‹ Traité de pathologie générale (volume 2)Chapitre 173 sur 232 · SEXE · texte numérisé non relu

SEXE

de la femme reflète les troubles des fonctions utérines et l'excitation du système nerveux.

La femme est aussi plus sujette que l'homme à, la phthisie pulmonaire, à toutes les époques de sa vie. Après l'âge critique, elle contracte les affections de l'homme, y compris la goutte et la gravelle.

B. Heyf^e masculin. Les maladies auxquelles l'expo- sexe masculin sent les diverses professions qu'il exerce, comme le rhumatisme, la pneumonie, l'angine, doivent être mises à part. Il en est de même de celles qui siègent dans les organes génitaux. Quant aux affections vésicales et des reins, il y est infiniment plus sujet que la femme, en raison de la structure de l'urètre et des maladies qui s'y développent. On a prétendu que le cancer de l'estomac, du foie, de l'intestin, que le croup, que l'emphysème, les maladies du cœur, la paralysie générale et la folie sont beaucoup plus communs chez lui que chez la femme ?

Prenez un malade au hasard ; demandez quel est son du tempéramm tempérament, et vous obtiendrez des réponses fort différentes, les unes des autres. C'est qu'en effet, malgré les dissertations nombreuses auxquelles on s'est livré sur ce sujet, on n'a pas encore réussi à se mettre d'accord sur le nombre et le caractère des tempéraments. Quand la maladie et toutes les modifications que les professions, les habitudes , le climat entraînent avec eux ont laissé leur empreinte sur l'organisme, il est bien difficile de reconnaître les caractères du tempérament, qu'on peut définir un état général inné ou acquis, compatible avec

la santé, et créant chez V individu une forte prédisposition à la maladie. Quand il est inné il appartient à la classe des diathèses que nous étudierons plus loin. Il n'cxisie que Les deux seules dispositions individuelles, qui nous paf*^"^ laissent hors de toute contestation, dépendent de la pré-

tempôramcnt?. ^

dominance d'un ou des deux éléments qui entrent dans la constitution propre du corps , à savoir du sang et du système nerveux.

Tempérament !<> i^e tempérament sangain est marqué d'abord sanguin. ^^^^ Statique du sang fort remarquable, l'accroisse-

ment de la quantité des globules et la proportion plus grande de tout le liquide circulatoire. Le second état dynamique, consiste dans la suractivité fonctionnelle des Il est dû, capillaires généraux et parenchymateux. La raison d'être en grande partie, (]cs maladies, dout le développement est favorisé par le

A la composition

du sang. tempérament sangum, se trouve dans les deux conditions physiologiques qui viennent d'être indiquées. La pléthore, qui n'en est que l'exagération morbide, engendre, comme chacun le sait, les congestions sanguines sthéniques et les hémorrhagies. Ainsi l'augmentation des globules, de la quantité du sang et l'activité des capillaires, telles sont les causes des maladies qu'on est en droit de rapporter au tempérament sanguin.

On a prétendu à tort que ce tempérament produisait l'inflammation ; il faut bien d'autres causes. 11 est vrai qu'une fois développés, les phénomènes de congestion et de suppuration prennent une intensité très-grande et s'étendent au loin, parce qu'ils trouvent un aliment dans la constitution du sang et dans la circulation capillaire ; c'est ce qui a fait croire pendant si longtemps que cet état organique favorise le développement de l'inflammation.

