CHIMIQUES DE LA RESPIRATION
L'étude des actions physico chimiques, qui s'accomplissent pendant la respiration, doit aujourd'hui occuper une place importantedauslaséméiologie, quoique les applications qu'on en a faites aient été jusqu'ici peu noni"
SYMP'J'OiMEb llEblHruVTOlllfcS.
d'air inspiré el expiré.
breuses : ce qui tient à la difiiculté extrême des opérations chimiques auxquelles on est obligé de recourir. Nous signalerons d'abord les modifications que la maladie détermine : 1° dans la quantité d'air inspiré et expiré ; 2° dans sa composition chimique ; 3° dans ses propriétés physiques.
1" Des quantités 1° QuanlUè, d' aiT inspiré et expiré. On désigne sous le nom de capacité vitale des poumons la contenance du poumon ou mieux la faculté qu'il possède de renfermer une quantité donnée d'air, sous l'influence de la vie. On mesure cette capacité par la quantité de gaz qu'une inspiration et une expiration forcées et volontaires, peuvent mettre en circulation dans les voies respiratoires (1). Cette mesure ne représente pas exactement la capacité absolue des poumons, puisque après l'expiration la plus forcée il reste toujours une quantité notable d'air. On spiroméirie. dounc le uom de spiroviéirie (2) à l'opération qui a pour but d'évaluer la quantité d'air respiré. Les instruments employés pour cette recherche ont reçu le nom de spiromètres. Il appartient aux livres de physiologie de faire connaître les appareils et les méthodes suivies par les observateurs qui se sont occupés de cette étude. Parmi eux se place Hutchinson, à qui l'on est redevable de tout ce qu'on sait de positif sur la spirométrie physiologique et pathologique. Nous ne ferons que présenter succinctement les principaux résultats auxquels il est parvenu, après plus de deux mille observations. physioSl ^^''^ ^'^^^^ noi-mal, chez les hommes adultes et bien
(I) M, Longet a préscnlé avec un soin cxlrèmo, cl avec, tous les développements désirables, dans son livre, tout ce qui a Irait à ceUe question {Traité de physiologie, t. I, 11' part., iasclc. II, p. 510, 1S59).
(;') Mut h j bride com|)osé de spirare, respirer, et do ;JiTpov, nicsuic.
portants, la capacité uioyeune, à lô" cenligr., osi do 3 litres et demi ; elle ne varie pas. La capacité vitale du thorax , à l'état normal , croît en proportion régulière, sinon mathématique, avec la stature. Chez un homme qui a li pieds, h pieds et demi, la capacité vitale est de 152 pouces cubes, tandis que chez un autre qui a 5 pieds 9 pouces et demi (mesure anglaise) , elle est de 236 pouces cubes. Schneevogt a trouvé qu'un homme, qui a l'",50, a une capacité de 2,35 centi. cub.; celle-ci augmente de 52 cent, cnbes par chaque centimètre en plus de la taille indiquée. Pour une femme de mêpie stature, le chiffre estde2,00 centimètres cubes et l'accroissement de 30 centimètres cubes.
Rapprochons de ce fait important cet autre qui ne l'est capacité vitale
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pas moins, a savon', que la quantité d air, qui entre et sort à chaque inspiration et expiration normale et non forcée, est aussi en rapport avec la stature ; ce qui explique pourquoi, dans un air confiné, tel individu supporte moins longtemps l'altération de l'air qu'un autre individu. On sait que l'homme introduit à chaque inspiration ordinaire 500 centimètres cubes ou un demi-litre d'air ; d'autres disent un tiers de litre : ce qui donnerait pour vingt-quatre heures J3 mètres cubes d'air, ou 9 mètres seulement, d'après la dernière estimation.
La dilatabilité plus grande des parois thoraciques et les âges, augmente la capacité vitale. Elle va en s' accroissant de quinze à vingt ans ; elle est à son maximum de vingt-cinq à quarante ; s'abaisse ensuite, pour devenir dans la vieillesse plus faible qu'elle n'était môme dans l'adolescence.
D'autres observateurs (flerbst, Schneevogt, Wintrich) se sont assurés que la capacité respiratoire est moindre de 50 pouces cubes chez la femme que chez l'homme. Ce
qui est remarquable, c'est que la grossesse n'y change rien, tandis que des tumeurs abdominales, quelle que soit leur nature, diminuent cette capacité. On a peine à faire concorder ce résultat assez étrange avec celui qu'ont obtenu MM. Andral et Gavarret. Ils ont vu que la femme, pendant la durée de cet acte physiologique, brûle plus de carbone (8 grammes au lieu de Q^%à). Nous verrons plus loin que la capacité vitale est précisément toujours en rapport avec l'intensité de la combustion du carbone ^ on ne comprend pas qu'il en soit autrement chez la femme : nous avons donc lieu de soupçonner la valeur du document l'appoj'té par Schneevogt. spiroméirie La spirométric, bien inférieure aux autres méthodes pathologique. (j'jjjygg^jgg^^j^Qj,^ pgy^ cependant fournir des signes importants pour le diagnostic. Hutchinson a cité des faits qui prouvent que quand il survient une diminution de 50 pour 100 (19 décil. au lieu de 34), on a lieu de craindre qu'il existe une phthisie pulmonaire. C'est à peu près la seule maladie qui fournisse, avec l'emphysème pulmonaire, quelques résultats un peu précis. On voit que jusqu'à présent les applications de la spirométrie à la pathologie sont très-restreintes.
