GASTRALGIE
tiques et chroniques, même dans celles qui déterminent un marasme excessif. Lorsqu'elle succède à la polydipsie, elle annonce la cessation de l'état morbide qui a déterminé ce dernier phénomène et indique la convalescence. Souvent elle indique le délire et la monomanie.
3" La dépravation du besoin de boire est marquée tantôt 3" Dépravalion par le désir de boire des liquides non alimentaires, nuisi- (hydropiio°bL) bles ou repoussants, comme des liqueurs fortes, du vinaigre, de l'urine, etc., tantôt au contraire par une horreur extrême pour toute espèce de liquide, quelle qu'en soit la nature, et pour tout ce qui le rappelle à la vue ou à l'esprit du malade. On désigne ce symptôme sous le nom A'hydrophobie (de uSwp, eau, et cp6êo<;, crainte de l'eau). 11 appartient plus particulièrement à la rage, mais on l'observe aussi dans l'hypocondrie, l'hystérie, les névroses ; il s'est présenté à nous dans un cas de tétanos idiopathique, et dans une méningite rachidienne.
DciS altérations de la sensibilité g^astrique ; i^astralgie, ^astrodjnle. Signes fournis par différentes espèces de douleurs qui ont leur siège dans V estomac. Si on veut introduire quelque précision dans le langage médical, il faut donner le nom de gastralgie (de ya^'C'np» estomac, et de aXyoi;, doulcur) à toute espèce de sensation douloureuse qui a son siège dans l'estomac, et ne pas imiter les auteurs qui réservent, sans aucune raison plausible, le nom de gastralgie à la névrose idiopathique, à la dyspepsie douloureuse. Pour nous, la gastralgie est une lésion de la sensibilité qui peut dépendre de causes très-diverses; être 1° idiopathique, 2° symptomatique 3° sympathique. Pour que le clinicien ne conserve aucun doute sur cç sujet, qu'on a tant obscurci, nous commencerons pai' énvimérer les maladies qui produisent la gastralgie
:m SYMPTOMES (iASTKigUES.
Causes 1» Gastralgie symplomùlique . Toutes les maladies de «'•"sympio'llfau- l'estoiiiac avcc lésion de texture de ses membranes, lues; comme la gastrite aiguë et chronique, l'ulcération, le ramollissement, le cancer, la perforation, les vers intestinaux, donnent lieu à ce symptôme douloureux. !" sympathiques; 2° Gastralgie sympathique. Les viscères qui concourent à la digestion gastro-intestinale, tels que le duodénum, le pancréas, le foie, la rate, ne peuvent être troublés dans leurs fonctions sans que la sensibilité gastrique le soit également, à différents degrés. La synergie qui existe entre ces viscères et l'estomac, est si grande qu'il est souvent difficile de savoir à quel organe rapporter la gastralgie C'est même là ce qui rend si incertain le diagnostic des maladies de l'estomac.
Aucun organe ne cause une gastralgie plus rebelle et plus fréquente que l'utérus et ses annexes (grossesse, état puerpéral, trouble de la menstruation); viennent ensuite les maladies des organes urinaires (gravelle) , du poumon, du cœur, la fièvre et les affections vermineuses de l'intestin, la dentition, etc. ; la phthisie, l'albuminurie, la diabète, les fièvres intermittentes; enfin les douleurs qui dépendent d'une névrose, telle que l'hystérie, l'hypocondrie, la nosomanie, d'une maladie du sang (chloroanémie) ou d'une cachexie spécifique déterminée par le plomb, le mercure, le miasme des marais, le scorbut, le rhumatisme et la goutte.
3° Gastralgie idiopathique. Les souffrances dont l'eslopaihiques; ^^^^^^ gj^gç peuvent, dans un certain nombre de cas , être rapportées à aucune autre maladie viscérale ; on dit alors que la gastralgie est idiopathique. Telle est celle que l'on observe chez les sujets dont le système nerveux a été fortement ébranlé par des travaux de l'esprit,
GASTHALGIE.
des veilles prolongées, des excès vénériens, par l'onanisme, etc.
