‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 149 sur 232 · COLORATION BISTRÉE · texte numérisé non relu

COLORATION BISTRÉE

Divisions

colorante.

OU la gêne de la circulation, par exemple, ne pouvait pas donner lieu à des colorations très-différentes.

Une première classe de colorations morbides est due, l»àlaprésencedusangaccumulé,enproportionsvariables, dans les capillaires du derme ; 2'= extravasé dans ce tissu, ou à sa surface, sous l'épiderme ^ 3° altéré dans sa composition (taches bleues, ecchymoses) (Voyez Troubles de la circulation capillaire.)

Dans une seconde classe se trouvent les colorations dues à la sécrétion d'une matière pigmentaire : \° fournie par l'organisme ; 2" introduite dans l'économie (coloration par le nitrate d'argent).

I. Coloration de la peau due à une matière colorante. 2° coloration Je La peau, surtout dans les parties qui sont habituellement p^^"

. par une matière

découvertes, comme le visage, le cou, les mams, acquiert une teinte brunâtre, cuivreuse ou bistrée, lorsqu'elle a reçu, pendant longtemps, les rayons d'un soleil ardent. Il faut prendi'e garde de confondre cette teinte purement physiologique avec la coloration morbide de la peau. Le tissu cicatriciel, blanchâtre est souvent environné, chez les sujets à peau brune, d'une large tache de même couleur due à l'accumulation du pigment, sur ce point.

Les taches de rousseur proviennent également de l'accroissement partiel du pigment grenu. Rappelons que l'albinisme est caractérisé précisément par un état contraire ; que la décoloration est générale et s'étend à l'iris. Dans le vililigo, la décoloration partielle qu'on observe aux parties génitales, sur le visage, le cou, les mains ou ailleurs, donne lieu à des taches irrégulières , sinueuses, plus ou moins étendues, sur lesquelles, la peau, d'un blanc mat, contraste avec la couleur plus foncée des parties environnantes.

Taches de rousseur.

Vililigo :

pityriasis.

Dans le pityriasis versicoJor, la peau offre une couleur de suie ordinairement limitée au cou, à la poitrine, au ventre, aux parties génitales, couleur bbirée La peau devient brunâtre, bistre, ou seulement d'une de la peau, teinte sombrc, dans un grand nombre de maladies, sans qu'on sache précisément, si l'accroissement des quantités du pigment en est la cause. On observe ce phénomène à différents degrés :

A. Chez les sujets en proie à la cachexie paludéenne.

B. Dans les désorganisations lentes des viscères. Elle est fréquente chez les phthisiques, dans le cours des affections cancéreuses de l'estomac , du mésentère, dans la péritonite chronique, les diarrhées anciennes, et toutes les affections qui entraînent une émaciation considérable. 11 semble que la sécrétion des cellules pigmentaires s'altère, à un haut degré, à mesure que la nutrition générale subit elle-même des modifications pathologiques.

Teinte bisirée. C. La pcau , a-t-ou dit, acquicrt la teinte qu'elle offre "^'capsuies^ chez le mulâtre, lorsque les capsules surrénales sont masurrénaies ou lades. Mais supposous que Cette maladie fort probléma-

d'Addison. (??) . . , . ^ ^ M , • !..

tique existe, la coloration dont il s agit ne lui serait pas spéciale puisque, d'une part, on la trouve dans d'autres maladies et qu'elle a manqué complètement dans des cas que nous avons cités, où les deux capsules étaient profondément altérées.

jîéianéniie. D. La teinte bistrée de la peau se voit encore dans la mélanémie, maladie plus douteuse encore, s'il est possible, que la précédente, et qui aurait pour cause la formation d'une plus grande quantité de matière pigmeniaire dans le sang.

Coloralion

E. Dans quelques cas de troubles menstruels , on a vu causée par la peau des mains, des doigts et des cuisses se colorer

COLORATIONS DIVKUSIÎS. 719

en noir, comme si ces parties avaient été imprégnées de iiorangemeiu suie ou de charbon. Ordinairement les paupières, quel- ^^'^^ quelois certaines parties de la face ou des membres se teignent en une couleur noire ou bleu foncé , chez les femmes hystériques mal réglées ou parvenues à l'âge critique. On ignore si les follicules sébacés ou les sudoripares sont le siège de cette excrétion pigmentaire, car il faudrait savoir, avant de traiter cette question , si la coloration dont il s'agit, est bien réelle et si elle n'est pas due à la supercherie des malades; ce qui paraît être l'opinion la plus probable et ce que nous inclinons à croire.

F. Culoraiion par la matière colorante de la bile. La coioraiion par h matière colorante de la bile, déposée par les vaisseaux exhalants dans la trame du derme, en proportion souvent considérable, leur donne une coloration qui varie

entre le jaune clair et la teinte verte la plus prononcée. On désigne sous le nom d'ictère cette coloration morbide que nous avons décrite, en parlant des maladies de l'appareil sécréteur de la bile. On pourrait aussi l'étudier dans ce chapitre.

G. Coloration par la matière colorante du sang ex- i>ar le san-;, travaaé dans la peau. Nous en avons présenté la relation lorsqu'il s'est agi de la circulation capillaire.

H. Coloration par une matière introduite accidentelle- par le niiraie ment dans Vornanisme. Nous ne ferons que mentionner «''«'•'■fîcni k

d'aiilros m;iliùres

la teinte bronze que prend toute la peau chez les sujets coioraniL-^ qui ont été soumis pendant longtemps à l'usage du niti-ate d'argent, et les colorations que l'on produit à l'aide du tatouage sur les différentes parties du corps, les bras, et la poitrine. Elles servent en médecine légale à établir l'identité.

