ICTÈRE
de la rate, d'un cancer mésentérique, ou bien encore chez un sujet qui a un érysipèle facial, une phlébite, une pneumonie, une fièvre puerpérale ou des accidents de pyémie? La congestion sanguine, dans toutes ses formes et à tous ses degrés, est la cause de la jaunisse qu'on observe dans ces différentes maladies. On l'a considérée, pendant longtemps, comme sympathique, spasmodique ou rapportée à des causes plus ou moins imaginaires.
Ainsi, la première idée que la jaunisse doive faire naître dans l'esprit du clinicien, c'est qu'elle est le signe d'une hyperémie du foie ou d'un simple trouble de la sécrétion biliaire. Elle est légère ou intense, passagère ou durable, suivant que la congestion offre les mêmes caractères.
On placera au rang des ictères symptomatiques de la Lésions congestion sanguine et de l'hépatite ceux qu'on observe à la suite de la phlébite spontanée ou traumatique, des blessures, des plaies de tête, des opérations chirurgicales, de lamétrite, métro-ovarite et phlébite puerpérales. Nous avons trouvé, presque toujours, dans ces maladies des congestions hépatiques partielles ou générales; mais nous admettons aussi qu'un simple trouble de sécrétion peut être la seule cause de l'ictère.
La cirrhose vraie ou atrophique, la dégénérescence p^^ç graisseuse, l'hypertrophie simple, l'atrophie, donnent dans les maladies rarement lieu a 1 ictère. 11 constitue un symptôme assez congestiônneiies variable du cancer hépatique et des acéphalocystes. Dans ce dernier cas l'existence d'une congestion nous a paru rendre compte de la production de l'ictère beaucoup mieux que la compression des conduits hépatiques. La péritonite péri-hépatique et la phlébite de la veine porte en sont aussi des causes fréquentes. ^- "^'^^ies de
l'appareil d'excré-
B. Maladie!) de l'appareil d'excrêlion biliaire. Les ma- uon biliaire.
GOO SYMPTOMES HÉPATIQUES.
ickVe ladies qui causent l'ictère sont, par ordre de fréquence : par obsiacio ^„ l'oblitération complète ou incomplète des canaux chocours de la bile. lédoque, cystique et hépatique, par un ou plusieurs calculs biliaires. Elle s'accompagne souvent de la dilatation des conduits hépatiques les plus fins, dans lesquels nous avons vu la bile stagner, à la suite de l'obstacle apporté à son cours 5 T l'inflammation catarrhale et chronique de ces mêmes canaux nous paraît déterminer l'ictère, en se transmettant aux lobules hépatiques, à la manière de la bronchite capillaire qui va produire les pneumonies lobulaires; 3° l'inflammation de la vésicule biliaire (cholécystite) consécutive ou non à la présence de calculs, de tumeurs organiques, rétro-péritonéales, pancréatiques et surtout gastriques ; h° toutes les altérations de voisinage qui peuvent gêner ou empêcher le cours de la bile dans les voies d'excrétion, comme le cancer de l'estomac, du mésentère, du pancréas, la péritonite partielle, les tumeurs, les kystes de l'ovaire, les acéphalocystes, etc. Disons toutefois que l'on est tombé dans l'erreur quand on a attribué à la compression exercée pari' estomac dilaté, par l'ovaire enkysté, par l'épiploon ou le pancréas hypertrophié, l'ictère qui se manifeste en pareille occurrence. La congestion du foie en est la cause la plus ordinaire. On est trop dispoé aujourd'hui à rapporter la jaunisse à des obstacles à la circulation de la bile sans autre lésion.
L'ictère qui reconnaît pour cause les maladies précédentes a pour caractère commun : 1° de débuter tantôt vite, tantôt lentement ; T d'acquérir une grande intensité, de telle sorte qu'en peu de jours la peau devient jaune foncé ou verte (ictère noir, meïas icterus) ; 3° de se dissiper très-rapidement ou de persister pendant plusieurs mois,
ICTÈKE.
et même quelques aimées, suivant que l'obstacle est passager ou permanent.
2° Ictère sympathique. On appelle ainsi la jaunisse qui ictère a sa cause appréciable ailleurs que dans l'appareil biliaire. véSie' lens'de Telle est la nature de l'ictère qui se montre dans les py- ce mot. rexies, dans la fièvre jaune des Antilles, dont elle constitue un des symptômes caractéristiques ; dans la fièvre gastrique bilieuse, soit rémittente, soit continue, de nos pays et des contrées intertropicales ; dans toutes les fièvres compliquées d'état bilieux, comme la fièvre intermittente simple et pernicieuse ; dans les maladies de l'intestin, telles que la duodénite, la gastro -entérite, la dysenterie, la plilegmasie du poumon droit ou gauche, la pleurésie, le rhumatisme, l'érysipèle, le phlegmon, la lymphangite.
Une grande confusion règne encore aujourd'hui au sujet ii dépend de ces ictères sympathiques. Il faut d'abord effacer de leur congestion légère nombre ceux qui dépendent d'une hyperémie simple, ci méconnue inflammatoire du foie, développée sous l'empire d'une " '^'*^* maladie locale ou générale. Cette hyperémie est souvent méconnue lorsqu'elle est légère; et peut même dépendre d'une simple irritation sécrétoire, c'est-à dire d'un trouble purement fonctionnel du foie; ce qui est trèscommun dans les maladies générales endémiques et dans le cours des grandes et des petites épidémies (constitution médicale bilieuse) .
A l'ictère sympathique se rattache encore celui qu'on ictère observe assez souvent dans la colique, le délire et la d'une^aTtéraii^ou cachexie plombiques. On ne peut le rapporter à aucune du sang, lésion appréciable du foie ; mais on doit supposer que l'altération du sang en est la cause, et que la sécrétion hépatique est singulièrement troublée parce liquide chargé du principe toxique. Telle est encore la cause de l'ictère dé-
Produit terminé par la morsure de la vipère, du crotale, de queld"nimaux°veni- q^es serpents et d'autres animaux venimeux ; enfin de n»»"- celui qui se montre dans les affections putrides, dans la résorption purulente, lorsqu'il n'existe ni phlébite, ni abcès métastatique, ni hépatite ; ce qui est très-rare. Ictère On voit la jaunisse se développer dans le cours de la dans la grossesse. gj.Qgggggg . j^^^g en avous recueilli quinze observations
dans les hôpitaux : ni la compression des conduits excréteurs de la bile ni aucune autre lésion ne peut l'expliquer. Nous n'avons trouvé jusqu'ici aucune occasion de vérifier si l'ictère se développe chez l'enfant contenu dans le sein de sa mère, lorsque celle-ci est affectée de cette maladie. Nous n'avons aucune raison physiologique de douter de ce fait.
Physiologie de L'ictèrc Sympathique, dont nous venons de signaler les causes, est dû à un de ces troubles secrétoires qui doivent arriver dans le foie plus souvent que dans tout autre organe, en raison des fonctions importantes qu'il accomplit, surtout de celles qui ont trait à l'hématose.
Se représenter le foie comme un organe qui fait seulement la bile, serait prendre une idée fort incomplète de ses fonctions. Non-seulement il extrait du sang certaines substances qui sont nécessaires à la chylification, mais, comme Galien l'a si bien établi, il sert à élaborer ce liquide, aie purifier ; il y jette certains principes de nouvelle formation. La fibrine, les globules, la matière sucrée, l'albumine s'y modifient dans leur quantité et leur qualité. Le passage de la biliverdine dans le sang n'est donc souvent que l'effet d'un trouble plus profond et plus complexe. Il doit y avoir autre chose qu'une simple lésion de sécrétion de la matière colorante dans les ictères épidémiques que nous voyons se développer à
l'ictère sympathique.
ICTÈKE.
3° le 1ère idiopatique.
Iclère
certaines époques de l'année, sous l'influence d'une constitution médicale, revêtir la forme d'état bilieux, de fièvre bilieuse simple ou gastrique, et compliquer tant de
maladies locales ou générales qui ont reçu le nom de bilieuses.
Nous considérons encore comme un ictère sympathi- liiai bilieux;
, . . .„ 1 1 • lièvres bilieuses
que celui qui se manifeste : 1" dans la fièvre gastrique bilieuse ; 2" dans les dysenteries endémiques et spora- (liques, dans les diarrhées.
3' hlére idiopalhique. Un ictère idiopathique qui par l'intensité et la nature de ses symptômes, mérite l'attention des médecins, a reçu le nom d'iclére grave essentiel, ''emorrhagique
^ ^ essentiel.
dénomination peu scientifique que nous nous avons proposé de remplacer par celle d'ictère hémorrhagique essentiel. La peau se colore fortement en jaune, et en même temps se produisent des hémorrhagies par différentes voies (1) .
L'ictère des nouveau-nés doit être distingué de la coloration jaune qui se développe naturellement chez eux immédiatement après la naissance, ou quelques jours après. Le véritable ictère se lie au trouble que doivent éprouver les fonctions du foie, lorsqu'elles commencent à se modifier. L'organe chargé jusque-là de fonctions, qui sont à coup sûr fort importantes, quoique inconnues, commence à en remplir d'autres, en rapport avec la digestion et la respiration. On conçoit dès lors que les troubles, même légers, qui surviennent dans les deux dernières, doivent en amener dans la sécrétion biliaire. Du reste quand les affections hépatiques de l'enfance
ictère des nouveau-nès.
