RALES CRÉPITANTS
même dans les petites bronches et qu'on imite en pressant un poumon gonflé d'air, en froissant du tafletas ou une mèche de cheveux contre l'oreille , ou mieux encore, en frottant, avec le doigt et à contre-poil, les favoris rasés qui se trouvent au devant du pavillon de l'oreille. Il est préférable et plus exact de chercher une comparaison dans le bruit occasionné par des bulles d'air petites et nombreuses qui se rompent à la surface d'un liquide ; il y a identité parfaite entre les deux phénomènes physiques. Tantôt il résulte de la vibration simultanée causée par un grand nombre de bulles qui crèvent en même temps, un bruit intense (râles par bordées ou par bouffées) ; tantôt ces bulles sont successives, peu abondantes, quelquefois même solitaires ou au nombre de deux à trois qu'on peut compter aisément, comme dans l'espèce de crépitation qu'on appelle le craquement.
Le râle crépitant a pour caractère principal : l'égalité des bulles qui semblent toutes de même dimension ; leur nombre, en général considérable ; leur explosion simultanée pendant l'inspiration exclusivement. Il est loin d'avoir toujours le timbre bullaire; souvent il donne la sensation que pourrait produire un bruit solidien sec. Quoique variable dans son siège, il occupe de préférence les parties postérieures de la poitrine.
Il se distingue du râle bronchique par le volume plus considérable des bulles dans celui-ci et les variations extrêmes que subissent l'intensité et le timbre des bruits suivant la quantité, la nature du liquide et la grandeur des bronches. Il se manifeste pendant l'inspiration et l'expiration ; mais sôn intensité est toujours plus grande pendant le premier temps de la respiration.
La crépitation n'est point un signe pathognomo- pueumonip. iiJ. 3i
dans la
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nique (le la pneumonie, comme on l'a dit depuis fort longtemps ; cependant il l'indique plus sûrement que tout autre symptôme. 11 caractérise la première période et d'sparaît pendant l'induration rouge ou grise pour aire place au souille tulDaire ; quand il reparaît, il annonce la résolution de la maladie : on l'appelle alors râle crépitant de retour (ronchus crepitans redux). On l'observe dans toute maladie broncho-pulmonaire qui peut amener à la surface libre de la membrane muqueuse une quantité minime d'un liquide quelconque (mucus, sérosité, sang, pus), par conséquent dans toutes les maladies suivante':^ : 1° dans V hyper èmie non inflammatoire, qui Maladie dont la cst SOUS la dépendance d'une maladie du cœur, de la tuf=T^a!=?°n"o berculisation, d'une gêne momentanée de la circulation cardiaco-pulmonaire ; T dans V liimnpiysic^ lorsque le sang séjourne dans les cellules pulmonaires ou dans les trèspetites bronches; 3° dans Yexhalaiation de sang par ces conduits lorsqu'il se fait en même temps une apoplexie pulmonaire, (hémoptysie et apoplexie) : le râle crépitant est alors à bulles inégales et disséminées dans plusieurs points, surtout vers les parties inférieures de la poitrine ; h' dans Y œdème pulmonaire, il est à bulles assez gi'osses et inégales, situées à la base d'un ou des deux poumons-, 5° d3.rïs]si bronchite capillaire. Nous n'hésitons pas à dire qu'il est souvent impossible de décider si le ràle crépitant se passe dans les cellules ou dans les très-petites bronches. En effet, comment pourrrait-on distinguer ce qui est confondu dans la nature même? Les vésicules aériennes ne sont-elles pas la continuation des ramuscules bronchiques? Aussi le ràle sous-crépitant à petites bulles peut-il simuler le râle bronchique à bulles trèsgrosses, et réciproquement. La clinique nous prouve à
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chaque instant, que nos divisions sont plus ttiéoriques que pratiques. Du reste, ce même reproche s'adresse aux divisions des râles en sous-crépita, ntfin, moyen et à grosses bulles.
On entend souvent dans la fosse sus-épineuse ou sous •^'"'^