SY\iPTOAIl':S r.KSl'i il \'i'01 i'.ES
(lo)U tout im poumon est eiivaîii par les tubercules, par l'inllammation, ou la plèvre remplie par un vaste épanchement. Il ne faut donc pas oublier que la violence de la dyspnée n'est pas toujours proportionnée à celle du mal. Du reste, nous avons déjà insisté, dans le courant de cet ouvrage, sur le défaut fréquent de corrélation outre la lésion et les troubles fonctionnels. La dypsnée, plus que tout aulre symptôme, rentre dans cette règle généi-alc. Description Dans l'état normal , les mouvements respiratoii-es "^djVpnoiques'' s'exécutent sans effort et sans exciter la moindre sensation appréciable chez l'homme. 11 n'en est plus de même lorsqu'il y a dyspnée ; le malade éprouve le besoin instinctif de respirer, et comme il n'est pas satisfait, malgré l'accomplissement de l'acte respiratoire, il en résulte un état de malaise, d'anxiété, et la crainte d'étoufler et de mourir.
Accès vioicnif. Eu même temps , toutes les puissances musculaires qui servent à l'inspiration et à l'expiration forcées entrent synergiquement en jeu, d'abord dans un mode qui ne s'écarte pas beaucoup de l'état normal; mais bientôt interviennent d'autres muscles qui opèrent avec énei'gie la dilatation de la poitrine : ce sont, pour les inspirations, les deux scalènes, le grand dentelé, le grand et le petit pectoral, le grand dorsal, quelques muscles qui vont de la tête ou du larynx à la poitrine, comme les sterno-hyoïdien, thyroïdien, mastoïdien. Pour donner im point fixe ;\ ces différents muscles, les malades saisissent, avec le membre supérieur, un objet résistant, tandis qu'ils renversent la tête en arrière. Quelques muscles qui ne s'insèrent ni sur les côtes ni sur le sternum, comme le trapèze, le rhomboïde, l'angulaire de l'omoplate, concourent aux inspirations forcées. Dans les cas ordinaires, les in-
DYSPNKR. \{\:\
tei'costaiix inspirateurs, les surcostau.x, les scalènes, le diaphragme suflisent à l'accomplissement régulier des mouvements respiratoires.
Les symptômes sont presque les mêmes dans les différentes espèces de dyspnée ; leur intensité seule varie. Lorsqu'elle est à un faible degré, les malades ressentent im serrement ou de la pesanteur au milieu du sternum , de l'épigastre et des parties extérieures de la poitrine. La respiration s'accélère, et les mouvements du thorax peuvent aller jusqu'à (30, 90 et même au delà ; ils sont alors incalculables. Dans ce cas , la contraction des muscles Inspirateurs s'eflectue avec une promptitude extrême ; la sensation d'angoisse , de constriction pectorale et la fréquence des respirations caractérisent cette forme de dyspnée. En même temps, la pai'oleest brève, écourtée , impossil)le môme , si les respirations sont très-fréquentes.
Ouand la dyspnée est peu intense, les symptômes pré- '"'^"'"'^ cédents ne se manifestent que pendant la marche, ou quand le malade parle, mange ou se couche horizontalement. Tous cesse par le repos, l'immobilité et l'élévation du thorax ; quelquefois , bien que la respiration soit difficile et accélérée, le sujet n'a pas conscience de son état; il assure que sa respiration est libre et facile. Ce symptôme, qui annonce le délire ou une grave perturbation dti système nerveux, est d'un fîicheux présage.
Il faut remarquer que l'accélération de la respiration est loin d'être toujours en rapport avec l'intensité de la dyspnée. Quelquefois , en même temps que les mouvements respiratoires sont d'une violence extrême et accompagnés d'anxiété, ils sont ralentis.
A un plus haut degré, ladvspnée, qui prend alors le nom oniiopn.-om
^ " " . . rcspiratiiiu
à'orthopnre (dérivé de ôp6o;, droit, et de rvéco, je respire) , hauir.
