PAR LA CALORIFICATION
dans les maladies.
1° Aiguës à leurs différentes périodes.
Période d'augment.
De la température dans les maladies. En général, quel est l'état de la température aux différentes périodes des maladies et dans ses rapports avec les autres troubles fonctionnels?
La période d'invasion est caractérisée par une élévation i>e la lempéraiure faible mais très-sensible et surtout persistante de la tem pérature. Dans la période d'augment , elle s'accroît encore d'une manière marquée ; tantôt elle atteint rapidement un degré élevé, comme dans la pneumonie et le rhumatisme, tantôt elle monte graduellement, et le nombre des degrés est en rapport avec l'intensité du mal.
Quand la maladie est parvenue à sa période d'état, la température atteint un maximum qu'elle ne dépasse plus, mais au-dessous duquel elle peut s'abaisser pour l'atteindre de nouveau une ou plusieurs fois. On observe à cette époque, comme du reste à toutes les autres, deux espèces très-différentes de variations de température. L'une régulière, quotidienne, est marquée par un accroissement le soir, par une diminution le matin. La différence qui est d'un, de deux degrés et même plus, est d'autant plus grande que l'exacerbation est plus tranchée ; elle est faible ou nulle dans la forme parfaitement continue des maladies, qui est excessivement rare et qui se transforme aisément en rémittente. L'autre variation est celle dont nous avons parlé d'abord, et qui tient h un symptôme prédominant, à la marche naturelle, au traitement ou à la diète.
Dans la période de déclin, on voit d'ordinaire la tem- période de déclin, pérature baisser graduellement et lentement ; cette marche naturelle des maladies est d'un heureux augure. Au contraire, on a lieu de soupçonner que le mal s'accroît en étendue ou se complique lorsque la température s'élève
Oscillations quotidiennes.
après s'être abaissée , ou qu'elle ne revient pas à son degré normal.
Convalescence. La convalescence a pour caractère le retour de la calorification à son degré physiologique. Si elle reste plus élevée, c'est que la maladie n'est pas entièrement guérie. Cependant la diète excessive ou prolongée à laquelle on soumet, à tort, un si grand nombre de malades, peut entretenir momentanément une température extra-normale. M. Ghossat a observé ce phénomène chez les animaux soumis à l'abstinence. D'une autre part aussi, l'asthénie des fonctions et l'anémie diminuent la résistance au froid ou plutôt l'énergie de la calorification, en sorte que les convalescents ont une grande tendance à se refroidir.
Agonie. Nous avous déjà parlé de l'élévation de la température pendant l'agonie. M. Thierfelder, qui a fait d'importantes recherches sur la chaleur dans la maladie, a trouvé, à ce moment, la température la plus élevée (/i3%2). M. Andral avait déjà fait cette remarque. {Cours de pathologie générale ; année 18âl.)
C'est aux approches de la mort et dans les derniers jours de la maladie qu'on observe les variations les plus fortes et le défaut de rapport le plus marqué entre la respiration, la circulation et la température.
Maladies
Il serait peu rationnel de parler de la température chronique?, (j^us les maladies chroniques; elles sont trop dissemblables par leur siège et leur nature pour qu'on puisse en traiter d'une manière générale. Si l'on a noté que la température sérale est plus élevée que la matinale, c'est que la plupart de ces maladies sont fébriles, et que l'exacerbation a lieu précisément le soir.
1" Des rapports Des rapports qui existent entre les altérations de tempê'
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rature et le trouble de certaines fonctions. Celles qui doi- qui existent vent surtout nous occuper sont la circulation, la respira- ^"^[^ èaiorificâ" tion et l'innervation. Un fait essentiel qu'il importe de l'O" mettre en évidence, c'est que la température générale du ^'^ circuiduon. corps, prise dans l'aisselle, n'est autre chose que la température générale et moyenne du sang, de même que la température du sang des veines sus-hépatiques et de celui qui est contenu dans le cœur droit et gauche représente exactement la température de ces organes. En d'au-, très termes, la température d'un solide est donnée par celle du liquide qui circule dans ses capillaires, c'est-àdire par le sang : on peut conclure de l'un à l'autre. On s'est assuré un grand nombre de fois qu'il en est ainsi chez les animaux ; ce qui ne veut pas dire que ce soit le sang qui donne aux organes leur chaleur propre, mais h'ihn les changements moléculaires qui se passent dans les vaisseaux capillaires, sous l'empire de l'innervation et de la vie.
