‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 154 sur 232 · UTÉRINS · texte numérisé non relu

UTÉRINS

de quelle manière on doit procéder, au point de vue clinique, lorsqu'on observe un écoulement vaginal. 11 est le symplûme local d'une maladie du vagin ou de l'utérus (vaginite, métrite, grossesse), ou bien le phénomène sympathique d'une organopathie générale. Dans le premier cas , l'examen avec le spéculum révèle le siège et la nature de la lésion; il est négatif dans le second, et alors il convient d'explorer successivement tous les autres organes, toutes les autres fonctions.

III. Symptômes» fournis par l'étiKlc de riitcriis et «le ses fouet ious. Des troubles variés indiquent de bonne heure les affections dont l'utérus et les ovaires sont le siège. De ces troubles, les uns sont locaux, les autres généraux. Nous n'avons à nous occuper que des premiers.

Les symptômes utérins ou locaux d'ordre physique sont : 1° des altérations de position ; 2° de volume ; 3° de forme; /i" de couleur; 5° de consistance; 6° de température.

Les symptômes locaux et fonctionnels sont : 1° des troubles de la sensibilité ; 2° de la menstruation ; 3" de la fécondation ; li° des écoulements pathologiques de mucus et de pus ^ 5° la sécrétion de gaz (tympanite utérine) .

I. Symptômes utérins trortlre physique, i" Altération de situation. L'utérus, en quittant sa position naturelle, perd ses rapports avec les parties molles et solides environnantes. Les points de repère sont la vulve, le rectum, le pubis et les parois du petit bassin.

On désigne sous le nom de déplacement proprement dit le changement de position de l'utérus, qui tantôt remonte en totalité, derrière le pubis (élévation) , ou s'abaisse au point de descendre à l'entrée du vagin (prolapsus incom-

Symplômes

fournis par rulérus.

Symptômes locaux.

Lésion de situation.

Déplacements utérins ;

plet) , ou entre les grandes lèvres (procidence) et même les cuisses de la femme, avec une partie du vagin attiré au dehors (chute, renversement de l'utérus) . On admet que l'orifice externe de l'utérus doit se trouver à 5 ou 7 centimètres de la vulve, et que, si cette distance est moindre, l'abaissement existe, sympiomaiiqiies. Quelquefois idiopathiques, les déplacements sont le j symptôme : A, d'nne ou de plusieurs grossesses anté- • rieures ; B, du relâchement des parois vaginales, causé par des leucorrhées; G, de maladies de l'utérus qui augmentent le poids de l'organe (hypertrophie, cancer, corps fibreux, polype); D, de tumeurs ovariques ou abdominales.

Dcviaiion. Dévialion. Les travaux importants auxquels on s'est livré, dans ces dernières années, pour parvenir à connaître et à spécifier la direction de l'axe de l'utérus, par rapport à celui du bassin, sont loin d'avoir levé toute incertitude, à cet égard. L'un veut que l'organe soit mobile et flottant, pour ainsi dire, au hasard, dans l'excavation pelvienne; l'autre soutient que les axes ne sont plus les mêmes dans l'enfance, après la puberté et- l'accouchement; que la ligne de démarcation entre l'état normal et la maladie est impossible à tracer, etc. Cependant il faut dire qu'on s'accorde à voir une déviation, quand l'axe de l'utérus ne suit pas celui du détroit supérieur du bassin, et qu'on ne trouve pas le col utérin à 6 ou 8 centimètres au milieu du bassin et du conduit vaginal. Aniéversion. On appelle dèviaiion, version ou inclinaison les changements de direction de l'axe utérin, et par conséquent des rapports naturels de l'organe. L'axe de l'utérus s'incline alors, d une certaine quantité, sur l'axe du détroit supérieur; ainsi, dans ï aniéversion, l'utérus bascule en

UTÉIUNS. 747

avant, derrière le pubis ; le col, est en arrière et en bas; nétroversion, dans la rclroversion, le fond se porte dans l'excavation du petit bassin, vers le rectum, et le col en haut et en avant, derrière le pubis ; les versions Jatérales ou obliquités sont constituées par le fond de l'utérus qui s'incline latéralement sur les parois du bassin, soit en avant, soit en arrière, à droite ou à gauche, d'où les obliquités antérieure ou postérieure latérales, gauche ou droite.