(I) Monneret, De Victère hémorrhagique essentiel ^ dans le journal le Progrès, année I8.')9,
seront mieux connues on arrivera à distinguer l'ictère idiopathique de celui qui est symptoraatique. ictère L'ictère idiopathique reconnaît parfois, pour cause, une
dii*^sp7smôd"qu'c, fo^"^^ émotiou • morale de peine, déplaisir, la frayeur, toutes les aftections de l'âme, de violentes douleurs ressenties pendant quelques instants ou plusieurs jours. C'est à cet ictère qu'on a imposé le nom fort mauvais d'ictère spasmodique, nerveux, ou par émotion morale. On a supposé que les conduits étaient fermés par le spasme qui s'en empare. Outre que rien ne démontre la réalité de ce phénomène, n'est-il pas plus simple, plus conforme à la physiologie, de supposer que la glande hépatique devient le siège d'une lésion de sécrétion telle que la matière colorante passe dans le sang? Du reste, nous nous sommes assuré un grand nombre de fois que les ictères, que les malades aiment à faire remonter à une émotion morale, dépendent, neuf fois sur dix, d'une hyperémie active, mais légère du foie, et qu'il n'y a rien de spasmo-
II est lié à la
dique dans leur développement ni leur marche ultéconKesiion neurc. On peut s'assurer de l'exactitude du fait que
passagère du foie. l
nous annonçons, en percutant avec soin l'organe hépatique, et en étudiant les symptômes rémittents ou intermittents, fébriles ou douloureux, que présentent ces ictères. Si nous avions obéi à notre opinion personnelle, nous aurions placé ces ictères dans les symptomatiques. Dans tous les cas, il n'est plus permis de conserver l'ictère spasmodique et d'en faire une entité qui ne repose sur aucune donnée pathologique de quelque valeur.
Nous devons, en terminant l'histoire de l'ictère, faire remarquer que ce symptôme ne peut qu'indiquer l'existence d'un trouble fonctionnel sympathique lié à une altération matérielle du foie dont il reste à trouver la
cause, à l'aide d'autres symptômes. Seul il ne pourrait révéler ni la nature ni le siège spécial de la lésion hépatique.
§ II. Symptômes fournis par les appareils de sécrétion
ET d'excrétion URINAIRE.
Divisions. L'exploration des organes chargés d'accomplir la sécrétion de l'urine et de l'expulser au dehors comprend l'étude, 1° des phénomènes d'ordre physique que présentent les reins; 2° des phénomènes chimiques qu'on constate dans le produit d'excrétion une fois qu'il a été rendu. On peut y rattacher les troubles des mouvements des muscles vésicaux.
1° Symptômes fournis par les alléralions des propriétés physiques du rein. a. Augmentation de volume. Les seules altérations qu'on puisse reconnaître pendant la vie consistent : 1° dans une augmentation de volume de l'organe ; 2° dans la fluctuation ; 3" dans l'existence d'une fistule, avec ou sans écoulement de matières au dehors. On trouve, quoique très-rarement, dans le flanc droit ou gauche, une saillie appréciable formée par le rein, dont le volume est accru par l'effet, soit d'une phlegmasie de son parenchyme, des calices et du bassinet, soit de la présence de calculs rénaux ou d'une tumeur développée dans l'organe. C'est avec peine qu'on peut en reconnaître la limite et les dimensions normales, à l'aide de lapalpation et la percussion. On arrive parfois à constater l'existence d'une tumeur profonde, bosselée, dure ou fluctuante. La pyélo-néphrite, un abcès rénal, une hydro-néphrose peuvent être diagnostiqués ainsi, quoique avec peine.
h. Stjmptàmes fournis par les troubles de la fonction, ils
Symptômes fournis par le rein.
Symptômes tirés des
altérations rénales.
SYMPTOMES RENAUX.
sont peu nombreux, et consistent dans la manifestation d'une douleur vive, située à la région rénale et dans le flux ou la suppression de l'urine.
Symptômes dyna- c. Sijmplômes dynamiques. Douleurs rénales. Des altérations profondes, mais chroniques, de la substance des
Douleurs rénales. ^ -, • j c
reins, peuvent exister longtemps, sans produire de soutfrance manifeste. Cependant il est rare qu'il ne survienne pas, àun momentdonné, quelque douleur, surtout quand le rein s'enflamme. Les douleurs sourdes, semblables à celles du lombago rlmmatismal, qui siègent de chaque côté de la colonne vertébrale, ne sont pas aussi fréquentes dans la néphrite, même aiguë, qu'on l'a prétendu. Elles le sont, à un haut degré, dans la néphrite, la néphro-pyélite calculeuse et dans la gravelle. Elles se développent, parfois, seulement quand on vient à percuter ou à palper fortement la région rénale ; les mouvements im])rimés au tronc l'augmentent, coliques Cos mêmcs douleurs acquièrent souvent une violence
néphrétiques. , , . , i i i r - i •
remarquable qui les rapproche de la torme névralgique. Elles partent d'un rein, descendent dansla partie profonde du ventre jusqu'à l'aîne, la cuisse, le testicule: elles arrachent des cris aux malades ; le moindre mouvement les exaspère, et le patient ne peut redresser le tronc; il reste courbé fortement sur lui-même. Les douleurs paraissent brusquement ou graduellement, et se dissipent de même, en prenant ainsi la forme d'accès intermittents plus ou moins éloignés. On a donné à ces douleurs le nom de coliques nèphrèiiques, lorsqu'elles tiennent a la présence de calculs engagés dans les reins, les calices, le bassinet et même dans l'uretère. La phlegmasie aiguë des membranes qui forment ces conduits, ainsi que les ulcérations et la suppuration rénale, produisent
UlUNE. 667
ces mêmes douleurs, mais moins vives et sous forme continue. Les concrétions urinaires les font paraître, à l'état d'accès, d'abord intermittents et très-éloignés les uns des autres, puis ils finissent par se rapprocher et par devenir continus.
La suspension et la suppression de la sécrétion urinaire sont des phénomènes rares et dont on ne peut reconnaître l'existence qu'au moyen des quantités d'urine rendues chaque jour. Pour qu'elle se supprime, il faut que les deux reins soient affectés en même temps, et qu'on se soit assuré qu'il n'y a aucun obstacle au passage de ce liquide, soit dans la vessie, soit dans le canal de l'urètre. Il se manifeste quelquefois un état général grave encore fort mal déterminé et problématique auquel on a donné le nom d'urémie. Nous en dirons quelques mots plus loin.
De l'airlue. Divisions. Nous voulons seulement cher- Séméiolique cher, dans l'étude de l'urine, les symptômes des maladies 'If.
' ' j r Divisions.
locales et générales qui modifient les propriétés physiques et chimiques de ce liquide. Nous supposerons connues les qualités physiologiques, et toute la partie chimique qui traite des divers réactifs à l'aide desquels on reconnaît les éléments de l'urine. Il est désormais impossible de rassembler, dans les livres consacrés à la pathologie générale, les donnés fournies par la physiologie, la chimie et la physique. A chaque subdivison de la science appartient une tâche spéciale, qui est représentée dans l'enseignement actuel de la médecine par les sciences accessoires qui y sont plus directement afféi-entes. Le lecteur ne doit donc pas s'attendre à trouver dans un article consacré à la séméiologie ce que renferme un traité de chimie, de physique ou de physiologie, et s'il l'y
SYMPTOMES RÉNAUX.
Idées générales.
Maladie des reins.
Maladie de l'appareil d'excrétion urinaire.
rencontre, c'estque l'auteur a empiété sur les attributions de ces sciences. Ces invasions continuelles faites sur le territoire voisin sont très -fréquentes, et il faut dire qu'elles ne tournent pas ordinairement à l'avantage de la clarté ni de la précision.
L'urine est un véritable excrément liquide, une lessive du corps, comme l'appelait Foarcroy. Elle contient toutes les matières solubles que le sang lui-même renferme normalement ou accidentellement, et, comme les altérations du sang sont presque toujours consécutives à celle du solide, on peut souvent conclure de l'altération de l'urine à celle du sang et à celle du solide. Les anciens avaient envisagé de cette manière l'étude de l'urine ; seulement comme ils n'avaient pas les données scientifiques dont nous disposons aujourd'hui, ils sont tombés souvent dans l'erreur ; cependant ils sont aussi parvenus à découvrir d'importantes vérités.
1° La cause fréquente de l'altération de l'urine doit être cherchée dans l'organe sécréteur lui-même qui, devenu malade, jette quelques-uns de ses produits morbides dans le liquide excrété. On éprouve quelque difficulté pour savoir si c'est du sang, du rein ou d'un autre organe que proviennent les altérations de l'urine. L'albumine par exemple peut être fournie par le sérum du sang altéré ou par le rein lui-même qui a subi une lésion évidente. On a cru aussi pendant longtemps que le sucre diabétique venait du rein.
2° Une autre cause des modifications pathologiques de l'urine a son siège dans les voies qu'elle parcourt, l'uretère, la vessie et le canal de l'urètre.
Ainsi lésion du rein , lésion des conduits excréteurs maladie du sang, maladie d'un autre organe, voilà les
quatre grandes sources des altérations du liquide urii naire.
Cherchons maintenant quelle est la nature des altérations de l'urine. Dans un premier groupe se trouvent ! celles quinousprésentent augmentés ou diminués les éléiments normaux, tels que l'eau, les sels, l'urée, l'acide urique.