Des symptômes tirés fies altérations swrveiines

lésions dans la structure noriuale «le répidorinc et du

de lexiure de la je,.,,,^^ A CG ffeiire d'altération S se rapportent d'abord tous i

peau. "

les symptômes locaux des affections de la peau. A moms i d'entrer dans le domaine de la pathologie spéciale, il est j impossible d'énumérer les modifications de structure et ) de fonction qui servent à caractériser ces maladies. 11 est vrai qu'il n'existe pas une seule de ces altérations qui ne puisse reconnaître aussi pour point de départ une maladie générale ou d'un organe autre que la peau. Pour n'en citer qu'un seul exemple, nous rappellerons que la syphilis donne lieu à presque toutes les maladies cutanées. La scrofule s'en rapproche sous ce rapport (inflammation, ulcération, papules, etc.).

Desquammaiion La dosquammation partielle de la peau est le sym- ' * ptôme local des maladies vésiculeuse, papuleuse, squammeuse, des exanthèmes. Quand elle se fait, jjar larges lambeaux, au visage, au cou ou sur d'autres régions, on ^ est porté à soupçonner l'existence antérieure d'un érysipèle; sur les doigts des mains et des pieds, elle indique une scarlatine ; par petites lamelles presque insensibles et détachées de toutes les parties du cor2:)s, on doit incliner vers une rougeole, etc.

Sudamina. SudaiiiîMa oit liydroa. 11 se forme souvent, àla surface de la peau, surtout du ventre, du cou, aux environs des jointures, de petites vésicules arrondies de la grosseur d'une tête d'épingle ou d'une graine de millet, très-i'ap- ■ prochées les unes des autres et disséminées sur une assez grande étendue de la peau. Elles tiennent à l'épanchement, sous l'épiderme, d'une petite quantité d'un liquide transparent et acide, comme la sueur. Tout fait supposer qu'il est dû à une hypercrinie sudorale, car il serait alcalin s'il provenait d'un épanchement de sérosité fournie

SUDAMINA. 7'.2l

par les petits vaisseaux sanguins du derme. D'une autre part, cependant, on a peine à comprendre comment la sueur, au lieu de s'écouler par l' orifice libre de son conduit excréteur, s'épanche sous l' épidémie, qu'elle vient soulever ainsi régulièrement, de manière à former les milliers de petites vésicules qu'on observe alors.

Les sudamina ressemblent à des gouttes nombreuses Leur description, de sueur déposée à la surface de la peau. La liqueur qu'ils contiennent ne s'en échappe que parmi frottement assez rude, lorsqu'on a déchiré l'épiderme. Elle ne ressemble, par ses propriétés physiques et chimiques, à la sérosité du sang que lorsqu'elle est fournie par des miliaires rouges. Les sudamina font une saillie qu'on sent très-bien avec les doigts, lors même qu'on a quelque peine à les apercevoir. Leur durée est éphémère ; ils se rompent ou bien le liquide s' exosmose, et il se fait une desquammation facile à distinguer de toutes les autres. On découvre, sur les parties occupées par l'éruption, de petits lambeaux d'épiderme circulaires, en forme de godets, qui, en se réunissant, constituent des lamelles déchirées, irrégulières, d'une assez grande dimension. Lorsque la peau rougit et s'enflamme, la vésicule est entourée d'une auréole d'un rouge vif, le liquide devient opalin et blanchâtre. On donne le nom de miliaire rouge à cette forme de l'éruption.

Les auteurs se taisent sur la nature et la cause de l'hy- Mode de droa. S'ils avaient porté leurs recherches sur ce sujet, ^eTnaïuî-e" important à tous les points de vue, ils auraient l'emarqué »iu liquide, que la liqueur de l'hy droa ne devient semblable à la sérosité del'hydropisie, c'est-à-dire opaline et purulente, qu'à la condition que le derme s'enflamme, comme dans le pustules de la variole; en sorte que les qualités physiques m. 4^

et microscopiques du liquide varient suivant l'acte morbide qui se passe dans le derme lui-môme. On doit donc distinguer les sudamina simples d'avec les vésicules à sérosité alcaline, limpide ou purulente. La liqueur contenue dans les premiers est acide.

Les sudamina Le développement des sudamina est toujours lié à une Tiusieuïma-''' ^^^^^''^^'^ générale; la fièvre typhoïde, la suette, le rhulaiiies générales, nialisme , la scarlatiue, la fièvre puerpérale, s'accompagnent presque toujours de cette éruption. Il faut donc admettre que le travail morbide, qui lui donne naissance et qui se passe à la peau, est entièrement subordonné au trouble général dont l'organisme est le siège. INous voulons bien admettre que l'apparition des sudamina coïncide souvent avec des sueurs abondantes ou répétées, mais celles-ci sont loin d'être la cause de l'éruption ; ces deux phénomènes tiennent à la nature des maladies générales qui, suivant l'expression de Cullen, jettent de fréquentes déterminations morbides vers la peau, ainsi que nous le voyons tous les jours, dans les fièvres éruptives, la suette, la peste, le typhus, la fièvre jaune, toutes maladies qui ont pour caractère spécifique une éruption cutanée.

Symptômes SijmpUmics foiimis par les altérations de texture de la tirés des lésions ^^^.^^ folHcules. Marquons seulement la place de

de texture de la ^ ^

peau. ces altérations, qui sont les signes spécifiques de chaque maladie de la peau; f hypertrophie générale caractérise Féléphantiasis des Arabes; les tubercules livides, mous, féléphantiasis des Grecs. Les godets du favus, les croûtes de fimpétigo, les pustules de l'acné, de la mentagre, la décoloration de la peau dans le vitiligo, les larges croûtes du rupia et tant d'autres altérations, sont des symptômes propres à faire reconnaître chaque maladie

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