Elles peuvent constituer toute la maladie, être idiopathiques; mais souvent elles sont le symptôme, A, d'un avortement ou d'un accouchement; B, d'un engorgement phlegmasique ou d'une simple congestion de l'utérus; C, d'une maladie semblable du col utérin: D, d'un polype, d'un cancer ou d'un corps fibreux développé dans l'organe ou dans l'ovaire; E, d'une hématocèle intrapelvieune.

Le corps de l'utérus est presque dans le prolonge- mni-xions. ment du col, avec lequel il forme cependant un angle trèsouvert antérieurement. On donne le nom d'inflexion ou de flexion à la courbure angulaire qui résulte de la jonction de l'utérus avec son col, plus ou moins fortement fléchi sur le premier. Si cette inflexion a lieu, à la partie antérieure de l'utérus, on a l'antéllexion ; la rétroflexion, la flexion latérale droite, gauche, se forment d' une manière analogue; l'ouverture des angles est dirigée en arrière ou sur les cotés. Ces dernières ont été mises en doute et paraissent tenir à des dispositions congénitales. Le toucher vaginal, rectal et le cathétérisme utérin sont des moyens de constater les altérations dont il s'agit. Le spéculum ne laisse apercevoir souvent qu'une des deux lèvres ou une des deux faces de l'utérus. Les inflexions, en général, ne sont le symptôme d'aucune maladie uté-

rine bien déterminée. Comme les déviations, elles indiquent l'état perpiiéral antérieur, source de phlegmasies partielles, consécutives à l'avortement, à l'accouchement ou a des inflammations chroniques qui amènent, dans certaines couches, l'atrophie et le ramollissement du tissu fibro-musculaire.

Déviations "^^ous rappellerons crue les déviations et les inflexions

et inversions. i i x

se trouvent réunies, dans un certain nombre de cas, et se rattachent aux mêmes aflections.

2" Aiiéraiion de '2° Altération de volume. L'augmentation de volume Augmentation : porte sur l'orgaue en totalité, sur le corps, ou le col. Le A. générale, toucher etl'exameu avec le spéculum sont les seuls modes d'exploration qui puissent fournir une entière certitude à cet égard. Nous ajouterons qu'à l'aide du palper abdominal, soit seul, soit combiné au toucher vaginal et à la percussion de l'hypogastre, on parvient aisément à déterminer le volume de l'utérus.

L'augmentation générale est le signe de la congestion, de la métrite aiguë ou chronique, surtout del'hypertrophie, d'un corps fibreux, d'un polype qui distend l'utérus ou d'un cancer qui a envahi l'organe. Si l'augmentation de volume s'accompagne de sonorité évidente, on peut soupçonner l'existence d'une ty m pani te utérine. B. pariieiic : du L'augmeutatiou partielle qui porte sur le col donne lieu à un allongement parfois très-considérable des deux lèvres et du col lui-même. Cette hypertrophie, quoi qu'on en ait dit dans une société savante, ne saurait être confondue avec le déplacement ni avec les flexions de l'utérus. Les maladies locales, telles que la métrite, la congestion, les tumeurs épithéliales, cancéreuses ou fibreuses s'accompagnent très-souvent d'hypertrophie, du corps. Toutes les maladies précédentes, la congestion et la

UTKRINS.

phlegmasie principalement, produisent l'accroissement de volume de l'organe utérin. On sent l'organe à l'iiypogastre ; il donne à la percussion, quand on a eu soin de vider la vessie, une matité anormale et une résistance plus grande au doigt.

L'ouverture du col, à l'état normal, peut à peine recevoir l'extrémité du doigt. Dans quelques cas, il est tellement petit, qu'on peut à peine le sentir et l'apercevoir, comme dans certains cas de stérilité; au contraire il est agrandi au point d'admettre le doigt qui pénètre jusque dans la cavité utérine, dans l'hypertrophie, les leucorrhées du col, le cancer, les métrorrhagies, etc.

3° Altération de forme. Le toucher pour le corps et le col, le spéculum pour le col seulement, fournissent des documents précieux lorsqu'il existe une déformation pathologique. Elle a son siège sur le col ou le corps. La forme de l'orifice externe est très-variable; tantôt il est allongé ou court, tantôt arrondi, pointu, divisé en trois ou quatre lobules, ce qui dépend d'un état congénital, ou d'un ou de plusieurs accouchements, qui ont amené des déchirures, sur le museau de tanche. On peut, à l'aide des cicatrices qu'on y observe , soupçonner, mais non affirmer l'existence de grossesses antérieures, et quelquefois de manœuvres coupables destinées à provoquer l'ayortement.