Dans un second , les urines pathologiques dans lesquelles nous voyons paraître un produit morbide nouveau, avec analogue dans l'organisme, comme l'abumine, la matière grasse , le sucre, le sang, les spermatozoaires.
Dans une troisième subdivision doivent être mises les substances anormales qui sont sans analogue dans l'organisme; telles que le pus, le cancer, etc.
Le quatrième groupe comprend les substances solubles qui ont été introduites par la bouche et qui ont pénétré dans le sang, comme les sels de quinine, defer.l'iodure de potassium, les poisons.
Le cinquième groupe est caractérisé par la présence d'animaux, tels que les acéphalocystes et le strongle.
La séméiologie de l'urine se trouve donc divisée natu- séméioiogie de rellement de la manière suivante : I. Altération de la l'urine:
Divisions:
composition chimique, portant sur la quantité des éléments I normaux; 2° altération due à la présence d'un élément anormal : A, homologue (fibrine, albumine, sang) ; B, hétérologue développé dans l'organisme ; C, venu du dehors (poisons, médicaments) ;11. AUèration des propriétés physiques.
I. Altération de la composition cbiniiquc de l'n- Auéraiion rine. Ces altérations, dont la connaissance est due à la «leiacomposiiion
' . ciiimiquc,
chimie, constituent maintenant la partie la plus essentielle
070 SYMPTOMES RÉNAUX.
de la séméiologie des urines. Cependant il ne faut pas s'exagérer la précision des analyses chimiques ni la valeur des altérations que celles-ci nous révèlent. Consacrons quelques lignes au développement de ces deux propositions avant d'aller plus loin.
Valeur des faits La pathologic interne n'avance et ne se perfectionne trouvés q^'à, l'aide des méthodes d'explorations, ou pour mieux
par l'analyse , i i • i i
chimique, du-e de 1 observation rendue plus rigoureuse et plus certaine par les progrès des sciences naturelles, de la physiologie, de la chimie et de la physique. Or quand la pathologie vient demander à la chimie de lui faire connaître la composition normale et morbide du sang ou de l'urine, elle ne doit pas s'attendre à posséder des résultats aussi positifs que s'il s'agissait d'une substance minérale. Tout est encore à faire dans la chimie appliquée à l'étude des liquides animaux, et il suffit pour s'en convaincre de jeter les yeux sur les analyses faites, à quelques années de distance. Les variations et contradictions nombreuses qu'on y remarque prouvent, tout à fois, la difficulté qui se rattache à de pareilles recherches et le danger qu'on court, en voulant les faire servir prématurément à la constitution définitive de certaines parties de la pathologie. Ainsi, tout enleur accordant une place importante dans la nosologie, nous croyons ■ qu'on doit le faire, à titre provisoire, et surtout ne paS l leur subordonner les notions bien autrement positives ' qu'on retire des troubles fonctionnels et des altérations de texture. Un exemple va nous servir à prouver la vérité de cette proposition. Quand on eut démontré, à l'aide de nombreux réactifs, la présence du glycose dans l'urine, on ne tarda point à trouver ce sucre dans tous les sangs et dans toutes les urines. Les enfants, les vieil-
lards, les lemmes gi'osses, les nouvelles accouchées, les asphyxiés, les cholériques, ceux qui respirent bien et ceux qui respirent mal, tous étaient diabétiques. A. quoi tenait, dans la plupart des cas, cette glycosurie i<Hîïvrse;/e? A l'imperfection des réactifs qu'on emploie, notamment de la liqueur cupro-potassique et des autres réactifs proposés pour la remplacer. N'avonsnous pas vu les médecins éprouver un embarras du même genre lorsque, le réactif à la main, ils cherchaient à constater l'albumine dans l'urine? N'a-t-on pas alors distingué l'albumine de l'albuminose, de la caséine, etc. etc. ? Nous passons sous silence d'autres incertitudes du môme genre et, pour ne pas donner à ces remarques critiques un trop long développement, nous conclurons, qu'avant de raisonner, àpertede vue, sur des faits annoncés, il faut d'abord examiner si leur existence a été mise hors de toute contestation , par des recherches positives qui ne laissent plus de place à l'erreur. La chimie médicale cherche sa voie; il ne faut donc pas lui demander plus qu'elle ne peut donner, quant à présent.
En séméiotique, une fois qu'on a constaté l'altération de l'urine, il reste à déterminer si elle dépend d'une maladie des reins , du sang, ou d'un organe qui verse dans le sang un produit morbide. Nous nous occuperons de cette importante et difficile question chaque fois que nous étudierons les altérations de l'urine.
1" Altération de proportion des éléments normaux. L'urine doit être représentée comme de l'eau tenant en dissolution une proportion à peu près constante de matières organiques et inorganiques , et en suspension l'épithélium provenant des conduits urinifères.
On trouve parmi les matières organiques l'urée et
Incertitude des procédés d'analyse.
1° Altération de
proponioii des éléments normaux.
672 SYMPTOMES RÉNAUX.
l'acide urique qui sont les éléments caractéristiques de l'urine, et en font un liquide distinct de tous les autres liquides de l'économie.
Parmi les matières inorganiques nous citerons un grand nombre de sels, tels que le chlorure, les phosphates et les sulfates alcalins. Voici la composition de l'urine, d'après M. Becquerel et Rodier (1) :
Eau 971
Urée 12
Acide urique 0,398
chlorures de chaux , phosphates de soude
sels fixes: { t notasse > ^'^^^
sulfates j potasse
Matières inorganiques
de magnésie
acide lactique lactate d'ammoniaque matières colorantes } 8,647
— extractives chlorhydrate d'ammoniaque ;
Pour prendre une juste idée des altérations de quantité de l'urine dans les maladies, il faudrait agir sur l'urine de vingt-quatre heures, comme l'a fait M. Lecanu pour l'urine normale. Or, il est rare qu'on ait pris cette précaution, qui est cependant indispensable si l'on veut avoir des observations comparables et des résultats positifs.
Modification Acidilé et alcalinilé de Vurine. L'urine normale est de racidiié de constamment acide. On ne sait pas encore si cette réac-
rurine. ^
tion est due àl' acide urique ou à l'acide lactique. L'acidité peut être augmentée, diminuée, nulle, ou remplacée par l'alcalinité.
(1) Traité de chimie pathologique, p. 270, in-8°, Paris, 1854.
Il est rare que l'urine perde son acidité dans les mala- Aridité dies. Elle augmente lorsque l'urine est chargée d'acide ''"ë"^'^""^** urique et d'urates alcalins, lorsqu'elle est dense, peu aqueuse, colorée en jaune, rougeàtre, et laisse déposer des sédiments rouges. Cette acidité se remarque dans toutes les urines fortement animalisées , dans toutes les pyrexies, les inflammations, toutes les fois, en un mot, que la circulation est activée, et la caloricité augmentée. Quant à l'interprétation chimique du fait, elle est difficile à donner ; il est possible que la combustion imparfaite des substances azotées en soit la cause. ( Voyez Acide urique.)
Dans la pneumonie, dans les affections du cœur, la phthisie, les maladies du foie, le rhumatisme, cette acidité est très-prononcée. Il en est de mênie dans les urines critiques qu'on observe à la fin des maladies aiguës précédentes.
Vurine neutre se rencontre dans le cas où elle contient urine neutre, de l'eau en excès et où elle est très-abondante, comme dans la polyurie et le diabète sucré, etc., dans l'anémie et les maladies organiques non fébriles, celles du cœur exceptées.
L'alcalinité est rare dans l'urine, et si l'on retranche Alcalinité, les cas dans lesquels l'usage des alcalins, la présence du pus ou du sang , le séjour prolongé de l'urine dans la vessie malade ou paralysée, enfin la putréfaction de ce liquide, la malpropreté du vase, exphquent cette réaction, on ne trouve qu'un petit nombre de maladies où elle se présente réellement.
Voici ce que notre observation nous permet d'établir, ses caractères, L'ui ine alcaline ou neutre est limpide, incolore ou à peine colorée en jaune, plus souvent louche on opaline comme m. 43
67^ SYMI'TOMKS HKNAUX.
(lu pclit lait, avec un léger nuage ou un dépôt blanchâtre, pulvérulent, formé sur la paroi inférieure du vase. L'ébullition seule fait souvent paraître ce caractère, et alors l'urine devient blanchâtre, trouble, floconneuse à un tel degré qu'on pourrait croire à l'existence de l'albumine, si l'addition d'une goutte d'acide nitrique, dans laliqueur bouillante ne lui rendait pas, à l'instant même, unelimpiditéparfaite, après y avoir produit une vive effervescence. On a attribué le précipité à la production des bi- carbonates de chaux solubles, de magnésie ou d'ammoniaque qui, ramenés par la chaleur à l'état de sous-carbonates, se décomposent en présence de l'acide, laissent dégager l'acide carbonique et forment un sel qui se dissout dans l'urine. Causes générales : Il reste beaucoup à apprendre sur la cause et la vériraicaiinite table composition de cette urine. Nous l'avons rencontrée
se rallaclie
à la production daus Ics conditious morbides suivantes : 1° chez des ma- *^^oùdu'pus' l'itles anémiés ou infiltrés, et qui plus tard ont offert tous les symptômes de l'albuminurie ; 2° chez d'autres qui avaient présenté d'abord les signes de cette maladie ; l'albumine disparaissait et l'urine devenait alors alcaline et cai'bonatée. 11 nous serait difficile d'expliquer cette succession de réactions chimiques. 3° Nous l'avons notée chez des malades qui étaient en proie à une diathèse purulente, chez des femmes atteintes d'accidents puerpéraux, dans la phlébite , dans les varioles terminées par des abcès disséminés dans le tissu cellulaire général, dans quelques fièvres typhoïdes graves , à forme ataxo-adynamique, dans le farcin chronique et la scrofule à marche aiguë, etc.
