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plus variable que le degré d'altération apportée aux aliments par ce travail physiologique. S'il est suspendu ou ralenti, les malades vomissent des aliments ingérés depuis la veille ou deux ou trois jours auparavant (cancer, dilatation et ulcère chronique de l'estomac) . Quelquefois les substances vomies conservent les caractères physiques qui Choix les font aisément reconnaître. Un fait, non moins fréquent et plus curieux encore, est l'espèce de choix fait par l'estomac, qui rejette tantôt la viande, les légumes, le vin, tantôt les substances liquides, tandis qu'il conserve les solides ou les aliments les plus indigestes. Les affections cancéreuses de l'estomac et les obstacles qu'elles opposent au libre passage des aliments, la dilatation de ce viscère, et surtout les diverses tumeurs qui ont leur siégedans lepancréasou F arrière-cavité des épiploons, sont la cause la plus ordinaire du vomissement alimentaire. Cependant, avant d'aller plus loin, établissons d'après un nombre considérable de faits qui sont l'objet constant de nos études depuis plus de dix années : 1° que les affections organiques des membranes de l'estomac sont loin d'être la cause la plus fréquente du vomissement ; 2° qu'on le rencontre, au moins aussi souvent, dans les maladies du foie et des conduits d'excrétion biliaire, dans la cirrhose et les phlegmasies du péritoine ; 3° que la simple névrose de l'estomac, appelée tantôt dyspepsie, tantôt gastralgie, liée à des troubles menstruels, à l'hystérie, à la grossesse ou à une affection chronique des ovaires, donne lieu à des vomissements chroniques souvent incoercibles et qui peuvent entraîner la mort. On se gardera bien aussi de tomber dans une erreur trop accréditée, qui consiste à croire qu'il existe, presque toujours, un obstacle pylorique pour expliquer la fréquence
2" Vomissement nuiqueux.
Gaslorrliée.
du vomissement dans les maladies de l'estomac. Il nous suffira, pour mettre le praticien en garde contre de semblables idées , de lui rappeler que le vomissement est un acte pathologique produit par action réflexe, et qu'on l'observe dans un nombre considérable de maladies trèsdiiïérentes les unes des autres.
2° Matières muqueuses. Les matières muqueuses, que l'estomac peut recevoir et rejeter au dehoi's, viennent de la bouche ou de la membrane muqueuse elle-même, ou de diverses portions de l'intestin. Parlons d'abord des premières.
Les malades atteints de gastralgie , de dyspepsie et de cancer rendent souvent, soit à jeun, soit après avoir mangé, une quantité très-grande d'un liquide semblable à de l'eau, ou filant comme du blanc d' œuf cru, opalin. La composition de ce liquide fest trèsvariable suivant que la salive, le mucus ou le suc gastrique y prédomine. D'ordinaire le liquide mixte qui forme les matières vomies se compose, en grande partie, de salive avalée et mêlée au mucus de l'estomac. Il est alcalin ou acide suivant que c'est le premier ou le second de ces deux liquides qui est le plus abondant. On voit des malades rendre, tous les matins, sanseflbrts, 300 grammes et plus d'un liquide filant, incolore et inodore. Il est alcalin ou neutre, rarement acide. Il caractérise la gastrorrhée soit simple, soit symptomatique d'un cancer de l'estomac, d'une maladie du poumon, du foie ou sympathique, par exemple, de la grossesse. 11 faut soumettre à de nouvelles recherches les faits de gastrorrhée qui ne sont souvent que des vomissements de salive ou de boisson.
L'acidité des liquides portée au point d'agacer la Liqueurs acides.
bouche et les dents, n'est ni aussi fréquente ni aussi prononcée qu'on paraît le croire généralement ; cependant on l'observe dans le pyrosis et dans les maladies de l'estomac.
Suc gastrique. Le troublc de la chymification est dû surtout au cancer et aux diflerentes formes de gastralgie. Il n'existe pas d'exemple de vomissement de matières exclusivement composées de suc gastrique, c'est-à-dire d'un liquide identique, à celui qui opère la digestion des matières fibrineuses et albuminoïdes ; il est presque toujours constitué par un mélange de mucus, de salive et de suc gastrique.
Liquide séreux. Une sculc maladie donne lieu à l'expulsion de matières séreuses abondantes, que l'on a comparée à de l'eau de riz ou très-faiblement amidonnée ; cette maladie est le choléra-morbus épidémique : les qualités de ce liquide suffisent pour caractériser le mal. On a observé, diton, des vomissements, séreux chez des hydropiques qui étaient délivrés de leur mal ou soulagés momentanément par cette expulsion critique. Les faits de ce genre sont loin d'être démontrés.
