TIRÉ DES CAUSES
nostras. Nous en dirons autant des fièvres bilieuses, du choléra de l'Inde, de l'hépatite. La syphilis des pays froids ou tempérés s'accompagne d'accidents plus intenses, et r ésiste plus longtemps que celle des contrées chaudes.
L'endémicité donne aux affections un caractère très- par l'endémidié. sérieux ; quelquefois le péril que courent les malades diminue, cesse même quand ils abandonnent la localité où ils ont contracté leur mal. Les fièvres intermittentes , la cachexie paludéenne, la dysenterie, le bouton d'Alep, la lèpre , nous offrent des exemples de ce genre d'influence.
En général , les maladies ont une tendance notable à Action heureuse s'améliorer ou même à guérir, lorsque les sujets quittent le^changemeni les climats où ils ont été atteints pour en gagner un tout à <îe cUmai. fait différent. La phthisie, en France, ou dans le nord, se modifie heureusement quand les malades vont habiter l'Asie ou l'Afrique. Au contraire, les maladies du foie et de l'intestin , les flux dysentériques guérissent dans les contrées septentrionales. L'habileté du médecin consiste à prévoir et à éloigner l'action de toutes les causes morbifiques , et à en faire la base de son pronostic.
On doit établir une grande différence, au point de vue canciire du pronostic, entre les maladies sporadiques et les épi- "^"^'^riadies.''^' démiques. En général, ces dernières sont violentes, pénibles , de longue durée, lorsqu'elles n'entraînent pas rapidement la mort des sujets. On peut comparer, sous ce n Jonne
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rapport, les deux formes du choléra, de la grippe, de la eitr'ème bronchite, ou bien la méningite simple et la méningite cé- pronostic, rébro-spinale épidémique. Il en est de même pour la dysenterie et toutes les grandes épidémies de variole, de rougeole, de fièvre typhoïde, d'angine, de diphthérite, etc.
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Personne n'ignore que toutes ces maladies exercent alors les plus cruels ravages , que les médications les plus diverses qui réussissaient auparavant, échouent, de la façon la plus désespérante, quand la maladie est devenue épidémique. Nous pourrions énumérer successivement presque toutes les maladies, et montrer que, quand elles revêtent
La mortalité est cette forme , la mortalité, qui était de 8 à 10 pour 100, accrue. g'élève à 50, et même 75. C'est alors qu'il faut se rappeler les sages conseils de tous les épidémiographes : ne jamais promettre une guérison qui est fort douteuse , et surtout ne pas oublier que le pronostic varie aux différentes périodes de l'épidémie et dans les épidémies différentes. Au début du choléra de 1832, on ne sauvait pas un seul malade ; à la fin, un très-grand nombre échappèrent heureusement. On peut en dire autant de la suette, de la grippe et de ces terribles fléaux qui, comme la fièvre jaune et la peste, sévissent d'une manière endémique. Le pronostic change comme les phases mêmes de la maladie. On s'aperçoit de ces heureuses modifications dans l'intensité du mal, en voyant réussir toutes les médications qui avaient échoué auparavant.
Pronostic liié 7" Pronostic tiré des effets de la médicatiou.
de la^ médimion. traitement peut fournir quelques données utiles pour le pronostic, en faisant mieux connaître la nature de la maladie, c'est-à-dire en servant de moyen de diagnostic. Nous n'avons pas à nous occuper de cette notion, qui n'a qu'un rapport indirect avec le pronostic. Quand nous voyons céder à un traitement spécifique une tumeur de la face ou des os du crâne, nous augurons bien de sa terminaison, parce que la nature syphilitique du mal nous est ainsi révélée. L'efficacité du quinquina dans une fièvre pseudo-continue, délirante ou comateuse annonce, à coup
PRONOSTIC TIRÉ \)\ù LA MÉDIGATIOiN. 799
sûr, une heureuse solution de la maladie, parce qu'elle nous apprend qu'elle est due à l'intoxication paludéenne.
L'effet d'une médication est donc utile pour indiquer la nature et l'issue probable de la maladie. Quand on voit qu'elle agit favorablement soit en modérant l'acuité des symptômes, soit en leur imprimant une marche plus régulière et plus rapide, on est fondé à croire que la cause morbifique n'a qu'une faible intensité, que la médication agit favorablement sur le malade, qu'elle aide la nature et que celle-ci sortira victorieuse de la lutte. Dans tous les cas, on doit croire que la maladie se terminera par laguérison. Pour acquérir cette certitude, il faut qu'on ait choisi le traitement le mieux approprié à la nature du mal, et qui a reçu la sanction de l'expérience.
Telles sont les généralités dans lesquelles nous croyons devoir renfermer les règles qui peuvent guider le médecin dans l'art de pronostiquer. A des connaissances positives sur le diagnostic , à une expérience consommée, il faut encore qu'il joigne une méditation approfondie sur la maladie et le malade, un grand tact médical et une réserve extrême, qui doit modérer en lui le désir de rendre des oracles toujours scabreux etcompromettants, lorsqu'ils ne sont pas vulgaires et faciles.
ÉTIOLOGIE