404 SYMPTOMES P.RSPIP.A'l'OmES.
■ détermine les symptômes suivants : le malade ne peut parvenir à respirer qu'en se plaçant sur son séant , sur une chaise ou debout, et en saisissant quelque objet qui lui sert de point d'appui. Pour vaincre l'obstacle qui s'oppose cà la libre entrée de l'air, toutes les puissances contractiles qui servent à produire des inspirations et des expirations forcées sont mises en jeu. Le visage exprime la tristesse et le découragement ; les ailes du nez se dilatent ; les yeux sont injectés , humides , saillants , les pupilles agrandies ; la face est pâle, couverte de sueur ; la parole brève, entrecoupée ; quelquefois même les sujets ne peuvent articuler un seul mot, ou ils ne parlent qu'à voix basse. L'anxiété, la jactitation succèdent souvent à l'orthopnée, Tous les autres symptômes , tels que le gonflement du visage, le refroidissement général, la faiblesse et l'irrégularité du pouls, etc., la distension des veines du cou, la cyanose, le coma ou le délire, les sueurs profuses, les déjections involontaires, caractérisent l'asphyxie et indiquent l'existence d'une maladie dont la dyspnée n'est elle-même qu'un symptôme. I De rasihme. On décrit sous le nom d'asthme, une dyspnée intense qui se présente avec tous les caractères de l'orthopnée, souvent sous forme d'accès réguliers ou irréguliers, et qui se termine par l'expectoration d'une quantité assez considérable de mucus bronchique mousseux, ou de ma- Manière tière muqueuse transparente, blanchâtre et épaisse. Le ''*^"ç7pècM temps n'est plus où, en l'absence de signes locaux stéde dyspnée, thoscopiqucs précis, on était contraint de réunir des symptômes à peu près semblables pour en faire des entités morbides distinctes. L'asthme était ainsi considéré comme une dyspnée essentielle dont on ignorait la cause et le siège. Les travaux ultérieurs tendent à le i-att.acher à
UÏSl'iNÈE. iUo
l'emphysème pulmonaire, à une bronchorrhée ou à un spasme des bronches capillaires. Quand il est lié à une autre maladie, d'autres symptômes s'ajoutent à la dyspnée. Dans la phthisie tuberculeuse, celle-ci s'accompagne de toux, d'expectoration purulente, de douleurs pectorales, de sueur, de fièvre hectique; dans les lésions valvulaires du cœur, avec hypertrophie, l'orthopnée est intermittente ou continue, augmentant par le mouvement; dans l'emphysème pulmonaire, elle est marquée par des accès de dyspnée avec menace de suffocation, par la toux et l'expectoration muqueuse, etc.; dans la pneumonie, la pleurésie, la pleurodynie, par une douleur souvent très-vive. Ces exemples suffisent pour montrer qu'on ne peut ériger en espèce nosologique aucune des dyspnées décrites par les auteurs. La dyspnée nerveuse oypsnée
1 1 • ^ , • 1 r • T 11 idiopathiquf.
seule doit être conservée, mais seulement a titre de trouble idiopathique des fonctions respiratoires ; elle ne diffère par aucun phénon'uène morbide spécial des autres dyspnées.
La gêne de la respiration peut porter sur l'inspiration DifflcuUé
1, • ,. /-\ ' 1.1 • i ' T i , de rinspiralion
ou 1 expiration. Qu un obstacle existe a 1 ouverture supe- o„ rieure du larynx, qu'il empêche la libre entrée de l'air rexpiraiion. et non sa sortie, l'inspiration seule sera difficile, impossible même, tandis que l'expiration sera aisée. C'est ce qui a lieu dans l'œdème de la glotte, dans le croup, dans quelques cas de laryngite striduleuse et d'anévrisme de l'aorte.
L'expiration reste presque toujours facile dans toutes les maladies où il existe de la dyspnée. Cependant elle est pénible, avec menace de suffocation chez les sujets atteints de laryngite chronique ulcéreuse, simple ou syphilitique. En même temps elle s'allonge, devient sifflante, râlante ou rauque, etc.