Aiièraiiondcs 1° AUcraUon (le proportion de T cau dans les maladies, quaniiiés d'eau, quantité moyenne de l'eau, dans l'état normal, varie suivant qu'on examine l'urine le matin, avant l'usage des
UfUNE, O'f)
boissons ou trois heures après le repas. La première, qui a reçu le nom à! urine du sang, est moins aqueuse et plus chargée de sels ; l'urine des boissons est pâle , contient plus d'eau ; celle de la digestion entraîne beaucoup de sels et représente un véritable liquide excrémentitiel. La quantité d'eau peut être augmentée on diminuée clans les maladies. Elle varie entre 900 et 950, sur 1000 parties d'urine.
A. L'augmentai ion absolue est marquée par la quan- i-Augmemaiion tité surabondante d'urine, comme dans le cas où l'on ^-''^^^'^^î fait usage de boissons aqueuses. L'urine est pâle ou tout
à fait décolorée, n'exhale aucune odeur urineuse. On observe cette altération dans la polyurie ou diabète non sucré, dans la glucosurie et dans les affections nerveuses, l'hystérie et l'hypocondrie principalement, les névralgies, la névrosthénie. Les émotions morales agissent, de la même manière, ainsi que l'air froid, l'humidité et tout ce qui réduit la sueur à son minimum.
V augmentation rehilive est fort douteuse. Elle dépen- relative, draitde ce que la quantité des matériaux solides de l'urine diminue, comme dans la chlorose, les affections chroniques non fébriles, les maladies du système nerveux , la convalescence.
B. La diminution absolue de l'eau ne peut être rigou- 2" Diminution reusement appréciée que par l'évaporation qui fait connaître le rapport qui existe entre l'eau et les matières
Solides; mais le clinicien peut se contenter de l'étude des J)ropriétés physiques que lui offre alors l'urine. Elle est en moindre quantité, d'un jaune plus ou moins foncé, d'une odeur aromatique, forte ; son acidité et sa densité sont augmentées ; les sels se précipitent aisément par le refroidissement et forment des dépôts, des sédiments , à la partie inférieure du vase,
OTi) SYMPTOMES RÉNAUX.
Maladies Les conclitions morbides qui paraissent surtout dimiquiiaproduisent. les quantités d'eau sont : 1° la plilegmasie des reins (néphrite aiguë simple ou calculeuse, certaines formes aiguës de la maladie de Bright) ; 2° la pyélite simple, calculeuse ou rhumatismale ; 3° les maladies du foie qui donnent lieu à l'ictère ; li° les affections du cœur qui congestionnent le foie, le rein et produisent l'hydropisie ; 5° les phlegmasies aiguës des viscères ou plutôt la fièvre qui les accompagne lorsqu'elle est intense ; 6<> les sueurs abondantes produites par les phlegmasies, le rhumatisme articulaire, la phthisie, et par tant d'autres affections . 7° Ajoutonsenfin que lesmaladies les plus diverses peuvent agir sympathiquement, sur la sécrétion urinaire, tantôt parce que le travail de la digestion est arrêté ou diminué, tantôt parce que les boissons ne sont plus ingérées, en quantité suffisante. Il faut que le médecin tienne compte de toutes ces circonstances s'il veut tirer quelque signe important de l'étude de l'urine. Le l'urée; Altération de quantité de Vurée. On ne peut pas supnortnaïc dans poser l'existencc de l'urine sans urée , pas plus que celle
le sang. A i i.
du sang, sans globules, du lait sans caséum. On s'accorde à croire que l'urée, contenue normalement dans le sang, en est éliminée par les reins. Formée, aux dépens des matières organiques et par leur décomposition, dans la substance même des organes, elle est reprise et charriée, en proportion plus grande, par les lymphatiques que par lesveines(analysede M.Wurtz)surtoutpendantl'abstinence (expérience de M. Bernard). Arrivée avec le sang dans les reins, elle en est éliminée en partie. Le sang de l'artère rénale en renferme moitié plus que le sang de la veine rénale (expérience de M. Picard, de Strasbourg). On conçoit dès lors que si la quantité d'urine augmente,
LUIJNE. 677
celle de l'urée suit la même proportion. Ainsi, chez le diabétique, elle ne paraît diminuée qu'à cause de la grande quantité d'urine que rendent les malades. On ne connaît que très-imparfaitement les variations de quantité de l'urée dans les maladies.
A. Augmentation. On a fixé àlS ou 32 grammes laquan- Augmentation de tité d'urée éliminée en vingt-quatre heures. On a dit
qu'elle était accrue dans l'urine des diabétiques : c'est une erreur. Elle le serait plutôt chez les sujets soumis à l'abstinence, comme elle l'est chez les animaux sacrifiés, après une abstinence prolongée.
B. Diminution de Vuréc. Elle peut tenirà ce qu'elle se dé- Diminution, truit très-facilement, en présence d'une matière animale,
telle que le mucus, le pus ou le sang contenu dans le rein ou la vessie. Elle se convertit alors en carbonate ou cyanate d'ammoniaque, qui entre dans la composition de l'urine qui commence à s'altérer et de l'urine alcaline dont nous avons parlé plus haut, {y o^ez Acidité et Alcalinité) . On sait que l'urée, en prenant deux atomes d'eau, se transforme en carbonate ou en cyanate d'ammoniaque.
Nous signalerons parmi les maladies dans lesquelles on Causes de celle a noté la diminution de l'urée : 1" la néphrite aiguë, sim- diminuuon. pie ou albumineuse. On rapporte les accidents éprouvés dans ce cas, par les malades, tels que le vomissement, le délire, les convulsions, le coma, à l'urémie, c'est-à-dire, à l'excès d'urée dans le sang ; ce principe cesse alors d'être éliminé par les reins, comme chez les animaux auxquels on a extirpé ces organes. On a porté, à la moitié, la diminution de la quantité normale d'urée, dans la maladie de Biight (Ghristison). 1" Dans les fièvres, les inflammations, elle est moindre, dit-on , tandis que la quantité d'eau
678 SYMPTOMES RÉNAUX.
reste normale. 3" Dans les maladies avec débilité, la chlorose, les affections chroniques, l'eau augmente et l'urée diminue. Des recherches physiologiques, qu'on doit à Magendie et à M. Cl. Bernard, font supposer que la suppression de la sécrétion urinaire, ou de l'élimination d'urée, est remplacée par la sécrétion de ce principe dans le suc gastrique et les liquides de l'intestin; seulement on ne peut l'y retrouver parce qu'il est détruit aisément et décomposé en carbonate d'ammoniaque , ainsi que nous l'avons dit précédemment.
Altération Acide uriquc et tirâtes. Après l'urée, la substance qui l'jwldT uHque ^et ^6 rencontro le plus constamment est l'acide urique. On
des uraies. leur a assigné une origine commune ; on les a considérés comme le résultat de la combustion, de l'oxydation des matières azotées. L'acide urique serait un degré moins avancé et moins parfait d'oxydation de l'urée (Voehler, Frerichs). On sait qu'en donnant de l'oxygène à l'acide urique il se forme de l'urée, de l'acide oxalique et de l'allantoïne. Cet acide existe dans le sang normal, mais en très-petite proportion (un millième).
On a prétendu que tout ce qui peut ralentir les fonctions respiratoires et l'hématose hépatique, par conséquent diminuer l'oxydation des matières, donne lieu à la production de cet acide en excès (Dumas). Il faut se rappeler qu'il est peu soluble dans l'eau, ce qui explique pourquoi il se sépare aisément de l'urine, par le refroidissement, sous forme amorphe ou plus souvent de rhorabes très-réguliers. Il constitue, avec les urates acides de soude ou d'ammoniaque, la plus grande partie des sédiments qu'on trouve à la partie inférieure du vase contenant l'urine refroidie.
Augmentation
des uraies. A. Augmentation deqmntité. On reconnaît assez bien une
URIKE. 679
urine chargée d'acide urique et d'urates, à ce qu'elle est très-acide, d'un jaune foncé ou rouge, à ce qu'elle laisse précipiter spontanément, par le refroidissement ou par l'addition de quelques gouttes d'acide nitrique, une poudre jaunâtre ou rouge, d'apparence cristalline ou amorphe, dans laquelle on découvre aisément, avec le microscope, de beaux cristaux. Le précipité est soluble dans un excès d'acide nitrique ou par l'ébuUition : ce qui n'a pas lieu pour l'albumine. On remarque aussi que la quantité de mucus et de matière colorante s'accroît, en sorte que l'urine est en même temps plus rouge et donne des sédiments, des énéorèmes. (Y oj^iz Altérations physiques.)
L'augmentation de liacide urique et des urates peut dépendre : A, de ce qu'ils sont réellement, en plus forte proportion ; B, de ce que la quantité d'eau est diminuée.
L'acide urique et les urates augmentent réellement, chez les sujets qui ont une nourriture fortement azotée, qui boivent beaucoup d'alcool, qui restent au repos.
