AUSCULTATION DE LA TOUX
des grosses bronches situées dans le voisinage. Nous avons déjà dit qu'il en est de même dans le souffle amphorique.
Ainsi la voix amphorique est le symptôme d'une vaste excavation pulmonaire, d'un pneumo-thorax avec ou sans fistule broncho-pleurale. La voix qui y arrive trouve une cavité considérable merveilleusement disposée pour y vibrer et y subir diverses modifications de timbre et d'intensité qui lui donnent son caractère spécial.
Le bruit qu'on entend en plaçant l'oreille sur la pOl- Description, trine ressemble à un bourdonnement grave et métallique tout à fait pareil à celui qu'on produit en parlant à l'entrée d'une grande cruche, en terre ou en verre, vide ou à peu près. La voix, la toux, la respiration s'accompagnent des mêmes phénomènes acoustiques.
7° Symptômes tirés de rausenltatlon de la Symptômes toux. La toux n'est qu'une expiration plus complète, pg^^fj^^^ouj plus active et plus prolongée que l'expiration ordinaire ; pendant qu'elle a lieu , un son est produit ; il offre les divers degrés d'intensité et de timbre que nous avons étudiés précédemment, et sur lesquels nous n'avons pas à revenir. Enfin, chaque expiration est précédée d'une inspiration plus ou moins longue, plus ou moins convulsive. L'auscultation doit porter sur ces trois actes de la toux ; il importe de rechercher comment se font l'inspiration et l'expiration, si l'air pénètre dans les cellules pulmonaires ou s'arrête dans les grosses bronches, etc. La toux rend plus évidents certains phénomènes acoustiques, parce qu'elle accroît l'énergie de l'inspiration et de l'expiration. Aussi est-il souvent nécessaire, lorsqu'on hésite sur la nature d'un symptôme, de faire tousser nUisieurs fois et fortement le malade ; les râles se font
508 SYMPTOMES UESPIHATOIHES.
alors mieux entendre; la durée et l'intensité de l'expiration sont aussi plus marquées, ainsi que de la voix.
Après les développements que nous avons donnés à l'étude de la respiration et de la voix pathologique, il serait inutile de nous arrêter longtemps sur les phénomènes offerts par la toux. C'est un son inarticulé qui doit offrir exactement la même altération que la voix. Les symptômes qu'on en tire sont moins tranchés , moins nets que ceux fournis par elle. On ne s'en sert que pour compléter le tableau des symptômes et aussi pour en faire paraître d'autres latents ou mal dessinés.
A côté de la voix pathologique et parallèlement à elle nous trouvons : 1° \sitoux tubaire; 2° la toux caverneuse; 3° la toux amphorique.
TOUX lubaire. 1° La toux tubavrc détermine un bourdonnement très-intense , qui pénètre directement dans l'oreille et s'entend, d'une manière plus marquée, vers la racine des bronches. Dans l'état morbide on la retrouve en avant sous la clavicule et en arrière , à la base du poumon, partout où l'induration pulmonaire est un peu étendue et où l'on entend le souffle tubaire et la bronchophonie.
Toux caverneuse, 2° La loux cavemeuse est en général plus sourde, moins limitée que la voix caverneuse; elle sort cependant de la poitrine avec une grande force et pénètre dans l'oreille, emportant avec elle le bruit de râle à grosses bulles, lorsque l'excavation contient du liquide. Toux 3° La toux amphorique existe quelquefois sans la res-
amphorique. pjj-j^tjQn jjj ig, voix amphorique. Elle résulte du retentissement du bruit laryngien dans une vaste excavation pulmonaire ou dans la plèvre. On entend alors un bourdonnement métallique qui ressemble au bruit qu'on fait
VTRr.ATfON PKGTORALF,. r;00
en toussant h travers le col d'une cruche vide. Il u'a pas d'autre signification que le souffle ampliorique. Nous avons dit qu'il provoquait souvent le tintement métallique ou en augmentait l'intensité. La valeur sémeiotique de la toux est donc la même que celle des altérations de la voix.