2° Altérations
2° Des altérations de Vair dans les maladies. Rapprode l'air. chous de l' étude précédente celle qui consiste dans l'analyse chimique de l'air expiré. Cette étude a une importance bien autrement grande, et pourra plus tard jeter une vive clarté sur la nature d'un grand nombre de maladies locales et générales. Jusqu'à présent elle n'a guère été faite que chez l'homme sain -, aussi n'en dironsnous que ce qu'il est indispensable d'en savoir en pathologie. C'est dans le travail de MM. Andral et Gavarret que nous puiserons les faits, dont la connaissance est néces-
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saire pour des recherches ultérieures (1). A trente ans, la fonction pulmonaire a acquis son plus haut degré de développement.
Sexe masculin. Un enfant de huit ans brûle 5 gram- ^^^s quantités mes de carbone par heure ; au moment de la puberté carbomqueexhaié l'accroissement est plus notable encore : à quinze ans, «^''^^ l'homme; ^^,7 ; à seize ans, 10«^2. La consommation du carbone est indépendante du poids et de la taille du corps : à vingt-huit ans, 12«%Zi de carbone ; à quarante et un ans, iO^,!i • à cinquante-neuf ans, 10 grammes^ à soixantehuit ans, QK^e. Un vieillard de cent deux ans, trèsrobuste et en parfaite santé, ne brûlait que b^\9, comme un enfant de huit ans. Les sujets athlétiques brûlent plus de carbone que d'autres hommes du même âge, mais doués d'une constitution différente.
Seœe féminin. Jusqu'à l'époque de la puberté chez les chez la femme, filles, la combustion du carbone va en augmentant, quoiqu'elle soit toujours moindre que chez les garçons (fdles, 66% A; garçons, Tb^S). Il se passe un fait bien remarquable au moment où la menstruation s'établit ; elle constitue un temps d'arrêt pour l'exhalation de l'acide carbonique qui reste stationnaire jusqu'à la suppression des règles. Ainsi chez l'homme adulte : carbone, lly^S; chez la femme, 68%/|. Lorsque l'âge critique est passé, la fonction pulmonaire reprend son activité (carbone, Si^^A) , puis elle diminue par les progrès de l'âge, comme chez l'homme. Il est donc incontestable que la fonction utérine nst le vicaire de la fonction respiratoire chez la femme. Aussi que la menstruation soit suspendue par la gros-
(1) Recherches sur la quantité d'acide carbonique exhalé par le poumon dans l'espèce humaine — Annales de chimie et de physique, t. VIII, 3° sél ie, p. 129, 1843.
SYMPTOMKS fU-SPir. \TOiRF>.
sesse, et, aussitôt la quantité d'acide carbonique augmentera (8 grammes de carbone par beure au lieu
En présence de résultats si dignes d'intérêt et qui appellent toute l'attention du médecin, comment ne pas regretter vivement que de pareilles recbercbes n'aient pas été appliquées à l'étude des maladies des voies respiratoires et de toutes les affections qui altèrent la nutrition générale ou qui troublent les lois du développement? Faisons des voeux pour qu'une telle lacune soit remplie.
Lésion 3" AUcradom de quejqnes propriHèn ph^Jf^iq^les de Voir
^pJpHéi"s^ c^pirt'. L'îiir expiré n'offre qu'un très-petit nombre de physiques de l'air phéuomènes uiorbidcs qui puissent servir au diagnostic.
cxDiré
Sa icmpèralure est abaissée dans les maladies qui suspendent ou vicient l'bématose, dans le cboléra, la phthisie à son dernier terme, l'agonie. Il rappoile avec lui Vodeur fétide de la gangrène : cependant il ne faut attacher que peu de valeur à ce syaiptôme, parce qu'il; manque parfois, lorsque le foyer gangréneux ne commu-nique pas librement avec les bronches. D'un autre part, , l'odeur slercorale ou fétide peut tenir à un catarrhe pulmonaire ancien, soit simple, soit compliquant la phthisie,, l'emphysème. On a encore noté l'odeur spermatique,. marécageuse, acide de l'air expiré, dans la phthisie, lai bronchite, etc. Ces symptômes sont sans importance., Les différentes odeurs fétides, fades nauséabondes que^ l'air rapporte avec lui peuvent dépendre : 1" des maladies; du larynx ; 2° du pharynx ; 3° de la bouche (carie dentaire, etc.) ou des fosses nasales (ozène ou punaisie,. division delà voûte palatine).