3° Vomissement 3" Matières sanglantes, vomissement de sang, hémade sang. tëmèse (de ai[xa, sang, et Êfxèw, je vomis). On doit donner ce nom à l'expulsion par la bouche d'un liquide qui contient les éléments du sang et qui provient de la cavité ; gastrique. Le liquide qui forme les matières vomies, est. noircàtre, ou d'un rouge plus ou moins foncé. 11 renferme ; souvent des caillots sanguins ou une matière caillebottée, noirâtre, qui est également caractéristique de l'hématé- • mèse. Celle-ci est le symptôme ordinaire du cancer, de l'ul- • cère chronique,des perforations de l'estomac, des maladies } du foie et de toutes les affections dans lesquelles le sang ;
est altéré (scorbut, fièvre typhoïde, intoxication miasma- Le sang est altéré tique). Pour peu que le sang séjourne dans l'esto- ^ ^êgrér^^ mac, il s'y altère par son contact avec les liqueurs acides qui y sont contenues, et surtout par le travail de la cliymifîcation auquel il est soumis. Les matières vomies ressemblent alors si peu au sang, qu'il est presque impossible d'en reconnaître les propriétés. Tantôt il se présente sous forme de masses noires coagulées imitant le caillot de la saignée ; tantôt on y découvre une substance solide, rougeâtre,fibrineuse, encore teinte parla matière colorante rouge, ou bien des grumeaux noirâtres abondants qui rap- Matière pellent ceux du marc de café, du chocolat ou de la suie àdumarcde'café, auxquels on les a comparés ; dans d'autres cas ce sont à de la suie, etc. des flocons bistrés ou jaunâtres, une poussière grise ou noire dans laquelle le microscope permet encore de distinguer les globules du sang ou leur matière colorante.
Quand on constate la présence du sang dans les matières vomies, il reste à savoir s'il provient de l'ouverture postérieure des fosses nasales , de la bouche, des voies respiratoires, ou d'un vaisseau sanguin situé dans le voisinage de l'estomac qui se serait ouvert dans la cavité gastrique. Le degré d'altération qu'a subie le liquide sanguin , sa quantité souvent très-grande , les circonstances qui ont précédé et qui accompagnent sa sortie, suffisent ordinairement pour faire reconnaître la cause du flux sanguin.
li° Matières bilieuses. Rien de si fréquent que de rencon- 4° vomissement
. . - bilieux.
trer, dans les matières vomies, une certaine quantité de bile verte ou jaune, seule ou mêlée aux aliments, aux boissons médicamenteuses , etc. Les malades s'aperçoivent qu'ils vomissent de la bile, au goût amer qu'elle laisse après
avoir traversé la bouche. Le vomissement bilieux est tantôt le symptôme d'une maladie de l'estomac, des appareils sécréteur et excréteur de la bile, tantôt sympathique d'une affection viscérale plus ou moins éloignée de l'estomac ( Utérus, vessie, rein). La présence de la bile n'indique absolument aucune lésion spéciale ; car on peut l'observer aussi bien avec une simple migraine, une méningite, une pneumonie, qu'avec un cancer gastrique. Peut-être cependant est elle plus fréquente dans les divers états morbides bilieux.
soEniozoaires. 5" V omissement de vers. Nous mentionnerons seulement comme un fait assez fréquent chez les jeunes sujets et même les adultes, dans le cours de différentes maladies, l'expulsion par la bouche d'ascarides lombricoïdes qui remontent dans l'estomac , plus rarement de fragments de ténia, d'échinocoque ou d'acéphalocyste provenant du foie ou des régions sous-diaphragmatiques. On y a aussi trouvé, dans ces derniers temps, la sarcine de l'estomac {sarcina ventriculi).
6° Pus. (>° Vomissement de matières fourmes par V organisme. On a vu des malades vomir de grandes quantités d'un pus, qui avait pénétré dans l'estomac à la suite d'adhérences établies entre cet organe et le foie, le mésentère ou le rein.
7° Fausses
7" Les fausses membranes avalées par un malade membranes, atteint de diphthérie peuvent être rejetées par le vomissement. Une fièvre éruptive avec forte rougeur de la membrane buccale gastrique y détermine le même effet. Les sporules du muguet, les tubes de penicillum glaucum, les fdaments de plusieurs algues, se montrent dans les matières vomies, chez les sujets en proie à des maladies organiques de l'estomac.