Au lieu d'être aplaties transversalement, les deux lèvres sont parfois arrondies, circulaires, ou bien allongées, pyriformes (métrite du col, hypertrophie), œdémateuses (grossesse, cancer), couvertes de végétations, de granulations simples, cancéreuses.

Les tumeurs^ les inégalités, les bosselures du col, sont inégalités, bos le symptôme de la dégénérescence fibreuse, cancéreuse «eiurcs.

3° Altération de forme.

Dérormation du col.

OU de la dilatation des veines. Il ne faut pas les confondre 5 avec la saillie que peut faire un corps fibreux ou un po- • lype intra-utérin.

On y aperçoit souvent des granulations rouges, ver- • meilles (métrite granuleuse) , des ulcérations syphilitiques, des fongosités saignant au moindre attouchement et donnant lieu à des métrorrhagies dangereuses, enfin des tumeurs encéphaloïdes ou squirrheuses, etc.

Au lieu de ces tumeurs de diverse nature, on rencontre souvent des dépressions dues à des ulcères, à des pertes de substance cancéreuses, à de petits abcès formés dans les follicules muqueux et ouverts au dehors.

Déformaiion Les modifications que subit, dans sa forme, l'ouverture

l'orifice ui('i in fouruisseut dos sigues diagnostiques importants.

On la trouve allongée transversalement lorsqu'une tumeur aplatit l'utérus d'avant en arrière; petite, arrondie, circulaire, béante ou faite comme par un emporte-pièce, dans la métrite, l'hypertrophie, les indurations fibreuses et de mauvaise nature, etc. L'orifice est irrégulier, déchiqueté, anguleux, dans les ulcérations simples, syphilitiques, cancéreuses, etc.

Dcfommlion Quand l'utérus forme une tumeur régulièrement ardu rorps. 1-ondie et égale dans tous les sens, ce que le toucher seul peut révéler, on doit songer au développement d'un fœtus, d'un polype, d'un corps fibreux, à la rétention du sang menstruel, à l'accumulation de la sérosité ou de gaz dans la cavité utérine. La déformation porte sur un des hémisphères de l'utérus, quand il est hypertrophié partiellement ou le siège d'un corps fibreux, d'une hématocèle sous-péritonéale, etc.

4° Aiu-raiion f^- Altéradou (U couleur. La membrane qui couvre le

de couleur. ^ c ^

Rougeur foncée, col ollre normalement une couleur rouge vermeille chez

UTÉUliNS.

Boiigeur vermeille.

Pâleur.

les femines qui n'ont pas eu d'enfants, une couleur plus foncée et même violacée chez celles qui en ont eu plusieurs. L'état variqueux, assez fréquent, exagère cette coloration, ainsi que la plilegmasie chronique, les congestions liées à une maladie de l'utérus ou du cœur, les leucorrhées, les métrites spécifiques, etc.

La teinte rutilante, vermeille ou rouge bran est le signe ordinaire de la métrite superficielle et profonde. On trouve aussi sur le col des granulations framboisées et des végétations de nature diverse.

Une pâleur extrême, une décoloration plus ou moins complète de la membrane muqueuse, peut être le symptôme de métrorrhagies abondantes ou prolongées, d'une anémie générale ou d'une diminution atrophique de la circidation capillaire, occasionnée par l'induration squirrheiise commençante du col et du corps, ou par un tissu fibreux, sous-muqueux ou interstitiel, etc.

5° Allèradon de consistance. Le doigt seul peut fournir des indications utiles sur le degré de consistance de l'utérus. Celle-ci est normale dans les congestions simples; accrue, dans l'inflammation aiguë, au point de produire une sensation semblable à celle que donne un corps fibreux ou osseux. Même signe dans les cas où il se développe une tumeur cancéreuse ou fibreuse de l'utérus. Le col est ramolli aux approches de l'accouchement; mou lorsqu'il existe de l'œdème ou une dégénérescence encéphaloïde, etc.

()" Altération de température. Le doigt introduit dans 6» Miéraiion

, 1 . , 1 1, , , , <le lempéralure

le vagm perçoit une chaleur mtense lorsque 1 utérus, et surtout le col, sont enflammés, etc.