On s'est aperçu, dès la plus haute antiquité, que l'ac- Accroissemciu
, , . i.M, ■ 1 de latempératur(3
célération du pouls accompagnait souvent 1 élévation de dans les Qèvrcs ; la température, et l'on a fait de ces deux phénomènes le
^ diagnostique.
caractère essentiel de la fièvre. Nous en avons parlé ailleurs avec tous les détails nécessaires ; il nous sudit de rappeler que trois groupes nosologiques, les inflammations, les exanthèmes et les fièvres, sont nettement caractérisés par l'augmentation de la température générale du corps. (Voyez Fièvre, t. II, p. 16 et suiv.) Chaque fois que l'on constate avec la main, ou mieux encore avec le thermomètre, une élévation sensible et soutenue de la température, on peut affimer qu'il existe une des maladies dont nous venons de parler.
Le développement simultané et très-fréquent de la Nou-concorUance
o3i SYMPTOMES FOURNIS
delà lempcraiure chaleiii' fébrile, et l'accélération du pouls, dans un grand la circuuiion. «ombre de maladies, a fini par faii-e croire que les modifications que subissent la circulation et la température se font toujours dans le même sens, c'est-à-dire que si la température s'élève, le pouls s'accélère; que si elle s'abaisse, le pouls se ralentit. Cette proposition, trop généralement acceptée, manque d'exactitude, même lorsqu'il s'agit des maladies dont nous venons de parler. La théorie physico-chimique qui attribue la production de la chaleur à la combustion intra-pulmonaire a donné crédit à cette opinion sur la concordance de la température, de la respiration et de la circulation ; mais aujourd'hui elle est ruinée par les recherches qui ont été faites sur les causes de la chaleur animale.
Nous avons dit, dans une autre partie de ce livre (voyez Respiration), que la température normale chez l'adulte étant 37,13, la respiration 72 et la respiration 20, il faut par conséquent 3,60 pulsations pour une respiration et 2 degrés de température. Or les observations ont montré que la température et la respiration, par exemple, ne s'élèvent pas dans le rapport voulu par les chiffres indiqués. Du reste, ce sont seulement des fractions de degrés qui correspondent au pouls et aux respirations. De nombreux travaux ont été entrepris pour savoir si la fréquence du pouls s'élève parallèlement avec la tempéra? ture. Il est vrai que celle-ci suit souvent les mêmes courbes que la circulation et la respiration ; elles ont mêmes maximaet rainiraa; mais dans un nombre assez considérable de cas, les variations ne sont qu'approximatives, et dans une troisième catégorie, les trois courbes sont indépendantes les unes des autres. On trouve pour un degré de température tantôt deux, tantôt quinze pulsations et
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plus ; d'autres fois elles sont en moins. Dans la même journée, les variations sont souvent très-grandes et ne se font pas toujours dans le même sens (1). La comparaison des courbes tracées par les auteurs qui ont étudié ce sujet démontre que s'il y a parfois une corrélation partielle et momentanée dans les variations que subissent les fonctions circulatoire, respiratoire et la calorification, on n'y trouve pas un véritable parallélisme. Ce que nous disons là s'applique non-seulement aux aifections fébriles, mais au choléra, aux névroses et à des maladies de nature difl'érente.
L'étude des rapports de la température avec la respi- Deiaiempéraiuro ration montre que ses mouvements peuvent être très- Tvee'^^'"'^'' accélérés, sans que la chaleur du corps la circulation rinnervaiion. s'écartent de leur type, normal. On trouve de fréquents exemples de ce défaut de corrélation dans les maladies du système nerveux, telles que l'hystérie, la chlorose, les fièvres graves, la fièvre typhoïde surtout.
Un trouble considérable de la sensibilité a donné lieu Troubles pendant longtemps aune erreur que la calorimétrie seule "^"^ gen'saiîon'^^ a pu faire cesser : on a cru que la sensation de froid qu'é- de froid, prouvent les malades au début des fièvres et surtout dans le premier stade des fièvres intermittentes est bien réel, et que la température du corps est abaissée. M. Gavarret a prouvé que la température, loin d'être plus basse, dépasse toujours d'un ou de plusieurs degrés le chiffre physiologique. Il en est de même pendant la durée du frisson,
(1) Voyez sur ce sujet la thèse de M. Spielman, Des modifications de la température animale dans les maladies fébriles aiguës et chroniques, n» 373, Strasb., 1866, et surtout la dissertation de M. Er. Hardy, De la température animale dans quelques états pathohgiques et de ses rapports avec la circulation et la respiration , mars, Pans, 1850.
de la pneumonie, de la phthisie, de la fièvre typhoïde. Dans le stade de chaleur, la température s'élève encore, mais faiblement, et le maximum se trouve ou à la lin du frisson ou au commencement du stade de chaleur elle va ensuite en diminuant.