Si de ces généralités nous descendons ti quelques ap- Maladies plications spéciales, nous aurons à signaler plus d'une n p7édUpose. erreur répétée dans un grand nombre de livres. Non, la pneumonie, la pleurésie, la bronchite, l'angine ne sont pas plus fréquentes chez les hommes sanguins que chez les autres ; elles s'y montrent seulement avec plus de violence. La théorie et non la clinique a seule pu faire croire le contraire. A-t-on prouvé que le rhumatisme articulaire, que les phlegmasies membraneuse et parenchymateuse sont plus communs chez les individus sanguins? Tous ceux qui ont observé un grand nombre de malades répondront, avec nous, que les phlegmasies, les congestions, par appauvrissement du sang et par atonie du solide sont beaucoup plus fréquentes que celles qui tiennent à des conditions morbides opposées. Broussais a mis ce fait hors on a cité les de toute contestation, et montré, que chez les sujets frap- *""ammaiions: pés d'adynamie et d'affection chronique qui ont fortement débilité la constitution, les phlegmasies sont communes. Ajoutons que les maladies qui se déclarent chez ceux qui ont le tempérament sanguin lui empruntentquelques traits généraux : de là les formes inflammatoires de la fièvre typhoïde, du typhus, de la fièvre puerpérale, des exanthèmes et de tant d'autres maladies, si différentes parla nature et leur siège, réunies seulement par les signes propres à l'état statique que nous décrivons, et qui consistent surtout dans l'excitation du système sanguin et de ses capillaires généraux (rougeur des tissus, turgescence, sueur, accroissement de la calorification (Voyez Plclliorc et Inflammation). C'est là également ce qui a faire dire, à tort, que le tempérament sanguin prédispose à la fièvre. Nous croyons que les propriétés plus excitantes du sang et l'activité de la circulation doivent favoriser le dévelop-

pement de l'hypertrophie du cœur, des altérations de l'aorte et des gros vaisseaux, peut-être de la phlébite. Température B. Tempérament lymphatique. Si l'on suppose un état lymphatique. dos capiUaires et de la circulation générale tout

à fait opposé au précédent, on a l'ensemble des caractères da tempérament lymphatique. La diminution des globules et des quantités du sang, la faiblesse relative des vaisseaux capillaires et la prédominance d'action et de développement du système lymphatique, produisent des phénomènes qui se dessinent nettement chez un certains nombre d'individus. La femme et l'enfant en oflrent fréquemment les traits les mieux accusés. Chez la première, le système nerveux, souvent prépondérant, vient y mêler quelques-uns de ses caractères spécifiques (tempérament lymphatique et nerveux).

paihogénie, L'influcnce pathogénique de ce tempérament n'est pas mieux déterminée que celle du précédent. Tandis que les uns lui attribuent la scrofule, la tuberculisation pulmonaire, la carie, les tumeurs blanches, le rachitisme, etc. , les autres refusent de reconnaître un empire si étendu : et nous sommes de ce nombre. Que le tempérament crée une prédisposition aux maladies, à cause de la faible résistance que leur oppose une constitution dégénérée, rien de plus vrai ; mais, à coup sûr, la scrofule et le rachitisme ne sont pas des provenances directes du tempérament lymphatique. 11 faut autre chose qu'un lymphatique pour faire un scrofuleux ou un phthisique. Maladies Lcs maladics auxquelles ce tempérament dispose l'or- '^'mlI'qTeuIïr S^^ïsme sont les congestions sanguines atoniques , le

congestions flux dcs membraucs muqueuses, le catarrhe nasal

sanguines et flux, i , . i i '

bronchique, la leucorrhée, les diarrhées, les affections vermineuses, l'ophthalmie et le catarrhe vésical, peut-

être aussi les dermatoses, surtout l'impétigo, l'eczéma, le favus et les maladies du cuir chevelu. On a aussi parlé de la fréquence plus grande du goitre et du crétinisme : mais ce fait est loin d'être prouvé.

Le tempérament lymphatique, contrairement à ce que n imprime fait le sanguin, donne aux maladies intercurrentes une u"„\arl"è'c forme chronique mieux accusée, détermine peu de réac- spécial, tion, moins de fièvre ; rend plus didicile la résolution et la convalescence. Si l'on a cru remarquer que les afteclions de l'utérus, les déplacements et les engorgements surtout, sont plus communs chez les lymphatiques c'est parce qu'on a confondu souvent, avec ce tempérament l'état morbide général auquel donnent lieu les affections utérines, et aussi parce qu'il est l'attribut spécial de la femme. On peut dire seulement qu'il prédispose aux névroses et aux névralgies.