S° Des symptômes fournis par l'étude «les vi- De rondulation lirations thoraciqnes ou ondulations pectorales. pectorale; Jusqu'ici nous avons étudié les vibrations sonores produites par la respiration, la voix et la toux , et les symptômes que l'auscultation de ces bruits peut fournir au diagnostic ; il nous reste à présenter l'histoire non moins intéressante de la vibration thoracique. Indiquée nettement par Laennec et ensuite par MM. Andral, Piorry et Fournet, elle n'a cependant pas excité toute l'attention négligée à ton. qu'elle mérite. Des assertions contradictoires et même fautives, l'omission des particularités les plus essentielles, des signes les plus caractérisques offerts par ce genre d'exploration, ont fait croire qu'on pouvait le négliger sans inconvénient pour le diagnostic des maladies de poitrine. Il nous sera facile de prouver qu'il fournit, dans quelques cas, des signes non moins précieux que l'auscultation. Nous en avons fait une étude approfondie depuis quinze ans. Nous avons pu vérifier, un grand nombre de fois, l'exactitude des faits mentionnés dans un travail qui remonte à 18/i8 (1). On a peine à se rendre compte de l'oubli dans lequel les livres les plus modernes veulent l'enterrer systématiquement, lorsqu'on songe que la vibration pectorale, n'étant pas autre chose que
(1) M. Monneret, Mémoire sur l'ondulation pectorale dans l'état physiologique et les maladies, Rev%ie médico-chirurgicale, septembre 18'i8.
la vibration sonore communiquée à la main, elle doit donner et donne, en effet, les mêmes symptômes, et avec la même exactitude que les vibrations sonores constatées par l'auscultation. Déf.niiion. Nous désignons par ondulation ou vibration pectorale, l'oscillation, le frémissement que déterminent dans les parois de la poitrine, les vibrations sonores de la voix , que la main appliquée successivement sur différentes régions thoraciques, perçoit avec une grande netteté.
Procédé || fg^^^ d'abord ôter tous les vêtements qui couvrent la
opératoire, . , i • i ^ • t
poitrme ou passer dessous la mam exploratrice. Le malade doit être assis, quand on cherche la vibration sur la partie postérieure et même antérieure. On peut cependant, dans ce dernier cas, faire l'examen lorsqu'il est couché dans une position horizontale. En général, il vaut mieux que la poitrine soit libre de toutes parts et le sujet placé sur un corps résistant, comme sur un lit. On le fait compter à haute voix et en l'engageant à ne pas parler trop vite et à articuler nettement les mots. L'observateur alors applique, tour à tour et promptement, la même main, la droite particulièrement, à plat et en exerçant divers degrés de pression, sur les parties droites et gauches de la poitrine. Quand il rencontre quelques différences, il revient à une exploration plus approfondie ; il porte alors la face palmaire des quatre derniers doigts ou même leur pulpe, sur l'espace dont il a intérêt à étudier plus spécialement les vibrations. Il ne doit jamais appliquer en même temps les deux mains sur les parties droites et gauches, parce que la double sensation qui se forme alors ne peut lui donner que des résultats erronés. Il faut s'exercer à ce genre de recherches pen-
VIBHATION PECTORALE. 5H
dant quelque temps : il est rare qu'on ne parvienne pas à faire très-prompteraent l'éducation du toucher; toutefois nous avons rencontré quelques personnes un peu réfractaires, qui ne saisissaient pas les difl'érences minimes que fournissent les vibrations sonores. Nous avons essayé d'amplifier ce son à l'aide de corps qui vibrent facilement à l'unisson et qu'on place sur la poitrine ; mais la main nous a encore paru le plus fidèle et le meilleur de tous les instruments.
Les parois pectorales ne vibrent pas, avec la même in- imensué tensité, dans les diverses régions. Le frémissement est f^i-éuTniîma" très-fort et va en décroissant dans les régions suivantes : suivant la région. 1° le larynx et la partie supérieure de la trachée ; 2° les quatres dernières vertèbres cervicale et les quatre premières dorsales ; 3" les régions sous-claviculaire et sterno -mammaires droites, les mêmes régions du côté gauche; li" l'espace scapulo-vertébral; 5" les parties inférieures et latérales ; 6° le sternum et la fosse sus-épineuse ; 7" en dernier lieu , la région précordiale et les hypocondres droit, puis gauche.