A l'état pathologique, on observe l'accroissement de Dans les ces sels: A. Dans la fièvre, quelle que soit sa cause et sur- '"'îes"^p'^reï*iesV^ tout lorsqu'elle est liée à une inflanmiation parenchymateuse ; B. Dans les pyrexies continues, les exanthèmes, les fièvres intermittentes et rémittentes. Si un malade qui ics fièvres d'accès; n'a pas actuellement de fièvre rend une urine jumenteuse et fortement chargée d'acide urique et d'urate, on peut afTirmer qu'il existe une fièvre intermittente, qu'on neut avoir intérêt à arrêter immédiatement. G. Les mala- les maladies
• •11-1 du foie;
dies du foie, l'hépatite, 1 hyperémie simple, la cirrhose, produisent la même altération de l'urine. D. Il en est de du cœur, même des maladies du cœur, des troubles profonds de l'hématose provoqués par l'emphysème, de la phthisie, de
680 SYMPTOMES RÉNAUX.
la pneumonie et des afTections très-douloureuses. Les expérimentateurs ont Tioté qu'en tourmentant des animaux ceux-ci rendent plus d'acide urique. E. La gravelle dite rouge a précisément, pour caractère essentiel, la formation d'un sédiment ainsi colorée et presque entièrement composé de cristaux d'acide urique et d'urates de soude, de chaux, d'ammoniaque.
Gouite La diathèse d'acide urique est marquée par l'émission ei gravelle. f^^q^gj^tg souvcnt pénible d'une urine qui renferme une proportion beaucoup plus grande, qu'à l'état normal, d'acide urique et d'urates alcalins. On sait qu'elle constitue un des éléments essentiels de la goutte et de la gravelle ; ce qui ne veut pas dire que la cause de ces deux maladies soit la formation de l'acide et de ses sels, en excès. On peut supposer que les matières azotées, au lieu d'être oxydées et de passer à l'état d'urée, deviennent acide urique, ou en fournissent une plus grande proportion. Diminution A. Diminulion de l' acide urique et des urales. On reconi''acide"^urique ei i^'i^^t cliniqueuient cette altération , à ce que l'urine est claire, de ses sels, transparente, sans sédiments et peu dense. La quantité d'eau peut être accrue, et alors la diminution des sels est relative. Tout ce qui affaiblit l'organisme, les hémorrhagies, les affections chroniques apyrétiques, la chlorose, l'anémie, les affections nerveuses, l'hystérie, l'hypocondrie, diminue la proportion de ces composés azotés. Les urines ainsi constituées forment les urines aqueuses ou crues, signalées par les anciens, dans les maladies.
nésumé. En résumé, ce qu'il importe au praticien d'établir, c'est une ligne de démarcation entre l'urine foncée, rouge, riche en matières salines, spontanément précipitable , précipité qui se redissout aisément, et l'urine qui est, au contraire, décolorée et sans aucun dépôt. Les premières
URIWE. m
appartiennent aux maladies aiguës, fébriles et de courte durée ; les secondes, aux chroniques et aux maladies qui désorganisent lentement les tissus.
Altération de Vtirine par la réaction chimique réci- AUéraiion proque de plusieurs de ses éléments. Lorsque l'urée se ^^°?uri"nc ' trouve, pendant un certain temps, en présence de l'eau et d'une matière organique, elle se décompose en souscarbonate d'ammoniaque (1). La réaction que celui-ci exerce à son tour sur les autres principes de l'urine explique la formation des sous-carbonates de chaux et de magnésie qui se décomposent, avec effervescence, par l'acide, lorsqu'on les a précipités par l'ébullition (voyez Urine alcaline) , des phosphates neutres de chaux et des phosphates ammoniaco-magnésiens neutres ou bibasiques. On sait que ces derniers sont acides ; or le carbonate d'ammoniaque cédant son alcali à l'acide phosphorique, en excès, il en résulte un phosphate neutre et un phosphate ammoniaco-magnésien. La forme des cristaux, observés au microscope, fournit un moyen sûr et rapide d'analyse. Les urines alcalines et ammoniacales, deviennent telles par suite des réactions chimiques dont nous venons de parler. On les observe, d'abord dans les maladies des calices, du bassinet, de l'uretère et delà vessie, lorsque l'urine séjourne dans son réservoir impuissant ou paralysé (myélite, paralysie cérébrale, etc. ) ; dans un grand nombre de maladies graves, ataxo-adynamiques (fièvres typhoïdes, puerpérales, hémorrhagies cérébrales et paraplégies) et celles qui désorganisent lentement les tissus (productions homologues et hétérologues).
(I) M. Becquerel en a fait une élude complète, dans un oiivrîi:.'^ pulilié, en collaboration avec M. Hodier. Nous conseillons !a leclure de ce livre {Traite de chimie pathologique, p. 297, in-8", 1854).
Cysline.
682 SYMPTOMES RÉNAUX.
Cysline. Quelques chimistes assurent que la cystine se trouve fréquemment, sinon toujours, dans l'urine normale. D'autres en nient formellement l'existence et attribuent l'erreur commise à ce que les hexagones de la cystine supposée ne sont que des cristaux tronqués d'acide urique. On dit qu'on trouve la cystine dans la scrofule, la chlorose, la phthisie, la dégénérescence graisseuse du foie. De récentes recherches démentent ces assertions. Acidehippurique, Acide hippuriqus. Oïl u'cst pas sûr qu'il se trouve normalement dans le sang ; son existence paraît liée à l'alimentation. Quand on soumet des herbivores à la diète, cet acide disparaît, et au contraire l'acide urique, qui n'existe pas chez eux, se développe. Il serait en plus grande proportion, chez les diabétiques, les fébricitants soumis à la diète, et dans l'albuminurie chronique.
Sels inorganiques. Ce sont : le chlorure de sodium, les sulfates de potasse et de soude, les phosphates de soude, de chaux, de magnésie, d'ammoniaque, le lactate de soude, la silice. On ne sait encore rien de positif sur les variations de quantité de ces différents sels ; cependant il est sûr qu'elles doivent être très-grandes, dans les maladies qui modifient si profondément les sécrétions et surtout la composition normale du sang. Ces sels forment la base des graviers, des calculs rénaux et vésicaux. On y voit figurer, en différentes proportions, les urates, les phosphates , les oxalates , la xantine , la cystine et le silice.
Maiières organiques. A. Acide JacUque. On en admet généralement la présence dans l'urine normale ; on croit qu'il s'y trouve à l'état de lactate d'urée, et peut-être de lactate de soude et d'ammoniaque. Il lui donne une trèsgrande acidité.
Sels inorganiquis.
Maiières organiques normales.
Acide laclifMR'.
B. Vhydrochlorate (V ammoniaque qu'on y rencontre parfois a été attribué à la décomposition tle l'urée.
Nous n'avons rien à dire d'une matière colorante bleue analogue à l'indigo qui existe dans l'urine. Occuponsnous seulement de la matière colorante rouge, du mucus et de l'épithélium.
C. Matière colorante. On a donné le nom d'acide rosa- waiièrc
1 11 colorante rouge.
cique ou purpurtque a une matière colorante dont la composition chimique est restée ignorée jusqu'à présent, mais qui n'en a pas moins une existence aussi réelle que la biliverdine dans la bile et l'hématine dans le sang. Elle contient du fer comme elles et donne à l'urine la teinte jaune qui lui est propre.
» L'augmentation de quantité de cette matière colorante Augmeiilalion s'accompagne presque toujours d'une augmentation '^"^ '^^vai^'uT'^"'^* pareille de l'acide urique, des urates et d'une diminution séméiotique, de la ([iiantité d'eau. Il se forme alors des sédiments roses, ou d'un rouge pourpre ou vermillon, qui adhèrent aux parois du vase; quelquefois l'urine devient rouge comme du sung. L'addition d'une quantité variable d'eau ou l'ébullition, fait reprendre à l'urine sa coloration naturelle. Lorsque ce liquide est coloré par la biliverdine, la teinte en est toute différente ; d'ailleurs l'acide nitrique et la solution d'iode et d'iodure de potassium donnent à cette dernière une couleur verte que ne contracte jamais la matière jaune normale de l'urine.
Quoiqu'on ignore le mode de production du principe Maladies
., ^ 1 . , , . dans lesquelles on
coloi ant, il peut être le sujet de quelques remarques gé- i-obscrve. nérales qui ne sont pas sans valeur pour le diagnostic. L'urine, dans laquelle ce principe est en excès, est rouge, dépose aisément parle refroidissement; elle est acide ei souvent chargée d' urates. On l'observe dans les mêmes
SYMPTOMES KÉNAUX
Diminulion de la matière colorante.
Épithélium.
conditions morbides que celles qui produisent un excès d'urates, ainsi dans tous les états fébriles, la fièvre intermittente, les maladies aiguës, le rhumatisme, la goutte, la gravelle, et les maladies qui s'accompagnent de sueurs abondantes, etc.
Les urines pâles, décolorées, peuvent tenir à ce que la matière colorante est étendue dans une plus grande quantité d'eau ou, ce qui est plus rare, à une diminution de quantité de cette matière.
