MA [OR EUR
pement mutuel s'est fait dans de justes proportions. Sans parler du défaut de rapport qui existe entre les membres et le tronc, chez les sujets atteints de déformation rachidienne, on soupçonne encore l'existence du rachitisme, quand on rencontre une tête trop volumineuse ou trop petite, pour le corps, des membres trop longs ou trop grêles, etc.
3» Maigreur et embonpoinl. Il faut d'abord établir qu'il existe une maigreur naturelle chez un certain nombre d'individus bien portants, d'ailleurs, qui ont reçu de leurs parents cette idiosyncrasie, et chez lesquels le corps ne parvient jamais à prendrede l'embonpoint. Ilfautégalement se rappeler que dans l'adolescence et la puberté (de sept à vingt ans)révolution étant très-rapide, les membres restent grêles et maigres. Ce n'est quede trente à quarante et surtout de quarante à soixante ans, que les proportions du corps changent et qu'il acquiert plus de volume.
L'état de maigreur est non-seulement compatible avec l'état de santé, mais il indique souvent que la constitution est robuste et la résistance à la maladie très-grande. Un grand nombre de causes physiologiques dont il faut tenir compte, peuvent produire l'amaigrissement : tels sont la marche forcée, la sudation extrême et prolongée, les purgations fréquentes, et la nourriture ténue, qui sont les agents principaux de V entraînement : puis les excès vénériens, la masturbation, les veilles, l'excitation répétée des fonctions cérébrales. L'amaigrissement héréditaire se voit, chez un certain nombre de sujets, qui appartiennent à la môme famille ; il est aussi le résultat des progrès de l'âge et des modifications que subissent nécessairement les organes de la nutrition, dans un âge avancé. La maigreur idiopalhique n'est pas toujours facile à distin- III. 49
Maigreur.
Maigreur idiopalhique.
guer de celle qui est amenée par la maladie; cependant si l'une des causes précédentes à exercé son action pendant longtemps, on doit éloigner toute crainte au sujet d'une maladie chronique et latente.
Signes Rappelons en quelques mots les signes de là consonipde la maigreur ^^^^^ qèni'ralc. La face scmble s'amaigrir d'abord, parce
générale. ^ i n v
qu'elle constitue la partie du corps sur laquelle se lisent plus facilement et très-vite les moindres changements corporels ; en même temps lés membres inférieurs, puis les supérieurs, subissent la même altération. La diminution du volume et le changement de forme sont plus manifestes, à la face, que partout ailleurs, en raison de la quantité considérable de parties molles qui se trouvent placées sur cette région et qui, en s' amaigrissant, laissent les os former des saillies considérables. Les pommettes sont proéminentes, les yeux excavés, lenez et le menton pointus et amincis ; les angles des mâchoires et les muscles se dessinent, en relief, sous la peau de la face ; il en est de même de la clavicule, des côtes, des vertèbres et du sternum. Le ventre est excavé, rétracté, contre la colonne vertébrale. Aux membres supérieurs, la configuration anatomique des extrémités osseuses et des jointures se dessine sous la l)eau ; les muscles, mous et grêles, ne forment plus qu'une couche charnue très-mince. Les parties molles abondamment pourvues de graisse comme les seins, le mont de Vénus, diminuent de volume et môme disparaissent entièrement ; les fesses, les mollets ne sont plus indiqués que par des faisceaux charnus un peu plus volumineux que les autres. Enfin le marasme squehltique est porté, souvent, à un degré dont il est difficile de prendre une idée exacte quand on n'a pas eu occasion de l'observer chez les phthisiques ouïes malades atteints de cancer
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(1g l'estomac. Les côtes et toutes les parties osseuses sont tellement accusées sous la peau qu'on pourrait presque en étudier les dispositions anatoiniques.
Dans V amaigrissement partiel limité tantôt à un membre, à un ou plusieurs groupes de nmscles, tantôt au visage, on retrouve les mêmes symptômes physiques.
Aujourd'hui que la science physiologique a éclairé les éuis morbides différents actes de la nutrition, il n'est plus permis de la rnSeur. comprendre sous le nom d'amaigrissement tous les états pathologiques qu'on lui rapportait anciennement. Il faut caractères reserver le nom d' amainrissement k la diminution géné- anaiomiques
el physiologiques
raie ou partielle de volume d'une partie du corps due à de . la résorption incomplète ou complète de la graisse. Celle- •'»°>a'S'"issement, ci disparaît non-seulement du tissu cellulaire qui se trouve en si grande quantité, sous la peau; mais encore des interstices qui séparent les faiseaux musculaires et les parties constituantes des organes. La peau amincie devient rugueuse, sèche, se colore de teintes plus foncées. On ne trouve plus trace de graisse sous la peau, dans le mésentère, ni dans les muscles, par suite de la résorption de ce principe médiat. Tous les niuscles sont réduits à un trèspetit volume et, en même temps, perdent leur force. Cependant ils se contractent avec énergie et sont le siège d'une vive sensibilité quand on vient à les exciter avec un courant électrique.