Nous avons toujours trouvé l'ébranlement thoracique
Conditions
plus fort à droite qu'à gauche, dans les régions sous- anatomiqucs
. . . I*^" expliquent
claviculaire, sterno-mammaire et l'angle supérieur in- la diirérence terne de l'omoplate : ce qui tient à la disposition anato- vibration, mique des bronches. On sait qu'à droite, il existe trois tuyaux bronchiques pour les trois lobes pulmonaires, et (Jue ces trois tuyaux se divisent en neuf bronches secondaires, tandis qu'il n'y en a que cinqpour le côté gauche. Le poumon droit est aussi plus volumineux. Que de raisons pour que l'ébranlement thoracique soit plus intense de ce côté qu'à gauche ! La colonne d'air intra-thoracique qui transmet la vibration est plus considérable, plus rap-
r.l2 SYMPTOMRS RRSPir.ATOlP.F.S.
prochée de l'oreille, la connexion entre le corps vibrant et les corps conducteurs, plus parfaite. Nous ne ferons que rappeler quelques autres conditions physiques, dont nous avons parlé ailleurs (voyez Bruits respiraloircs) telles que l'épaisseur des parois pectorales, l'existence d'une grande quantité de graisse et de sérosité dans ces parois, le volume de la mamelle, etc. , qui diminuent l'intensité des oscillations thoraciques. Il faut faire aussi la part des changements physiques qui surviennent dans les organes thoraciques, chez les vieillards et les personnes atteintes d'emphysème. La dilatation des vésicules pulmonaires et d'autres lésions que nous avons déjà relatées, font perdre, en partie, aux tissus la propriété de conduire les sons. Si l'on était tenté, d'après ce que nous venons de dire, d'atténuer la valeur delà vibration vocale, nous rappellerions alors que les signes stéthoscopiques, même les mieux caractérisés, comme la crépitation, le souffle, la bronchophonie et d'autres encore, ne peuvent plus être perçus en pareille circonstance; ou ne les entend que très-imparfaitement chez les enfants, les vieillards, les emphysémateux et les sujets dont la poitrine est déformée par une maladie congénitale ou accidentelle. Elles sont très-fortes chez les individus à poitrine longue et maigre.
umeetiimbre Le volume de la voix exerce la plus grande influence delà voii. g^^. la vibration. Celle ci atteint son maximum chez les hommes dont la voix est grave, bien timbrée et le volume considérable : son minimum chez les enfants jusqu'à l'âge de la puberté, chez les femmes, les vieillards et les sujets dont la voix est grêle, faible naturellement ou par l'effet de la maladie. Si l'on ne tient pas compte de tontes ces circonstances, on court le
VIBP.ATION ï'KCTOnALE.
risque de ne tirer qu'un médiocre parti de l'ondiilition pectorale (1).
Rappelons, avant de terminer tout ce qui a trait à ce sujet trop peu étudié, que les vibrations sont fortes dans la voi\ de poitrine, faibles dans la voix de tète; que la difi'érence est minime dans la voix sombre et la voix blanche, et ce qui paraîtra, au premier abord, plus singulier, c'est que dans la voix inspirée la vibration est moindre que dans la voix ordinaire.
L'organe de la voix chez l'homme est un instrument causes mixte, une anche membraneuse à colonne d'air covi- ' brante. Les deux cordes vocales constituent le corps sonore, et les parties solides ainsi que l'air ne font que résonner secondairement. La vibration thoracique n'est pas autre chose que l'ébranlement produit, dans la paroi pectorale, par l'onde sonore transmise ainsi aux parties solides et membraneuses de l'enceinte thoracique, par l'air qui y est contenu. Le bruit respiratoire et la bronchophonie sont des phénomènes de même ordre et produits de la même manière. L'oreille dans ce dernier cas, la main dans l'autre, recueillent les ondes sonores. Il est très-probable que les vibrations de la colonne d'air intrathoracique renforcent les sons et par conséquent le frémissement pectoral, mais ne les engendrent pas.
L'étude du frémissement pectoral dans les maladies De la vii.raiion fournit des signes tellement précis, qu'ils permettent à pathologique.
(1) C'est ce qui est arrivé à M. Landouzy, autrement il n'uarait pas écrit : « Je conteste, la valeur que quelques observateurs ont voulu donner aux vibrations thoraciques; j'ai constaté leur présence dans certains épancheraents, leur absence quoiqu'il y eût épanchement {De la respiration tubaire, elc, p. 26, in-S°, Paris, lftr>r.),. On ne peut pas accumuler plus d'erreurs en moins de mots.
r;|.4 SYMPTOMES RESPir.ATOrr.ES.
eux seuls de reconnaître et de différencier plusieurs maladies de poitrine.
