-unes de nos anciennes provinces ont conservé, ayec leurs types extérieurs, l'esprit qui les distinguait à leur origine. Cette accentuation des races est surtout prononcée dans les pays qui ont un patois ou une langue différente de celle que nous parlons. I! faut donc, pour être juste dans le jugement que l’on porte sur

| les hommes, tenir compte des qualités et des défauts inhérents à leur race, | et ne pas demander à un enfant du Midi le calme et la bienveillance indolente de l’homme du Nord.

Vidal avait été élevé dans une province dont les habitants ont une verve railleuse qui convient admirablement au journalisme. Les relations qu'il se créa développèrent encore son penchant naturel. Fin et railleur, beau diseur de mots plaisants et agressifs, il épanchait son ressentiment en railleries, qui, plus d’une fois, firent croire à tort que son cœur était d'accord avec son esprit dans les attaques qu’il dirigeait contre ses adversaires. IL voulait châtier en riant, mais il lui arrivait parfois de mal juger de la profondeur des blessures qu'il allait faire. Aussi s’étonne-t-il dans un des feuilletons plaisants qu'il publiait, sous le nom de Zyrac, dans la Gazette des liôpitaux, que l’on ait pu lui supposer une intention méchante : « 11 s'est (rouvé, s'écrie-t-il, quelqu'un qui a dit que j'écris avec un poignard! La plume du docteur Lyrac, un poignard! Sonnez, sonnez, cors et museltes ! » Non, Vidal n’était pas méchant, et s’il lui arriva d’en avoir les apparences, c’est que sa verve n’épargnait ni les ridicules n1 les prétentions exagérées, et qu'elle fut souvent d’une causticité qui faisait plus que chatouiller ceux qui, se préoccupant moins de l’honorabilité que de la fortune, avaient le malheur

de tomber sous sa plume.

Pour faire connaître Vidal comme journaliste à ceux qui ne le connaissent

. que par ses livres, il faudrait toucher à des questions de personne qu'il ne me plairait pas de raviver. Je vous demanderai donc la permission de ne

citer que quelques passages qui ont un caractère de généralité, et qui suf-

front pour donner une idée de son talent.

La succession de M. ***, deux fois académicien, a été ouverte, dit-il, avant que sa tombe fût fermée. J'ai rencontré hier trois milords qui quêtaient déjà des voix (le milord est un cabriolet à quatre roues, qui va plus lentement que les autres et qui secoue davantage). Ces milords n’ambitionnaient que l’Académie de médecine. Mais pour l'Institut, c’est la calèche qui sort. )n parle de trois candidats, trois professeurs de la Faculté, tous trois très nes de remplacer M. ""; deux font et feront de nombreuses démarches

et ettront en jeu les ressorts politiques, littéraires, physiologiques et même religieux, La doctrine et la religion seront aux prises : je parie pour là doctrine, à

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