Mucus et épithéliimi. Vuiine entraîne, SL\ec elle,unequantité considérable de cellules épithéliales, qui se détachent de la surface de tons les conduits sécréteurs et excréteurs et qui, tenus en suspension dans le liquide, se manifestent sous forme de nuage, d'énéorème, ou se déposent à la partie inférieure. On les a regardés jusque dans ces dernières années comme du mucus ; mais le microscope y fait aisément reconnaître la présence de cellules de différentes formes, qui appartiennent à l'épithélium des conduits urinifères, ou sont des globules de pus. On sait qu'il est trèsfacile, aujourd'hui, de distinguer au microscope ces deux espèces de cellules.
On retrouve une grande quantité d' épithélium dans les urines jumenteuses et dans les dépôts et les énéorèmes. Les maladies des voies urinaires et un trèsgrand nombre de maladies caractérisées par l'anémie et l'adynamie, donnent lieu à cette altération de l'urine.
II. Alfcratioia de la composition cliitiiiquc de Tiariiie résultant de la présence d'un produit niorliifle Itoniologne. Ces altérations sont caractérihomologues g^^g l'existeuce dans l'urine : A, du sang : B, de
et licicrologues. ^ ' & ? ^5
l'allDumine; C, du sucre; D, de la matière colorante de
Altération do l'urine par des produits morbides
Ses caractères
chimiques et physiques.
la bile ; E, du sperme ; F, du lait, de la graisse, des matières fécales.
A. Sang. Urine sanglante. Suivant la proportion plus urine sanglante, ou moins grande du sang, la couleur de l'urine varie du rouge noirâtre à la teinte rouge vif ou rose. Tantôt le sang est en quantité telle qu'il se dépose sous forme de caillots noirs, volumineux à la partie inférieure du vase, tantôt d'une matière granuleuse, rouge, formée par les globules du sang. La couleur ordinaire de l'urine qui contient peu de sang, comme dans la forme chronique de la maladie de Bright, est celle de l'eau rougie par une petite quantité de vin ou qui a lavé de la substance musculaire. Le microscope y découvre aisément des globules sanguins plus ou moins déformés, quelquefois des flocons de fibrine. En raison de la présence du sérum nécessairement mêlé à l'urine sanglante, celle-ci offre une réaction alcaline et laisse précipiter l'albumine par l'acide et la chaleur.
On donne le nom d'hématurie (aî[j.a, sang, oùpsTv, uriner) à l'expulsion par la vessie d'une urine sanglante. Elle est le symplôme d'une maladie, 1° des organes génito-urinaires (reins, vessie, urètre) ; 2° du sang. Elle est sympathique d'une maladie générale ou locale ; ou enfin idiopalhique.
1° Hématurie symptomatique : a. D'une maladie des organes gênilo-urinaires, néphrorrhagie. La première pensée qui doive naître dans l'esprit du praticien quand il aperçoit une grande quantité de sang mêlé à l'urine, c'est que le rein est malade. Les affections aiguës qui produisent ce symptôme sont : la maladie de Bright, l'hyperémie rénale, la néphrite aiguë simple ou exanthématique, la rhumatismale, la goutteuse, la néphrite cantharidienne, ou provoquée par quelques médicaments
Division de l'hématurie.
1° Hématurie symptomatique.
086 SYMPTOMES HKNAUX.
Maladie des reins; irritants (térébentliiiie , diurétiques). Dans la forme chronique, nous trouvons le second et le troisième degré de la maladie de Bright, la pyélo-néplirite causée par la présence de concrétions urinaires développées dans les calices et le bassinet, dans la gravelle rénale simple ou goutteuse, les lésions chroniques, tels que le cancer, les acéphalocystes, les kystes. Quelquefois une tumeur cancéreuse du mésentère ou de l'intestin contracte des adhérences avec le rein et y produit une dégénérescence qui s'annonce par des hématuries chroniques, répétées et irrémédiables, des h. Laphlegmasie des calices, du bassinet, de l'uretère,
voies d'excréiion pgcQ^^j^ait prcsquc toujours pour cause une des lésions
urinaire ; i i j i
précédentes; aussi quand une hématurie se déclare doiton annoncer l'existence de l'une d'elles.
c. Nous signalerons seulement les maladies de la vessie, de la prostate et de l'urètre, comme s' annonçant d'ordinaire par l'hématurie.
(i. A ce groupe d'hématurie nous paraît devoir êtrë rattachée l'hématurie endémique dans les régions tropicales (1) , dont la cause est fort obscure et qui s'accompagne, en même temps, déformations d'acide urique, d'albumine, de matière grasse, de chyle (?). Peut-être cependant appartient-elle au groupe suivant, du sang. C. Hhnalurie sijmptnmatique d'une maladie du sang.
C'est encore le rein qui fournit le sang, par exhalation^ il y a néphrorrhagie. Nous citerons, comme cause biefl positive des urines sanglantes, la variole et la scarlatine adynamiques, la fièvre jaune des contrées tropicales, de
(1) Voyez sur ce sujel le Traiid des maladies des reins de M. Rayer t. m, in-8% Paris, 1841. ' '
(JllINK. r,87
laquelle il faut rapprocher, sous ce point de vue, comme sous beaucoup d'autres, l'ictère liémorrhagique essentiel (1). La fièvre typhoïde, la puerpérale, les affections charbonneuses et hémorrhagiques, les fièvres paludéennes pernicieuses, donnent lieu à l'hématurie.
2" Hématurie i^ympathique. Elles sont peu nom- 2" iiémaïune breuses et n'ont été observées que chez les femmes dont ''5''"p^''^'^"*^ » les règles étaient supprimées, depuis quelque temps, ou à titre de flux supplémentaire de quelque autre hémorrhagie. Il faut se tenir en garde contre l'hématurie dont aucune lésion appréciable ne peut rendre compte, et faire tous ses efforts pour la rap23orter à une altération de texture. Cependant nous en avons observé des cas réellement sympathiques chez de jeunes filles aménorrhéiques, qui ont été prises, plus tard, des symptômes les plus violents de l'hystérie et de la chlorose.
3° Uêmaiurie idiopalhique. Nous ne ferons que mar- 3^ ^iopaniique quer la place de ces hémorrhagies, parce qu'elles constituent et le symptôme et la maladie môme. De ce nombre sont Yhêmalurie endémique, dont nous avons parlé précédemment, et peut-être celles qui se montrent chez les hystériques et les chloro-anémiques. Nous les avons rattachées aux hématuries sympathiques.
B. Albumine. Urine albumineuse, albimimirie. La pré- vr\m-
1 i> • ... 11./ albumineuse.
sence de ce prmcipe, dans l unne, constitue une des altérations les plus étudiées de ce liquide. Toutefois on est loin de connaître sa nature et toutes les causes qui jettent ce principe dans l'urine et donnent à ce liquide des propriétés physiques et chimiques toutes spéciales.
(I) Nous avons fait connaître plusieurs cas d'hématuries dans notre mémoire sur l'ictère hémorrhagique essentiel (journal le Progrès, 1859).
Ses caractères physicochimiques.
Albumine et albuminosc
688 SYMPTOMES P.ÉNAUX.
L'albumine estcoiUenue, comme on lesait,(lansle sérnm du sang dont elle se sépare facilement lorsque le rein est affecté ou le sang altéré. Elle est tantôt mêlée à un autre élément du sang, à la fibrine ou à sa matière colorante, tantôt à du pus qui vient de l'appareil sécréteur ou excréteur. Occupons-nous d'abord des cas où l'albumine est seule dans l'urine. On a donné le nom d'a/6ummwn>àcette altération spéciale qui était connue déjà, à la fin du dernier siècle, mais seulement dans ses rapports avec l'hydropisie et les maladies générales. Aujourd'hui qu'on en a fait une étude approfondie , on s'est aperçu que ce principe ne se présente pas toujours de la même manière, et l'on a donné le nom à' albuminose à celle qui n'est pas coagulable par l'acide nitrique. Nous ne pouvons aborder les discussions toutes chimiques que ce sujet obscur a soulevées.
On reconnaît aisément l'albuminurie aux caractères suivants : urine de couleur et de densité variables, acide, alcaline ou neutre, donnant, lorsqu'elle est acide et qu'où la chauffe à 100 degrés, un coagulum plus ou moins abondant, sous forme de grumeaux excessivement fins et suspendus dans le liquide, ou d'un précipité opalin et caséeux, à la partie inférieure du vase. Ce précipité se dissout dans la potasse et les solutions alcalines. L'albumineest également précipitée, quand on ajoute àl' urine quelques gouttes d'acide nitrique ou chlorhydrique. Il en faut un grand excès, ou que l'albumine soit en petite proportion pour qu'elle soit dissoute par un excès d'acide. Ces deux caractères réunis sont suffisants pour révéler sûrement la présence de l'albumine dansl'urine. Les distinctions qu'on a voulu établir entre elle et l'albuminose sont, jusqu'à présent, peu décisives.
URINE. G8l)
Si l'urine est alcaline, la présence du principe anormal causes d'erreur, ne peut se manifester par l'ébullition. 11 suffit alors ou de la traiter à froid par l'acide nitrique, ou de l'acidifier, avant de la faire bouillir, pour que la coagulation ait lieu. Rappelons que l'albumine ne peut, dans aucun cas, se précipiter spontanément, à froid, de l'urine.
L'ébullition fait naître dans certaines urines, soit acides, urine alcaline, soit alcalines, une coloration opaline, blanchâtre, quelquefois un véritable précipité. Si l'on jette une goutte d'acide nitrique, l'urine s'éclaircit, en faisant eflervescence et en dégageant de nombreuses bulles d'acide carbonique. Ces phénomènes sont dus à la formation du carbonate de chaux ou d'ammoniaque. Les urines ainsi carbonatées ont été prises, bien souvent, pour des urines albumineuses par ceux qui ne connaissent pas les caractères différentiels que nous venons de retracer.