Augmeniaiion. 1» V accroissement de Vondulalion est très-marqué dans la pneumonie- la pueunionie, pourvu que celle-ci soit lobaire, c'est-à-dire étendue à une portion notable de tissu pulmonaire. Nous ne pouvons expliquer pourquoi les auteurs disent que la vibration est éteinte en pareil cas. S'il en était ainsi, on devrait soutenir également que le souffle et la respiration tubaire n'existent pas, puisque ce sont des phénomènes acoustiques de même ordre et de même origine, ou pour mieux dire, le même phénomène physique. Nous affn-mons qu'à toutes les périodes de la pneumonie, qu'elle occupe la base ou le sommet et même le centre de l'organe, pourvu qu'elle ait une certaine étendue, on .sent très-bien que le frémissement vibratoire est accru dans la partie correspondante du thorax. Pour peu qu'il se fasse un peu d'épanchement, aussitôt l'ondulation s'affaiblit et plus tard s'éteint. Nous avons fait souvent, chez les très-jeunes enfants, une application heureuse de l'étude de la vibration au diagnostic de ces deux maladies. On sait qu'il est souvent difficile de pratiquer sur eux l'auscultation, à cause des cris violents qu'ils poussent; or ceux-ci serviront merveilleusement à produire la vibration pectorale. Lorsque les râles masquent les autres signes stéthoGCopiques et qu'on a lieu de craindre une phlegmasie du poumon, on sera entièrement rassuré si la vibration est naturelle, et ce signe négatif acquerra ainsi la plus grande valeui".
<ians ]vs Les congestions sanguines du poumon, soit actives, soit passives, qui se déclarent dans le cours des maladies aiguës et chroniques, atVœd/'me pulmonaire, augmentent la vibration.
VIBRATION PECTORALK. 5I5
L'incUiration du tissu pulmonaire par des tubercules iiuhisic crus ou déjà ramollis et rassemblés en masse même peu p"'™""*'"' considérable au sommet d'un poumon, détermine une vibration des plus évidentes. Il nous est arrivé bien des fois d'en signaler l'existence au sommet des poumons ou sous laclavicule, aune époque où les autres symptômes étaient encore peu marqués et la respiration affaiblie ; seulement comme l'accroissement de la vibration est normal à droite, si c'est de ce côté que se développent les tubercules, on peut être embarrassé. 11 n'en est plus de même lorsqu'ils occupent le poumon gauche : dans ce cas, l'intensité de la vibration s'accroît dans la fosse sus-épineuse et devient égale à celle que présente la région correspondante du côté droit. Il est aisé de comprendre que, dans la plithisie, la conductibilité du tissu est augmentée par rinliltration tuberculeuse, par la congestion ambiante, par l'induration des ganglions bronchiques, par des adhérences pleurales qui unissent fortement le poumon aux côtes. Dans la seconde période, quand il se forme des cavernules, et que ces excavations petites sont entourées de tissu infdtré de tubercules, hépatisé, mélanosé, œdématié et fortement adhérentes aux côtes, la vibration est des plus intenses et suffit pour faire reconnaître la phthisie. Il n'en est plus de même pour les cas ou il existe une excavation un peu considérable.
On ne trouve aucun accroissement de la vibration quand la pleurésie a provoqué des adhérences et des altérations de tout genre dans les plèvres ; mais si le retrait de la paroi pectorale a lieu, si des fausses membranes épaisses établissent une continuité parfaite entre le poumon et la paroi, la vibration est augmentée.
Diminution
11 *U J* I/IIIJIIIUIIUII
La diminution ou Vextinction complète de la vibration ,a yibraiion
MO SV\ll»'iï>Mb;S RKSPII'.ATOII'.KS.
pectorale sont les symptômes constants de la plenr^^sie
l'S épanchenicnls . , . ' , , ^ ,
de la plèvre; aiguë ct cliFonique avec épanchement séreux ou séiopurulent. Le diagnostic de la maladie est si facile qu'il est porté à l'instant même où le malade a prononcé quelques paroles ; la cessation des vibrations permet au médecin le moins versé dans ce genre d'exploration de dire immédiatement où siège l' épanchement , jusqu'à quelle hauteur il s'élève dans la poitrine, et de déclarer que le souffle et la bronchophonie qu'on entend appartiennent à la pleurésie et non à la pneumonie. On sait avec quelle peine on parvient, dans quelques cas, à distinsjuer ces deux maladies l'une de l'autre: disons même que le clinicien le plus habile ne peut avoir aucune certitude, et que la vibration mdc peut, à l'instant même faire cesser son hésitation.
