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VI. — PERCHLORURE DE FER

Après avoir injecté le perchlorure de fer dans le sac des anévrysmes, on l'a employé comme caustique. C’est surtout M. Alex. Thierry (1) qui en à recommandé l'usage. Il à pratiqué ainsi la cautérisation pour traiter et faire disparaitre des tumeurs érectiles, des paquets variqueux, des ulcères atoniques cancéreux, carcinomateux. Quand la peau n’est pas dénudée, M. Thierry met d’abord un vésicatoire : ainsi, pour les tumeurs variqueuses, les xœævr, pour les ulcères, il applique directement le perchlorure à 35 degrés de l’aréomètre de Baumé (2).

DE LA GALVANOCAUSTIQUE.

[ On à tout récemment proposé de substituer aux cautères actuels ordinaires des cautères chauffés par l'électricité. On a désigné cette opération sous le nom de cautérisation électrique, et quelques chirurgiens, poussant les applications de cette méthode aussi loin que possible, lui ont donné le nom de galvanocaustique.

D'après M. Middeldorpff (3), la cautérisation électrique a été proposée pour la première fois, en 1844, par M. Heider ; elle a été essayée et étudiée depuis par MM. Louyet, Crussell, Sédillot, J. Marshall, Th. Harding, Hilton, Leroy, Amussat fils, etc.; c'est M. Middeldorpff qui l’a perfectionnée et en a fait les applications les plus variées. Ce chirurgien se sert d’une pile formée par quatre couples ou éléments de Grove, hauts de 18 centimètres et larges de 12 centimètres, disposés dans une boîte à quatre compartiments. Au milieu de la boîte, entre les quatre couples, est situé un commutateur, petit appareil où sont placés les deux pôles, et qui est destiné à combiner les couples de façon à faire varier à volonté la tension et l'intensité de la pile. Pour transmettre aux tissus la chaleur développée par le galvanisme, on fixe sur le commutateur deux tiges de cuivre, l’une au pôle zinc ou positif, l’autre au pôle platine ou négatif. Chacune de ces tiges donne insertion à un gros conducteur flexible, long d'environ 2 mètres, et composé de huit fils de cuivre entourés de soie. L’extrémité libre de chaque conducteur aboutit à une douille de cuivre, dans laquelle on peut fixer divers cautères au moyen d’une simple vis de pression.

(4) Sur l'application du perchlorure de fer de l'extérieur à l’intérieur. Paris, 1854. (2) Voyez plus loin le traitement des varices. (3) Archives de médecine, 1855, t. IT, p: 145.

Les cautères sont formés d’un manche d'ivoire où d’ébène, parcouru dans sa longueur par deux tiges de cuivre parfaitement isolées. Une d'elles est obliquement coupée dans un point de son trajet à travers le'manche, de facon qu'au niveau de cette intersection, on puisse à volonté interrompre le courant ou le rétablir en chant ou en pressant un bouton placé sur le dos du manche. Les deux tiges, après avoir parcouru le manche, en sortent pour être reçues par une de leurs extrémités dans la douille qui termine chaque conducteur, et pour supporter par l’autre une armature de platine de forme variée : on a ainsi des galvano-cautères coniques, cultellaires, à olive, etc. On peut encore se servir du même appareil pour faire une ligature coupante ; on se sert dans ce but d’un fil de platine que l’on passe à travers deux tubes métalliques bons conducteurs que l’on isole l’un de l’autre. De cette manière, l'élévation de la température se borne à la partie saillante et libre du fil de platine, pendant que la portion contenue dans l'intérieur des tubes peut être placée dans tous les sens et attirée vers le chirurgien, au moyen de deux poignées auxquelles aboutissent les deux chefs de la ligature.

La pile employée par M. Middeldorpif est fort ingénieuse et d’une très grande puissance ; mais le prix en est trop élevé. La pile construite plus récemment par M. Ruhmkorff a le même inconvénient ; elle exige de plus l'emploi d'acides concentrés qui répandent une odeur désagréable. M. Grenet a surmonté ces difficultés, en construisant une pile qui marche au moyen du bichromate de potasse dissous dans de l'acide sulfurique très étendu d'eau ; on active le dégagement de l'électricité en soufflant de l’air dans l’eau.

M. Middeldorpff attribue à la galvanocaustique les avantages suivants : 1° de prévenir l’hémorrhagie ; à mesure que le fil de platine traverse les tissus, il les cautérise et produit la coagulation du sang dans les vaisseaux ; 2 d'agir rapidement et énergiquement et de diminuer l'intensité de la douleur ; 3° de limiter exactement les effets de l'opération ; 4° de pouvoir brûler et couper les parties profondes inaccessibles à l'instrument tranchant ou impossibles à attendre sans danger ; 5° de donner lieu à la formation de bourgeons charnus de bonne nature ; 6° d'éviter au patient le spectacle effrayant d’un morceau de fer rougi par le feu et rapproché des parties à détruire.

La galvanocaustique a déjà recu des applications nombreuses pour arrêter des hémorrhagies fournies par des organes plus ou moins profondément situés ; pour cautériser les nerfs de la pulpe dentaire ou pour faire des raies de feu sur le trajet des troncs nerveux qui sont le siége de névralgies ; pour détruire certaines tumeurs cancéreuses ; pour cautériser où inciser les fistules ; pour la destruction de certains rétrécissements de l'urèthre qui sont infranchissables ; pour obtenir l’oblitération des cellules qui composent les tumeurs érectiles ; pour l’ablation de tumeurs pédiculées superficielles ; pour l’amputation de certains organes tels que le pénis, le clitoris et même de portions de membre; pour l’ablation des polypes de diverses cavités

muqueuses, etc. ] VIDAL, T. 1. — D° ÉDIT. L 11

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