SV MP i OM ES 11 i:Sl M W \ 'VO 1 1 \ ES.
ci.niinuiié et La difficulté (le respirei- i)eut être continue ou pa-
iiilermiiUMice de i • < > <
ladyjpuee. Toxystique. 11 est rare qne la première ri éprouve pas des rémissions et des exacerbations quotidiennes, ou même qu'elle ne se manifeste pas à des époques souvent éloignées, quoique la lésion matérielle des organes respiratoires ou circulatoires soit ancienne. Souvent un malade atteint de maladie avancée du cœur, et souuiis à une vive émotion morale, est pris pour la première fois d'une violente attaque de dyspnée à laquelle il succombe. Cependant il est plus fréquent de voir ce phénomène morbide fonctionnel apparaître au début des maladies, augmenter d'intensité à mesure que la désorganisation des oi"ganes l'espiratoire ou circulatoire fait plus de progrès. Toutefois la dyspnée éprouve trop de variations pour servir à indiquer l'âge réel de la maladie et la gravité de la lésion matérielle.
L'intermittence complète et régulière de la dyspnée est un phénomène moibide rai-e. qu'on retrouve cependant dans l'emphysème pulmonaire, dans le catarrhe chronique et dans la phthisie tuberculeuse. Nous avons vu, chez un malade mort plus tard phthisique, la dyspnée revenir pendant la nuit seulement et empêcher le patient de se coucher dans son lit pendant plus de six années. C'est ordinairement le soir après le dîner ou le matin que les sujets en proie à l'emphysème, au catarrhe, à l'œdème pulmonaire, quelle qu'en soit la cause, sont pris de leur accès d'asthme. Presque toujours après avoir été paroxystique la dyspnée devient continue, rémittente, causes 1° Des dynjmces synqjiomatiques. Une énumération des
de la dyspnée. i v i i t
'\" Dyspnées maladies dans le cours desquelles on voit se manifes- .ympiomaiiques. ter ce Symptôme n'offrirait qu'un médiocre intérêt. Il est préférable de remonter aux causes pathogéniques qui in-
DYSPNÉ1-. .i()7
tervieniient dans sa production. Un grand nombre d'oiganes concourent àla fonction respiratoire ;les uns servent à opérer les actes physico-chimiques, les autres les actes dynamiques de la respiration. Il est (également impossible de séparer de cette fonction la circulation cardiaque dont les moindres troubles se font immédiatement sentir dans l'appareil respiratoire. C'est d'abord dans ces deux appareils qu'il faut chercher la cause de la dyspnée.
A. Dyspnée symplornatique d'un trouble des phéno- ^J'^^piomènes mécaniques de la respiralion. 1° Toutes les fois que d'une maladie sur le trajet du conduit aérien il existe une lésion ca- dis voies
respiraloires ;
pable de gêner la libre pénétration de l'air, la dyspnée se montre comme un symptôme constant; les maladies delà bouche (glossite, stomatite, cancer, etc.), des fosses nasales chez l'enfant, les angines pharyngées, les affections aiguës et chroniques du larynx, de la trachée et des bronches, la pneumonie, les tubercules agissent en rétrécissant le conduit aérien, en diurinuant son degré de perméabilité à l'air. L'obstacle peut avoir son siège dans les parois thoraciques. La pleurodynie, la névralgie intercostale, la pleurésie diaphragmatique ou costale, les maladies du squelette arrêtent les inspirations et les rendent difficiles et douloureuses. Quelquefois il faut aller chercher dans les cavités et les organes circonvoisins la cause de la dyspnée. Ainsi agissent les tumeurs du corps thyroïde, de l'œsophage, des ganglions cervicaux, l'anévrisme de l'aorte; toutes les tumeurs placés dans le ventre, l'ascite, le météorisme, les kystes de l'ovaire, la grossesse. Tous ces états organo-palhiques ont pour effet de troubler l'hématose en empêchant l'air de parvenir en quantité suffisante dans les vésicules pulmonaires, n ne faut pas cependant borner l'action patho-
B. d'une alléralion de l'hématose.