La diminution du frémissement pectoral indique trèsexactement les progrès incessants de l'épanchement. On le trouve d'abord dans les parties déclives et postérieures de la poitrine, au niveau de l'angle de l'omoplate, sur les parties latérales, puis antérieure et supérieure. La vibration reste longtemps exagérée le long du rachis et sous la clavicule ; elle y persiste jusqu'à ce que l'épanchement diminue : ce qui tient à la présence du poumon refoulé et comprimé dans ces régions. En outre, on y en tend la résonnance tympanique et le souffle tubaire.
Nous pouvons affirmer, après des recherches faites sur plus de deux cents malades, qu'à moins d'adhérences anciennes, de pleurésie enkystée ou de déformation thoracique, l'absence ou la faiblesse de vibration ne nous a jamais fait défaut dans le cas d' épanchement même très-minime, pourvu que la voix du malade fût naturellement assez forte pour faire vibrer la poitrine. On
VlBUATlOiN J'tCTunALE. :il7
peut, lorsqu'il en est ainsi ou lorsque le malade ne peut parler, faire percuter sur les parties antérieures et recueillir la vibration en arrière ; toutefois les symptômes sont moins tranchés que quand le malade peut parler.
On ne peut expliquer cette diminution des ondes sonoies qu'à l'aide des lois de l'acoustique. Elles nous apprennent que plus les corps conducteurs du son présentent d'homogénéité, plus il se propage aisément et avec intensité 5 que les ondes sonores des corps solides se transmettent avec plus de force à d'autres corps solides mis en communication avec eux, qu'à l'eau. Qu'un corps gazeux vienne à s'interposer entre le corps sonore et le corps conducteur du son, et le môme phénomène aura lieu ; mais la vibration sera affaiblie et presque éteinte. Aussi avons-nous toujours trouvé que les cavernes tuber- dansiescavemcs; culeuses, vastes, vides, très-superficielles , c'est-à-dire n'ayant presque d'autre paroi que la poitrine elle-même, étaient reconnaissables à la diminution du frémissement vocal; c'est le contraire si du tissu pulmonaire induré, épais, environne l'excavation de toutes parts.
Dans le pneumo-thorax la vibration est nulle partout dans le pneumooù l'air est épanché; ce symptôme peut servir à limiter '''°'""» très-exactement la cavité anormale. Il n'a pas manqué une seule fois, dans les huit cas où nous l'avons étudié avec quelque soin.
Enfin l'emphysème ancien, qui s'étend à tout un lobe dam du poumon, en raréfiant le tissu de l'organe, le rend ''^"'pi'ysème. moins bon conducteur du son et abolit la vibration pectorale, dans tous les points correspondants. Ce syniptôme concorde avec la diminution du bruit respiratoire et de la bronchophonie physiologique.
Terminons cette étude en disant que la vibration
ol8 SYMPTOMES RESPIRATOIRES.
pectorale, laissée dans l'oubli jusqu'à ce jour on ne sait
trop pourquoi, est un moyen rapide et sûr de diagnostic
qui mérite de prendre rang parmi les autres phénomènes
physiques des maladies pectorales. Il n'effraye pas le
malade et lui répugne moins que la percussion, à laquelle
il refuse quelquefois de se prêter.
9* Des bruils g« |>esi synipfôinos fournis par Iciii vibrations qui onlleurcause . ^,
et leur siège «onorcs cfwi ont leisr siège dans la plcvre.
dans la piùvre. i» Vibration solidienne. Lorsque le glissement des deux feuillets de la plèvre qui, à l'état normal, s'accomplit en silence, est empêché, par la formation de fausses membranes plus ou moins épaisses, il en résulte, pendant les mouvements d'inspiration et d'expiration, un bruit qui a reçu le nom de bruit de frottement pleural. La cause de ce bruit est donc la vibration du corps solide qui se trouve accidentellement déposé sur la plèvre.