11. Symptômes dysB«nilqiscs. Les maladies de l'utérus sympiômi-s

et un grand nombred'aflections d'organes éloignés produi- ''ï"^""''»"'"

!j" Alu-ralion de consistance.

sent, dans ies fonctions génitales, des troubles qui se traduisent : 1" par des modifications de la sensibilité; 2» de la menstruation ; 3° de la fécondation ; h" par des troubles de la sécrétion (leucorrhée, écoulements morbides; tympanite utérine).

1" Symptômes (lus à l'altération de laseiisiM< lîté. Douleurs utérines. On doit en distinguer plusieurs espèces ; elles peuvent être spontanées, ou provoquées par le toucher et les relations sexuelles. Douleur uierine j douleur spontance est tantôt violente, névral-

ppontanee.

gique, partant de l'utérus, s'irradiant dans les lombes, les aines, le ventre et les cuisses, revenant à des époques plus ou moins rapprochées, sous forme d'accès imitant assez bien les douleurs qui accompagnent les contractions Colique ulcrine. expulsives de l'accouchemeut ; on les a appelées coliques utérines. Elles se montrent dans la névralgie, le rhumatisme de l'utérus, dans les inflammations aiguës, lorsqu'un polype ou un corps fibreux se développe, dans la cavité de l'organe, dans la dysménorrhée, et la rétention du sang menstruel. On voit des femmes qui, à chaque époque menstruelle, ont des douleurs utérines si violentes qu'elles provoquent le vomissement et pourraient faire croire à une péritonite.

siège La douleur sourde, gravative est beaucoup plus fré-

(le la douleur; , , ., t-,,, , , . , .

et irradiaiion. f{uente quo la première. Elle occupe le pubis, le basventre, les régions inguinales: il est rare qu'elle ne se propage pas, au loin, dans les cuisses et surtout dans les lombes, la région dorsale, le sacrum, les fesses et les hanches.

Douleur fourde, La doulcur s'accl'oît Ordinairement, ou se manifeste, provoquée P^"^' première fois, lorsqu'on pratique le toucher, la ou non. palpation abdominale, ou qu'on examine avecle spéculum ;

elle se montre aussi pendant l'acte vénérien, la marche, la danse, Téquitation, le mouvement de la voiture, les efforts de défécation ou de miction, etc. Elle annonce ordinairement le déplacement, la déviation de l'organe, lamétrite aiguë ou chronique. Il n'est pas une affection utérine qui ne puisse la produire, depuis la plus légère jusqu'à la plus grave, depuis la phlogose du col jusqu'au cancer. 11 ne faut donc attacher qu'une médiocre importance à la douleur, en tant que signe spécifique de telle ou telle affection, ce qui n'empêche pas qu'on doive la rechercher avec soin, dans tous les cas. Ajoutons que l'absence de ce symptôme n'est pas incompatible avec l'existence d'une maladie de matrice, puisqu'on découvre parfois d'affreux cancers, chez des femmes qui n'ont jamais ressenti la moindre douleur.

II. Symp<«»mes dus» aux troubles de la men- symptômes <«trua(iou. Ces troubles consistent : 1° dans l'établisse- fournis par

11 ri <rw 1 la menstruation.

ment prématuré, tardii ou nul des règles; 2° dans 1 altération de leur périodicité; 3° dans leur prolongation, au delà du terme physiologique; à" dans leur écoulement immodéré ; 5" dans l'altération des propriétés physiques et chimiques du sang. De là découlent des signes qui indiquent, non plus comme les symptômes physiques que nous avons passés en revue, seulement les affections de l'utérus, mais des maladies générales ou localisées dans des viscères, autres que les organes génitaux.

l°La menstruation peut se montrerprématurément chez Établissement des filles de deux, cinq et sept ans ; ordinairement cette prémaiur6

^ des règles,

fonction est alors éphémère et cesse après quelques retours menstruels, comme nous l'avons observé nousmême sur deux jeunes filles, l'une de cinq, l'autre de sept ans, sans que leur santé ait subi le moindre dérange- III. 48

ment. Ce trouble n'est le signe d'aucune affection déterminée 5 parfois il est en rapport avec le développement précoce de la puberté, ou avec une excitation vénérienne causée par la masturbation, ou enfin avec un état névropathique général.