On trouve quelques urines fébriles, colorées, acides qui urine laissent précipiter spontanément, à froid, des uratesaci- spo^nunémen'^ou des. Une ou deux gouttes d'acide, versé graduellement, par l'addiiion donnent lieu au même précipité, qui se redissout, à l'aide gouues dSe. de nouvelles quantités d'acide ou de la chaleur. Ces caractères les distinguent des urines albumineuses.
Si l'albumine est mêlée à du sang, à du pus, ou à une grande quantité d'épithélium, l'aspect physique de l'urine fait reconnaître ces divers éléments et l'examen microscopique, bien plus que l'analyse chimique, permet de constater la présence des cellules caractéristiques du sang, du pus et de l'épithélium.
1° On a diminué l'importance de l'albuminurie, en ^"Mijuminurie
, 1 r • 1 symplomalique
la faisant dépendre exclusivement dune altération de a-une lésion structure du rein. La plus grande partie des recherches 'les reins ou des
voIgs d'cxcrciion
récentes tendent, au contraire, à faire admettre que le
urinaire,
ni. ¥\
090 SYMPTOMES RENAUX.
passage de l'albumine dans l'urine, est lié à des maladies générales nombreuses. Parmi les maladies du rein qui ont pour symptôme ordinaire l'albuminurie , on doit citer : 1° les différentes lésions qui ont été rattachées à la maladie de Bright (congestion, hypertrophie, dégénérescence jaunâtre, granulations) ; 2° toutes les phlegmasies chroniques ou aiguës de la substance rénale et les hémorrhagies ; 3° l'inflammation des calices ou du bassinet (pyélite, pyélo-néphrite. gravelles) . h" Les maladies de la vessie, de la prostate et du canal urétral , produisent l'albuminurie de la même manière, c'est-àdire en mêlant, à l'urine, le sérum du pus ou du sang.
2° Albuminurie 2" D'autres maladies qui ont leur siège ailleurs que dans d'unemaîadil reius, douneut naissance à l'albuminurie et provo-
qui congestionne queut, daus l'orgaue sécréteur, une congestion sanguine plus ou moins forte, comme on le voit, à une période avancée des maladies du cœur, ou à la suite des dyspnées organiques , et dans un certain noiiibre de cas de scarlatine, de rougeole, de variole.
11 est aujourd'hui bien démontré, par des expériences physiologiques, qu'on rend l'urine albumineuse, en injectant de l'eau dans le sang. Il n'est pas douteux que le changement morbide, survenu alors dans le rapport des éléments normaux, modifie le travail moléculaire des reins et que l'albumine passe dans l'urine^ mais nous ignorons il quel état est ce principe. Il est probable que sa constitution chimique n'est plus la même. Les cachexies, les hémorrhagies répétées, les affections hétérologues, en altérant la composition du sang, donnent lieu à l'albuminurie.
3° Sympathique 3» Dans uu troisième groupe de maladies, il est permis
'^''ine maladie qui , . , , n . .
trouble tle croire que la présence de 1 albumine tient à un trouble
survenu dans la sécrétion rénale. Cette liétérocrinie se la sécrétion voit, par exemple, dans le choléra-niorbus, dansTéclamp- rémie. sie des femmes en couche , pendant les derniers mois de la grossesse, dans un grand nombre de névroses (hystérie, épilepsie, convulsions générales éclamptiques chez les enfants) , dans quelques lésions du système nerveux telles que les aflections de la moelle ou du cerveau, dans la paralysie générale ou partielle. Remarquons que, dans ce dernier cas, le séjour prolongé de l'urine dans son réservoir, toujours plus ou moins enflammé, explique la production de l'albuminurie. On a enfin retrouvé ce principe chez un certain nombre de diabétiques, de goutteux, de rhumatisants, de sujets tombés dans la cachexie, etc. , etc.
L'état de la science n'est point assez avancé pour qu'on puisse grouper méthodiquement, et en les rapportant à des actes morbides bien déterminés, les cas dans lesquels l'albumine se trouve mêlée à l'urine.
Un fait capital, en séméiologie, est la persistanc dant plusieurs semaines , plusieurs m et même plusieurs années, d'une quantité nota d'albumine dans l'urine. Elle annonce toujours une maladie grave, le plus ordinairement une affection du rein, et l'on peut aiïirmer qu'un danger imminent menace toujours le sujet qui olfre ce symptôme, lors même qu'on n'en voit pas d'autres se manifester. L'albuminurie éphémère est loin d'avoir la même gravité.
C. Glycose (s. fém. ou m., d'où glycosurie qui dérive ciycose. de -(lu'A\j<;, doux, et oûpîTv, uriner), sucre diabétique. Suivant quelques chimistes, la glycose se trouve, quoiqu'on petite quantité, dans l'urine normale. D'autres, au contraire, en nient formellement l'existence. On donne le nom de glycosurie à l'état morbide caractérisé
092 UUINE.
par la présence dans l'urine d'une proportion anormale de glycose.
Un mot sur Il n'appartient pas à la pathologie générale d'étudier ''"^Slctifr'^^' les procédés divers, les réactifs nombreux, qu'on a proqui en décèlent posés, tour à tour, pour découvrir la glycose dans l'urine. danT' i'urine. Nous dirons seulement que des résultats variables et contradictoires ont été obtenus, et que l'histoire de la glycosurie n'est pas aussi avancée que se l'imaginent quelques personnes. Si l'on en excepte le diabète, on ne sait pas exactement, dans quelles affections internes, le principe sucre se développe et se mêle à l'urine. Il faut s'en prendre, de cette incertitude, à l'imperfection des méthodes d'analyse et des réactifs. On sait que la liqueur cupro-potassique et la solution de potasse donnent des réactions, avec des m'ines non diabétiques et des colorations douteuses qui peuvent en imposer. 11 faut des précautions minutieuses pour décolorer l'urine, pourluienlever certains principes, tels que le mucus, l'acide urique, la biliverdine, etc., et lorsqu'on a satisfaità ces conditions rigoureuses d'expérimentation, on trouve encore d'autres causes d'erreurs dans les réactifs, etdans la présence de principe accidentels, de telle sorte qu'on n'est jamais sûr de pouvoir constater l'existence d'une très-petite quantité de sucre. La solution cuivreuse n'a réellement quelque valeur, que quand elle ne s'altère pas, au contact de l'urine : alors seulement on est sûr qu'il n'y a pas de sucre. La solution de potasse seule, ou additionnée d'une certaine quantité de sous-nitrate de bismuth suffit, dans les cas les plus ordinaires, pour déceler la présence de ce principe; la première se colore en jaune orangé ; la seconde se réduit et noircit. Le réactif qui ne
Volarimetre i
(le M. Biol, trompe pas, et le seul qui mérite toute la confiance des observateurs, est le polarimètre de M. Biot. On peut révo-
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quer en doute l'existence de la matière sucrée, dans une urine qui ne dévie pas le plan des rayons polarisés vers la droite. La fermentation et la production d'acide carbonique ne seront peut-être plus bientôt un caractère irréfragable de la présence du sucre (1) ?
On sait que la glycose ne peut arriver dans l'urine que - par le sang, où elle est en excès, et d'où elle est éliminée par le rein, en proportion souvent considérable. Il semble, d'après les travaux de Lehmann, que le sucre n'est pas expulsé par les reins tant que le sang ne contient pas au moins 3 p. 100 de son résidu sec. La théorie prédominante aujourd'hui, qui est celle de M. Cl. Bernard, veut que le sucre se forme dans le foie d'où il est versé dans le sang. Il est ensuite expulsé par les reins, lorsqu'il n'est pas détruit dans les appareils où il doit subir diverses transformations (poumon et capillaires généraux) .
Le diabète est la seule affection connue jusqu'ici, qui du sucre dans le donne lieu, d'une manière constante, à la glycosurie. Les '''"^^'c. quantités de sucre sont loin d'être les mêmes dans l'urine du matin et du soir ; lorsqu'elles sont très-minimes, on éprouve quelques difficultés à en constater l'existence. Le polarimètre est l'instrument le plus fidèle pour déterminer immédiatement les quantités de sucre, et par conséquent pour suivre les progrès de la maladie.
On a signalé l'existence de la glycose dans l'urine des chez les femmes femmes grosses et pendant la lactation. Il paraît que fe''"osses(!') l'acide urique en excès, ou quelque imperfection des expériences, a fait croire à la présence du sucre qui ne s'y rencontre pas, ou n'y est que d'une façon accidentelle.
(l) Voyez sur ce sujet un opuscule qui résume tout ce que l'on a écrit sur le diabète. Ce travail est du à M. le d' Guitard {De la glucostirie, de son siège, etc., in-12, Paris et Toulouse, 1866).
UUINE.
Dans quelques maladies ;
dans l'asphyxie.
On l'a VU se manifester dans rurine, ai^rès l'emploi du chlorolbrme, dans le cours de quelques maladies du système nerveux cérébro-spinal, dans le choléra-morbus, après l'usage excessif et surtout matinal d'une grande quantité de sucre ou d'aliments sucrés, dans le cours des maladies du cœur ou du poumon, lorsque le champ de la respiration et de la circulation est diminué ou restreint à peu de choses, comme dans l'asphyxie. Dans presque tous ces cas, le sucre se montre, en petite quantité, et d'une manière passagère.
