CHEZ LES ANCIENS
facile de s'en assurer, par la lecture de ces ouvrages. »( Après un coup porté sur la tête, dit Hippocrate, la stupeur et le délire sont de mauvais signes. » On trouve Quelques là les symptômes d' ane méningo-encéphalite mortelle. ^''«""p'*^^- (( Après le crachement de sang, crachement de pus; après le crachement du pus, phthisie et flux ; quand l'expectoration s'arrête, les malades meurent (i). » En eflet, ce sont là tous les symptômes d'une phthisie proraptement mortelle. Nous pourrions citer ainsi un grand nombre de passages tirés des ouvrages d' Hippocrate et de ceux qui l'ont suivi ; nous y verrions toujours qu'un symptôme local ou général, qui n'est autre que le signe
' essentiel de la maladie, est pris pour signe pronostique.
C'est pour ne pas avoir bien saisi la différence essen- Errcmenis tielle qui existe entre les signes pronostiques et diagnos- jusfji^'àcêjour. tiques, que tant d'auteurs d'ouvrages modernes ont suivi les anciens errements et publié, sur ce sujet, des considérations dénuées de tout intérêt pour la clinique. Nous
• devons nous borner, dans ce travail, à de courtes généralités sur les règles à suivre, dans l'art de prévoir l'issue des maladies.
Le médecin mis en présence d'un malade doit, avec la conditions sagacité d'un homme déjà éprouvé par une longue expé- ^ rience, savoir découvrir dans les symptômes présents et pour arriver nu passés les signes de l'avenir. Il doit saisir, d'uncoup d'œil P'">^>"05iic. sûr et étendu, le vaste tableau des souffrances et des péripéties de tous genres qui vont se dérouler devant lui. Il faut, qu'à l'instant même, où il voit le malade pour la première fois, il se représente fidèlement l'ensemble de toute sa maladie, et sache si elle sera bénigne ou grave;
(1) Aphorisme^, scct. VII, aph. li; scct. VII, apli. 15,
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si elle se terminera par le retour à la santé ou par la mort ; si les symptômes suivront leurs périodes et leur marche accoutumées; s'il surviendra quelque complication fâcheuse; si le mal passera à l'état chronique ou laissera, après lui, une convalescence longue ou courte, franche ou incomplète, des infirmités pénibles et aussi graves que l'affection elle-même. Quand le médecin , après de longues et sérieuses méditations, sera parvenu à répondre, dans sa pensée, à une partie ou à la totalité de ces questions ; quand il aura accompli, à grand'peine, cette partie de l'œuvre à laquelle il s'est voué, il rencontrera encore de nouvelles difficultés. Le malade, à son tour, interroge et veut à toute force connaître la vérité, sur sa propre situation. Viennent ensuite les parents et les personnes qu'une sincère affection lie étroitement au malade. La conduite à tenir dans ces circonstances si diverses exige des ressources d'esprit, une finesse, une science, une bonté d'càme qu'on trouve heureusement chez la plupart des médecins.
Le pronostic est
Il est presque impossible de prévoir tous les événements environnù ^^^[ peuvent surgir dans le cours d'une maladie; aussi le
de nombreuses ,
difficultés, pronostic est-il la partie la plus compromettante de la médecine clinique. Pour réussir il faut peu s'avancer, ou, comme le faisaient souvent les anciens, environner ses prédictions de réticences et d'obscurité, parler à la façon des oracles, et donner, après coup, aux paroles le sens qu'elles doivent avoir. Sans doute il n'est pas difficile, du moins dans la grande majorité des cas, d'annoncer qu'un malade succombera à une affection dont la gravité est bien connue, mais il est plus difficile de fixer, sans se tromper, l'époque de la mort. Le praticien le plus consommé dans son art croit pouvoir assurer qu'un malheu-