Description des douleurs gastriques. Les sensations auxquelles donnent lieu ces douleurs sont très-variées ; il serait difficile d'en décrire toutes les nuances. Bornons-nous à signaler les principales, en y comprenant celles qu'on détermine, en pressant la région épigastrique, et qui se développent ou s'accroissent lorsque celle-ci est serrée par des vêtements ou refoulée par des gaz.
Le centre épigastrique devient le siège fréquent de sensations plus ou moins pénibles , qui augmentent ordinaireilient pendant l'état de vacuité de l'estomac, reparaissent à la fin de la digestion et sont calmées momentanément par l'ingestion des aliments. On désigne, sous le nom de crampe d'estomac, la douleur épigastrique profonde qui s'accompagne de constriction violente de l'estomac, s'irradie vers le diaphragme, le sternum, l'œsophage, le dos et même jusqu'à la gorge. Il en résulte un serrement douloureux qui enchaîne les mouvements respiratoires, cause de la dyspnée, des lipothymies. Tantôt l'épigastre ne peut endurer le contact du moindre vêtement, tantôt au contraire une forte pression diminue ou fait cesser la gastrodynie. On conçoit que les auteurs aient placé le siège de certaines gastralgies à l'orifice cardiaque, au pylore et dans le cœur lui-même. La sensation qu'éprouvent les malades et cju'ils rapportent à dilTérents dfganes, ne saurait, en effet, occuper les mêmes points, tne étude nouvelle serait nécessaire pour arriver à spécifier le siège de cette douleur. Pour ne parler que de celle qui se montre à l'épigastre, il est certain qu'elle a son siège frèc|uent dans l'estomac et dans les muscles abdominaux.
Description des diverses
formes de gaslralgie.
Des crampes d'eslomac.
La pyrosis; La gastrodynie s'accompagne, chez quelques malades, le soda. chaleur vive qui remonte, le long de l'œsophage,
jusqu'à l'arrière-bouche. Il y a en même temps régurgitation d'une ou plusieurs gorgées d'une liqueur âcre, acide, piquante, qui cause un sentiment de brûlure dans toutes les parties qu'elle traverse. Des éructations ramènent aussi une certaine quantité de gaz ou de vapeur alimentaire. On donne le nom de pyrosis (irupujai;, cuisson), de fer chaud, de soda, à cette forme de la gastrodynie. Le liquide rejeté est formé par une grande portion d'acide lactique ou acétique 5 plus souvent par la salive, dont la douleur de l'estomac excite sympathiquement une abondante sécrétion.
Autres espèces Chez d'autrcs malades la gastralgie donne lieu à une gastrodynic. ^Jq^Iq^^. lancinante ou térébrante, continue, intermittente ou rémittente, à un froid glacial, à une chaleur vive, à un fourmillement, à un chatouillement qui fait croire au malade qu'il a des vers dans l'estomac. Quel tableau varié ne formerait-on pas si l'on voulait reproduire les récits que font de leurs souffrances les gastralgiques, lors môme qu'ils ne sont pas encore en proie à l'hypocondrie, à la nosomanie ?
Elles sont pcrvcrsiou de l'appétit, la malacia, le pica, la bou-
très-nombreuscs. limie, le vomissemcnt, accompagnent souvent les diverses espèces de douleurs gastriques, dont nous venons de parler ; ces symptômes procèdent de la même cause, à savoir, des troubles primitifs de l'innervation gastrique ou de la réaction sympathique des centres nerveux. Si nous ajoutons que les sécrétions de l'estomac sont également viciées, que la digestion se fait mal, ou lentement, avec ou sans production degaz (gastralgie flatulente) , etc. , on comprendra facilement qu'une entité morbide, constU