2" Temiiéramciit nerveux. Dù à la prédominance a- Tempérament d'action du système nerveux, ce tempérament, qui a été "erveux. le sujet de tant de fleurs de rhétorique, se reconnaît à des troubles de la sensibilité, de la motilité et de l'intelligence, qui confinent souvent à l'état pathologique, et qu'on a réunis, à tort, sous le titre de tempérament. La constitution appauvrie du sang, la diminution des globules et la proportion accrue du sérum, contribuent presque toujours à en exagérer les caractères ; aussi toutes les causes qui agissent sur ces deux éléments (système nerveux et sang) dans le sens indiqué, comme la menstruation, la grossesse, la puberté, la chlorose, le retour d'âge, en donnant une grande intensité aux phénomènes physiologiques, finissent par déterminer la maladie. n produit On ne peut nier que toutes les névroses sans excep- névroses

^ , et les maladies

tion, et surtout l'hystérie, la chorée, l'épilepsie, les né- convuisives.

vralgics, los viscéralgies, la gastralgie, les spasmes musculaires de tout genre, du pharynx, de l'œsophage, les con\ ulsions générales et par tielles , ne soient singulièrement favorisées dans leur développement par le tempérament nerveux. Mais pour que ces faits d'observation pussent acquérir toute certitude, il faudrait distinguer les uns des autres les phénomènes d'ordre pathologique. Ce qu'on prend pour des signes du tempérament nerveux est souvent l'cfTet, soit d'une névrose, soit d'une névrosthénie générale encore peu apparente, quoique trop réelle. Combien ne voit-on pas d'hypocondrie, d'hystérie, de troubles psychiques, dont les premiers symptômes sont à peine accusés, passer pour les phénomènes presque normaux du tempérament nerveux, tandis qu'ils sont déjà les symptômes avérés d'une névrose ou d'une maladie mentale ! Les médecins aliénistes ont tous remarqué que le tempérament nerveux héréditaire, prédispose à la folie. Quand on lit attentivement leurs observations, on demeure convaincu que les symptômes indiquent, de bonne heure, une névrosthénie très-rapprochée de l'aliénation mentale, lorsqu'elle n'est pas déjà cette maladie même.

Le lempérameni Un autre effet de cc tempérament est d'agir comme d'aJddênis ^^^^^ prédisposante de quelque complication et d'accinerveux tlcnts ncrveux tels que le délire, la douleur, les con-

drcompSLns valsions qui se montrent pendant le cours des maladies.

du mcme ordre, 'jel sujct ne peut avoir de fièvre, ou une affection légère, sans être pris aussitôt de délire; chez un autre, la violence ou l'apparition d'une douleur, d'un spasme, d'un trouble cérébral, qu'on ne rencontre pas ordinairement dans la maladie, tient évidemment à la constitution nerveuse du sujet. Nous signalerons, en dernier lieu , les formes ataxique et adynamique comme très-

fréquentes en pareil cas. Nous ferons enfin remarquer que l'influence pathogénique s'exerce sur des maladies déjà produites, bien plus que sur leur premier développement.

La diminution de l'action nerveuse donne lieu à un 00 l'asihénie. état contraire à celui que nous venons de décrire. On pourrait l'appeler asf/iéHiVywc ou adynamique, parce qu'en effet les individus, qui ont cette négation du tempérament nerveux, n'offrent ni la résistance, ni les phénomènes de névrostliénie qu'on observe chez ceux qui ont le tempérament nerveux. Il est très-ordinaire de rencontrer cet état diathésique chez des sujets lymphatiques, à tissus mous, exubérants, chargés d'embonpoint. Chez eux les mouvements vitaux se font lentement, avec peu d'énergie; la réaction est faible ou nulle, l'état adynamique fréquent. Il donne aux maladies une forme et un ensemble de symptômes particuliers.

Nous n'avons rien à dire du. tempérament bilieux parce tempérament qu'il n'existe pas, en tant que disposition normale. Il est le résultat évident d'une lésion fonctionnelle du foie ou d'un trouble sympathique des fonctions digestives. Nous parlerons plus loin de la prédominance fonctionnelle de l'appareil génital, cérébral, cardiaque, pulmonaire et musculaire (Voyez Prédominances organiques, p. 835).

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