2° neiardaiion j} ^st bcaucoup plus fréqucut de rencontrer un état de ce nuï. ^^^^ oppposé de la menstruation. Elle s'établit tardivement, et quoique les climats, les localités, l'hérédité fassent beaucoup varier T époque de la première apparition des règles, on peut considérer, comme pathologique, l'aménorrhée qui se prolonge jusqu'à seize ou dix-sept ans, à Paris.

Maladies donteiic Contrairement à ce qu'on observe, chezla femme, aune est le symptôme, p^pj^^g p|yg avancée de la vie, l'aménorrhée des jeunes

filles n'est pas le symptôme d'une affection de l'utérus ou de l'ovaire, mais plus ordinairement l'effet d'une maladie générale ou d'une lésion d'organe. Insistons sur ce point essentiel de séméiologie.

Maladies La rctardation menstruelle et l'aménorrhée sont les générales, gymptômcs prcsquc constauts de l'altération du sang qui constitue l'anémie et la chloro-anémie, ou qui accompagne le développement de quelque altération viscérale, des névropathies hystérique, gastralgique et hypocondriaque, de plusieurs névroses convulsives, de la chorée, de l'épilepsie, de la folie, de la scrofule, de la syphilis, etc.

Maladies Elle traduit souvent de très-bonne heure, et avant *^ queTuiérus!^^ ^^^'^ qu'ou puisse eu découvrir sûrement le siège, la production des maladies viscérales. Elle est le phénomène sympathique d'une phthisie pulmonaire commençante ou confirmée, des tubercules mésentériques ou intestinaux, d'une affection du foie, du cœur, des reins, du diabète.

Elle peut cependant accuser, sinon l'existence d'une lésion de l'utérus, du moins un trouble fonctionnel idiopathique, tel que l'atonie primitive de tout le système génital, ou la perturbation qu'y provoque l'éréthisme du système nerveux et qu'on voit chez les filles nerveuses qui ne sont pas précisément hystériques. Il est plus fréquent de trouver cette retardation des règles liée aux états morbides généraux que nous avons signalés d'abord, et la preuve qu'ils en sont bien la cause, c'est qu'en les combattant à l'aide d'un traitement approprié, on amène l'éruption menstruelle.

Il n'est pas rare de voir les règles manquer complètement. La plupart des praticiens ont rencontré des exemples de ce genre. Cet état morbide est le symptôme : a, d'une évolution incomplète des ovaires ou de l'utérus ; 6, de quelque vice de conformation ; c, de la rétention du sang par la membrane hymen ; d, de l'écoulement succédané des menstrues par un autre organe ; ce qui est fort rare, quoiqu'on ait rapporté un grand nombre de faits peu probants à l'appui.

2° Symptômes tirés de ï altération de la périodicité des règles. Tous les trente ou vingt-sept jours, les menstrues paraissent et en durent quatre à sept. Elles anticipent souvent ; plus souvent elles retardent.

On remarque plusieurs espèces de troubles dans les règles. A. Après s'être établies tardivement ou prématurément, elles viennent d'abord d'une façon régulière, et bientôt elles manquent un ou plusieurs mois de suite, quelquefois même pendant plusieurs années, pour reparaître ensuite périodiquement. B. Elles se montrent à peu près chaque mois, puis elles ne paraissent plus que tous les deux ou trois mois, et alors la quantité de sang diminue,

Aménorrhée idiopathique.

3" Absence des règles; aménorrhée complète.

Symptômes tirés

du trouble de la périodicité menstruelle.

DilTérentes

espèces de troubles.

Dysménorrhée et amnnorrhée symplomaliques

augmente ou varie, à chaque époque. Cette dernière particularité sera examinée plus loin. (Voyez Quantité de sang.) C. Chaque menstruation est accompagnée dedouleurs vives. On a donné le nom de dysménorrhée à ce trouble de la menstruation et celui d'amênorr ée (de Sùç, difficilement, et de i privatif, et de [xriv, [jlt|vôç, mois) , à l'absence plus ou moins prolongée des règles. Disons sur-le-champ qu'on ne peut tirer aucun signe spécial de chaque espèce de trouble menstruel, et qu'ils peuvent se retrouver tous dans la même ou dans plusieurs affections différentes.