2" Vibration mixtes liquide et gazeuses. Un second bruit, tout différent du premier, est celui qu'on observe lorsqu'on agite la poitrine et que la plèvre contient tout à la fois un liquide et de l'air, ou un gaz dans lequel le premier de ces corps entre en vibration. Ce bruit, bien différent du précédent par sa cause, est un bruit hydro-aérique; l'autre un bruit solidien.
rruit ^0 j^yuii frottement pleural (bruit de frottement as-
i!c froUemenl ' ^
pleural, Cendant et descendant, Laennec). L'étendue du glissement de la plèvre pulmonaire sur la costale, proportionnée à l'étendue de l'inspiration, a été évaluée à 13 ou 16 centimètres (1). En supposant que cette estimation soit exa-
' (1) J. Cloquet, De l'influence des efforts sur les organes renfermés dans i In- catHé thoracique, in-8"» Paris, 1819.
FROTTEMENT PLEURAL. 519
gérée, on ne peut douter que le mouvement des plèvres ne soit considérable. On conçoit dès lors que si un travail phlegmasique vient à supprimer l'exhalation et, à plus forte raison à déterminer l'exsudation de fausses membranes qui plus tard s'épaississent, s'indurent et présentent des rugosités nombreuses, il en résulte un frottement réciproque des deux plèvres ainsi altérées, et un bruit solidien qui ofire des caractères assez variables.
11 ressemble ordinairement au bruit de frôlement d'une caracières étofie un peu rude, sèche et empesée; au bruit qu'on détermine, en grattant sur le doigt ou un morceau de bois appliqués contre l'oreille. Tantôtc'estun craquement rude, saccadé, qui imite si bien la crépitation à bulles sèches qu'on a beaucoup de peine à l'en distinguer ; tantôt on ne saurait mieux le comparer qu'à un raclement, à un bruit sec et râpeux de cuir neuf.
11 siège ordinairement dans les points où le mouve- siège, ment du poumon est le plus étendu, c'est-à-dire en arrière et en bas, ainsi que sur les parties latérales et inférieures. Il a lieu pendant l'inspiration et l'expiration, plus souvent pendant le premier temps, qui lui donne toujours plus d'intensité et de durée, plus rarement pendant l'expiration seule. Quand le bruit normal a peu de force ou ne se manifeste pas, on n'a qu'à faire respirer fortement ou tousser le malade pour le faire paraître.
Ce bruit est superficiel ; on sent très-bien qu'il se passe non loin de l'oreille. Il est toujours limité à 3 ou ù centimètres carrés, et si l'on s'éloigne de ce point on cesse très-rapidement de l'entendre. 11 couvre le bruit vésiculaire, et souvent aussi il est masqué par les bruits bullaires qui ont lieu dans les bronches. Il est facile de le distinguer du frottement péricardique, en faisant eus*
pendre la respiration : l'un est isoclirone aux battements du cœur, l'autre aux mouvements de la respiration. 11 s'accoiiip.i6iic La main placée sur le point correspondant au bruit ^'^es paroiT" pleural perçoit souvent une vibration, un frémissement pectorales, très-distinct dû au frottement pleural; il tient, dans quelques cas, à la vibration d'un râle bronchique. Parfois le malade a conscience du frottement qui se transmet par les parties solides du thorax jusqu'à son oreille.
Le bruit pleural est généralement éphémère, et ne persiste que peu de temps, un à deux septénaires au plus. Nous l'avons constaté, ainsi que d'autres observateurs, pendant trois semaines ^ mais ce cas est rare. Il est le signe Le bruit plcural appartient exclusivement à la pleurésie de la pleurésie, j^jgyg chrouique siuiplo, OU cousécutive à des tubercules, à des plaques cancéreuses, ou à une maladie des côtes. Ni l'emphysème ni l'épanchemeut pleural ne peut le produire, quoi qu'on en ait dit. Dans toute pleurésie qui s'accompagne de ce symptôme, la condition physique, indispensable à sa production, consiste dans le rapprochement des deux points opposés de la plèvre, sur lesquels existent des inégalités dues à la présence du plasma. On comprend pourquoi le bruit anormal se montre au début et surtout à la fin des pleurésies aiguës; à ce moment le liquide disparaît et il ne reste plus que des fausses membranes.
De la phlhisie La pleurésie tuberculeuse est souvent sèche, ou du moins elle ne provoque qu'une exsudation partielle ; et comme elle occupe ordinairement les parties supérieures de la poitrine où se développent d'abord le produit morbide, un bruit de frottement qui serait limité à la région sous-claviculaire hidiquerait assez exactement l'exisicnce de tubercules commençants ; mais ce cas est rare.
commençante.