Très-rare La glycosurie ne se rattache à aucune maladie rénale,
'**"*^u loie'*'*'^^^^'^^^ l'avait supposé avant qu'on connût son mode de production. Nous devons faire aussi remarquer que les maladies du foie ne s'accompagnent pas de glycosurie ; ce qui devrait cependant arriver si, en effet, le diabète était dû à une hétérocrinie de la glande hépatique. Pour notre part, nous ne l'avons presque jamais rencontré dans les faits nombreux de maladies du foie qu'il nous a été donné d'observer.
L'urine diabétique est pâle, acide ou neutre et même alcaline, d'une saveur sucrée, d'une densité toujours assez grande (1023 à iOhb et rarement à 1055) • elle contient peu d'urée; elle fermente, aisément, à l'aif, et alors on y découvre les tubes du PenicUtum gîaucum.
D. BUiverdine. Contenue dans le sang, à l'état normal, en proportion très-minime, la biliverdine en excès passe dans l'urine, à laquelle elle donne une couleur jaunâtre ou même rouge assez prononcée. Nous avons indiqué ailleurs les caractères qu'elle présente : nous n'y reviendrons pas. (Voyez Ictère. )
E. Sperme. Le microscope est seul en possession de faire reconnaître la présence des spermatozoaires dans
Biiivcrdino.
Sperme.
l'urine. Ils sont vivants ou morts, mêlés ou non à du pus ou à de l'albumine. Ils servent de symptômes caractéristiques à toutes les maladies dans lesquelles le sperme s'écoule accidentellement de ses réservoirs naturels, comme dans la spermatorrhée diurne ou nocturne, la masturbation, les maladies delà prostate ou des vésicules séminales, l'urétrite, l'hypocondrie.
F. Chyle ; urines chyleuses. On les a aussi surnommées uiinc chyieuse. urines laiteuses ou grasses , parce qu'elles ont une teinte
trouble blanchâtre, lactescente ; elles sont souvent albumineuses. On y découvre parfois des globules de graisse ; dans d'autres cas, la matière grasse est si intimement mêlée à l'urine que celle-ci forme une sorte d'émulsion. On y Voit avec le microscope des cellules qui ont une grande ressemblance avec celles du chyle ou avec les globules blancs du sang , quoiqu'il reste bien avéré que de pareilles cellules ne puissent point traverser le rein. L'urine se rencontre dans l'hématurie endémique, à l'île de France et dans quelques formes de la maladie de Bright.
G. Lait. On a supposé que le lait pouvait passer dans Lait, l'urine; mais il est bien démontré aujourd'hui que ni le caséum, ni les globules, ni le sucre du lait n'ont pu être constatés dans les urines appelées laiteuses.
Madères fécales. Elles ne se mêlent au liquide que par suite de communications anormales établies entre la vessie et les portions d'intestin situées dans son voisinage.
III. Altcralion <le riiriiie duc à la prcsesBi'c 30 Altération
d'un produit lictcrologiic «Icveloppé daiiK l'or- de l'urine
T 1 . , . 1 . . . , par un produit
sanisitie. Les produits morbides ainsi constitués sont morbide de trois sortes : les uns sont des matières organisées déta- l'étéroioguo. chées des tissus, tels que le pus, le tubercule, le cancer; les autres des organismes doués de vie ; les troisièmes des végétaux.
URLNE.
Urine purulente. 1" Produits morbides organisés, sans vie propre. A. Pus.
L'urine purulente est souvent blanchâtre, au moment où elle est rendue; elle s'éclaircit ensuite, en laissant déposer une couche blanche, ou jaune ou verdâtre, qui forme avec l'ammoniaque un liquide épais, transparent, jaunâtre et gélatineux. Elle entre promptement en fermentation, et développe une grande quantité de carbonate et d'urate d'ammoniaque. Elle est acide, neutre, ou fortement alcaline, suivant la proportion de pus qui s'y trouve mêlé.
Pour en constater la présence on peut employer, avec un plein succès, l'examen microscopique de l'urine. La présence des cellules de pus, l'altération qu'elle subissent lorsqu'on les traite par l'acide acétique, l'apparition de trois à quatre noyaux, etc. , caractérisent l'urine purulente.
Urine muqueuse. ^6 mucus, réparti en forte proportion dans l'urine, lui Disiinciion dorfuc uu aspect blanchâtre ou opalin et se précipite, à la les deux urines pJ^rtic inférieure du vase, où il forme une couche blanche précédcnies, pl^s OU moins épaisso , comme le pus. L'urine purulente présente les mêmes propriétés physiques que l'urine muqueuse. Elle s'altère rapidement, devient glaireuse et filante, comme cette dernière, et l'on éprouve quelque difïïcultéàen reconnaître la nature. La présence de l'albumine dans une urine nouvellement sortie delà vessie et alcaline, suffît pour faire admettre qu'il existe du pus. D'ailleurs, nous répéterons ce que nous avons dit pour les autres sécrétions muqueuses; les mêmes maladies donnent lieu, sur les membranes sécrétantes , à des produits morbides liquides dans lesquels prédominent tantôt les cellules épithéliales, à leurs diverses périodes d'évolution, tantôt du pus, suivant les modalités du travail phlegmasique.
Le pus se forme et se mêle à l'urine, sur des points différents des voies de sécrétion et d'excrétion ; par censé-
ENTOZOAIRES.
quent, lorsqu'on observe cette altération du liquide urinaire, on ne peut que certifier l'existence d'un travail phlegmasique primitif ou consécutif dans le rein, l'uretère, la vessie et le canal de l'urètre ; mais on ne peut pas en déterminer le siège précis.
B. Tubercule. Ce produit morbide, développé dans le rein ou dans le testicule et la prostate, se mêle rarement à l'urine, qui est alors purulente, en même temps. Il serait difficile de reconnaître un pareil état pathologique, par l'inspection de l'urine.
G. Cancer. La cellule cancéreuse pourrait s'y rencontrer ; mais nous ferons remarquer, une fois pour toutes, que les cellules pathologiques s'altèrent ou se déforment avec une promptitude extrême, quand elles sont mêlées à d'autres produits morbides et détachées depuis longtemps.
2° Organismes vivants mêlés à l'urine. Il règne encore une grande incertitude sur l'existence des vers qui peuvent se développer dans les voies de sécrétion et d'excrétion urinaire. Ceux qui paraissent acceptés par les zoologues sont, le spiroptère de l'homme, leDaclilus aculealus et le strongle géant. Les échinocoques provenant de la rupture d'acéphalocystes développées dans les reins ou dans les organes environnants, se montrent fréquemment dans l'urine.
Tout en admettant l'existence des trois helminthes rénaux dont nous avons parlé d'abord, nous conseillons aux praticiens, qui feront de pareilles rencontres, de s'en défier soigneusement, surtout lorsqu'elles ont lieu chez des femmes hystériques, et même chez des sujets qui n'ont, en apparence, aucune raison de tromper (1).
(I) Voyez sur cet intéressant sujet : Du strongle géant dans les voies urinaires de l'homme, parLccoq, Àrch.génér.deméd.,^. 666, janvier 1859.
Tubercule.
Cancer.
Enlozoaires mêlés à rurine.
U98 ClUNE.
Végétaux. 3" Végétaux. Lorsque l'urine a subi la fermentation acide et qu'elle est restée exposée à l'air, il se forme parfois, comme, du reste, dans les liqueurs acides ou acidifiées de l'économie, des cryptogames. On sait que dans les couches superficielles de l'urine où existe une matière qui a reçu, chez les femmes grosses, le nom de hjstéine, il se développe des tubes articulés de PenicUlum glaucum, en très-grand nombre. Le microscope les fait apercevoir dès le commencement de leur évolution. On y a aussi trouvé les cellules du sporotnjchium.
i» Aiiéraiiou jY ^it^ralloaa de riiriii<^ par wiie «snlistancc
de 1 urine par une ■
siibslaiice vcn«e du dehors et isitrodaiie par voie «l'absor-
venue du dcliors. ^j^,^ ^ouf^ ue voulous quo marquer la place d'un genre d'altération de l'urine qui est due à la présence, dans ce liquide, d'un agent médicamenteux , vénéneux ou même alimentaire, introduit par l'absorption cutanée, pulmonaireou gastro-intestinale. Tous les médicaments, tels que l'iodure de potassium, la quinine, le copahu, le cubèbe, l'indigo, certains principes odorants , l'asparagine, etc. , se retrouvent dans Turine. La chimie enseigne les moyens d'en constater la présence dans l'urine aussi bien que dans d'autres liqueurs animales. La médecine légale a aussi intérêt à connaître ces altérations. Le médecin doit savoir si les médicaments qu'il emploie passent dans la circulation, s'ils y arrivent promptement, se détruisent ou sont expulsés en grande proportion , sans être altérés. Nous ne pouvons aborder ce sujet qui est du domaine de la physiologie, de la thérapeutique et de la médecine légale.
Aliéraiions des ^ - Altération de.s propriétés piiysiqiies de Tu-
pjy7iques'de ^^^^^ ^^^^^"^ ^ P^'^^ ^^"^^^ counucs des an-
rurine. cieus médecins qui se sont livrés à l'uroscopie. Or, si l'on