La dysménorrhée ou l'aménorrhée sont le signe trèsordinaire d'une maladie de l'utérus ou de ses annexes. Il est fréquent de les observer après un accouchement qui est suivi de phlegmasie, de congestion, d'engorgement de l'utérus , des ovaires ou des tissus du petit bassin. Les déplacements, les déviations, l'hypertrophie de l'utérus s'annoncent, presque toujours, par le dérangement du flux cataménial, à ce point qu'on peut diagnostiquer, presque à coup sûr, une de ces maladies, quand on voit les règles offrir ces altérations. Le cancer, les tumeurs fibreuses, les kystes de l'ovaire, l'hématocèle leur donnent souvent naissance, sympathiques ; Ce Symptôme peut aussi se rattacher comme phénomène sympathique à des maladies viscérales très-différentes les unes des autres, ainsi qu'aux maladies générales que nous avons déjàénumérées, en parlant de la retardation du flux menstruel. La fièvre typhoïde, un exanthème, une pneumonie, l'état anémique, la convalescence, peuvent faire manquer une ou plusieurs époques menstruelles.

Plus rarement l'altération du flux est le signe de l'asthénie primitive ou de l'arrêt de développement des organes génitaux. On a dit que l'excitation nulle ou in-

idiopalhiques.

suffisante des fonctions génitales en était aussi la cause ; ce cas se présente rarement.

3° Symptômes fournis par la continuation de Vécoule- cominuauon ment menstruel, au delà de son terme. De quarante-cinq ^e" époques ans à cinquante, les règles cessent ordinairement de cou- meiwirueiies. 1er. Elles se prolongent tard lorsqu'elles ont commencé de bonne heure. Si, après avoir disparu, elles reviennent ou continuent sans intermittence et à la manière d'une hémorrhagie, il faut les surveiller, parce qu'elles sont souvent le symptôme de quelque affection latente de l'utérus ou de ses annexes (tumeurs enkystés de l'ovaire, cancer de l'utérus, du vagin, du sein, etc.).

à" Des altérations de la quantité du sang des règles comme symptômes symptôme de m,aladie. Quoique la quantité de sang que ^ugnJj"^ Se'^sàng perd la femme, pendant son époque menstruelle, soit mensiruei. très-variable et qu'on l'ait évaluée depuis 200 jusqu'à ùOO grammes, il est facile de s'apercevoir quand elle excède la perte habituelle. L'augmentation de la quantité normale de sang constitue la métrorrhagie ; celle-ci se '^e la montre, A, pendant les règles ; B, hors ce temps, à des "'^''"'"■'"''^s'®' intervalles plus ou moins rapprochés, deux ou trois fois par mois, ou d'une façon presque continue, pendant plusieurs années.

La métrorrhagie est un symptôme si manifeste qu'il est symplomaliqno toujours reconnu par les malades et peut servir à carac- '^'"uJ^rTiJ-'*"' tériser l'affection dont elles sont atteintes. Elle est, avant tout, le signe des maladies de l'utérus (raétrite, hypertrophie, état fongueux, corps fibreux, polype, cancer), des ovaires, de l'hématocèle péri-utérine, et surtout de l'avo.rtement provoqué par des manœuvres coupables ou survenu accidentellement.

u une maladie

On remontera encore aisément de la métrorrhagie à la du sang.

maladie dont elle est symptomatique , en se rappelant que si l'utérus n'est le siège d'aucune lésion, il peut cependant laisser couler le sang, par exhalation, lorsque ce liquide est altéré, comme dans la pléthore, et les maladies hémorrhagiques telles que le typhus, les exanthèmes de la pléthore, graves, la fièvre puerpérale, la diphthérie , le scorbut, etc.

Les métrorrhagies qu'on observe, à l'âge critique, chez les femmes robustes sont parfois le signe de la pléthore, dont on ne saurait méconnaître les principaux caractères, ou de la diathèse quia reçu le nom d'hémorrhaphylie. Jamais la métorrhagie n'est le symptôme de l'anémie ni delà chlorose, quoiqu'on ait avancé le contraire.

Nous nous bornons à marquer la place des métrorrhagies puerpérales, c'est-à-dire de celles qui ont lieu dans le cours de la grossesse, pendant et après la parturition, parce qu'elles sont du domaine de l'art des accouchements.

Symptômes tirés 6° Symptômes fournis par les qualités physiques du sang du sang'°" fnenstruel. On sait que ce sang ne diffère pas du sang des règles, artériel et qu'il est le résultat d'une hémorrhagie sympathique de la face interne de l'utérus. A la fin de la période menstruelle, le sang se mêle à du mucus vaginal, Quantité. en grande quantité, et aux produits de la desquammation épithéliale utérine qui est souvent très-abondante.

