‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 117 sur 232 · ALTÉRATIO.N DE LA VOIX · texte numérisé non relu

ALTÉRATIO.N DE LA VOIX

elles étaient cliloro-anéiuiquesàun haut degré. M. Landry a cité dernièrement la relation intéressante d'une aphonie évidemment produite par une paralysie du diaphragme, qu'on faisait cesser par l'administration de l'éther ou du chloroforme. Une affection utérine était la cause de cette paralysie. Faut-il mettre parmi les aphonies celle qu'on rencontre chez les hypocondriaques, les fous qui se condamnent volontairement au silence? Les adynamics profondes, une convalescence pénible, le choléra algide, paralysent les muscles phonateurs au point d'abolir la phonation.

2° Altérai ion du timbre. Les altérations qui portent sur 2° Lésion le tuîibre de la voix sont très-fj équentes. Parmi les maladies dont elles sont le symptôme, nous noterons les diverses espèces de laryngite et surtout les ulcérations des cordes vocales. Voici les principales modifications de la voix sur lesquelles nous passerons rapidement, parce qu'elles ne peuvent faire reconnaître exactement la lésion dont le larynx est le siège.

A. Une tuméfaction simple de la membrane muqueuse correspond souvent à une altération plus grande de la voix que si l'organe était ulcéré ou lésé d'une manière plus profonde.

B. La voix est enrouée, rauque, présente une rudesse Enrouement, extrême ou ressemble à une espèce de croassement ; les intonations sont sibilantes, soufflantes ou graves, puis manquent tout à coup au milieu d'une phrase (laryngite chronique, ulcère syphihtique, œdème de la glotte).

G. L'enrouement se rencontre chez les hommes qui exercent leur profession en plein air et sont obligés de crier, d'élever fortement la voix ou de chanter; chez ceux qui abusent des alcools, les femmes livrées à la

prostitution et chez l'homme, à l'époque de la puberté.

D. Dans d'autres cas le malade ne peut se faire entendre que si l'on approche très-près de lui, tant sa voix est basse et sourde ; les paroles sont accompagnées d'un petit sifflement ou d'un son métallique argentin (laryngite aiguë et chronique, ulcérations).

E. Le sifflement de la voix s'observe dans les anévrismes de l'aorte, les tumeurs qui compriment la trachée, le larynx, dans la laryngite catarrhale (faux croup).

F. D'autrefois la voix ressemble au cri du coq, à l'aboiement d'un jeune chien, au son de la trompette. Au lieu d'avoir cette intensité et ce timbre éclatant et mé-

voix cicinie cl talliquc, la voix, dans le croup, est sourde, rentrée, et il renirte (lu croup. ^^^^ approcher l'oreiUe de la bouche du malade pour

comprendre ce qu'il dit; quelquefois même elle est presque éteinte, semblable à un souffle léger d'expiration. Cette altération de la voix appartient plus spécialement au croup qu'à toute autre maladie.

En général toutes les maladies modifient l'intensité et même le timbre de la voix. Elle est plus grêle et plus aiguë, souvent aflaiblie, parfois même cassée dans la pneumonie, la bronchite chronique, l'emphysème et la pleurésie. Elle est rauque ou étemte dans la phthisie. Voix ni.soiinéc. Les alTections du pharynx, telles que l'amygdalite et l'angine érythémateuse et diphihéritique, donnent à la voix un timbre sourd, rauque et inarticulé. Ordinairement elle est nasonnée; les malades parlent du nez, parce que la lésion du voile du palais et de la luette empêche ce diaphragme de se relever et de s'opposer au passage de la voix par les fosses nasales.

Les altérations sympathiques de la voix se traduisent dans les maladies par des caractères spéciaux ; elle de-

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