Dans Vulropliie musculaire, qui est d'ailleurs rarement étendue à la totalité du corps, la diminution.de volume tient à la résorption du tissu musculaire, qui est remplacé par du tissu adipeux et cesse alors de se contracter sous l'empire de l'électricité.
La diminution de poids du corps est le meilleur signe perie do poids, de l'amaigrissement, (^est par des pesées successives
Elle est rapide
faites, à des temps égaux, qu'on peut déterminer exactement l'intensité de l'éniaciation. Cette étude, qui promet à celui qui voudra la poursuivre des documents pleins d'intérêt, n'a été encore le sujet d'aucune recherche approfondie. On sait que les boxeurs et surtout les cououienie. reurs qu'on soumet à l'entraînement, perdent, en cinq à huit jours, 8 et 10 kilog. de leur poids. INous avons vu des sujets atteints de fièvre typhoïde perdre 10, 1?. et 16 kilog. en trente jours. Nous sommes convaincu qu'au delà d'une certaine perte, minimum variable suivant chacun, la vie ne peut plus continuer et que la gravité d'une maladie, les difficultés et les dangers de certaines convalescences, sont en proportion du poids perdu (l).
Le marasme s'accompagne de faiblesse générale, d'un diminution très-prononcée des mouvements musculaires, de douleurs sourdes, parfois vives et lancinantes dans les masses charnues qui s'amaigrissent, et d'un sentiment de courbature.
Le praticien se rappellera aussi que le marasme se fait avec une grande rapidité chez les enfants et l'adulte, etc., chez les hommes plus vite que chez les femmes, et chez les vieillards, parce que le travail de réparation est plus lent et plus difficile.
Division Le marasme est aigu ou chronique, et cette distinction "^""'aigu"^^" permet au praticien de reconnaître sur-le champ deux et ciironique. ordi'cs d'aflèctions très-distinctes : les maladies aiguës Marasme aigu. chroniques. Aucuu trouble ne révèle aussi sûre-
ment ni aussi promptenient l'état pathologique que l'éniaciation. Si les auteurs ont prétendu qu'elle est peu marquée dans la première période des maladies aiguës, c'est parce
(1) De l'alimentation comme moyen curalif dans la fièvre typhoïde, Bulletin de thérapeutique, p. 97, 1860.
MAlGIlEUli. 773
qu'en effet, la turgescence musculaire qui se lie à la fièvre ou à l'inflammation, masque plus ou moins, la marche de l'amaigrissement, ainsi qu'on le voit dans les fièvres, les exanthèmes, la variole principalement. A l'excitation générale des capillaires de la peau, à la congestion et à la tuméfaction de tous les tissus qui se manifestent dans les premiers jours, succède un affaissement du tissu cellulaire général et une rapide émaciation.
Voici les maladies principales qui sont suivies d'un tel maladies acte pathologique, à l'état aigu : 1° les exanthèmes, la va- produisent, riole, la rougeole et la scarlatine, lorsqu'ils sont intenses; 2° toutes les phlegmasies aiguës membraneuses, et à un moindre degré celle des parenchymes ; 3° les fièvres continues, la puerpérale et la typhoïde particulièrement ; nous avons déjà dit, avec quelle rapidité, le poids du corps s'abaisse dans cette dernière maladie. Il faut remarquer, à propos de ces fièvres et des inflammations, qu'une des causes qui concourent à la production du marasme, est l'abstinence intempestive et exagérée à laquelle on soumet généralement les fébricitants. Les saignées locales et générales y ont aussi une grande part; cependantla cause essentielle du trouble de la nutrition est l'atteinte que la maladie porte au travail d'assimilation. li° Les affections iwarasmo aiguës avec déperdition considérable et rapide de liquide choienquc par la peau et l'intestin : nous citerons les diarrhées, les dysenteries, le choléra-morbus, surtout, qui transforme en quelques heures un homme plein de santé en une sorte de vieillard décrépit, couvert de rides, ou en un squelette.
Le marasme chronique est le symptôme des maladies Marasme de longue durée, fébriles ou non fébriles. Nous n'avons chronique, rien à dire des émotions morales, des passions, des
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excès vénériens, de la sénilité, qui sont les causes du marasme chronique essenliel ; nous devons nous occuper des maladies qui portent atteinte à la nutrition générale. Signe En les groupant, à un point de vue physiologique, nous
•^'"/digesiionf trouvons que les maladies qui troublent la digestion sont, avant tout, celles dont le marasme est le symptôme le plus constant, au point d'en faire soupçonner l'existence lorsqu'il n'existe pas d'autre signe. La phthisie pulmonaire, à toutes ses périodes, se reconnaît facilement à un trouble de la nutrition générale. Personne n'ignore qu'elle
de rhématose; nous offre toutes les formes et tous les degrés delà consomption.