Le sang menstruel sort de l'utérus visqueux, noirâtre; il est rare qu'il se coagule, ou bien s'il passe à cet état, c'est dans le vagin, oti il forme des caillots plus ou moins volumineux, suivant le degré de plasticité du sang. Il prend une couleur pâle et vermeille semblable à de l'eau rougie par du vin, et ne forme plus sur le linge que des taches à peine colorées, lorsque les sujets sont en proie à lul état chloro-anémique ou épuisés par des hémorrhagies

et des maladies chroniques. Lorsque les règles s'établissent, à leur époque ordinaire, dans le cours d'une fièvre, d'un exanthème, d'une maladie locale, il est rare que le sang conserve ses quaUtés normales ; cependant il ne faut pas compter beaucoup sur les signes diagnostiques qu'on peut en retirer.

Le sang des règles exhale une odeur assez forte, surtout à la fin lorsque le mucus vaginal se mêle au sang. Il contracte une odeur tout autre et caractéristique de lochies, s'il y a eu avortement. Ce symptôme a une grande valeur séméiologique.

Le sang dégage, danslescasdecanceravancédel'utérus, une odeur fétide qui rappelle celle de la putréfaction et de la macération des chairs dans l'eau, ou bien elle est fade et nauséeuse. Elle tient au mélange du sang avec les liquides qui s'écoulent des tissus altérés.

Ni la chimie ni la microscopie ne nous ont révélé de changements essentiels, soit dans la composition du sang des règles, soit dans la constitution moléculaire des globules, de l'alJjumine et de la fibrine.

IIL ISyinptômcs tirés <lc« altérations de la fécondation. On donne le nom de stérililê (aphorie, àcpopta, de à privatif, et cpÉpto, je porte) à l'impossibilité où se trouve la femme de produire un germe capable de se développer; en d'autres termes, au cas où la conception ne peut avoir lieu. Avant de chercher les causes de la stérilité chez la femme il faut s'assurer d'abord d'une manière positive qu'elle ne dépend pas de l'homme. (Voyez Anaphrodisie.)

La stériUté est le symptôme, 1" d'une affection de l'ovaire; 2" de la matrice; 3° du vagin ; A" de la vulve; 5" d'une maladie du système nerveux ; 6° d'une afiection générale.

odeur.

Symptômes fournis

par lo trouble de la Tacullô procréatrice

chez la femme.

symptôme La Stérilité est quelquefois sous la dépendance d'une '^(Te^'ovaïc'^r atrophie congénitale des ovaires ou des trompes, ou de lie la trompe; jg^j. phlegmasic aiguë et chronique, qui a déterminé des adhérences vicieuses entre ces organes et les parties environnantes. La stérilité est donc le signe fréquent d'une ancienne métro -péritonite, provoquée par un avortement, un accouchement à terme ou une phlébite des veines du petit bassin. Un grand nombre de femme deviennent infécondes après avoir eu, dans les premières années de leur mariage, trois ou quatre fausses couches, ou subi les accidents d'une fièvre puerpérale. Cependant il ne faudrait pas s'en prendre toujours à cette seule cause.

La stérilité est le symptôme de l'hydropisie enkystée, du cancer et de toutes les productions fibreuses et fibro-plastiques dont les ovaires sont le siège; toutefois, comme la lésion est presque toujours limitée à un seul côté, l'autre remplissant ses fonctions, il résulte que l'imprégnation continue à avoir lieu, ii'iiric maladie La métritc du col ct du corps empêchent la fécondation (c utérus, pg^^^jg^j^^ ^q^^ tciups qu'cllc persistc. La stérilité est le symptôme le plus fréquent de cette organopathie, surtout lorsqu'elle a été la suite d'une fausse couche. Le praticien doit avoir sans cesse présent à l'esprit ce fait général, savoir que l'hypertrophie, les déplacements, la version, la flexion, et toutes les maladies chroniques de l'utérus, donnent lieu à la stérilité. L'oblitération de la trompe de Fallope, qu'on a constatée après la métrite simple ou puerpérale, et la péritonite, sont des causes d'une stérilité incurable.

de la'djsmcnor- Elle sc lie très souveut à l'aménorrhée, à la dysménorrhée, lorsque celles-ci dépendent de l'atonie des organes génitaux ou d'une des maladies de l'utérus et de l'ovaire

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