Dans le choléra, la température s'abaisse souvent d'un à trois degrés, pendant la période algide, et le malade n'a pas conscience de ce refroidissement très-réel; souvent même il accuse une chaleur intérieure fort pénible. Ainsi donc, à côté des cas où la température est élevée, s'en trouvent d'autres dans lesquels la sensation de froid est nulle, remplacée même par une sensation contraire, et où cependant la température est abaissée. Il faut en conclure que cette sensation purement subjective n'est pas la représentation réelle du phénomène physique. Pour l'expliquer, on a fait plusieurs hypothèses qui ne s'accordent pas avec les faits. Il nous semble qu'ils rentrent dans la catégorie de ceux qui appartiennent au trouble de l'innervation cérébro-spinale, et qu'on peut les rapprocher de l'illusion et de l'hallucination des organes des sens ou des appétits bizarres et dépravés.
De l'innuence Les sueurs out-olles de l'influence sur la température ? esflui. jj^^^ fièvre d'accès, celle-ci s'abaisse sensiblement pendant le stade de sueur, et il paraît en être de même dans les autres maladies , chez les phthisiques et dans la période algide du choléra, au moment où la peau est couverte d'une sueur visqueuse. L'évaporation cutanée doit être pour quelque chose dans la production de ce phénomène. Les autres évacuations, comme celles qui se font par l'intestin, dans la diarrhée et la dysenterie, intense, par le rein dans le diabète, s'accompagnent
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d'abaissement de la température. Malgré les nombreuses recherches dont la calorimétrie a été le sujet , nous ne trouvons aucun document certain sur le rapport qui existe entre ces flux et la température. On a rapporté à la déperdition énorme de liquide l'abaissement de la température qu'on observe dans le choléra ; mais tant d'autres causes agissent qu'on ne doit y voir qu'un effet de la maladie.
Des altérations de température comme symptôme de Aiiéraiion maladie. La température peut être, 1° normale; 2" aug- ^Iq^^H^^q mentée ; 3° diminuée. Au point de vue de la clinique, ces maladie, divisions ont une grande importance.
1" Température normale. Il semble qu'on peut établir i» Température en loi générale fondée sur les expériences phvsiolo- , """"""^'^^
^ 1 r j dans les maladies
giques de Krimer, Wilson, Chossat et d'autres, que du système l'intensité de l'innervation cérébro-spinale ou d'une nerveux, branche nerveuse, a une influence marquée sur la température qu'elle tend à élever. L'état pathologique ne confirme pas cette donnée physiologique ; les névroses et les névralgies ne produisent aucune modification sensible de la chaleur naturelle. Ce signe négatif est même le caractère essentiel de tout ce groupe nosologique.
On serait aussi porté à croire que l'accroissement de la quantité des globules sanguins ou de la fibrine s'accompagne d'une calorification plus grande. Cependant les faits ne viennent pas à l'appui de cette supposition; ni la pléthore ni l'état opposé, la chloro-anémie, ne modifient d'une manière appréciable la température du corps. Si elle est augmentée dans l'inflammation, ce n'est pas à cause de l'accroissement de la fibrine, puisque cette altération du sang n'existe ni dans la fièvre typhoïde, ni dans les exanthèmes, dans lesquels cependant le thermo-
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mètre s'élève de quatre ou cinq degrés, au delà de la limite normale.
La température reste naturelle : 1° dans les maladies caractérisées par des congestions sanguines non inflammatoires ; 2° dans les inflammations légères , limitées à une surface peu étendue ou siégeant sur des tissus doués d'une faible vitalité ; 3" dans les afl'ections organiques comme le tubercule et le cancer, tant qu'ils n'ont pas provoqué dans les tissus ambiants un travail phlegmasique intense, et capable d'amener la fièvre ; 4° dans les maladies du cœur, lors même que la gêne de la circulation est considérable.
2o Augmentation 2° AccToissement de la lempércUure. Il peut servir à caractériser trois groupes nosologiques : 1° les inflam-
température : , « i V> , tvt n
mations ; 2° les exanthèmes ; 3° les fièvres. Nous devons nous demander quelle peut être la cause de cette lésion de température dans les maladies qui n'ont de commun que l'appareil fébrile. Est-ce l'accélération de la circulation qui en est la cause? Qn pourrait soutenir avec des arguments non moins décisifs que celle-ci, dépend de l'accroissement de la température. Nous resterons dans le doute sur ce point obscure qui a été l'objet de nombreuses controverses parmi les physiologistes , et qu'il serait impossible de résoudre avec les données fournies par l'étude des maladies. En effet, nous voyons la température s'accroître en même temps que le nombre des pulsations dans les phlegmasies ^ tandis que dans d'autres conditions morbides , f accélération du pouls existe sans que la température dépasse l'état normal ; quelquefois même, comme dans le choléra, elle est diminuée, quoique le pouls présente une fréquence extrême. On a dit que f inteiii^té de rimpulsioiji cardia(jue concourait à déve-