Les maladies de l'estomac, l'ulcère, le cancer, les indurations développées dans le repli gastro-hépatique, ne manquent jamais de s' accompagner de ce symptôme dès que les matières alibiles cessent d'être absorbées. Existet-il une cause plus commune et plus sûre du marasme, que toutes les formes de diarrhée aiguë et chronique ? Nous devons encore mentionner les affections chroniques du foie, la cirrhose, les maladies des voies d'excrétion de la bile, parmi celles qui déterminent la consomption, de la glycosurie. Dans la glycosurie, elle est portée à un degré extrême.
Nous ferons remarquer que les maladies du système nerveux qui provoquent de violentes douleurs (certaines névralgies exceptées) , ou qui s'accompagnent de graves perturbations de la sensibilité et de la motilité, comme l'hystérie , l'épilepsie , laissent la nutrition à peu près intacte. lien est de môme de la gastralgie et de la paralysie générale, de quelques formes de la folie, quoiqu'on puisse citer un assez grand nombre d'hypocondriaques, de mélancoliques, de maniaques, qui deviennent trèsmaigres.
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Les altérations du sang n'influent pas non plus d'une manière marquée. Les femmes atteintes de chloro-anémie, à un haut degré, sont loin d'être maigres. Quelques altérations spécifiques du sang, l'intoxication par le plomb, par le mercure, par l'opium et l'alcool, maigrissent les sujets; et encore ce fait est-il loin d'être général. Les syphilitiques tombent souvent dans le marasme.
Marasme partiel. On ne peut pas donner ce nom à la Marasme paniei. diminution de volume qui affecte, partiellement, une partie du corps lorsqu'elle résulte d'une maladie qui altère la circulation et l'innervation, comme dans un membre paralysé depuis longtemps ou dans un côté de la face. Ce n'est plus là du marasme, mais de l'atrophie.
Embonpoint (obésité, polysarcie). L'accroissement Embonpoint; de la quantité de graisse qui s'accumule dans le tissu cellulaire de toutes les parties du corps constitue, lorsqu'il est à un degré modéré, un état compatible avec la santé. 11 se produit chez les sujets qui se condamnent à idiopatinque. une vie inactive, chez les femmes qui restent couchées ou assises une partie du jour, qui abusent des bains chauds et de la saignée, etc.
On reconnaît que l'augmentation du volume du corps est due à l'obésité, à ce que la peau ne change pas de couleur, à ce qu'elle ne conserve pas l'impression du doigt, comme dans l'anasarque, à ce qu'elle ne crépite pas, comme dans l'emphysème, etc. Elle tient à une assimilation mauvaise des matériaux de la nutrition.
Lorsque la polysarcie vient avant l'âge et surtout pen- sympiomaiique, dant la puberté ou l'adolescence, elle est souvent liée à "crofuieuse; la scrofule. On rencontre assez souvent de très-jeunes sujets au teint pâle et blafard, aux cheveux blonds, à peau blanche, dont tout le corps est chargé de graisse ;
ils sont atteints d'une espèce de scrofule. Nous en dirons autant de ces femmes jeunes encore, douées d'un teint vif et brillant, et dont le corps abonde en tissu adipeux. Elles doivent ces conditions physiques, en grande partie, „ .. à la scrofule. Lorsque la circulation Générale est eênée
ine afTeclion ^ no
du cœur. et la vcineusc surtout ralentie, comme dans les maladies du cœur, on voit un accroissement de volume et de force apparente se manifester, graduellement chez les malades qui, loin d'en soupçonner la cause, se montrent satisfaits de cette santé problématique. Nous avons eu bien souvent occasion de nous convaincre que cet embonpoint n'était que le premier indice d'une affection du cœur. Chez d'autres malades, on n'en peut accuser que le mauvais état des fonctions gastro-hépatiques. Nous avons vu les altérations chroniques du foie, l'hypertrophie, la congestion chronique, donner heu à la production d'une plus grande quantité de graisse. Les paralytiques, les déments deviennent parfois très-gras. Les femmes chloro-anémiques présentent de la bouffissure et une sorte de gonflement des tissas.
L'étude de la nutrition pourrait comprendre les troubles de la calorification ; car lorsqu'un sujet tombe dans le coUapsus et le marasme, la calorification s'altère. Nous avons présenté ailleurs tout ce qui a trait aux troubles de la calorification. Nous en dirons autant des forces générales, de l'état de sthénie et d'asthénie. (Voyez 1. 1, article Irrilabililé en général.)